Team Free Will

(Dernier chapitre et pas de Bêta pour ce chapitre, désolée...)

...

Mick marchait depuis de longues heures dans la jungle verdoyante de l'île déserte. Il avait apporté avec lui des dizaines de bouteilles qu'il avait mises dans un sac à dos, trouvé au milieu des valises de l'épave. Arrivé au lac, il remplit le tout et en profita pour se désaltérer. L'humidité de la forêt et le soleil qui cognait à son zénith lui donnèrent le tournis. D'autant plus, qu'il n'avait rien avalé depuis le matin même, à part ces infâmes biscuits secs. Déambulant presque de façon automatique, il retourna sur la plage au moment où le soleil commençait à se coucher. Castiel venait d'allumer un feu, sur l'ancien bûcher de la veille au soir, et Mick se dirigea vers lui en posant le sac à dos sur le sol.

- J'ai rempli les bouteilles.

L'Ange, assit devant les flammes, montra à son tour ce qu'il tenait dans un sac en plastique.

- J'ai trouvé de quoi manger pour ce soir. Ce n'est pas grand chose, principalement des gâteaux sous vide, des chips, des barres de chocolat, quelques fioles d'alcool et des restes de plats cuisinés pas trop abîmés par le crash.

Mick s'installa autour du feu, mettant le sac à dos entre lui et Castiel, et répliqua.

- Bien.

- Tu veux quoi ?

Malgré le tournis qu'il ressentait encore, il mentit en répondant.

- Juste un flacon d'alcool, je n'ai pas très faim.

Castiel attrapa une fiole de Vodka et, en la lui donnant, gronda presque.

- Tiens. Mais, tu devrais manger quelque chose. J'ai appris, à mes dépends, que le corps Humain a besoin de nourriture pour pouvoir fonctionner.

Il prit à son tour un paquet de chips qu'il ouvrit lentement sous le regard irrité de Mick, qui rétorqua.

- Ouais, je sais. Je suis Humain depuis ma naissance...

Castiel considéra son collègue avec stoïcisme, comme à son habitude, et tout en mangeant ses chips, comprit.

- Je sens de la colère dans ta voix.

Mick souffla un coup et but une longue rasade d'alcool, avant d'avouer, tout en gardant les yeux fixés sur le feu.

- C'est juste que, on doit avoir à peine cinq ans de différence tous les deux et tu agis comme si tu étais l'adulte responsable.

L'Ange, mâchonnant toujours sa nourriture sans entrain, avoua d'un ton neutre.

- Techniquement, j'ai 2000 ans de différence avec toi, en réalité.

Mick souffla derechef en buvant encore une lampée de Vodka.

- Lorsque j'étais chez les Hommes de Lettres, c'était moi le Leader. Celui qui prenait les décisions et qui donnait les ordres. Et toi, depuis le crash, tu agis comme si tu étais mon père.

Toujours avec son air flegmatique, Castiel avoua le plus naturellement du monde, sans intention d'offenser son ami.

- Je croyais que tu n'avais pas connu ton père. Comment puis-je t'y faire penser, dans ce cas ?

Mick détourna son regard des braises pour dévisager l'Ange et lui dire, avec un peu de colère.

- Et moi, je croyais que Dean t'avait appris les bonnes manières.

Il se leva d'un bond, jeta le flacon vide dans le feu et partit vers la carcasse de l'avion. Castiel le regarda faire, sans comprendre, tout en terminant ses chips.

Quelques jours plus tôt...

Mick gardait en joue les trois Sorcière devant lui et Castiel. L'Ange plissa des yeux, penchant la tête sur le côté, tout en observant les jeunes femmes. Plutôt belles, en réalité, bien que vêtues de robes noires, très décolleté, avec les cheveux qui leur tombaient en cascade jusqu'au creux des reins, elles ressemblaient plus à un cliché que les gens se faisaient des Gothiques. Elles souriaient de manière malsaine en se rapprochant dangereusement des deux hommes. L'une d'elles se mit à parler, d'une voix étrange, aiguë avec un fort accent mi-écossais, mi-anglais.

