Bonjour! Voici la suite, petit chapitre car le prochain sera normalement plus gros! Bonne lecture.


Chapitre 2 : Retrouvée.

Trois jours s'étaient écoulés depuis que la vie d'Hermione avait basculé. Elle n'avait pas osé quitter l'appartement d'Ornella et restait cachée, nuit et jour, de la presse sorcière qui semblait camper devant son immeuble.

Ornella lui avait ramené quelques vêtements ainsi que du boulot afin de travailler à la maison, bien que le Ministère ne voyait pas d'un bon œil cette soudaine « maladie » qui coulait Victoria Moor au lit. Hermione sentait qu'ils n'allaient pas tarder à débarquer pour mener leur enquête, en plus du reste.

Elle avait contacté tous les avocats sorciers de Londres, mais aucun n'avait de créneau pour la prendre, et rapidement. Hermione commençait à désespérer, si elle ne trouvait pas d'avocat, elle devrait faire face à ce bordel seule. De toute manière, c'est toujours ce qu'elle avait fait : faire face seule. Ou pas, se dit-elle, lorsqu'elle avait tout bonnement décidé de disparaître. Elle posa la liste de la ville voisine qu'elle avait déjà commencé à envisager et poussa un soupir.

« - Et puis merde ! beugla-t-elle en se leva du canapé où elle était auparavant installée. Ils me veulent ? Une fois qu'ils m'auront, tout ça s'arrêtera, non ? demanda-t-elle à Pattenrond à ses côtés. »

Le félin la regarda de ses grands yeux ronds et miaula pour réconforter sa maîtresse. Oui, Hermione était décidée. Après tout, elle lui devait bien… Oui, Minerva méritait que ce qu'elle avait laissé au monde sorcier ne soit pas revendus à des enchères, ou bafoué, ou … Que savait-elle encore ?

De toute manière, elle était fatiguée, épuisée, sans mentir, de toutes ses années où elle avait dû survivre à travers les yeux d'une autre. S'inventer une vie, un passé, un avenir. La Guerre l'avait brisée, mutilée, mais elle avait su trouver une façon de recouvrir ses blessures d'un pansement provisoire, et celui-ci commençait lentement à s'arracher, ce qui accentuait la douleur. Devait-elle tirer d'un coup sec ?

Elle se dirigea vers le bureau d'Ornella et s'y installa, pensivement. Elle avisa un rouleau de parchemin et les nombreuses plumes de sa collègues. Délicatement, elle s'en saisi d'une qu'elle trempa dans un petit pot d'encre. Elle s'empara d'un parchemin et le posa devant elle, avant d'y déposer la pointe de la plume qui le griffa d'un bruit familier.

Severus ? Non, trop amicale après tout ce temps. Monsieur le Directeur du Collège Poudlard ? Non. Non. Beaucoup trop officiel. Monsieur ? Non, désinvolte. Enfin, Hermione trouva la bonne formule et avec un soupir de soulagement, elle entama sa lettre.

« Professeur Rogue,

Serait-il possible que nous nous entretenions en toute discrétion à propos de votre « appel » à témoin dans la Gazette du Sorcier ?

Je vous serai grée de ne pas ébruiter ce contact établi entre nous. La discrétion, je le sais, fait partie de vos cordes.

Avec toute mon amitié.

Respectueusement,

H.G »

Hermione relu sa lettre avant de hocher la tête, satisfaite. Courte, claire, efficace. Voilà ce qu'aimait Severus Rogue, Directeur de Poudlard. Elle savait qu'elle pourrait compter sur lui. Aussi, c'est sereine qu'elle emprunta le hibou de sa - désormais - colocataire afin de lui faire parvenir la lettre.


Ce soir-là, à Poudlard, Severus Rogue préparait la rentrée des étudiants en compagnie du professeur Flitwick. Sans directeur/directrice adjoint(e), Severus avait été contraint de choisir parmi les professeurs restants, l'un d'entre eux susceptible de l'aider dans sa tâche de Directeur. Il était devenu encore plus aigri qu'avant, sans Dumbledore et sans McGonagall, Severus se sentait bien seul. La brochette de nouveaux professeurs qu'il avait du engager n'arrangeait rien.

« - Un hibou Severus, couina le petit professeur de sortilège, face à la fenêtre.

- Merci, Filius, répondit le professeur Rogue en se levant de son fauteuil directorial. »

Il attrapa le petit animal et s'empara du parchemin, avant de donner un biscuit au hibou qui hululait, mécontent.

« - Allez, va te reposer à la volière, lui intima-t-il en lui imposant une tendre caresse sur la tête. »

Il se concentra sur le parchemin et releva lentement la tête.

