Une Heure avant l'aube
Série : Naruto
Auteur : Appelez-moi Dieu, tout simplement ! XD Nan, Nadra, ça devrait aller…
Couples : Plusieurs de moindre importance, mais l'histoire tourne autour du sens-unique shounen-ai et du triangle hétéro, qui évolueront tous les deux. Je n'irai pas, personnellement, appeler le faible de Naruto pour Sakura de l'amour… Désolée, fans de NaruSaku.
Disclaimer : Je n'ai toujours aucun droit sur les persos, le nom de Konoha ou les vampires, mais je m'en moque ! X) De toutes façons, personne n'a jamais été passé en justice pour une fanfic…
WARNINGS : shounen-ai qui frisera le yaoi (mais toujours pas dans ce chapitre), des gros mots, de la violence à venir, du angst, des vampires suceurs de sang (niark !) et possibilité de sous-entendus érotiques. Ah, tant que j'y suis, peut-être que les fans de Neji n'apprécieront pas… Je vais quand même faire de mon mieux pour le faire In Character !
Réponses aux reviews : O.O J'y crois pas… 6 reviews pour le deuxième chapitre ! Merci infiniment, fidèles lecteurs et petits nouveaux, vous pouvez pas savoir comme ça peut faire plaisir de recevoir vos avis ! T-T Merci donc à Ayura-Chan, Yumen-Chan, lulu342, Stingmon, Maeve Fantasie et dragonwing4 ! Comme dirait l'autre : « You're my light ! »
Yumen-Chan :La flemme de te connecter ? Ben pour la peine, tu as ta place dans cette section ! 8) Roh, je pouvais pas oublier Naruto, voyons ! J'adore tellement ce perso ! Et tant mieux si tu aimes le yaoi, mais malheureusement, y'en aura pas tant que ça… Enfin, dans le sens où ça ne concernera que trois personnes au total… Hé hé. Pour les autres personnages, chacun arrivera en temps voulu, et pour Neji… T'inquiètes, je vais pas m'en priver ! X)
Stingmon : Oui, gentille petite frangine ! Pour la peine, tu auras du fard breton. 8) Ravie de t'entendre dire ça, ça veut dire que j'ai réussi mon effet ! Ô joie, ô bonheur ! Hé hé… Tout l'intérêt d'une fic AU est de bien y intégrer les persos. Tant qu'ils ne sont pas OOC et sont bien à leur place… Nadra est contente ! 8) Sinon, j'ai fait quelques retouches pour ce chapitre, mais pas beaucoup… J'espère que c'est quand même un peu moins lourd.
Et non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi ! C'est dingue, mais avec cette fic-là, l'inspiration vient beaucoup plus facilement… Brave bête ! X) Et en plus, on dirait que mon style s'est amélioré ! La vie est géniale ! 8D
Voici donc le très attendu Konoha « de nuit » ! (lol) Bonne lecture à tous !
My world is flooding over,
There's no room for air, I can't breathe,
I would give a kingdom for one more day (Sonata Arctica: Kingdom for a Heart)
De nuit
Cela faisait maintenant près de deux heures que la nuit était tombée sur Konoha. Le soleil se couchait tôt, en cette saison, et la plupart des gens avaient déjà pris soin de se barricader chez eux, redoutant la sortie des bandes qui pouvaient rôder dans chaque zone d'ombre. Il y avait bien quelques personnes rentrant tard de leur travail, qui se hâtaient vers leurs maisons, ainsi que quelques casse-cous qui trainaient encore dans les rues, désireux de prendre un fauteur de trouble la main dans le sac et de lui donner une bonne correction, ou tout simplement de profiter de leur réputation pour s'en prendre eux-mêmes aux passants tardifs. Nombre d'entre eux avaient déjà eu un proche victime des mystérieux agresseurs.
