Disclaimer : Le monde d'Harry Potter appartient à JK Rowling
Note : Bonsoir ! Je sais, en ce moment, je ne suis pas trop présente. Je n'arrive plus à écrire et pourtant, Merlin sait que j'ai envie de poster (et cela va vous paraître étrange mais « Et de vous lire aussi ! »).
Alors je poste cette courte suite, en espérant que cela vous plaise !
Un grand merci à PiccolinaSandra qui a corrigé ce chapitre très rapidement pour que je puisse le poster aujourd'hui !
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Ron tapa deux coups mais personne ne répondit. Connaissant son amie, parfois plongée dans ses pensées, il s'autorisa à entrer. La pièce était vide, pas de manteau, pas de sac. Il espéra voir un petit mot pour savoir où elle avait filé – ils avaient prévu de se retrouver pour boire un café – et quand il regarda le bloc-notes ouvert sur son bureau, s'attendant à lire une note à son attention, il tomba sur un texte, écrit à la va-vite, sûrement à la vitesse des pensées de son autrice. Malgré lui, il ne put s'empêcher de lire.
« Pardonnez-moi parce qu'aujourd'hui, je me suis tue. »
Quand, en ce 8 mars, la communication sur la journée des droits de la femme allait de bon train, on a reçu un énième hibou sur l'engagement du ministère à respecter l'égalité femme-homme. Quand mon collègue a râlé sur ces femmes engagées parce qu'elles sont des femmes et que c'est injuste pour les hommes compétents, je me suis tue.
Pour une fois, je ne me suis pas sentie de batailler, d'argumenter, de prouver. J'ai juste laissé couler. Je me suis sentie lâche.
Depuis huit heures ce matin, on m'avait offert une rose pour me souhaiter bonne fête, on avait fait parvenir des messages pour me souhaiter bonne fête, on m'avait proposé des promotions sur du maquillage, des vêtements, des aspirateurs.
Alors, en ce début d'après-midi, je me suis tue. Je n'ai pas eu le courage. Je ne voulais pas m'engager dans un autre débat qui me laisserait frustrée et qui imposerait dans le bureau un silence un peu froid, un peu lourd.
Bien des fois, je me suis tue. Parce que je ne voulais pas être la mégère. Parce que je ne voulais pas faire disparaitre l'éclat de rire. Parce qu'il semblait que j'étais la seule à trouver ça insultant.
Parce que je ne voulais pas être celle qui supprimait cette ambiance bonne enfant. Et tant pis si cette ambiance reposait sur une blague limite. Il n'y avait que moi dans la pièce, cette blague ne blessait que moi.
J'ai entendu d'autres femmes dire que l'on devrait se féliciter, être fière. Doit-on être fière d'être une femme ? La société est-elle tellement oppressive pour nous ? Ou est-ce parce que je ne le vois plus ? Parce que je suis privilégiée ?
Quelle est cette société où appartenir à un groupe qui représente la moitié de l'humanité doit donner un sentiment de fierté, l'impression d'être une survivante ?
Pourquoi ? Comment ? Qui ? A quel moment la femme est-elle devenue une inférieure, une moins-que-rien, une moins qu'un homme surtout ?
Quand a-t-on mis la femme sur un espèce de piédestal tout en la traitant de bonniche ? Dans les discours, elle est une déesse de grâce et d'élégance, d'amour et de compassion, qu'il faut séduire avec délicatesse, cueillir avec douceur, aimer tendrement. Elle ne dit pas de gros mots, ne doit pas être vulgaire. Et c'est parce qu'elle est une déesse, un être fait d'amour et d'empathie qu'il faut la garder à la maison parce que finalement, c'est pour prendre soin du foyer qu'elle est la meilleure. Et voilà que les qualités qu'on lui prête deviennent sa prison. La société a écrit un rôle pour ces femmes et qu'il semble que c'est un crime de vouloir s'en défaire, de sortir du carré que l'on a dessiné pour elle.
Tous les jours, on essaye de sortir de ce carré et tous les jours, je bataille entre ceux qui me disent que le carré n'existe que dans ma tête et ceux qui voudraient que j'y reste.
Paradoxalement, ce sont parfois les mêmes personnes.
J'aimerais avoir la force, tout le temps. Pouvoir être cette grande gueule qui parle sans écouter ceux qui la traitent de mégère.
Mais pas aujourd'hui.
Je suis désolée qu'en cette journée de lutte pour les droits de la femme, je me sois tue. Pardonnez-moi. Demain, promis, je parlerai à nouveau.
« Pardonnez-moi parce qu'aujourd'hui, je me suis tue. »
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J'espère que ça vous aura plu ! Je ne sais pas pour vous mais perso, pour la journée de la LUTTE POUR LES DROITS des femmes, j'ai reçu une rose et plein de mails pour me souhaiter bonne fête (oui, la journée d'Hermione n'est pas vraiment imaginée, oups !). Parfois, j'ai envie de kicker des fesses. Et parfois, j'ai juste plus la force.
En vous souhaitant un bon week-end,
Fémininement/Féministement vôtre,
Math'
