Je remercie toutes les personnes qui ont laissés une review. Juste une petite parenthèse pour Bocchan - chan : Je pense que pour vaincre tes insomnies, il ne te faut pas seulement la chemise de Sebastian, mais bien Sebastian à le complet xD Sinon, voila la suite, encore une fois, j'espère que celle-ci vous satisfasse !

Chapitre 3 : Vous détestez m'aimer, Bocchan.

Sebastian's Point Of View

- Il est l'heure de vous lever, Jeune maître. Le soleil surplombe déjà toute l'Angleterre.

Je joignis le geste à la parole en ouvrant d'un geste brusque les grands rideaux de soie. Je fus récompensé par un râle de désapprobation. Le soleil, pourtant rare dans ce pays de pluie constante, envahit la pièce.

- Sebastian, fit mon maître d'une voix matinale, qui y'a-t-il pour déjeuner? Je meurs de faim…

- C'est bien normal, Bocchan. Vous n'avez rien avalé hier soir pour le souper. Pour petit déjeuner, vous avez le choix entre quelques scones accompagnés de toasts cuites au four* ou encore, des pancakes. Sur le dessus, bien évidemment, il y'a un coulis aux fraises. Tout cela arrosé d'un thé Wu Long semi-fermenté tout droit importé de Chine. Que désirez-vous?

- Je prendrais des pancakes.

Avant de lui servir son premier repas de la journée, je voulu me divertir un peu en le questionnant faussement (car la réponse, je la savais) sur le tissu blanc qu'est ma chemise.

- Bocchan, sans être indiscret, vous dormez encore avec un doudou? Cela m'étonne de votre part je dois dire.

- Mais enfin idiot de quoi veut tu parler? Je ne vois rien que l'on pourrait associer à un « doudou ». Ne m'insupporte pas de si bon matin.

- Et ceci? Je sortis mon habit du fin fond des couvertures. Je me demande bien ce que cela peut …

- Ce n'est rien! Mais alors vraiment rien. Je te signale que le programme de la journée est chargé. Nous n'avons pas le temps de nous intéressé à de pareilles frivolités!

- Cela m'a tout l'air d'être ma chemise … Enfin, laissez moi vous introduire le programme que vous aimez tant. En avant-midi, la leçon de mathématiques vous sera donnée. Ensuite, à l'heure du midi vous pourrez vous rendre à la salle à manger comme le veut la coutume pour prendre votre dîner. En après-midi, vous êtes attendu chez la Reine pour le five-o-clock-tea. Votre rendez-vous concerne bien avant tout la lettre qu'elle vous a fait parvenir, il y'a de cela une semaine. Pour arriver dans les temps, nous quitterons le manoir vers 3heures.

Ciel's Point Of View

J'ai encore failli y passé! Qu'est ce qui m'a pris de m'endormir avec ce…ce chiffon! Ces derniers temps, j'enchaîne humiliation sur humiliation. Il n'y a décidément aucun jour qui passe sans que ma fierté n'en prenne un coup. Et croyez moi, il n'y a qu'un seul fautif. Celui-ci est justement entrain de me vêtir convenablement pendant que je savoure mon repas matinal.

- Maintenant, si vous le voulez bien, rendons nous à votre bureau pour la leçon

Avant que je ne commette une autre bourde, qui cette fois me coûtera non pas seulement ma fierté mais aussi mon honneur, je lui remets sa chemise encombrante.

- Prends ceci avec toi, tu peux l'offrir à May Linn.

- May Linn? Je crains que cela ne puisse lui être d'un grand usage…

- Ce que tu peux être ignorant, Sebastian. Les comptoirs ne se nettoient malheureusement pas seuls. Elle pourra s'en servir comme chiffon!

- Entendu…

Sous les attentes de Sebastian, je me rends donc à mon lieu de travail pour entamer l'insupportable leçon qu'est les mathématiques.

- Le cours d'aujourd'hui est simple, je vais vous enseigner la règle de trois. C'est un principe accessible à tous. Donc, la règle de trois se définit étant …

N'a-t-il pas fini de marmonner? Règle de trois… Mais qu'est ce que c'est à la fin.

- C'est simple n'est ce pas? Avez-vous compris?

- Oui, oui. Pouvons-nous raccourcir la leçon? L'ennuie s'empare de moi tel un démon s'empare d'une âme.

- J'admire cette splendide comparaison, dit-il avec un sourire feignant l'innocence.

Cette innocence illusoire ne m'impressionne guère. J'avoue m'être maintes fois laissé emporter par ce comportement puéril. Mais je vous garanti que rien de ce genre ne se reproduira. Je me demande quelle partie de ce démon a attisé ma curiosité. Cette pupille couleur sang m'aurait elle ensorcelée au point de d'en devenir mon obsession…

- Si je ne peux m'abuser, vos pensées sont dirigées sur ma personne.