« - Filius ? demanda Rogue. Puis-je vous demander de peaufiner le reste seul ? J'ai quelque chose d'urgent à faire, expliqua-t-il en s'emparant d'un parchemin posé sur le bureau.

- Bien entendu Severus, je m'en charge.

- Merci, souffla Rogue. Je quitte l'enceinte de Poudlard, informa-t-il avant de disparaître dans l'escalier en colimaçon.»

Severus marchait d'un pas rapide à travers le parc de Poudlard et franchit la grille qui grinça sinistrement dans le silence de la nuit tombante. Lorsqu'il fût assez loin de Poudlard que pour être hors du champ anti-transplanage, celui-ci transplana dans un craquement sonore.


« - Tu es sûre et certaine, que ça ne te dérange pas, Vicky ? demanda une énième fois la brésilienne.

- Mais ouiiiiiiiiiii ! Je te le promets, vas y , vas donc t'amuser ! lui répéta Hermione, lassée. Je suis très bien ici, avec mon chat ! s'exclama-t-elle.

- Bon, bon ! Je rentrerai surement tard dans la nuit alors…

- Oui, je sais, je m'enferme.

- D'acc'. Alors à tantôt ma poulette, l'embrassa Ornella avant de quitter l'appartement, laissant Hermione seule avec elle-même. »

Elle se dirigea vers la cuisine et ouvrit le congélateur à la recherche d'une dose de glace suffisante pour l'empêcher de s'effondrer.

« - Noisette… Pomme… Chocolat. » elle s'empara du dernier pot et s'installa sur son balcon, observant la vue de Londres scintillante. Pattenrond sur ses genoux, elle enfourna la première cuillérée avec un soupir d'extase.

« - Miss Granger, lança une voix froide qui fit bondir Hermione en hurlant, elle lança la première chose à sa portée : son pot de crème glacée. CHUT ! lança l'inconnu en lui plaqua une main sur la bouche. Vous allez alerter tout le voisinage, petit idiote ! siffla la voix. »

Le cœur d'Hermione battait la chamade et toutes ses idées étaient confuses. Elle était sur le point de pleurer, lorsque la main s'écarta de son visage.

« - Professeur Rogue, souffla-t-elle. Comment m'avez-vous trouvée ?

- Vous savez à qui vous parlez, Granger ? répondit-il, l'air suffisant. Rentrons, ordonna-t-il de sa voix sèche. »

Il pénétra le premier dans l'appartement et Hermione lui emboîta le pas, stressée.

« - Une..Une tasse de thé ? proposa Hermione à son intimidant professeur de potions. Du thé glacé, peut-être ?

- S'il vous plait, citronné, merci. répondit-il aimablement, à la grande surprise d'Hermione.

- Pardon pour… Pour la glace, s'excusa-t-elle tandis que Rogue battait l'air de la main. »

Elle ouvrit le frigo, sentant le regard de jais du professeur braqué sur son cou dégagé. Elle lui versa un verre, le bruit du liquide s'écoulant comblait le silence pesant entre les deux protagonistes. Elle déposa le verre sur la table, et s'appuya contre le plan de travail de la cuisine, face à lui.

« - Et bien… Miss Granger, murmura-t-il, sans quitter sa proie du regard. Quelle surprise de vo…

- Comment m'avez-vous trouvée ? le coupa-t-elle.

- Votre hibou, mon talent, votre trace. Le tour est joué, la nargua-t-il alors qu'elle croisait les bras sur sa poitrine, insatisfaite de la réponse dont elle se contenta pourtant. Je disais donc, quelle surprise de vous retrouver enfin, il insista particulièrement sur ce mot, ce qui la fit tiquer.

- Enfin ? répéta-t-elle, le regard fuyant.

- Avez-vous idée, Miss Granger, commença-t-il, menaçant, en s'approchant d'elle telle un prédateur, de ce que j'ai mis en œuvre pour vous retrouver ? Avez-vous, ne serait-ce qu'une seule fois, pensé à ceux que vous abandonniez derrière-vous ? Avez-vous..

- Vous ne savez rien des raisons qui m'ont poussées à fuir ! Vous…Vous ne connaissez rien… Vous ne savez pas !

- Eclairez-donc ma lanterne, j'en rêve !

- Je… j'ai…, Hermione ne trouvait pas les mots.

- J'écoute…, susurra Rogue d'une voix suave.

- Il n'y a rien à en dire. Je n'ai pas pu supporter tout ce… Toute cette… sollicitude, ces gens… Cette pitié tout ça…

- Oh… Pauvre, pauvre, petite Gryffondor. L'inquiétude des gens à votre égard, quelle épreuve ! grinça Rogue. Pendant que le monde sorcier se reconstruisait, pendant que NOUS reconstruisions Poudlard et redonnions une perspective d'avenir aux jeunes sorciers, où étiez-vous ?