Mais chacun, même ces derniers, évitait scrupuleusement les bois de Konoha. Personne n'entretenait depuis des siècles ces lieux touffus et mal famés, dont tout le monde savait qu'ils étaient peuplés de loups. Les plus rationnels avaient beau s'entêter à dire que l'espèce avait disparu depuis longtemps, plus personne n'était dupe. Certains venaient parfois jusqu'au village, la nuit, pour s'en prendre aux jeunes enfants laissés à l'abandon. On en retrouvait un égorgé environ tous les dix mois, vidé de son sang. Et même la pire des racailles n'avait aucune envie de se frotter à des loups-vampires. D'ailleurs, on n'avait jamais retrouvé quiconque s'était aventuré dans la forêt.
En conséquence, les seuls à pouvoir s'y rendre sans risque étaient ceux qui étaient sûrs de ne pas y devenir proies. A savoir, les prédateurs eux-mêmes. Et lorsqu'ils y allaient, c'était pour se mettre en chasse.
Cette nuit-là, c'était le cas de Sasuke Uchiha. A quatre pattes sur le sol, du sang dégoulinant de son menton, il haletait au milieu des arbres. Pas de fatigue. Cela faisait des années qu'il ne ressentait plus la fatigue de l'effort. Non. Ce qui l'éreintait, c'était la faim.
La chasse avait été plutôt bonne. Il avait réussi à attraper quatre lapins et un corbeau. Sa dernière victime reposait entre ses mains, inerte, le poil rougi et la gorge déchirée, totalement vidée de son sang. Mais cela ne suffisait toujours pas…
Le jeune garçon en hurla presque de rage. Il sentait le goût infect dans sa bouche, le rejet instinctif du méprisable sang animal. Son corps réclamait à grands cris un repas digne de ce nom. Un sang riche, bouillant, empli de toute l'énergie vitale dont il avait tant besoin…
Il secoua la tête. Pas question. Il ne retournerait pas là-bas. Il ne boirait pas ce sang-là, quoi que son corps puisse en penser. Il ne céderait pas comme la dernière fois…
Son cœur se souleva à cette pensée, et il s'essuya la bouche avec dégoût, comme si le liquide était encore là. Si seulement il pouvait revenir en arrière… Mais ce qui était fait était fait. Et pour compenser, à ce stade, décidément, il n'y avait que le sang humain.
Il soupira et se redressa en abandonnant le lapin mort, résigné à se rendre au village.
'Je ferais aussi bien de passer par la maison…' songea-t-il en espérant calmer ses légers spasmes par cette perspective. Cela ne fonctionna pas très bien… Il y avait plusieurs jours qu'il n'avait pas bu de sang humain, la faim était tenace, et surtout, il y avait toujours cette pointe de culpabilité en lui, chaque fois qu'il se rendait dans son ancienne demeure.
Il savait que c'était stupide, et se l'était souvent reproché. C'était lui qui les avait tués. Il n'y était pour rien…
Il lécha le sang resté sur sa main, grimaçant avec amertume. Peu importait qui était coupable. Il ne serait jamais tranquille tant qu'il n'aurait pas vengé les siens. Il s'en voudrait toujours d'avoir été le seul survivant, de n'avoir rien pu faire pour les aider…
« Si seulement tu avais été plus fort… »
Il secoua à nouveau la tête. Il n'avait pas besoin en plus de songer à ça. S'il laissait ses pensées l'envahir, se contrôler deviendrait encore plus difficile. Il fallait qu'il se trouve à manger… Et vite.
Il se mit donc en route vers le village, d'un pas souple et rapide, qui rappelait davantage celui d'un fauve que celui d'un humain. Il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre la lisière de la forêt, et il poursuivit sa route à la même allure, léger et silencieux, de zone d'ombre en zone d'ombre.
Il ne s'attarda pas au quartier Uchiha. Ces lieux comptaient parmi les moins fréquentés, et il avait trop faim pour rester bien longtemps dans un endroit désert. Il se contenta donc d'un léger détour, par acquis de conscience. Jamais une nuit ne s'écoulait sans qu'il n'y passe au moins une fois.
