Auteur : kitsu34

Origine : Yuyu Hakusho

Couple : Hiei x Kurama et un intrus…envahissant !

Disclaimer : non, rien de rien, non, je ne possède rien !

Réponse aux rewiews :

Ma Shunelodie : merci pour ta rewiew ! Whouahahahaha ! J'ai réussi à « t'enduire » d'erreur XD ! Mais ça me fait plaisir que toute cette histoire t'intrigue parce qu'elle est dure à construire, vu toutes les pistes que j'essaie de semer pour finalement construire le récit principal. D'ailleurs, je ne sais pas si j'y arrive ! Ca a toujours l'air mieux dans ma tête avant d'être couché sur le papier… Désolé pour le retard, panne d'envie… et découverte d'un nouveau manga (c'est de ta faute si maintenant j'ai envie d'écrire sur gravitation ! j'ai même envie de laisser tomber Saiyuki, tu te rends compte de ta reponsabilité !

Sanzo : ouais, gamine ! Merci du coup de main !

Yûki : Va crever Shunelodie ! Bonjour du cadeau ! )

Hem, petite parenthèse fermée, voici le chapitre : pour me faire pardonner, il est plutôt long. (c'est pas un gage de qualité, hélas… )

Otite la frite : Eh ouais ! Le chantage absolu pour avoir des rewiews ! Mais je suis prêt à tout XD pour des rewiews… Sauf que ça marche pas !…XD Sinon, tu ne risques pas de récupérer le kitsuné ! D'abord parce qu'il a disparu et qu'il ne risque pas d'être retrouvé de sitôt ! (Sinon, y a plus d'histoire, eh ! XD) Mais surtout parce que si tu veux le récupérer… euh…comment dire…

(Porte qui claque violemment, irruption brutale de personnage)

Hiei : Eeeeh !!!! Elle est où ???? Elle est où celle qui prétend récupérer MON kitsuné !!! Que je la crame vite fait, bien fait !!!!

(Voilà, voilà, pourquoi je te conseille de ne pas revendiquer le yohko… XD…pour ton bien !)

Hiei : Elle est où ???!!! K34 : elle est partie par là ! Vite ! Rattrape-la !…. C'est bon Otite, t'es sauvée…

Gaby : Ohayo ! Bon retour ! Eh non, comme tu vois, j'ai continué à écrire malgré tout ce que je dis et mon manque chronique de confiance en moi… Pour l'instant j'ai de la chance, j'ai de gentils rewieweurs qui m'encouragent ! Et il faut au moins cela pour que je continue d'écrire… Sans eux, j'aurai arrêté depuis longtemps ! Merci pour le compliment, même si j'ai l'impression qu'il n'est pas très objectif : les fics où j'ai le plus de succès, ce sont les oneshots débiles ou les fics basées sur les sentiments. J'ai l'impression que mes fics d'action ne plaisent pas beaucoup…

Kitsuni : Hé ! Un copain de race ! Presque un kitsuné, comme moi XD ! Merci pour la rewiew et le compliment ! Tu sais les faire, soit dit en passant ! Je ne sais plus où me mettre ! Merci, vraiment. En espérant que la suite de cette fic ne te déçoive pas…

Perséphone1313 : Merci pour la rewiew et pour les alertes. Je suis tout ému et impressionné : va falloir que j'assure maintenant ! Petite question : es-tu la même Perséphone que celle qui m'a déjà rewiewé ? Comme le nom ressemble, je me demandais…

C'est parti !

Après mille ans de séparation

Chapitre 3 – Enlèvement

La rue était plongée dans le plus grand silence. Celui qu'engendrent seulement les heures les plus sombres et les plus froides de la nuit. Comme si les êtres, happés par le sommeil, avaient plongé dans une léthargie si profonde qu'elle atteignait presque l'immobilité de la mort.

Personne ne vit donc les trois silhouettes furtives et silencieuses se couler le long des murs et ramper quasiment dans les ténèbres.

Elles disparurent un instant à l'angle d'un immeuble pour réapparaître brusquement, avec une rapidité étrange, à l'autre bout de la rue.

Dans ce contexte de torpeur profonde et d'immobilité lourde, au beau milieu de la nuit, les ombres semblaient presque avoir surgi d'un univers onirique et parallèle et ne pas appartenir au monde humain.

Leur comportement n'était pas celui des ningens. Et lorsque une lumière blanche, brève mais puissante, illumina un instant le porche d'une résidence moderne, il n'y eut plus aucun doute sur la nature surnaturelle des visiteurs nocturnes.