- Merci d'être venu jusqu'à nous...

Elle sourit jusqu'aux oreilles, tout en sortant un objet blanc d'une poche cachée dans sa parure sombre. Un os, elle tenait un os et commençait à réciter une étrange incantation, lorsqu'une boule de lumière rouge se forma dans ses mains, à la place de la phalange. Le reste se passa très vite : Elle fit danser le sort entre ses doigts avant de le jeter droit sur Castiel. Mick eut le réflexe de pousser l'Ange, qui d'ailleurs s'écroula au sol, et il reçut ainsi le sortilège à sa place. La sphère rutilante le percuta de plein fouet, et Mick tomba à genoux, en face des trois Sorcières. Il sentit un mal invisible le ronger de l'intérieur. Dans la douleur, il lâcha son revolver et plaqua ses mains sur son torse, tant la souffrance était insupportable. La femme qui venait de lancer le sort déambula jusqu'à l'Anglais, en se pavanant et en disant.

- Je voulais viser le p'tit Ange... Mais, tu feras l'affaire. Eh oui, c'est un méchant sortilège que tu ressens. Il punit les coupables...

Elle s'accroupit en face de lui, comme pour le narguer et lui dire, presque à voix basse.

- Mon sort se repaît de la culpabilité...

Elle souriait encore, alors que Mick serra les dents face à ce supplice. Pendant ce temps, Castiel reprit ses esprits et se releva pour combattre la Sorcière la plus proche.

Malgré son mal, Mick comprit les intentions de l'Ange et, dans un effort surhumain, il attrapa son pistolet pour tirer sur la femme près de Castiel. Il visa et la balle se logea directement dans sa tête. Elle ne vit pas le coup venir, des éclairs dorés éclatèrent dans son crâne avant qu'elle ne tombe raide morte sur l'herbe, en face de Mick. Qui lui, ne pensait absolument pas que son arme de fortune fonctionnerait sur une pareille créature.

Les deux autres sœurs, indignées et en colère, se dirigèrent ensemble vers l'Anglais...

Mick trouva un endroit où passer la nuit, dans la carcasse de l'avion, sur un des sièges pas trop détruit par le crash. Il sentait que quelque chose n'allait pas. Sa tête lui tournait beaucoup trop et il transpirait comme s'il avait de la fièvre. La fatigue et la faim le plongèrent alors dans un sommeil cauchemardesque, où il y resta jusqu'au lever du soleil.

Castiel, lui, s'éveilla sur la place, face au feu désormais éteint et toujours son trench-coat en guise de coussin. Il chercha Mick du regard, mais ne le vit pas. Lentement, il se releva pour partir en direction de la montagne de valises afin de chercher de quoi manger et accessoirement trouver son ami. Parmi les décombres, il y avait de quoi faire un autre semblant de petit déjeuner, mais Castiel se préoccupa de Mick. Il commença par faire le tour de l'avion avant d'avoir l'idée d'y entrer. Il cria alors, pour aller plus vite dans sa recherche.

- Mick ?! Mick, tu es là ?

Il passa sous l'arcade métallique et s'engouffra au milieu des sièges détruits. L'Ange sentit alors une odeur acide, désagréable, ressemblant presque à la mort. Fait étonnant, puisqu'il n'y avait aucun corps dans l'avion. Il avança à pas lents et découvrit un peu plus loin, sur un fauteuil encore debout, Mick en train de dormir. La tête posée contre la paroi de la carcasse, il semblait profondément endormi. Néanmoins, Castiel marcha dans sa direction pour voir si tout allait bien.

- Hey, Mick, ça va ?

Il se posta devant l'Anglais, toujours dans les vapes. Le jeune homme comprit que l'odeur étrange était bien plus présente autour de son ami. Il se pencha vers lui pour lui poser la main sur son épaule et tenter de le réveiller.

- Mick ?

Il fallut quelques secondes à l'intéressé pour ouvrir les yeux, il cligna des paupières pour analyser la personne en face de lui.

- Castiel ?