Après s'être arrêté un peu pour observer la grande bâtisse qui avait été sa maison, il reprit sa route en direction du centre du village, jetant un regard à la lune, qui n'en était pas encore au tiers de son parcours.
'Il doit être entre huit et neuf heures du soir…' jugea-t-il. 'J'ai encore une chance de trouver quelqu'un qui convienne.'
Il finit par s'arrêter au coin d'une rue, dans l'ombre d'un drugstore. Son odorat, rendu encore plus sensible par la faim qui le tenaillait, venait de capter une présence humaine. Il parcourut rapidement les lieux du regard, et repéra une silhouette qui avançait dans sa direction.
Ses muscles se tendirent aussitôt et il sentit ses yeux commencer à virer au rouge, mais il s'efforça de se maîtriser. Il ne fallait pas l'effrayer. Il se força à inspirer profondément, puis sortit de sa cachette d'un pas nonchalant, se révélant à la lueur d'un réverbère proche, observant la personne approchant du coin de l'œil.
Elle était beaucoup plus près, à présent, mais ne semblait pas encore l'avoir vu. C'était une fille de son âge, avec des cheveux roses mi-longs maintenus par un ruban qui retombaient sur le sac qu'elle portait sur le dos, et qui marchait d'un bon pas en marmonnant dans sa barbe, visiblement de très mauvaise humeur.
Sasuke supposa vaguement que cela devait avoir un rapport avec la raison pour laquelle elle se trouvait dehors toute seule à cette heure-ci, mais il faisait déjà usage de toute sa concentration pour se retenir de sauter directement à la gorge de cette fille et de la saigner à mort. Aussi ne fit-il pas davantage attention au fait qu'elle avait quelque chose d'étrangement familier…
Ce fut à ce moment-là qu'elle s'aperçut enfin de sa présence, et ses grommellements cessèrent aussitôt. Elle le dévisagea ouvertement, le rouge aux joues, ralentissant un peu sa marche, apparemment sans s'en rendre compte.
Pour la peine, le jeune vampire sentit sa tension baisser un peu pour laisser place à l'exaspération. La réaction était toujours la même, avec ces filles… Mais au fond, il savait qu'il aurait tort de s'en plaindre. Leur sang était encore l'un de ceux qu'il appréciait le plus, et s'il s'offrait spontanément, c'était d'autant mieux…
« Sa…Salut ! » lança la fille avec entrain, bien qu'un peu timidement, dans sa direction.
Il s'arrêta donc et se tourna vers elle, affichant un air de pur dédain. Il savait qu'il n'avait pas besoin de faire beaucoup d'efforts. Les charmes vampiriques s'opéraient d'eux-mêmes, d'instinct, et la force de la faim ne les rendait que plus puissants. En outre, cette fille était une proie facile…
Comme prévu, elle rougit encore davantage et s'arrêta également, figée par son regard. Elle porta sa main à sa bouche comme pour réprimer une exclamation ou masquer son trouble, et continua de l'observer de ses yeux verts brillants.
Cette réaction le rendit un peu perplexe. Avait-elle vu ses crocs ? Non, ils n'étaient pas à découvert. Il leva un instant les yeux au ciel. Ce n'était donc qu'une manifestation de gène comme une autre. Classique…
« Est-ce que… on s'est déjà vus quelque part ? » demanda-t-elle, incertaine, en se rapprochant un peu.
Cela le déconcerta. Mais à cet instant, la proximité et la lumière du réverbère lui exposèrent les joues rosies de confusion, le pouls battant la chamade sous la gorge… Et il imagina le flux sanguin accélérer sous la pression… Il pouvait presque le voir couler librement sous la peau… Un sang jeune et bouillant de vitalité…
La faim refoulée si longtemps remonta d'un coup. D'un mouvement vif, il l'a saisi à la gorge d'une main ferme et entrouvrit la bouche, dévoilant ses longues canines blanches et laissant presque échapper un grognement affamé.