La porte céda dans un grincement sinistre et les silhouettes noires se glissèrent à l'intérieur de l'immeuble. Elles empruntèrent les escaliers et firent halte au troisième étage, devant la porte d'un appartement portant les bandes jaunes de la police qui indiquent qu'un crime a été commis.

Les ombres semblèrent hésiter un instant et se consulter du regard, puis la plus petite des trois avança la main et poussa violemment mais très rapidement la porte. Si rapidement que celle-ci n'eut pas le temps de gémir pour avertir de la violence qu'on lui faisait.

Aussitôt le petit groupe entra dans l'appartement et referma soigneusement derrière lui.

Après un instant de silence et d'immobilité qui ressemblaient presque à un recueillement, un murmure s'éleva dans l'appartement désert.

« -Putain, Hiei ! J'espère que tu as une bonne raison de vouloir revenir dans l'appartement de Kurama ! Au cas où tu le saurais pas, tu es recherché dans sa disparition !

-Ferme-la, Urameshi ! J'ai pas eu le temps de bien regarder l'autre jour. J'étais trop faible et surpris que ce foutu kitsuné soit pas là. Mais je suis sûr qu'on peut trouver des traces ou des indices ici.

-Tu veux dire que t'étais inquiet pour ton petit yohko oui ! Ah, c'est beau l'amour…

-La ferme abruti ! Ou je te crame !

-Bon, fermez-la tous les deux et dépêchons-nous ! J'aime pas vraiment être ici. La police ou nos ennemis peuvent débarquer à tout instant… »

Yusuke avait raison. Hiei se tut et lâcha Kuwabara pour se concentrer sur la pièce où ils se trouvaient. Kuwabara et Yusuke commencèrent à faire le tour de la pièce en fouillant au petit bonheur la chance et en déplaçant les objets.

Hiei les regarda un instant puis poussa un soupir et secoua la tête. Ningens, ils restaient malgré tout. Ils n'étaient pas capables de repérer quelque chose s'ils ne le voyaient pas de leurs yeux.

Il se concentra et essaya de saisir ce qu'il y avait de différent et d'étrange en comparaison de d'habitude.

Ça l'avait déjà frappé la dernière fois qu'il était venu. Mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus…

Il y avait la rose écrasée, bien sûr, que les policiers n'avaient pas ramassée, pensant sans doute que c'était une simple fleur tombée d'un vase, les plantes mortes et les traces de sang…

Mais il y avait autre chose, quelque chose de ténu et volatile, comme un parfum.

Oui, c'était ça !

Une odeur. Une senteur d'ailleurs bien connue. Celle du sang yohkai. L'odeur emplissait toute la pièce de sa fragrance légère et entêtante…

Mais d'où venait-elle ?

Hiei se tourna brusquement vers un coin sombre du salon. Il se précipita vers une sorte de buffet, dans lequel Kurama rangeait sa vaisselle et s'agenouilla pour regarder dessous.

Yusuke et Kuwabara le regardèrent, surpris de l'entendre pousser une exclamation étouffée.

Puis ils se précipitèrent à leur tour, paniqués à présent, lorsque le démon poussa fortement le meuble faisant gémir fortement le sol sous la masse.

Bon sang ! Que se passait-il ? Pourquoi agissait-il de la sorte ? Tous les habitants de la résidence allaient les entendre si ça continuait !

Yusuke ouvrit la bouche, prêt à gueuler, mais la main de Kuwabara se refermant fortement sur son bras l'empêcha de poursuivre et l'arrêta net.

La tension était perceptible dans la poigne de Kuwabara autant que dans la raideur et les yeux fixes et agrandis de Hiei.

Yusuke s'avança pour regarder ce qu'ils fixaient de cette façon et un léger sursaut lui échappa.

Sur le sol, dégagé par la mouvement du meuble se trouvaient deux objets, non, trois objets sanglants.

Deux pierres d'Hirui et…

… deux yeux rouges exorbités et arrachés à leurs globes oculaires. Deux yeux sanglants et morts, vitreux, aux nerfs déchirés.

Des yeux exactement semblables à ceux de Hiei.

Un frisson d'air glacé sembla parcourir toute la pièce et s'infiltrer sournoisement sous leurs vêtements.

Kuwabara laissa échapper une sorte de couinement et Yusuke un cri étranglé. Hiei n'eut qu'un long frisson et son visage se durcit.

Il fut le premier à se reprendre et tendit la main vers les bijoux sanglants jetés à terre. Son poing se crispa sur les pierres d'Hirui qui lui avaient été dérobées.