Ce dernier vit alors que sur la chemise de Mick, pourtant bleu marine, se trouvait une grosse tache noire suintante au niveau de sa blessure. D'ailleurs, Mick avait les mains à moitié posé dessus, comme pour essayer de la cacher ou de calmer la douleur. Castiel le comprit et jeta un regard à la fois attristé et irrité en direction de son collègue. Il tendit ses mains pour relever sa chemise, en ordonnant.

- Laisse-moi voir ça.

Mick voulut protester, mais il devait bien s'avouer à lui-même qu'il était bien trop épuisé et trop dans les vapes pour repousser l'Ange. Il transpirait toujours autant et sa tête lui tournait encore. Castiel releva le tissu poissé de sang, en luttant sans effort contre Mick qui essayait quand même de bloquer ses gestes, il vit l'infection d'où émanait cette odeur atroce de mort.

- Mick, ta plaie s'est beaucoup trop infectée...

Quelques jours plus tôt...

Toujours plié en deux sur le sol, Mick vit que les deux Sorcières se dirigeaient vers lui. Le sort continuait de le ronger de l'intérieur et les femmes commencèrent déjà à en créer un autre pour achever le chasseur. Elles étaient si concentré sur le jeune homme, qu'elles ne virent pas Castiel, par derrière, qui se jeta sur l'une des deux. Bien qu'il ne possédait plus ses pouvoirs, ni ses ailes d'ailleurs, Castiel n'en resta pas moins un soldat de Dieu, et il savait se battre mieux que personne. Il attaqua une des filles, avant qu'elle ne jette son sort, et avec ses prises de combat dont lui seul connaissait le secret, il réussit à mettre la Sorcière K.O.

Mais, au moment où il la laissa tomber sur le sol, il entendit une détonation qui le ramena à la réalité. Sursautant d'abord, il finit par lever la tête et voir que, derrière lui, se dressait l'autre Sorcière, prête à l'attaquer par surprise. Cependant, du sang coula le long de ses mains plaquées sur son torse où un trou béant provoquait cette hémorragie. Elle jeta un regard rempli de haine à Castiel avant de tomber raide morte, à côté de sa sœur. Une fois la femme hors de son champ de vision, l'Ange découvrit Mick, derrière elle, qui venait de tirer une autre de ses balles magiques.

Malheureusement, l'Anglais restait toujours en proie au sortilège qui le clouait de douleur au sol. Castiel accourut vers lui, en demandant avec angoisse.

- Mick, c'est en train de te tuer ! Comment on arrête le sort ?

Toujours à l'agonie, à genoux sur l'herbe et les bras entourant son estomac dans l'espoir de calmer cette brûlure interne, il répondit avec difficulté.

- Je... J'en sais rien... Essaye de... Il faut toutes les tuer...

Castiel tourna la tête vers les trois corps allongés sur la colline. Uniquement deux d'entre elles étaient mortes, l'autre se trouvait juste dans les vapes. L'Ange attrapa le revolver de Mick, le chargea et se dirigea vers celle qu'il avait mis K.O. Debout au-dessus d'elle, il tendit son bras pour lui tirer une balle dans la tête. Des éclairs orangés grésillèrent dans son crâne. Elle était enfin tuée.

Castiel se tourna alors vers Mick, ce dernier ne semblait plus torturé par un mal invisible. L'Ange accourut de nouveau vers lui.

- Alors, ça a fonctionné ?

L'Anglais, à bout de souffle et encore un peu mal en point, se détendit et réussit à se relever doucement avec l'aide de Castiel.

- Je crois, oui. Ça va mieux, maintenant... Il va falloir les brûler, par contre. Détruire et brûler leur autel d'ossement, aussi...

Castiel posa sa main sur le front de son ami, mais la retira vivement en s'écriant.

- Mick, tu es brûlant !

L'intéressé dut faire un effort surhumain pour garder les yeux ouverts, tout en fixant l'Ange, il dit.

- Je vais bien...

- Non, pas du tout !