- Comment peut tu en être sure, Sebastian? Lire dans les pensées n'est pas une faculté propre aux démons

- En effet. Mais ce qui me permet de savoir que vos rêveries sont orientées vers moi se cache derrière cette moue, il passe son doigt ganté sur ma lèvre inférieure tout en plantant son regard sanguin dans le miens. Ces yeux trahissant votre haine à mon égard, ces sourcils froncés par l'envie de me réduire en miettes. Mais vous ne me détestez pas complètement, ai-je raison? Bien entendu, j'ai raison. Vous abordez toujours la même expression faciale quand vos pensées divaguent sur ma façon d'agir, ma façon d'ancrer mes yeux dans les vôtres. Ou tout simplement quand vous songez sur votre attirance pour mon être. Vous détestez m'aimer, Bocchan.

- Tu as tout faux, Sebastian

Il prit mon menton de ces doigts de pianistes. Diminuant ainsi la distance entre nos deux visages.

- Enfaite Sebastian, ce que tu radotes s'applique aussi bien sur toi. Tu détestes, non tu exècres, éprouver quelconque sentiment pour moi.

Un ricanement.

- Les démons n'ont pas de sentiments. Vous êtes bien placé pour le reconnaître.

Le nombre de centimètres entre nous continuait de diminuer. Je ressentais même son souffle effleurer mes joues d'une délicatesse perturbante. J'ai cru, à l'instant, qu'il allait déposer ses fines lèvres sur celles lui faisant face, c'est-à-dire, les miennes. Je fermai les yeux me laissant bercer par la douceur de Sebastian quand un cri retentit gâchant ainsi l'atmosphère que nous avons si durement créée.

- SEEEEEEEEEEEEBASTIAAANN! LA CUISINIÈRE PREND FEUU!

Un grognement de frustration.

Il lâcha mon menton et épousseta ses vêtements.

- Je vais de ce pas arranger tout cela. Ensuite, vous pourrez vous rendre à la salle à manger.

- Non, aujourd'hui je dîne ici-même

Et il sorti non sans me jeter un dernier regard qui me transperça jusque dans la moelle.

Sebastian's Point Of View

- Sebastian… Je suis extrêmement navré! C'était plus fort que moi. Tu vois mon pays vient tout juste de mettre en marché un prototype de lance-flammes flambant neuf. Je n'ai voulu que carboniser… euh non, cuire la carotte qui traînait sur le potager.

- Bard… Un cuisiner n'est pas sensé calciner tout ce qu'il touche comme nourriture. Bon, le dîner du Jeune Maître n'est pas prêt, la lessive n'a pas été faite… Finny as-tu arraché les mauvaises herbes?

- Euh…

- Je vais prendre ceci pour un non. Allons, tous au travail. À 3heures, Bocchan et moi-même sommes attendus chez sa Majesté. Tachez de laisser au manoir son allure… Respective.

Je leur tournai le dos. Décidément, ils ne sont bons à rien! Le dîner se passe sans encombre. Je sentais Ciel un peu distant par contre. L'heure de partir arriva à la hâte. De majordome, je me transformai en cocher. De comte prétentieux, il se transforma en voyageur paisible. Le trajet des frontières de Londres jusqu'au centre de celle-ci fut d'une longueur raisonnable. Mon maître reprit son air sérieux. Pas question de montrer une autre facette que celle qu'il montre d'habitude. Nous entrons dans le prestigieux château de sa Majesté.

- Oh ! Si ce n'est pas ce cher comte Phantomhive! Vous êtes en avance! Venez prendre place près de moi. Avant d'entamer la conversation du pourquoi vous êtes ici, nous devons attendre votre coéquipier. J'ai jugé qu'il serait bon pour une fois de ne pas vous laissez tout le travail.

Ciel fit une révérence des plus honorables.

- Majesté, sans vouloir contredire votre parole, je n'ai aucunement besoin d'aide de quiconque.

- Allons! Allons! Le thé arrivera dans exactement … Elle regarda son cadran indiquant 4h57, trois minutes! Pendant ce court laps de temps, parlez-moi un peu de vous, du manoir, de vos domestiques. Es-ce que tout va bien?

- Oui, Majesté, tout va pour le mieux. Et vous? Diriger toute l'Angleterre doit être une tâche ardue.

-Oh! Cela dépend des jours ! Mais sinon je m'en sors! Et vous Monsieur le majordome?

Tiens, elle s'intéresse à moi maintenant.

- J'espère que Ciel est entre bonnes mains!

- Il n'y a aucune raison de s'inquiéter, Majesté. Cette fois, ce fut moi qui me prosternai de façon gracieuse. Les domestiques et moi-même du manoir Phantomhive veillons à ce que notre Jeune Maître ne manque de rien. Je lui décrochai un sourire charmeur.

- Je suis heureuse de l'apprendre! Elle leva les yeux vers le cadran pour ensuite soupirer. Je pense que celui qui doit coopérer avec vous a un léger contretemps.

Une personne habillée de la même façon que moi, mais en blanc, fit son entrée. Le thé allait être servi. Et ces soi-disant « coéquipiers » ne daignaient se montrer. Quand soudain on entendit une voix railleuse.

- Veuillez pardonnez notre retard Majesté! Nous avons eu un empêchement!

Je dirigeais mon regard carmin vers mon Maître. Une moue dédaigneuse avait remplacé son air sérieux. Ensuite, je tournai la tête vers la porte d'entrée. Et je compris.

- Que…Quoi? Sebastian, je ne veux pas coopérer avec cet énergumène!

Rire ridicule.