Bonjour à tous ! Nouveau chapitre en vue !
Publication Spéciale Saint Valentin (aurais peut-être mieux convenu au chapitre 4 mais bon…On publie pas le 4 avant le 3 )
Pour commencer, je voudrais m'excuser :
Je sais que je suis chiante à demander des comms et je m'excuse si certains ont vu cela comme du chantage mais il y a des raisons (pas forcément bonnes d'ailleurs mais ce sont les miennes) :
- J'écris une fic et ça me fait plaisir, j'y passe du temps et je veux savoir si ça vaut le coup que je le fasse , si elle plaît, non, même pas, si elle intéresse (y'a une nuance parce qu'elle peut intéresser mais pas plaire enfin, je me comprend) et puis aussi, parce qu'un comm, positif ou négatif, permet toujours de s'améliorer voire donner des idées pour la suite…
- J'en demande pas des tonnes…C'est pas un concours de comms mais ça me fait plaisir de savoir que je me donne pas du mal pour rien…Oui, je sais je suis sans doute exigeante mais au moins quelques uns à chaque fois, c'est pas la mort, si ?
***
Chapitre 3 : Réconfort.
L'allure était pesante mais vive, la vitesse d'un homme rompu à l'exercice.
Cependant, les mouvements n'étaient pas fluides mais automatiques, mécaniques, tels les rouages usés d'une horloge que l'on aurait oublié d'huiler.
Il voulait oublier, juste un instant, les regards désolés, les mots insipides et les discours pompeux.
Ça n'apaisait pas la douleur.
Ça n'enlevait pas le poids de la culpabilité et des remords.
Ils lui avaient tous répété que ce n'était pas de sa faute, qu'il n'avait rien à se reprocher… Il ne supportait plus de les entendre, il voulait les fuir et c'est ce qu'il faisait à présent, courant à travers la plaine vers le refuge de son âme.
Il sentait, il savait que ça irait mieux après.
Non pas qu'il attende quoique ce soit de lui mais l'autre ne l'abreuverait pas de stupides tentatives de consolation. Il n'essaierait pas de s'attirer ses faveurs par des paroles creuses.
Creuses.
Comme leurs tombes.
Il crut que son cœur allait lâcher. Ça faisait mal. Si mal.
Il était coupable, c'était sa faute.
La guerre était cruelle bien sûr. Elle comptait tous les jours son lot de victimes. C'était un fait. Mais il en était l'un des meneurs donc il portait plus que sa part de responsabilité dans ses morts. C'était presque comme s'il les avait tué lui-même…
Et maintenant plus que jamais, il ne parvenait à se résigner, à accepter comme on lui disait de le faire.
Il n'avait pas pu les protéger.
C'était un constat douloureux et beaucoup trop réel.
Pour lui, il ne s'agissait pas de victimes anonymes, martyrs innocents parmi tant d'autres, c'étaient sa raison de se battre, de continuer à combattre.
Il avait échoué. Il était faible.
Ce remord permanent le rongeait comme un cancer pour lequel il n'existerait pas de traitement, le corrompant de l'intérieur, le détruisant moralement petit à petit, chaque jour un peu plus.
***
Perdu dans ses pensées, il ne se rendit même pas compte qu'il approchait du lieu du rendez-vous. Ce furent ses sens affûtés qui l'obligèrent à se replonger dans l'existence tangible à laquelle il cherchait désespérément à échapper.
Il y était presque.
La plaine froide s'ouvrait devant lui, parsemée de fleurs, insensible à son malheur, transformant cette endroit, habituellement aride et inhospitalier, en une oasis improbable remplie de cette vie trop perturbatrice pour sa morosité actuelle.
Insectes, oiseaux, petits animaux fouisseurs…Il pouvait les sentir s'activer à la rude tâche de la survie. Il était fermé à ce spectacle qui lui rappelait outrageusement que la vie avait repris son cours, comme si rien d'important n'avait eu lieu.
L'oubli par la force du temps.
Qui se souviendrait d'eux ? Et de lui ?
Tant de choses qui seront oblitérées au fur et à mesure. Les sourires se faneront, les parfums seront recouverts par les odeurs de la pourriture ambiante.
On les oubliera.
Des cadavres. Voilà ce qu'ils étaient à présent. Un tas d'os recouverts de chair en putréfaction qui le renvoyait à sa propre vie, si vaine et finalement, si inutile.
Qu'avait-il vraiment accompli qui puisse faire sa fierté, qui puisse valoir toute cette peine ?
La sève de l'existence glisse invariablement entre nos doigts comme l'eau court dans les rivières, s'éloignant inéluctablement de la source pour se fondre dans l'océan.
Sans espoir de retour.
De loin, il vit le brun, penché sur le feu qui réchauffait doucement une théière.
Enfin.
***
Il s'assit comme de coutume mais il ne chercha pas le regard de son compagnon. Il ne voulait pas le croiser. Pas maintenant. Il ne s'en sentait pas capable. Il n'en avait pas la force et ne voulait pas se montrer si vulnérable.