Que faisaient-elles là ? Comment étaient-elles arrivées ici ? Il devait être resté évanoui plus longtemps qu'il ne le pensait, après que l'autre enflure l'ait attaqué…

Merde ! Que voulait ce mec ? Qu'avait-il à voir avec la disparition de Kurama ?

Si seulement il pouvait se rappeler où il avait déjà ressenti cette énergie… Il connaissait ce mec, il l'avait déjà croisé, mais où ? Impossible de s'en rappeler.

Il se releva, les pierres d'Hirui serrées dans sa main.

Ce n'était plus la peine de rester ici, c'était trop dangereux. Ils ne trouveraient rien de plus.

Mais au moment où il se tournait vers les deux humains figés à quelques centimètres de lui, il sentit une présence. Pas une présence yohkai, mais une présence ningen. Massive. Et proche.

Yusuke et Kuwabara l'avaient sentie visiblement. Ils se tendirent tous les deux et Kuwabara eut le réflexe de regarder par la fenêtre afin de vérifier ce qu'ils avaient identifié tous les trois.

« -La police est en bas. Un des habitants a dû entendre le raffut que tu as fait en poussant le meuble. Faut se tirer d'ici, en vitesse ! »

Hiei attrapa Yusuke par le bras et le maintint fortement près de lui alors qu'il s'apprêtait à suivre Kuwabara et à sortir de l'appartement. Et il intima au ningen à voix basse de revenir à l'intérieur de l'appartement et de fermer la porte.

Surpris, Kuwabara obtempéra et referma la porte.

« -On est coincé. Ils bloquent les issues. Alors il n'y a plus qu'une seule solution : il faut attendre qu'ils rentrent tous dans la résidence et qu'ils donnent l'assaut, pour pouvoir fuir par la fenêtre.

-Ouais, sauf que c'est ce que t'as fait la dernière fois et qu'ils sont quand même pas si cons ! Ils vont laisser des mecs en bas !

-Exactement. On en profitera pour s'enfuir par la fenêtre, mais par les toits, pas par la rue. »

Ils se turent. Un léger bruit leur était parvenu du couloir. Il y avait quelqu'un devant la porte.

Très lentement, ils virent la poignée de la porte d'entrée de l'appartement de Kurama s'abaisser. Au moment où elle s'abaissa entièrement, Hiei lâcha Yusuke et cria :

« -Maintenant ! Magnez-vous ! »

Ils se précipitèrent par la fenêtre, s'élançant du rebord pour sauter de toute leur puissance et leur rapidité sur le toit de l'immeuble d'en face, au moment où les policiers faisaient irruption dans la pièce.

Les hommes les regardèrent, éberlués, franchir plusieurs dizaines de mètres d'un seul saut et se ramasser sur le toit d'en face, plus élevé que la résidence de Kurama de plusieurs mètres. Hiei avec élégance, Yusuke avec efficacité et Kuwabara avec maladresse.

Puis les trois ombres se fondirent et disparurent dans la nuit.

En quelques minutes, elles réapparurent à l'autre bout de la ville, émergeant d'un rectangle d'espace étrange et miroitant, semblant ouvrir sur un autre monde.

« -Pfff, sans mon épée, on était vraiment mal ! Et maintenant ? Qu'est-ce qu'on fait ? La police nous recherche et les flics nous ont vus faire un saut de plusieurs dizaines de mètres. On est vraiment mal sur ce coup…

-Kuwa a raison, Hiei. C'est chaud pour nous deux maintenant.

-Ouais. Y vous reste plus qu'une solution… »

Ils s'affrontèrent un instant du regard puis sourirent tous les deux en même temps.

« -D'accord, t'as gagné, Hiei. On vient avec toi, Kuwa et moi. On n'a pas vraiment le choix, après tout, et Kurama a besoin de nous.

-Bordel ! Je le savais que ce nain nous causerait des ennuis avec son idée à la noix ! J'aurai dû écouter mon mauvais pressentiment et ne pas vous laisser m'entraîner chez Kurama ! Je le savais, je le savais !

-Quand t'auras fini de chouiner, tu nous ouvriras un passage avec ta putain d'épée !

-Hein ? Et pourquoi on passe pas par le portail, comme d'habitude ? Je vois pas pourquoi je me taperai tout le boulot !

-T'as vraiment de la sauce blanche à la place du cerveau ! Le portail permet de contrôler les faits et gestes de tous ceux qui l'empruntent ! Le Reikai est au courant de tout !

-Et alors ? Je vois pas le rapport avec nous ?