- Je…

- Où étiez-vous lorsque le monde en deuil pleura Dumbledore ?demanda-t-il en lui tournant le dos.

- J'ai…

- Où étiez-vous lorsque le monde en deuil pleura McGonagall ? demanda-t-il encore en se saisissant de son verre.

- Arrêtez, demanda Hermione, sentant qu'elle allait craquer.

- Où étiez-vous lorsque Neville et Harry se sont mariés ? Quand Ginny et Drago eurent leur premier enfant ? accusa-t-il en prenant appui sur la table.

- CA SUFFIT ! explosa la lionne. Je ne vous ai pas contacté pour que vous me fassiez la morale, professeur !

- Je ne vous demande pas votre avis, petite impertinente ! répondit Rogue en la pointant du doigt, sans perdre son sang-froid légendaire.

- Ne… Ne… Me jugez pas.

- Où étiez-vous… Lorsque Miss Parkinson s'isola pendant des mois à remuer ciel et terre pour vous retrouver, Granger ? acheva-t-il.

Hermione le regarda interdite, alors qu'il mentionnait Pansy. Comment osait-il se pointer ici et la descendre ? Elle enfouit son visage dans ses mains et soupira. Oui, elle les avait abandonné. C'est vrai.

« - Je me reconstruisais, égoïstement, sans aucun doute, murmura-t-elle devant l'air ravi de Rogue.

- Voyez-vous ça…

- Tout le monde ne peut être aussi fort que vous, Professeur, dit-elle en plongeant son regard dans les iris nuit noire de son interlocuteur. Ou peut-être est-ce moi qui ai été trop faible… murmura-t-elle pour elle-même, la gorge serrée. Sans Minerva… Je n'aurai pu le supporter. »

Severus serra ses doigts autour de son verre, meurtri par ses paroles.

« - Venez, souffla-t-il à Hermione qui le regardait sans comprendre. Venez, répéta-t-il d'une voix douce alors qu'Hermione s'approchait de lui. »

Sans crier gare, il lui saisit délicatement les mains et l'attira contre lui, avant de l'enlacer gauchement. Hermione mit quelques secondes avant de réaliser et l'odeur de son maître des Potions la réconforta au plus haut point. Elle colla sa tête contre son torse et se laissa aller. C'était fini, tout était terminé.

« - Là…, murmura Rogue, se surprenant lui-même. C'est fini Granger…, tentait-il de la réconforter, de vieux souvenirs envahissant sa mémoire. »

Oui, il l'avait vue morte, il l'avait tenue morte et… il l'avait crue morte il y a des années de cela, et ça l'avait marqué. Il s'était indéniablement attaché à cette insupportable Miss Je-Sais-Tout et la retrouver après que tout espoir se soit envolé l'avait chamboulé. D'abord, la colère l'avait submergé, puis l'émotion. Il avait retrouvé son élève, son amie, une des personnes à qui il aurait pu encore confier sa vie.

«- Comment va Pansy ? souffla la petite voix d'Hermione, étouffée dans la robe de Rogue.

- Mieux, répondit-il. »

Hermione se dégagea et essuya ses larmes.

« - Que va-t-il se passer ? demanda-t-elle.

- Rien que vous ne voudriez, Miss Granger, lui répondit-il. Vous devez me suivre à Poudlard, votre poste vous attend.

- Mais je ne suis pas prête ! s'exclama Hermione, paniquée à l'idée de devenir professeur.

- Vous le devez, vous êtes liée à ce château, à cette vie, Hermione, lui expliqua Rogue, patiemment. Rassemblez vos affaires. »

Hermione s'exécuta pendant que Rogue observait tous ses faits et gestes. Elle laissa un mot à Ornella lui indiquant qu'elle était partie pour Poudlard puis disparu avec Rogue, laissant l'appartement vide.

Ils apparurent tous les deux devant les grilles du château et Hermione eu un frisson qu'elle associa au vent qui se levait. Ils pénétrèrent dans le Parc et bientôt, franchirent les deux immenses portes du château. Hermione était frappée de toutes parts par des vagues de souvenirs l'assaillant. Le hall, les coins sombres, ce passage secret derrière la gargouille où elle et Minerva avaient une fois fait l'amour passionnément. Son ventre se noua.

« - Où vais-je dormir ?

- Vos appartements vous attendent depuis longtemps, murmura Rogue.

- Non, refusa-t-elle en s'arrêta net.

- Ca suffit Granger, siffla Rogue en se retournant vers elle, nous n'avons pas le choix ! Aucune personne vivante n'a pu y pénétrer depuis…, sa voix s'éteignit, laissant sa phrase en suspend. »

Il se remit en marche et Hermione lui emboîta le pas, à contrecœur.


A suivre ! Bisous.

PS: qu'en pensez-vous?