Castiel abandonna l'Anglais le temps de retourner à la plage, afin de chercher le flacon d'antiseptique et les quelques compresses qu'il lui restait. Il revint en moins de cinq minutes, mais le blessé avait déjà tourné de l'œil. L'Ange s'accroupit devant lui, posa les produits médicaux le temps de relever la chemise de son ami et ensuite il vida le tiers de la fiole d'antiseptique sur la plaie purulente. La douleur fulgurante eut le mérite de faire revenir Mick à la réalité, il sursauta et s'écria, en essayant de s'échapper.

- Mais qu'est-ce que tu fais ?!

Castiel le retint pour ne pas qu'il bouge du siège, en répliquant d'un ton sec.

- J'essaye de te garder en vie jusqu'à ce que Sam et Dean ouvrent le Portail !

Il attrapa une compresse pour enlever l'excédant de sang noir et de pus avant de recommencer à asperger l'infection d'antiseptique. Mick tressaillit de nouveau, tout en serrant les dents, avant de crier avec véhémence.

- Mais, arrête !

Le cœur au bord de l'infarctus, il transpirait à cause de la fièvre et de la douleur. Pourtant Castiel, toujours autant fâché, appuya avec une nouvelle compresse propre pour nettoyer la blessure. Il jeta un coup d'œil à Mick, qui luttait contre la douleur et autre chose... Ce que l'Ange comprit, en demandant.

- Pourquoi tu penses que le crash est arrivé par ta faute ?

L'Anglais souffla et ferma les yeux avant de répondre, d'un ton vague.

- Pour rien...

Mais l'Ange n'en resta pas là. Il se renfrogna en vidant le reste de produit sur la plaie, tout en pressant les bandages avec plus de force. Mick poussa un cri en ouvrant grand les yeux, et concéda, avec détresse.

- Ok, ok, si tu arrêtes de me torturer, je t'expliquerais tout !

Castiel bougonna.

- Je ne te torture pas, je te soigne !

Quelques jours plus tôt...

Ils avaient quitté la Tour Malkin à pied, après avoir mis le feu aux trois cadavres et à l'autel. Ils mirent plusieurs heures avant de tomber sur une route digne de ce nom et de se faire ramener à leur motel par une âme charitable. Une fois dans la chambre, l'après-midi était déjà bien entamé mais au moins l'enquête était terminée. Les deux hommes en profitèrent pour prendre chacun leurs tours une longue douche bien méritée avant de plier bagage, et de mettre les valises dans le coffre de la voiture de location. Castiel venait de téléphoner à Dean pour le tenir au courant de l'avancée de l'affaire et lui dire qu'ils prendraient le prochain vol pour les États-Unis.

Pendant ce temps, Mick se dirigea vers l'accueil pour payer la note. Comme il ne pouvait plus se servir des cartes des Hommes de Lettres, il régla en espèces. Castiel arriva vers lui, portable vissé à l'oreille, tout en essayant d'en placer une avec son interlocuteur.

- Oui, je... Non, Dean, nous... D'accord, mais...

Castiel souffla en levant les yeux au ciel et marcha vers l'extérieur, sous le regard amusé de Mick, qui souriait en secouant la tête. Il reporta enfin son attention sur la gérante, pour terminer.

- Hum... Merci à vous, bonne journée.

Elle esquissa un sourire étrange et dit, tout en sortant une assiette de sous le comptoir.

- Tenez, pour la route. Ma fille fait toujours des muffins à profusion et je ne sais jamais quoi en faire. Le plus souvent, je les donne aux clients. Vous semblez fatigué, prenez-les.

Mick remercia la dame et prit l'assiette.

- C'est très gentil à vous.

Il se dirigea vers la sortie et elle répondit à son tour.

- Au revoir, Michael.

Pressé de retourner à Londres, Mick sortit rejoindre Castiel pour les conduire tous les deux à l'aéroport international.

N'ayant rien avalé depuis la veille, les deux hommes engloutirent tous les muffins de la gérante du motel. Ils devaient bien avouer qu'ils étaient délicieux.