Bien sûr le brun avait eu un moment de faiblesse face à lui mais cela n'avait rien d'équivalent. De son point de vue, les blessures physiques, surtout lorsqu'elles étaient le fruit du combat du guerrier, n'avaient rien de honteuses, au contraire. Elles étaient la preuve de son courage et de son endurance.
Les blessures du cœur étaient plus intimes, trop méprisables pour s'afficher. Elles étaient le témoin de son imperfection, de son incapacité à affronter ses sentiments, à les dominer comme tout ninja qui se respecte.
Et il tenait au respect de Sasuke. Il le désirait, le chérissait. Il en avait besoin. Il se devait d'en être digne car c'était une marque rarement octroyée et par conséquent, infiniment précieuse.
Il avait toujours admiré la maîtrise du brun sur lui-même, cette aptitude à ne rien montrer de ses émotions devant autrui même s'il savait aussi que c'était un vernis qui ne faisait que couvrir une peinture écaillée.
Il sentait, à ce moment même, son regard inquisiteur posé sur lui, le détaillant avec attention. Il avait deviné.
Pourtant, il ne dit rien, ne fit rien et quelque part, cela le soulageait. Le respect c'était également de savoir être présent mais discret, loin des civilités dites « de circonstances », qui s'avéraient souvent plus navrantes qu'autre chose.
Ses yeux roulèrent sur la douce lueur du foyer. Les flammes dansantes dans la clarté du jour semblaient presque vivantes. Cependant, elles pouvaient tout aussi bien se révéler mortelles. A la fois source de chaleur réconfortante et meurtrières impitoyables.
Elles éclairaient le fourreau nacré de son katana déposé près de lui, enchaînant un ballet qu'elles seules pouvaient faire, sublimant l'arme ainsi exposée à leurs lueurs indomptées. Une lame magnifique, forgée spécialement pour lui. Equilibrée, gracieuse mais d'une beauté fatale car effilée à l'extrême. Rien ne lui résistait.
Recevoir le coup de grâce de cette œuvre d'art était presque… une faveur.
Il imaginait le tranchant, dissimulé dans son écrin. Il le voyait s'élever dans un mouvement souple et fluide pour enfin s'abattre et ôter la vie…
Une gifle retentissante le propulsa loin du feu et de la lame tentatrice. Il se releva vivement, porté par la colère et se précipita sur le brun.
Son poing n'atteignit jamais sa cible.
***
Sasuke souriait. Il lui souriait.
Un sourire triste, doux… compréhensif. Rien n'aurait pu le préparer à cela. C'était la première fois que le brun se mettait ainsi véritablement à nu devant lui du moins de façon consciente. Il n'y avait pas de mots suffisamment fort pour décrire l'effet que cela lui fit.
Il ne put empêcher ses yeux d'aller rechercher les siens, rencontrant enfin les orbes d'ébènes et leur implacable sagacité.
Il craqua.
Les larmes s'évadèrent de leurs prisons, roulant sur les joues pâlies par la peine. Impossible d'en arrêter le flot à présent. Trop longtemps contenues, elles ne pouvaient cesser maintenant.
Il ferma les yeux et les rouvrit presque aussitôt.
L'autre l'avait pris dans ses bras, attirant de sa main la tête du blond sur son torse.
Une épaule pour pleurer, pour déverser le trop plein de chagrin, pour se libérer, enfin.
Il ne sut pas pendant combien de temps il pleura. Il ne se rendit pas compte quand le brun l'allongea, déposant sa tête sur ses genoux, lui caressant doucement l'or de ses cheveux.
Ces gestes délicats, malgré leur maladresse, trahissait son désir d'essayer de le réconforter tant bien que mal. Il n'avait plus honte et plus peur de perdre son estime. Sa conduite lui faisait implicitement comprendre qu'il n'avait pas à se cacher.
Pas devant lui.
Et ça lui faisait plus de bien que toutes les sottises qu'il avait pu entendre. Avec cette attitude un peu gauche et empruntée, il lui montrait de la compassion, la vraie.
Il lui exprimait ainsi sa volonté de partager un peu de sa souffrance parce qu'elle l'affectait lui aussi.
Parce qu'ils étaient liés et que ce que ressentait l'un, l'autre en était le témoin, le gardien.
***
Il s'endormit dans un sommeil sans rêve, épuisé mais rassuré de le savoir à ses côtés. Présence matérielle d'un besoin vitale enfin satisfait.
Il s'éveilla alors que le soleil était déjà haut dans le ciel. Il était seul.
Le brun était parti. Il l'avait enveloppé dans son sac de couchage, approvisionnant suffisamment le feu pour qu'il le réchauffe durant la nuit.
Sa propre théière était sortie, prête à chauffer. Mais il n'y avait qu'une tasse. Il en fut attristé mais ce sentiment le quitta lorsqu'il découvrit le papier glissé précautionneusement au fond de son récipient…
Ils se reverraient. Bientôt.
***
Prochaine publication : samedi prochain.
A bientôt et joyeuse Saint Valentin !