La fille écarquilla les yeux, et une peur évidente réduisit ses pupilles à deux points minuscules. Sa bouche s'ouvrit en un cri muet, mais elle ne fit aucune tentative pour se dérober. Elle le regardait avec une sorte de béatitude terrifiée, mais le sang continuait à affluer dans ses joues. Et il sentait son pouls accélérer contre sa paume…
C'était plus qu'il n'en pouvait supporter. Il eut juste assez de maîtrise sur lui-même pour laisser ses iris se teindre d'écarlate, ses pupilles se diviser lentement en trois et se mettre à tournoyer dans une ronde effrénée, avant de se pencher avidement sur sa victime, sentant à l'avance le goût du sang dans sa bouche…
« …Sasuke…kun… » Laissa échapper la fille, les yeux perdus dans les siens.
Surpris, Sasuke se figea dans son élan, ses crocs à quelques centimètres seulement du visage de la jeune fille tandis que celle-ci perdait lentement connaissance. Mais lorsqu'il la rattrapa et que la gorge s'offrit à lui, il ne songea plus qu'à satisfaire sa faim dévorante.
Ce fut donc ce qu'il fit, mordant le cou à pleines dents et absorbant goulument le liquide chaud et légèrement amer, recouvrant un peu de ses sens à chaque gorgée. Il repensa alors au fait qu'elle avait prononcé son nom, et un lointain souvenir remonta peu à peu à la surface. Une petite fille aux cheveux roses qui le suivait partout et s'agrippait à son bras presque à l'en arracher… Une fille parmi tant d'autres qui rougissait comme une idiote à chaque fois qu'il la croisait…
Il finit par s'arrêter de boire, le cœur un peu serré. Il se redressa en se léchant les lèvres et baissa les yeux sur sa victime. Les couleurs avaient disparu de son visage, et un filet de sang coulait des deux petites blessures qu'elle portait à présent à la gorge. Il soupira. Il ne pouvait même pas se rappeler son nom…
Il haussa un sourcil en se rendant compte qu'elle respirait encore. Ainsi donc, il ne l'avait pas tuée… Il se surprit à en ressentir un certain soulagement. Il pouvait bien la laisser en vie. De toutes manières, il se sentait mieux. En plus du sang des animaux, ces quelques litres feraient l'affaire.
Il soupira à nouveau, soulevant sans effort la fille inconsciente, bien qu'elle fût juste un peu plus petite que lui. Par contre, il ne pouvait pas l'abandonner ici. Si on la laissait à son sort, elle n'aurait plus longtemps à vivre. Il résolut donc de la déposer près de la première habitation encore allumée qui se présenterait, de frapper et de s'éclipser. Le reste ne serait plus son affaire. Il avait mieux à faire que de s'occuper d'une fille.
Naruto déambulait dans les rues sombres de Konoha à grandes enjambées, les mains jointes derrière la tête et sifflotant un air avec décontraction, son sac rebondissant contre son dos au rythme de ses pas. De son point de vue, c'avait plutôt été une bonne journée : une farce réussie, une arrivée en fanfare, des cours pendant lesquels il avait pu somnoler à son aise quasiment sans être dérangé, et surtout, deux heures et demi de cours de rattrapage avec Sakura en guise d'heures de colle !
L'adolescent sourit de toutes ses dents à cette pensée. Iruka avait beau lui avoir maintes fois répété qu'il finirait par prendre les grands moyens, il ne s'était vraiment pas attendu à ce qu'il engage un élève pour lui expliquer les cours après le collège… Et encore moins à ce que cela tombe sur Sakura ! Deux heures et demi seul avec elle, c'était vraiment le rêve ! (Bon, il y avait Iruka, aussi. Mais tout de même.)
Notez bien, ce n'était pas comme si sa camarade s'était montrée particulièrement enthousiaste… Elle s'était même avérée franchement irritable, voire explosive. Apparemment, Iruka avait fini par la convaincre en lui assurant que cela l'aiderait dans son propre apprentissage de tenter l'enseignement, en lui promettant un salaire en conséquence et surtout à grand renfort de supplications, de compliments par rapport à ses résultats scolaires et de quelques sermons. Bref. La tâche n'avait pas été simple pour son professeur favori, mais il avait finalement obtenu le consentement de la jeune Haruno.