-Tu te rappelles de ce que Keiko et Yusuke ont dit ? Il y a sûrement des traîtres et des informateurs parmi nous et le Reikai, sinon, ils auraient jamais su pour la mission de Yusuke et la mienne. Or on était attendus tous les deux ! Comme l'a dit Keiko ! Il faut agir de façon inhabituelle, les surprendre là où ils ne nous attendent pas ! Alors ouvre-le ce putain de passage ! Quand bien même tu y laisserais toute ta putain d'énergie ningen !

-Ca va ! Calme-toi ! J'ai compris, je vais le faire ! »

Sous les regards noir de Hiei, sérieux de Yusuke, Kuwabara se concentra et fit jaillir l'épée transdimensionnelle. Puis il ouvrit un passage et se concentra encore plus fortement pour en élargir l'entrée.

L'épée à la main, il pénétra dans l'espace distordu qu'il venait de créer et commença à avancer. Hiei et Yusuke se regardèrent puis sans une hésitation lui emboîtèrent le pas.

Kuwabara progressait lentement, son épée qui ne faiblissait pas, tranchant l'espace sans cesse plus profondément. Mais le chemin semblait sans issue.

Cela faisait longtemps à présent qu'ils progressaient dans ce tunnel d'espace distendu, aux variations colorées hallucinatoires. Hiei ne voyait plus leur point de départ, lorsqu'il se retournait.

Il n'y avait plus le choix. Il fallait continuer. Et réussir.

L'énergie de Kuwabara commença à s'épuiser. Hiei était même surpris qu'il ait tenu si longtemps. Ce ningen était chiant et con, mais résistant, ce n'était plus à prouver. Et il fournissait en ce moment un effort surhumain. Pour avoir franchi seul les barrières établies entre les deux mondes par le Reikai, du temps où il recherchait Yukina, Hiei en savait quelque chose.

Mais là, le rouquin touchait le fond de ses forces. Et c'était normal. Ils n'y arriveraient pas.

Au moment où l'épée transdimentionnelle s'amenuisait dans la main de Kuwabara et menaçait de les laisser seuls et perdus dans cet espace-temps complexe et dangereux entre deux mondes, Yusuke posa la main dans le dos de son ami et lui insuffla sa propre énergie.

Aussitôt, l'épée reprit sa taille initiale et recommença de trancher l'espace. La progression reprit durant un instant, jusqu'à ce que les forces du détective s'affaiblissent également.

Kuwabara et Hiei le sentirent en même temps et le démon eut juste le temps de rattraper le détective avant qu'il ne s'évanouisse et glisse au sol.

Kuwabara se retourna et regarda son ami inconscient dans les bras de Hiei. Il sentit à nouveau son énergie s'enfuir en dehors de son corps pour nourrir son épée et avant de tomber à son tour, il donna un dernier coup d'épée, désespéré.

La lame dimensionnelle découpa un dernier rectangle avant de s'éteindre et ouvrit l'espace sur un paysage tourmenté, au ciel pourpre et sombre, traversé d'éclairs.

En s'effondrant lui aussi, Kuwabara eut un sourire. Il avait réussi.

Hiei soupira et ramassa le ningen, puis sauta par l'ouverture avec agilité, les deux garçons inconscients sur l'épaule.

Il se ramassa lourdement au sol, à cause de la masse qu'il transportait. Il grimaça légèrement et grogna sourdement quand sa jambe fraîchement soignée par Yusuke fléchit sous le choc.

Il déposa son fardeau à terre et se redressa avant de jeter un coup d'œil alentour. Il ne voyait pas dans quelle région du Makai ils se trouvaient.

Mais ce n'était pas le plus important. Il fallait trouver un abri car la nuit n'allait pas tarder à tomber et la nuit dans le Makai était toujours dangereuse, quelle que soit la région.

Reprenant son fardeau, Hiei s'enfonça dans la forêt.

Il ne tarda pas à repérer une ouverture dans une butte de terre. Un terrier. Creusé là par dieu sait quoi. Mais il semblait abandonné et ce n'était pas le moment de jouer les chochottes.

Hiei pénétra à l'intérieur et remarqua qu'il s'agissait d'une salle souterraine assez vaste et qui serait confortable et sûre. Il déposa les deux garçons et fit un feu.

Puis il s'installa à l'entrée, katana sorti du fourreau, prêt à frapper, pour monter la garde.

Ses yeux errèrent un instant à la surface des flammes et il s'abîma dans ses pensées.

Où était Kurama ? Est-ce qu'il allait bien ? Pourquoi l'avait-il repoussé lorsqu'il lui avait témoigné son amour la dernière fois qu'il l'avait vu ?

