Tu me manques tant...

Vaan resta étendu même lorsqu'ils arrivèrent à Rabanastre, sous les exclamations. Il resta à serrer le chandail que Balthier avait laissé. Il ne pleurait plus: ses larmes lui faisait trop mal. Il regardait le plafond. Pénélo vint près de lui.

– Hey, Vaanille... il va falloir que tu viennes avec nous... je crois que ta blessure s'est aggravée... tu dois voir un médecin, Vaan

– Non. Je mourrais, et je vais rejoindre Balthier.

– Vaan, s'il te plait.

Vaan ferma les yeux, et dit, encore plus sec:

– J'ai dit non.

La voix de son amie trembla:

– Si ce n'est pas pour toi, fais-le pour moi ! On est amis depuis qu'on est gamins: je ne supporterais pas de te voir mourir.

Vaan la regarda, et ses quelques larmes éparses. Il se trouva méchant, et se leva difficilement pour serrer la blonde dans ses bras, et lui assurer qu'il se laisserait soigner sans protester.

La blonde alla donc chercher Basch, qui prit le blond dans ses bras et l'apporta dehors, dans le bruit et les exclamations de joie. Ashe passa une main affectueuse dans les cheveux ébouriffés du blond éploré, avant de prendre la tête du groupe. Vaan n'avait toujours pas lâché la veste de Balthier.

Les gens qu'ils connaissaient s'approchèrent, et Kytes s'approcha immédiatement, en l'encourageant à ne pas laisser tomber: après tout, il était le grand Vaan ! Le blond esquissa un faible sourire à ces paroles. Ce n'est que là qu'il remarqua que sa petite scène de tout à l'heure avait rouvert sa blessure et que le bandage que Balthier lui avait fait tenait à peine... il dégoulinait de sang.

Des gardes se postèrent devant Basch.

– Capitaine Basch, vous êtes...

– Plus tard: ce garçon a besoin de soins et de repos. Et je peux vous dire qu'il en a bien besoin !

Durant un court instant, Vaan avait crut qu'il allait dire « Et je peux vous dire qu'il n'est pas une plume malgré son apparence frêle ! » Mais il n'allait pas dire ça, car il n'était pas son amant perdu. Un si douloureux et chaleureux souvenir...

Les gardes se consultèrent, puis laissèrent le capitaine passer, en lui assurant que dès qu'il aurait amené ce gamin à un médecin, il viendrait l'interroger.

Vaan se rappela que Basch était peut-être responsable de la mort de Reks, son grand frère... mais il se rappela tout de suite que c'était Archadia qui l'avait drogué à mort...

Basch ne tarda pas à arriver au centre de soins. Vaan fut rapidement prit en charge immédiatement, dû à son importante perte de sang. Pénélo voulut le suivre, mais Basch l'arrêta.

– Il va avoir besoin d'être seul pour les prochains jours. Il doit encaisser le choc.

– Vous avez aussi deviné ? demanda la blonde.

– Avec son attitude de dépressif, je crois que c'est clair comme de l'eau de roche... n'est-ce pas, votre majesté ?

Ashe hocha la tête, en regardant les gens autour d'elle qui semblaient intimidés par sa présence.

– Je prie pour qu'il s'en remette, dit-elle d'une voix calme.

***

Vaan se réveilla quelques heures plus tard, et entendit la voix qui caractérisait Migelo: une voix reniflante (NDA: il parle du nez). Le vendeur eut un long soupir, et s'approcha du lit du jeune héros. D'un geste protecteur, il caressa les cheveux du blond, qui le regarda. Le vangaa semblait préoccupé.

– Le capitaine Basch m'a tout raconté.

Vaan ne répondit pas et détourna le tête, honteux.

– Il n'y a rien de mal à aimer, mon pauvre garçon. J'aurais souhaité que ça se passe autrement... mais ton ami est devenu un héros.

Vaan sentit ses yeux piquer. Il ne voulait pas qu'on lui parle de Balthier. De SON Balthier !

– Pauvre petit... répéta Migelo sans cesser de caresser ses cheveux.

La porte grinça, et du coin de l'œil, Vaan vit Kytes et Pénélo entrer. Le gamin, non pas à son habitude, s'approcha calmement, comme si Pénélo l'avait enguirlander pour qu'il se tienne à carreaux.

– Eh, bien, Vaan ! Tu devrais vois dans quel état tu es ! Tu a l'air d'un vieux zombi !

La plaisanterie fit presque rire le blond. L'air inquiet de Pénélo le poussa à parler:

– Allez, Pénélo... cesse de faire cette tête: je ne vais pas mourir...