Pourtant, durant le trajet, encore fatigué par sa nuit blanche et la douleur du sort, Mick mit plusieurs minutes à comprendre que quelque chose clochait. Tout en mangeant d'une main et en tenant le volant de l'autre, il réfléchit longtemps avant de trouver enfin ce qui le taraudait : le motel. Comment la gérante connaissait son prénom ? Son vrai prénom, qui plus est. Il se refit alors dans sa tête la rétrospective des derniers jours, ce n'était pas normal... Il avait seulement réservé au nom de « Davies », sans donner de carte d'identité, tout en payant en cash. Il comprit que quelque chose ne tournait définitivement pas rond dans cette histoire.

- Alors ? s'impatienta Castiel, essayant de désinfecter la plaie avec plus de douceur pour ne pas contrarier l'Anglais qui se tordait de douleur.

Ce dernier d'ailleurs, souffla un coup avant d'entamer.

- Est-ce que tu te souviens de notre embarcation dans l'avion ?

- Oui, bien sûr, Sam m'a montré comment...

- Non, pas pour l'allée, je te parle du retour.

Castiel allait répliquer lorsque quelque chose se bloqua dans son cerveau. Il se mit à réfléchir, stoppant ses gestes, et avoua enfin.

- Non. Je crois me souvenir d'être arrivé à l'aéroport, mais ensuite...

- Le trou noir. Moi aussi... C'est un coup des Hommes de Lettres Britanniques...

L'Ange, assit par terre en face de Mick, laissa tomber les compresses saignantes et demanda, en plissant des yeux.

- Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

- Tout un tas de choses qui, mis bout à bout, forment un puzzle complet. Tout d'abord, depuis que j'ai choisi le côté des Winchester, Ketch cherche à me tuer. Et à les tuer, également. Lorsque j'ai choisi cette affaire en Angleterre, je pensais que nous serions tranquilles, car tout se déroulait loin de Londres, dans un village isolé. Mais... J'ai été stupide, j'ai réservé le motel sous mon nom de famille.

- Je suis sûr que tu n'es pas le seul « Davies » dans ton pays.

- Certes, non. Cependant, les Hommes de Lettres ont sûrement mis en surveillance tous ceux qui utilisent ce nom en Angleterre, dans le cas où je reviendrai... Tu te souviens de la gérante du motel ? Elle nous a offert des muffins. Tu étais au téléphone avec Dean, tu as quitté l'accueil avant moi, j'ai compris trop tard ce qu'il clochait lorsqu'elle ma dit : « Au revoir, Michael ».

- Et alors ? s'enquit Castiel, accrochant à l'histoire.

- Et alors, je ne lui ai jamais dit mon prénom. Encore moins mon prénom en entier, tout le monde m'appelle « Mick ». D'autant plus que, j'ai réservé sous mon nom de famille sans fournir de pièce d'identité et en payant en liquide, elle n'avait aucune raison de me connaître... Je pense que, lorsque j'ai fait la bêtise de réserver le motel en donnant mon nom, l'alerte a forcément dû sonner chez Dr Hess. Elle et les autres auront contacté le motel en faisant un briefing à la gérante. D'une manière ou d'une autre, il fallait qu'elle nous ramène jusqu'à eux...

- Comment ?

- Les muffins. Ils étaient forcément drogués. Il suffisait ensuite de nous mettre dans un avion et de le faire crasher, cela paraissait accidentel, le meurtre parfait. Et, s'il n'y a aucun passager, c'est parce que nous étions les seuls à bord, complètement drogués une fois installés dans l'appareil. En revanche, l'explication des valises clandestines est simple, si l'avion serait retrouvé au milieu de l'océan, les scientifiques auraient expliqué l'absence des corps. À cause des animaux marins, qui auraient pu les dévorer ou le courant de la mer. Mais, impossible d'expliquer l'absence de bagages. Alors, ils en ont mis, au hasard, dans l'avion... Castiel, nous n'étions pas censé nous écraser sur une île, ni survivre au crash...

Terminant son explication, Mick reprit son souffle, sa tête lui tournait toujours et la plaie l'élançait douloureusement. L'Ange assimila toutes les informations, en disant néanmoins.

- C'est se donner beaucoup de mal pour pas grand chose.

- Crois-moi, je sais comment ils fonctionnent...