Naruto tourna le coin en fredonnant, relatant joyeusement dans sa tête le cours particulier. Il n'avait pas spécialement l'impression d'avoir appris quoi que ce soit de nouveau, mais la seule compagnie de Sakura valait bien la peine de rester cloîtré entre quatre murs… Même si ladite Sakura s'était surtout répandue en injures et en coups de poings tandis qu'Iruka s'efforçait de la calmer. Le sourire de l'adolescent s'agrandit. On pouvait toujours dire qu'ils avaient fait plus ample connaissance. Finalement, son seul regret était de ne pas avoir pu la raccompagner chez elle… Mais elle l'aurait sans doute tué en chemin.
Il se gratta la tête avec gêne à cette pensée. Il ne serait pas facile d'ôter de la tête de Sakura cette image de jeune délinquant qu'elle avait de lui… Surtout quand il faisait tant d'efforts pour la maintenir dans l'esprit de la quasi-totalité de ses autres connaissances. Il soupira. Décidément, se faire une réputation était une tâche bien compliquée, de nos jours…
Il s'arrêta tout à coup au bruit de sirènes d'ambulance. Il était assez courant d'en entendre, à Konoha, surtout la nuit. Mais celles-ci semblaient s'approcher…
« Quelqu'un s'est fait agresser ? » se demanda-t-il tout haut.
Après une hésitation, il sourit et s'élança dans la direction d'où le bruit semblait provenir. Peut-être aurait-il la chance de voir un vampire, pour clore la journée ?
Il lui fallut revenir un peu sur ses pas, mais il n'eut pas à courir bien loin. A peine passées deux allées, il aperçut le camion bleu et blanc en train de s'arrêter devant une maison proche, toutes sirènes dehors. Une femme d'âge mûr se précipita à sa rencontre, un air alarmé sur son visage livide. Naruto ne pouvait pas entendre ce qu'elle disait au milieu des sirènes, mais deux hommes en blouse blanche sortirent du camion avant même que celui-ci ne se soit totalement immobilisé et se précipitèrent à l'intérieur de la maison. Deux autres les suivirent aussitôt après en portant un brancard.
Le garçon se rapprocha. Quelques curieux avaient accouru et commençaient à former un demi-cercle devant le camion tandis que la police dépêchée s'efforçait de les maîtriser. Avec sa petite taille, Naruto se fraya aisément un chemin jusqu'au premier rang et fixa son regard sur la porte. Les médecins ressortirent presque aussitôt, deux d'entre eux tenant toujours le brancard, les deux autres de part et d'autre de ce dernier, qui échangeaient de rapides instructions. Mais cette fois, un corps reposait sur le brancard. L'adolescent se pencha un peu en avant, et aperçut du rose qui ressortait sur le brancard immaculé…
Il faillit s'étrangler.
« Non… C'est pas vrai… »
Il plongea en avant, esquiva un policier qui tenta de le saisir au passage, et courut droit jusqu'au brancard, que les médecins commençaient à hisser dans le camion.
« C'est pas vrai… ! » répéta-t-il sans s'arrêter, sans même remarquer que deux policiers s'étaient lancés à ses trousses.
Lorsqu'il arriva à un mètre d'eux, les médecins s'immobilisèrent un instant, surpris. Naruto s'arrêta net, glacé d'horreur. Le corps étendu sur le dos était recouvert d'un épais drap blanc qui ne laissait voir que la tête. Un visage livide, une bouche décolorée entrouverte en un cri muet, des paupières étroitement closes dans une expression fiévreuse, et deux petites cicatrices rougies qui ressortaient sur le cou blafard. Mais surtout, Naruto voyait les cheveux rose clair qui encadraient ce visage. Il n'y avait pas d'erreur possible.
Il fut brutalement tiré de sa torpeur lorsqu'un officier le saisit par derrière et commença à le tirer en arrière. Les médecins avaient achevé de hisser le brancard dans le camion.