Sa voix fatigué dû la convaincre du contraire: il regretta ses paroles. Ce fut au tour de Basch et la princesse d'entrer dans la pièce. Pénélo lança tout de suite un regard noir à Kytes, pour qu'il se calmât dès maintenant. Le gamin comprit. La scène arracha un sourire à Vaan, bien vite chassé par le visage de Balthier, souriant, passant dans son esprit tel un fantôme de son merveilleux passé d'il y avait à peine quelques heures. Et son sourire s'évanouit aussi vite qu'il était apparu. Migelo continuait de caresser ses cheveux.

Pénélo s'approcha, et dit au vendeur:

– Tomaj est débordé. Il a besoin d'aide. On est là pour Vaan, tu peux y aller.

– Oui, on est là, dit Kytes.

– Non, toi, tu va avec lui: on doit parler à Vaan de trucs de grand.

– Dis donc que tu vas l'embrasser ! s'exclama le gamin.

Pénélo secoua la tête, assez tristement.

– Non, Vaan aime quelqu'un d'autre.

– Qui ?

– C'est personnel, Kytes, dit Ashe. Alors, si tu le veux bien, tu peux sortir et aller avec Monsieur Migelo ?

Le gamin rougit, puis hocha la tête, et sortit à la suite de Migelo, qui ne sortit pas sans adresser un dernier regard inquiet au héros d'Ivalice.

La porte se ferma doucement. Vaan regarda alentour, et chercha la chemise de Balthier.

– Où elle est ?

– De quoi ? demanda Pénélo.

– La veste de Balthier, voyons ! dit le blond, sec.

Ashe fouilla dans son sac, et en sortit le vêtement sali, puis alla le porter près de Vaan, qui s'assit et la garda près de lui.

Pénélo prit une chaise, et Basch et la princesse firent de même. Ils posèrent leur regard sur le blessé, qui se sentit rougir à cause du son truc stupide de la veste.

– Dis-nous qu'est-ce qui s'est passé dans le Strahl, demanda Pénélo.

– Mis si tu veux le garder pour toi, ça va, dit doucement Ashe en lui prenant la main.

– On veut juste comprendre pourquoi tu es si dépressif, conclut Basch.

Vaan baissa les yeux, et mit du temps à se décider. Que faire ? C'était complètement personnel, ce qu'ils avaient fait... à ne surtout pas étaler au grand jour... et aussi, c'était indécent, Pénélo trouverait ça sûrement dégoûtant... et Basch encore plus !

– Je préfère ne pas trop en parler... mais il s'est passé quelque chose. Même quand vous êtes reparti quelques heures après, il est revenu m'embrasser, dit Vaan, assez rouge pivoine.

Le capitaine eut un rictus, et la princesse baissa les yeux, tandis que Pénélo lui flatta le dos, pour le consoler. Il tenta de prévenir ses larmes, mais l'unes d'elles coula. Basch eut un grognement.

– Cesse de pleurer: tu n'es pas plus qu'une femmelette !

Ashe lança un regard noir au capitaine, et Pénélo fit de même. La tension était papable. Vaan se trouvait ridicule: être protégé par des filles ! Il ramassa les quelques pièces de sa réputation bafouée, et leur demanda de le laisser tranquille, sous prétexte qu'il était fatigué.

Les filles quittèrent en lui disant au revoir, mais Basch lui lança un dur regard. Vaan se demanda ce qui c'était bien passé... il y avait à peine quelques heures, il l'avait sortit du Strahl, et encore un peu plus tôt, il était venu le chercher alors qu'il pleurait comme un gamin sur la veste de Balthier. Qu'est-ce qui l'avait donc fait changer d'attitude ? Il le demanderait à Pénélo... elle saurait sûrement.

Le blond se recoucha, et sentit ses paupières devenir lourdes, lourdes, lourdes...

Il pilotait le Strahl, et Balthier le guidait, en riant de ses erreurs de débutants. Il n'aimait pas qu'il risse de lui, mais comme c'était Balthier... ça passait. Ils se posaient à quelques haltes pour la nuit, et chaque fois, Balthier ne manquait pas de lui faire ressentir autant de plaisir que dans le Strahl, à leur première fois. Mais il ne manquait pas d'y participer !

Vaan se réveilla, en se demandant à quoi il avait bien pu rêver... il était un tel petit pervers... il regarda par la fenêtre et vit filer un Sillage. Mais ce n'était pas le Strahl.

Il baissa les yeux et se demanda quand il pourrait aller dans le Strahl... et voler.