Il n'était pas idiot, ni novice. Le yohko ressentait quelque chose pour lui, éprouvait au moins de la tendresse, si ce n'était plus…

Alors pourquoi ? Pourquoi ces mots cruels et cette méchanceté froide et coupante qui voulait si visiblement faire mal ?

A cause du baiser qu'il lui avait volé ? Mais ce n'était rien, un baiser ! Surtout pour un yohko ! Et surtout pour Yohko Kurama ! La rumeur lui prêtait des centaines, voire des milliers d'amants, et susurrait qu'il n'hésitait pas à se servir de ses charmes pour obtenir ce qu'il voulait…

Alors il n'allait pas le repousser pour un baiser !

Il sentit ses yeux se fermer comme il revoyait deux grands yeux verts indignés et révoltés et qu'il sentait la douceur de lèvres de soie trembler sous les siennes.

- - - - -

« -Toi ? » souffla Kurama avec surprise.

La silhouette noire, assise sur le rebord de la fenêtre ouverte de son salon, déplia ses longues jambes avant de prendre appui au sol.

Le yohkai se redressa. Il était grand et son ombre massive obscurcissait la pièce, seulement éclairée par la lumière blanche et nacrée de la lune et celle de la petite lampe de la kitchenette.

Instinctivement, Kurama se recula, puis se reprit. Il n'avait pas de raison de craindre ce yohkai, normalement. Mais il valait mieux se méfier. Ils n'étaient pas vraiment de grands amis. Trop de choses s'étaient passées entre eux.

Il s'agenouilla et entreprit de ramasser les débris de l'assiette cassée et de nettoyer les dégâts.

Il sentait l'autre immobile, le regard sur lui, et ce regard le gênait. Le poids de ce regard, sa signification. Il avait toujours été trouble et l'avait toujours mis mal à l'aise. Décidément certaines choses ne changeaient jamais.

Même lorsqu'il l'avait revu, ça l'avait frappé. Cette faculté qu'il avait de le mettre à nouveau mal à l'aise, de lui faire sentir le poids de son regard, alors que ses yeux étaient morts et qu'il ne voyait plus.

Il avait pourtant fait en sorte de ne plus jamais avoir à supporter ces yeux troubles et fuyants sur lui. Et il ne regrettait pas ce qu'il avait fait. Il n'avait jamais regretté ce geste.

Non, le regret qui l'étreignait était tout autre…

Il se redressa, sa tâche achevée et dut se maîtriser pour lui faire face. Maîtriser les battements de son cœur, la pression sanguine de son corps, la sueur qui glissait le long de son épine dorsale… Tous ces signes physiques qui risquaient de le trahir.

Il inspira profondément et lorsqu'il rouvrit ses yeux d'émeraude, le vert profond et magnifique de son regard se teinta brièvement d'or tandis qu'un éclair d'argent parcourait le rouge incandescent de sa chevelure.

Il se tourna alors calmement vers son visiteur, son sang-froid retrouvé et son calme dangereux rétabli.

« -Bonsoir Yomi. Je ne m'attendais pas à ta visite. Comment as-tu pu passer le portail sans que le Reikai ne t'enregistre ?

-Bonsoir Kurama. Tu es toujours aussi maître de toi à ce que je vois. Mon irruption ne t'a pas décontenancé plus de quelques secondes… Ton rythme cardiaque est redevenu parfaitement calme. Comme si tu accueillais un ami… Oui, tu es bien digne de toi… Et tu es toujours aussi beau, même dans ce corps ningen…

-Que veux-tu ? Et pourquoi es-tu venu ? Nous savons tous les deux que ce n'est pas pour bavarder du bon vieux temps, ou bien pour mes beaux yeux. Tu as un objectif, tu ne te déplaces pas sans cela… Alors, viens-en au fait. »

Yomi quitta l'embrasure de la fenêtre et s'avança dans l'appartement. Il s'arrêta face aux bibliothèques recouvertes de livres et laissa sa main parcourir les tranches de volumes avec un sourire. Puis il effleura les feuilles des plantes nombreuses dans la pièce.

Kurama se crispa légèrement. Il n'aimait pas qu'il touche ses plantes, comme si c'était une violence qu'il lui faisait. Elles étaient une sorte d'extension de lui-même, il les nourrissait de son énergie. Sentir les mains de Yomi sur elles, c'était en quelque sorte les sentir sur lui.

Le léger sourire de l'autre renforça encore sa crispation. A croire qu'il lisait en lui. Attention, il ne devait pas le laisser accéder à ses réactions et lui permettre de découvrir à quel point il le redoutait. Car il le redoutait. Oui, profondément… Depuis ce jour…

Puis Yomi s'immobilisa en face du mur de photos que Kurama avait installé sur l'un des murs de son salon et qu'il aimait particulièrement. Il y avait sur ce mur tous les gens qu'il aimait : Yusuke, Kuwabara, Keiko, Genkai, Shizuru, Shiori, son beau-père et son demi-frère… et Hiei.