« Sakura-chan ! »
Le garçon se débattit comme un beau diable, distribuant coups de pieds et de poings aux adultes qui tentaient de le retenir. Il n'était que vaguement conscient du fait qu'ils lui criaient des ordres. Peut-être de rester calme. Il s'en fichait. Il ne voyait que ce visage fantomatique, ravagé, si plein de vie il n'y avait encore que quelques minutes…
« SAKURA-CHAN ! »
En désespoir de cause, il mordit de toutes ses forces le poignet de l'officier qui cria de surprise et de douleur avant de le lâcher brutalement. A peine ses pieds eurent-ils touché le sol que l'adolescent se remit à courir de toute la force de ses courtes jambes dans la direction qu'avait pris l'ambulance.
Quelqu'un lui avait peut-être crié de faire demi-tour, mais il ne prit pas la peine de se retourner, regardant droit devant lui, et cependant incapable de vraiment voir la route ou le camion qui s'éloignait. Il connaissait le village entier comme sa poche, et des années passées à courir pour une raison ou pour une autre lui avaient rendu les routes bien assez familières sans qu'il ait à faire réellement attention à la direction qu'il suivait. Ses pas le menaient à l'hôpital le plus proche.
'Ne meurs pas…' pensa-t-il avec force en se mordant la lèvre inférieure à s'en faire saigner. 'S'il te plaît, Sakura-chan… Ne meurs pas…'
Il passa deux rues ainsi, courant comme un dément, et finit par atteindre le grand bâtiment éclairé en permanence, toujours aussi débordant d'activité. Il prit d'assaut la double-porte vitrée qu'il arracha presque de ses gonds en l'ouvrant, et ne cessa de courir que lorsqu'il eut atteint le comptoir de la salle de réception qu'il agrippa des deux mains, le souffle court.
« Shi… Shizune ! » Cria-t-il par-dessus le comptoir, et il crut que sa gorge allait prendre feu.
Pas de réponse. Le brouhaha de l'hôpital. Il laissa s'écouler deux secondes, chaque inspiration lui déchirant la gorge. Une infirmière à l'air pressé lui jeta un regard interrogateur, mais ne s'arrêta pas pour autant et passa sans lui accorder plus d'attention. Il jura et se remit à courir en direction des escaliers. Si elle n'était pas là, il devrait la trouver autour de la chambre 236.
Il monta les deux étages au pas de course, trébuchant toutes les cinq marches, puis poursuivit sa course dans le couloir et finit enfin par apercevoir une silhouette familière aux cheveux noirs qui courait dans la direction opposée.
« SHIZUNE ! » hurla-t-il de toute la force de ses poumons, courant toujours.
La jeune infirmière s'arrêta dans un dérapage et rattrapa d'extrême justesse le chariot qu'elle poussait avant que ce dernier ne tombe et ne répande son contenu sur le sol. Elle ne put cependant éviter Naruto qui, dans son élan, lui rentra droit dedans. Elle ne put que contrôler la direction de sa chute, évitant de peu le chariot mais s'étalant tout de même sur le sol dans un « Eeep ! » peu élégant sous le poids du garçon.
« Na… Naruto ! » S'exclama-t-elle avec surprise et un rien d'inquiétude. « Que fais-tu ici ? Ca ne va pas ? »
Naruto ne se releva pas tout de suite, étalé contre la jeune infirmière qui, dans sa surprise, n'avait pas songé non plus à rétablir sa position. Il avait du mal à respirer, et venait de réaliser qu'un poing de côté particulièrement douloureux lui déchirait les côtes. Tout son corps tremblait après avoir tant couru, et l'épuisement et l'inquiétude l'avaient laissé au bord des larmes. Le visage décoloré de Sakura était encore net dans son esprit…
S'apercevant de son état, Shizune parvint à contenir son émotion et se décida à le relever avec douceur, le mettant en position assise à côté d'elle et scrutant son visage. De toute évidence, le garçon avait énormément couru, et était encore sujet à une grande agitation. Elle maintint ferme sa prise sur ses épaules, s'efforçant de le calmer par ce seul contact.