La plaie se remit à saigner et Mick serra les dents en fermant les yeux. Castiel fouilla dans les restes de matériel médical, mais il avait déjà tout utilisé sur l'Anglais. Il lui dit alors.

- Tiens bon jusqu'à ce que les Winchester ouvrent le Portail. Et Mick... Le crash n'est pas de ta faute...

Mick, le cœur battant la chamade et transpirant encore plus à cause de la fièvre, revendiqua cependant.

- Bien sûr que si ! Cette mise en scène était censée me tuer moi. Ils s'en fichaient pas mal que tu fasses partie du meurtre, toi aussi. Tu étais juste au mauvais endroit au mauvais moment, avec moi. Dean va me tuer... Sauf si l'infection me tue avant...

Il sourit faussement tout en luttant pour rester éveillé. Castiel, debout devant lui, reprit son air renfrogné, en rétorquant.

- Ne dis pas ça ! Personne ne te tuera. Et les frères vont nous chercher, ils... Mick ?

L'Anglais tourna de l'œil et sa tête bascula contre le dossier du siège, il ne bougea plus. Castiel se pencha vers lui. Il tenta de le secouer, tout en criant presque.

- Mick ?! MICK !

Inquiet, l'Ange prit le pouls de son ami. Son cœur battait encore, faiblement, mais encore. Castiel se décida de relancer le sort, comme la veille, pour joindre de nouveau les Winchester avec plus d'urgence.

…...

Il ouvrit les yeux et la première chose qu'il vit, fut le plafond blanc. Il cligna des paupières et essaya de se relever, mais une douleur fulgurante au niveau de ses côtes lui fit changer d'avis.

Après de longues minutes de lutte contre lui-même, il réussit tant bien que mal à se mettre en position assise, en bout de lit. Il analysa la pièce, une chambre d'hôpital, et il jeta un regard sur ses vêtements : il portait la tenue blanche réglementaire des urgences, avec un bracelet autour de son poignet et une perfusion reliant son bras à une poche au liquide transparent suspendu près de son lit. Il sentit derechef une douleur au niveau des côtes et décida de soulever sa chemise pour voir l'étendue des dégâts. En réalité, la blessure avait meilleure allure. Elle tiraillait sous les bandages propres et blancs que les médecins avaient posés.

Mick Davies, car c'était lui le patient, tenta de se rappeler comment il avait atterri à cet endroit. Et, au moment où il fouilla dans sa mémoire, la porte de sa chambre s'ouvrit sur trois personnes en pleine conversation.

- Nan, c'est n'importe quoi, j'suis désolé. On peut pas mettre des parts de tarte dans les distributeurs des couloirs, c'est pas moral !

- Ah ouais ? D'après qui ?

Ils riaient, tout en se disputant, jusqu'à ce qu'ils découvrent Mick, éveillé et assit en tête du lit. Les trois hommes se figèrent et, seul Sam, retrouva la parole.

- Mick ? Tu es enfin réveillé ! Les toubibs s'inquiétaient, et nous aussi, d'ailleurs.

Le cadet posa un sac en plastique rempli de semblant de courses sur la table de la chambre, et il se dirigea ensuite vers le malade, suivi par les deux autres hommes. Toujours aussi perdu, Mick fixa Castiel, en demandant.

- Comme suis-je arrivé ici ?

L'Ange se posta à ses côtés et, glissant les mains dans les poches de son trench-coat tout propre, expliqua.

- Tu es tombé dans les vapes, là-bas, sur l'île. L'infection allait te tuer, j'ai recontacté les frères en leur donnant les informations sur les Hommes de Lettres, que tu venais de me raconter. Ils ont trouvé l'endroit où nous étions, Sam a piraté leurs bases de données, et Rowena a ouvert un Portail pour nous ramener au Bunker. Vu ton état, nous étions obligés de te conduire à l'hôpital, sous un faux nom, bien sûr.

Le patient mit quelques secondes pour emmagasiner toutes ces nouvelles révélations. Puis, il tiqua et regarda ensuite le prénom d'emprunt sur son bracelet en plastique, autour du poignet. Il plissa des yeux et répliqua, en lisant sa fausse identité.