Justement, Yomi s'était arrêté devant la photo qui représentait Hiei en train de cramer Kuwabara. La seule qu'il ait réussi à prendre de lui, sans doute parce qu'il était trop occupé pour se dérober à l'appareil photo.

S'il n'avait pas su que Yomi ne voyait plus, il aurait juré qu'il regardait les photos et qu'il regardait plus spécialement Hiei.

Son visage était plongé dans l'obscurité de la pièce. Impossible de voir son expression. Pourtant, il dégageait quelque chose de sinistre et d'inquiétant.

Kurama se sentait de plus en plus tendu.

Aussi fut-il surpris lorsque la voix de Yomi trancha le silence.

« -Ainsi, c'est ici que tu vis et c'est ça ta vie, à présent… Quelque part, je comprends que tu aies tout abandonné pour cette vie. Elle a l'air agréable et paisible… Ca doit te changer, en effet… »

Kurama tiqua. Quelque chose dans le ton de Yomi sourdait comme une menace.

« -Que veux-tu, Yomi ?

-Tu dis que je ne me suis pas déplacé pour tes beaux yeux, mais tu te trompes. C'est exactement la raison pour laquelle je suis là, tes beaux yeux. »

Kurama sentit son cœur s'arrêter un bref instant avant de repartir de plus belle. Il s'efforça de se ressaisir pour ne pas laisser Yomi découvrir l'étendue de son trouble, mais il n'y parvint pas. Et sa voix trembla légèrement lorsqu'il parla.

« -Ca suffit. Je ne veux pas entendre ça. Je sais que c'est faux. Tu veux quelque chose de bien précis. Dis-moi quoi !

-Asseyons-nous. La discussion va prendre un certain temps. Comme tu le sais, j'en suis sûr, un royaume indépendant tente de se former dans le Makai et de renverser Enki…

-En effet, je suis au courant.

-Oui, je pensais bien que tu devais en être informé. Ce royaume a déjà pris une certaine ampleur et des missions ont été expédiées afin de pouvoir reprendre le contrôle qui s'échappe.

-Je sais. Yusuke est parti depuis un certain temps déjà en mission pour Koemma et Hiei est en mission de son côté pour Mukuro.

-Oui… Yusuke… Et Hiei. Il ne reste que toi…

-Que veux-tu dire ? Tu voudrais m'envoyer là-bas pour ton propre compte ? La rivalité entre les trois rois est terminée. Tu as perdu le tournoi, tu te rappelles ?

-Tu te trompes. Je ne veux pas t'envoyer espionner pour mon compte. Je n'en ai pas besoin.

-Que veux-tu dire… Tu n'es quand même pas…

-Mais si Kurama. Je suis celui qui a créé ce royaume et les yohkais qui forment cet état sont tous sous mes ordres. »

Kurama blêmit et sentit son cœur s'affoler de plus belle. Pour lui avoir dit cela, Yomi ne le laisserait plus rejoindre ses compagnons librement. Il avait un plan et ce plan passait par lui.

« -Tu as tout compris. Déjà. J'ai toujours admiré ton intelligence. C'est si agréable d'avoir un adversaire intelligent, auquel on n'a pas besoin d'expliquer les choses. Bien. Je veux que tu viennes avec moi. Maintenant.

-Pourquoi ? Quel intérêt as-tu à m'obliger à te suivre ?

-Mais j'en ai plusieurs. Le premier c'est de posséder ton intelligence, ta puissance et tes dons de stratège. Ils me seront précieux. Après tout mes adversaires sont dangereux et nombreux. Le deuxième, par lien logique, est de priver de ces mêmes choses la partie adverse. Yusuke est puissant mais il est plutôt stupide. Sans toi, il sera incapable de suivre une stratégie élaborée et je le vaincrai facilement. Et la dernière raison… Il n'est pas utile que tu en sache plus pour l'instant, d'autant plus qu'elle ne te plaira sûrement pas…

-Je suis désolé, Yomi, mais je ne te suivrai pas. Tu le sais, n'est-ce pas ?

-Oui. J'ai prévu le cas, bien sûr. Tu te rappelles de la dernière fois où tu m'as répondu ça ?