Elle connaissait Naruto depuis longtemps. L'orphelin dont Tsunade avait eu la charge depuis sa naissance, et dont personne n'avait jamais voulu. Elle-même avait été la disciple de Tsunade, du temps où celle-ci exerçait encore à l'hôpital, et passait encore régulièrement la voir à l'orphelinat, même maintenant qu'elle s'était retirée de la profession. Elle avait souvent eu l'occasion de voir Naruto durant ces visites, et avait fini par s'attacher à ce garçon volontaire et énergique autant qu'espiègle.
Quelques repas gratuits avaient suffi à l'apprivoiser, et il avait fini par la considérer comme la grande sœur qu'il n'avait jamais eue. Même s'ils ne pouvaient pas se voir souvent.
« Il s'est passé quelque chose ? » demanda-t-elle, anxieuse.
Rappelé à la réalité, il lui rendit son regard et essaya de parler, mais la voix lui manqua. Il s'efforçait toujours de reprendre son souffle et serrait les poings de toutes ses forces pour calmer ses tremblements. Il prit encore plusieurs inspirations rapides avant de faire un deuxième essai :
« Sa… Sakura…chan… » Articula-t-il. « Elle… Elle est… »
Une boule remonta dans sa gorge et y explosa, libérant sa voix :
« OU EST-ELLE ? » Cria-t-il en saisissant à son tour son amie par les épaules. « Où elle est ? Dis-moi qu'elle va bien ! S'il te plaît ! »
Shizune fut prise de court. Sakura… ? Le nom lui disait quelque chose… Ah oui, cette fille dont Naruto n'arrêtait pas de parler. Elle se tendit. Il lui était arrivé quelque chose… ?
« Elle est… ici ? » hésita-t-elle, sachant ce que cela pouvait impliquer.
« Oui ! » Répondit aussitôt Naruto, qui se mit à la secouer. « Forcément ! Ils l'ont emmenée ici ! Quelqu'un l'a… »
Il s'interrompit. Les divers articles de journaux qu'il avait lus, les émissions de télé qu'il avait vues ou entrevues, les conversations des autres élèves… Les vampires, les agressions, les meurtres… Toutes ces victimes… Les meurtres…
« DIS-MOI OU ELLE EST ! » implora-t-il.
« Ca… Calme-toi… » Le supplia Shizune. « Je… suis sûre qu'elle va bien… Viens avec moi, on va la retrouver. »
Elle se redressa et l'aida à se relever tandis qu'il tentait vainement de se calmer. Laissant son chariot à l'abandon, elle courut en direction des escaliers, puis de la salle de réception, et passa de l'autre côté du comptoir d'un pas pressé, Naruto sur ses talons.
Elle alla droit à ses collègues les mieux renseignés, et apprit que l'hôpital venait bien de recevoir un nouveau patient. Oui, une collégienne. Douze à treize ans environ. Son état était-il critique ? On ne savait pas. Chambre 105. Oui, encore des transfusions.
Naruto avait pâli. La jeune infirmière lui adressa un sourire qu'elle voulait encourageant, mais qui même pour elle avait l'air forcé. Sans la regarder, il tourna sur ses talons et reprit la direction des escaliers. Elle songea à demander si la patiente pouvait recevoir des visites, mais se ravisa et courut à sa suite.