- « Adam Fergus » ?

Dean fouilla dans le sac pour chercher de la nourriture, tout en se justifiant auprès de l'Anglais.

- C'est Rowena qui a choisi. C'est elle qui a créé un Portail jusqu'à l'hosto, il était hors de question que tu saignes sur les fauteuils de Baby... Et comme son crétin de fils, Crowley, s'appelle en réalité « Fergus », elle a trouvé ça drôle de reprendre ce nom ridicule.

Il se mit à rire en attrapant une part de tarte, en terminant.

- J'crois que t'as une touche avec elle, d'ailleurs. Elle t'aime bien. Ça doit être un truc culturel, j'imagine. Elle nous a demandé ton numéro de téléphone et ce, même après lui avoir dit que t'as buté deux de ses potes à Samlesbury !

Il ouvrit la barquette et commença à dévorer son dessert. Mick, encore plus perturbé que précédemment, jeta un regard interrogateur à Castiel. Que ce dernier comprit, en avouant.

- Oui, il dit la vérité.

Sam concéda à son tour.

- Content que tu ailles bien, Mick. Castiel nous a raconté tout ce qui s'était passé...

Après avoir avalé une énorme bouchée de tarte, Dean s'enquit.

- La prochaine fois, je viendrais avec vous ! Y'a pas idée de laisser deux amateurs en pleine chasse à l'autre bout du monde avec des psychopathes meurtriers aux fesses !

Castiel plissa des yeux et considéra son ami, en rappelant.

- Hum... C'était justement pour tout ça, qu'il voulait que tu viennes, au départ.

Dean lui jeta un regard blasé, en maugréant.

- La ferme, Cass.

Mais l'Ange se mit à sourire.

Après quelques secondes de silence assez pesant, le frère aîné reprit son sérieux, en posant sa barquette déjà vide, il dévisagea le patient, en révélant.

- Au fait, Mick, faut pas prendre tout ce que je dis pour parole de Dieu. J'ai jamais dit que je voulais que tu meurs ! Juste de faire attention à Cass.

- Je sais prendre soin de moi... railla l'Ange.

Dean lui lança derechef un regard blasé, en rétorquant.

- Ouais, j'avoue que, entre vous deux, je ne sais pas qui fait la baby-sitter de qui !

- Dean... gronda Sam qui s'assit sur un fauteuil vide de la chambre.

L'aîné reporta son attention sur l'Anglais, en terminant.

- Mais, merci. Pour... Tout ce que tu as fait pour lui. Même si, franchement, c'était un peu extrême. Mais bon, tous les membres notre équipe sont au moins morts une fois, minimum. Ça fait partie des prérogatives pour être dans la Team.

Sam se mit à rire, en demandant.

- Tu sais ce que signifie ce mot ?

- La ferme, Sammy.

Mick considéra Dean, en comprenant.

- Je... Je fais partie de votre équipe ?

- Bien sûr ! s'exclama l'aîné. Qu'est-ce que tu crois ? Bienvenue dans la Team Free Will !

THE END !

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué : le titre de chaque chapitre reprend les derniers mots du chapitre en question...

...

Voilà, voilà...

Je n'ai rien de prévu pour la suite... Je travaille juste sur un OS en ce moment, mais j'ignore quand je pourrai le poster...

J'ai plein d'histoires de côté, dans ma tête ou sur brouillon, mais je n'ai pas le temps de toutes les écrire... Pour ceux/celles qui me follow un peu, vous savez que je suis partie à l'aventure depuis un moment !

Mais si jamais vous voulez d'autres histoires inédites (ce qui m'étonnerait, puisque personne ne me lit) vous pouvez quand même aller sur mon compte AO3. J'y suis inscrite sous le nom de "AlisoneDavies" et vous verrez pas mal de choses étranges...

Je poste plus souvent sur AO3 qu'ici... Car ici, j'essaye d'être "gentille" avec le genre d'histoires que je publie... Sur AO3, c'est le chaos...

...

Slán go fóill !