-Oui. Mais je ne céderai plus à l'intimidation. J'ai fait en sorte de protéger ma famille. Tu ne pourras pas leur faire de mal ! »

Ils s'affrontèrent un instant en silence, volonté contre volonté. Puis Yomi baissa la tête avec un soupir et un sourire. Il fouilla un instant dans ses vêtements et en tira quelque chose qu'il jeta à Kurama.

Celui-ci l'attrapa machinalement au vol et se raidit immédiatement. Son souffle se bloqua douloureusement dans sa poitrine et il baissa les yeux avec crainte sur l'objet au creux de sa main.

Un léger gémissement lui échappa malgré lui. Il ne s'était pas trompé sur la sensation froide dans sa paume. Il tenait deux pierres précieuses qui luisaient doucement dans l'obscurité. Deux pierres d'Hirui. Hiei.

Pendant ce temps, Yomi l'observait en silence. Il semblait à la fois satisfait et étrangement en colère. Un sourire mauvais ourlait légèrement sa bouche et ses mains posées sur ses genoux se crispaient sur le tissu de son long manteau.

« -Ainsi je ne me suis pas trompé. C'est plus qu'un compagnon de lutte et de travail pour toi. Je n'arrive pas à y croire. Ce petit yohkai, si faible qu'il n'a pas réussi à vaincre Mukuro même après qu'elle soit épuisée par un long et difficile tournoi. Tu as décidément déchu en te réincarnant. Mais ce n'est pas grave. Tu vas venir avec moi et tu redeviendras ce que tu n'aurais jamais dû cesser d'être, Yohko Kurama.

-Je te l'ai déjà dit. Je refuse. J'ai choisi la vie que je mène et j'ai renoncé à cette partie de moi.

-Mais je ne te demande pas ton avis. Si tu ne m'obéis pas, ce n'est pas à ta famille que je m'en prendrais. Je sais bien que tu l'as sans doute protégée depuis la dernière fois. Non. Je m'en prendrais à ton amant, ce Hiei.

-Ce n'est pas mon amant !

-Ah non ? Alors c'est encore mieux. Ça veut dire que c'est ton amoureux, celui que tu aimes. Les yohkos tombent rarement amoureux, voire jamais, n'est-ce pas ? Mais quand ils le sont, c'est si fort et si intense que cela dirige toute leur existence. Alors tu vas m'obéir, sinon il arrivera malheur au yohkai que tu aimes et qui est en mon pouvoir. Si tu es sage, je ne le tuerai pas et je ne le torturerai pas. Mais tu ne le reverras plus jamais, Kurama.

-Qu'est-ce qui me prouve qu'il est en ton pouvoir ? Ce ne sont que des bijoux… Tu pourrais les avoir eues n'importe où ! Ce ne sont peut-être pas celles de Hiei !

-Je m'attendais à ta réponse… Puisqu'il te faut des preuves, tu vas les avoir. Tu voulais savoir les raisons que j'avais pour te vouloir près de moi et tu refusais de croire que je sois venu pour tes beaux yeux… Tiens ! Attrape, Kurama, les beaux yeux de ton amoureux ! »

Et Yomi lança quelque chose à Kurama, quelque chose qui laissa tomber à terre de larges taches écarlates et humides, quelque chose qui s'écrasa sur les genoux du yohko avec un horrible bruit de succion.

Le cœur étreint d'horreur, Kurama baissa machinalement les yeux et regarda. Sur ses genoux se trouvaient deux yeux fraîchement arrachés. Deux yeux d'un grenat sombre et profond, qu'il aurait reconnus entre mille pour les avoir si souvent admiré en secret.

Ses mains se mirent à trembler et avec un cri étranglé il les repoussa de ses genoux. Le bruit mou et atroce qu'ils firent en rebondissant au sol souleva son estomac. La nausée qui le prit fut immédiate et il n'eut que le temps de se pencher sur le bras de son fauteuil avant de vomir.

La haine et le dégoût le jetèrent contre Yomi. Sa main glissa rapidement dans ses cheveux et le rose whip trancha l'air violemment.

Yomi réagit rapidement. Sa protection magique arrêta le coup et d'un geste de la main il déclencha sa riposte. Le choc coupa le souffle de Kurama. Il tomba à genoux à terre et il laissa échapper son fouet. La douleur au bras était intense, la blessure semblait profonde et du sang avait coulé sur la rose qui gisait à présent au sol.

Yomi était plus fort que lui. Surtout avec cette apparence et ses pouvoirs muselés par le Reikai. Il serra les dents.

Yomi s'avança et écrasa la rose. Puis il s'agenouilla près du yohko blessé et lui saisit le menton. Kurama essaya de se dégager mais l'autre main de Yomi vint enserrer brutalement son bras blessé et lui arracha un léger cri de souffrance.