L'adolescent atteignit rapidement la salle 105 et se jeta aussitôt sur la poignée, qui céda sans résistance. Les infirmiers qui allaient et venaient n'avaient pas pris la peine de la fermer. L'intensité de la lumière l'aveugla. L'instant d'après, cillant face à tout ce blanc, il vit…
Son cœur remonta dans sa gorge, et l'espace d'un moment, il crut sérieusement qu'il allait vomir. Sakura était là, étendue sur un lit au centre de la pièce. Un masque à oxygène recouvrait la moitié de son visage. Ses bras, d'une pâleur maladive, dépassaient de part et d'autre du drap, et étaient couverts de ventouses. Divers tuyaux en sortaient pour rejoindre des tubes alignés sur deux chariots, de part et d'autre du lit. Des infirmiers en bleu et vert, chacun portant un masque et des gants, étaient penchés sur elle comme des vautours et s'affairaient, maniant divers appareils et jetant de temps à autres des coups d'œil à la courbe qui se formait sur un écran noir, dans un coin de la pièce. La lumière aveuglante donnait un aspect surréaliste à la scène, comme dans un mauvais film de science-fiction…
Naruto resta sans réaction, fixant la scène sans la comprendre. Lorsque quelqu'un le saisit brutalement par l'épaule et le tira hors de la salle, il n'opposa aucune résistance. Et une fois sur le seuil, il ne put que rester là sans bouger, à fixer la porte d'un regard trouble.
'Qui lui a fait ça ?'
La question flottait dans sa tête, sans réponse, sans qu'il y prête vraiment attention. Sans qu'il prête vraiment attention à quoi que ce soit.
Finalement, il vit Shizune sortir de la salle et l'entraîner un peu à l'écart. Puis elle se baissa pour être à son niveau et lui sourit.
« Ils disent qu'elle devrait s'en sortir. » Dit-elle d'un ton encourageant. « Elle a perdu beaucoup de sang, mais nous avons déjà traité des cas plus graves. Elle est en bonne voie… »
Elle hésita, puis lui mit une main sur l'épaule.
« Ne t'inquiète pas. Elle sera bientôt à nouveau sur pieds. »
Il leva les yeux vers elle. Son visage semblait plus détendu, même si le sourire était maladroit. Étrangement, cela parvint à le rassurer. Ca ressemblait vraiment à la Shizune qu'il connaissait.
Son propre visage se détendit, et il parvint à lui sourire à son tour, dévoilant sa dentition. Cela la soulagea.
« Je pense que tu devrais rentrer, maintenant. » Dit-elle avec plus d'assurance, comme si elle venait de se rappeler qu'elle devait se comporter en adulte. « Tsunade va s'inquiéter. Je dois retourner travailler… Fais attention à toi. »
Elle parut alors se rappeler le chariot abandonné, pâlit et s'élança à nouveau vers les escaliers en faisant claquer ses hauts talons. Naruto eut un ricanement. Tsunade, s'inquiéter ? Eh ben voyons… Elle n'attendrait que son retour pour le corriger, après la blague de ce matin…
Puis la salle 105 lui revint en mémoire. Il fut parcourut d'un frisson, que la pensée que Sakura guérirait atténua à peine. La question qu'il s'était posée plus tôt lui revint en mémoire.
« Qui lui a fait ça ? » répéta-t-il tout haut.
Grinçant des dents, il serra le poing avec force avant d'envoyer un coup puissant dans le mur voisin, sans accorder un regard aux coups d'œil désapprobateurs des infirmières qui passaient. Une colère sourde monta en lui.
Quelqu'un s'en était pris à Sakura. Avait même failli la tuer. Et c'était en partie sa faute…
'Si elle n'avait pas eu à me donner ce cours…' songea-t-il amèrement.
Cette pensée ne fit qu'augmenter sa rancune. Il avait une part de responsabilité. C'était à lui de faire quelque chose. Ce type… Celui qui lui avait fait ça pouvait être un vampire. Peu importait. Il le traquerait, et il le ferait regretter ce qu'il avait fait.
Il sortit de l'hôpital, la tête haute, résigné. Oui, peu importait ce qui pouvait bien l'attendre, celui qui avait fait ça ne s'en tirerait pas à si bon compte !
Wiiiii ! Chapitre trois fini ! Je suis la meilleure ! X)
J'espère que ça vous aura plu ! En fait, c'est assez sympathique d'écrire du Angst, je trouve… Ca donne des sensations… XD (Le sadisme est en marche…)
A la prochaine, et n'oubliez pas de me laisser pleins de commentaires pour que je vous envoie pleins de chapitres !