« -Maintenant ça suffit. Tu as tes preuves. Mais je serais très heureux de te montrer davantage ton yohkai déchiré par mes soins, si cela ne te suffit pas. Je n'attends qu'un prétexte.

-Monstre ! Pourquoi me poursuis-tu ainsi ? Pourquoi t'acharner sur Hiei ? Tu n'avais pas besoin de faire ça ! C'était une cruauté gratuite !

-Une cruauté gratuite ? Et mes yeux ? Tu n'as pas hésité à m'envoyer ce tueur pour m'arracher les yeux et me laisser pour mort ! Tu n'as eu aucune pitié toi non plus !

-C'était différent. Tu le sais aussi bien que moi. Tu sais pourquoi j'ai agi comme ça. Toi-même tu as reconnu que tu l'avais mérité.

-Autrefois peut-être. Mais les choses sont très différentes à présent. Je veux t'avoir à mes côtés.

-Qu'y a-t-il de différent ?

-Tu aimes. Autrefois, tu m'as repoussé, mais tu n'aimais personne d'autre, alors ce n'était pas grave. Tant que tu n'aimais personne, que tu n'appartenais à personne, que tu ne sois pas à moi m'importait peu. Mais que tu puisses m'échapper et te donner à un autre, il n'en est pas question ! Alors je suis venu te chercher pour t'emmener avec moi. Tu vas venir avec moi et tu resteras à mes côtés et tu seras à moi, tu m'appartiendras totalement.

-Tu es malade Yomi. Tu es complètement fou.

-Ah, ah, ah. Non. Tu aimerais bien que je le sois. Ça te rassurerait. Mais ce n'est pas le cas. J'ai toute ma raison. D'ailleurs je te propose un marché : tu me suis gentiment et je laisse partir ton amoureux sans le blesser davantage. Et je te donne ma parole de le laisser tranquille. Qu'en dis-tu ? Ca me paraît honnête.

-Que je te suive ? C'est tout ce que tu veux ?

-Et que tu m'apporte ton aide, ton intelligence, ta force bien sûr.

-Rien que ça ?

-bien sûr que non, enfin. Tu me connais. Je veux tout. Je veux ton corps aussi. Acceptes-tu ?

-…….Tu me promets que tu ne lui feras plus de mal ?

-Tu as ma parole.

-Très bien. Tu as gagné. Je viens avec toi.

-Et tu seras mien ? Tu ne te refuseras pas à moi ?

-Non. Je serai à toi.

-Bien. Concluons donc notre pacte. »

Yomi attira le yohko à lui. Kurama frissonna longuement. Il sentait son cœur se soulever de dégoût au contact de son ancien partenaire. Ce qu'il avait longtemps craint, qui avait peuplé ses cauchemars pendant des dizaines d'années venait finalement de le rattraper.

Il eut un haut le cœur lorsque les lèvres de Yomi s'écrasèrent sur les siennes, mais ne le repoussa pas. Et lorsqu'il sentit la langue de l'autre forcer sa bouche à s'ouvrir pour accepter son baiser, la nausée lui tordit l'estomac. Les larmes lui montèrent invinciblement aux yeux et il ne put les empêcher de glisser sur ses joues.

Yomi rompit le baiser pour reprendre son souffle et eut un sourire cruel.

« -Tu pleures pour un baiser ? Décidément tu as bien changé… »

Et il lécha avidement les traînées humides qui marbraient la soie blanche des joues de Kurama. Le yohko ferma les yeux et serra les poings sous l'humiliation tandis que de nouvelles larmes jaillissaient et que retentissait le rire bas et grave de Yomi.

- - - - -

Oufffffff ! Enfin fini ! Eh ben, je n'aurais jamais eu plus de mal à écrire un chapitre. Il faut dire qu'en ce moment je n'ai plus envie d'écrire… Je ne sais pas pourquoi, j'ai pourtant des idées et quand je me mets devant mon ordi, ça vient tout seul, mais je n'ai pas envie de me mettre à mon ordi… C'est bizarre. Enfin, on va dire que ce n'est que passager et que c'est la faute du temps (j'aime pas l'automne !!!) et que c'est la faute du boulot (argh ! Ils sont fous ces profs ! et ces binômes qui veulent toujours bosser !) et que ça va s'arranger !

Alors bravo à Otite qui avait deviné pour Yomi ! Zut j'avais pourtant essayé de brouiller les pistes ! Bon temps pis ! XD

A la prochaine, en rating M, car les choses glauques commencent au chapitre prochain (normalement)…