Et oui, c'est encore moi pour un troisième OS. Je me rends compte que j'écris que des trucs déprimants ces temps-ci, mais je vais réessayer de revenir dans quelque chose de plus léger un de ces quatre, promis ! Pour l'instant, préparez vos kleenex, je pense que vous en aurez besoin. J'ai les yeux tous larmoyants d'avoir écrit une chose pareille... Vous allez me détester mais je sais que vous adorez me détester !
Je vous rappelle que si vous désirez m'envoyer des petits défis, ma boîte MP est grande ouverte !
Titre : If you ever leave this world alive (chanson de Flogging Molly)
Pairing : Sterek. (les meilleurs)
Genre : deathfic (je vous préviens d'avance !)
Disclaimer : Les personnages et l'univers de Teen Wolf ne m'appartiennent malheureusement pas. (Je ne serais pas contre adopter Scott, pourtant... !)
Résumé : Une nouvelle menace rôde à Beacon Hills. Elle est là pour se venger de Derek. Elle continuera de tuer tant qu'elle n'aura pas fait mourir Hale. Alors, Derek se résigne et fait face à sa propre mort. Comment réagira Stiles en comprenant que celui qu'il aime est condamné à mort ?
Note : Cet OS contient de nombreux spoilers de la saison 3.
Bonne lecture, j'attends vos reviews avec impatience :)
~ if you ever leave this world alive
Je crois que lorsque tu t'apprêtais à partir ce soir-là et que tu t'es retourné une dernière fois en nous disant : « Tout va bien se passer. », j'ai compris que rien ne se passerait bien. Tu avais cette habitude à la fois remarquable et détestable de minimiser les choses tout en prenant un air dramatique. Tu avais l'air de cet homme qui disait à sa femme : « Je reviens, je vais chercher des clopes. » et qui ne reviendrait jamais. Tu avais l'obsession inutile du condamné à mort : celle de laisser la meilleure image de toi. La dernière que tu aurais l'occasion de donner. Je semblais être le seul à avoir compris le sort qui t'attendait. J'ai moi-même joué la comédie. J'ai hoché la tête avec un sourire sur les lèvres tandis qu'Isaac criait de toute son innocence : « Fais attention à toi, quand même. ». Ton sourire a fendu la pièce mais je te connais assez bien pour savoir que celui-ci camouflait les larmes qui ne demandaient qu'à couler. Toi, Ô grand Alpha, tu ne te laisserais jamais aller à l'émotion. Tu préférerais crever plutôt que de pleurer devant nous. Ta meute, ta famille.
Avant de passer la porte, tes prunelles azures se sont posées sur moi et j'ai juste souri un peu plus, ne voulant pas que mon visage défait soit la dernière image que tu aies de moi. Je détestais me retrouver dans cette impasse. Celle de devoir te laisser partir. Tu nous avais fait jurer de te laisser mettre ton plan à exécution. On avait tous promis, les uns après les autres, la main sur le cœur. Je n'avais pas songé qu'un seul instant ton plan puisse consister à te sacrifier. Parce que c'est ce que tu faisais, n'est-ce pas, Derek ? Tu te sacrifiais pour nous sauver, tu mourrais pour nous laisser vivre. Je m'en voulais d'avoir formulé une promesse aussi intenable. Je ne pouvais décemment pas te laisser partir à l'échafaud sans bouger un orteil. Alors, j'ai fait un pas vers toi. Les regards des autres membres de la meute se sont tournés vers moi. Tu m'as défié de m'approcher plus. Ton regard était plus dur que d'habitude et j'ai simplement baissé les yeux. J'étais condamné à te laisser partir, banni à ne plus pouvoir te retenir.
« Je ne peux pas... » ai-je murmuré sous le regard étonné de mes amis. Tu as pris ton habituel air pincé et j'aurais rigolé si je n'avais pas été si malheureux. « Je vais juste le rencontrer. Il veut simplement me parler. Vous n'avez pas besoin de me coller aux basques pour ça. » Je ne comprenais pas comment les autres pouvaient être aussi naïfs. J'avais compris depuis bien longtemps qu'il ne voulait pas seulement te parler. Tu avais fait un pacte avec le diable. Tu avais vendu ton âme pour que l'on survive. Je l'ai lu dans tes yeux et j'ai eu envie de te gifler avec force pour que tu reviennes à la réalité. Il ne voulait pas te parler. Il voulait te tuer, t'arracher les entrailles, lacérer la moindre parcelle de ta peau. Comment pouvais-tu être aussi idiot pour croire qu'après ça, il nous laisserait tranquille ? Et même s'il le faisait ? Même si cet horrible personnage disparaissait... Comment pourrions nous survivre ? Sans toi, nous allions tous mourir un par un. Et j'étais en tête de gondole.
Puis tu es parti. Tu as fermé la porte du loft et tu es tout bonnement parti. J'ai senti la mort m'étouffer.
J'ai fait un autre pas en avant mais Scott m'a attrapé le bras pour m'empêcher de te suivre. Tu étais sans doute déjà bien loin, de toutes façons. « Stiles... » a murmuré Scott dans l'unique but de me convaincre de ne pas agir impulsivement. Je me suis retourné et j'ai regardé chaque personne présente dans le salon. Leurs visages étaient graves. Eux aussi savaient. Ils savaient que tu ne reviendrais jamais. J'ai senti chacun de mes membres me lâcher. Je suis tombé genoux à terre et Scott n'a même pas eu la force de me retenir. J'ai hurlé avec tant de force que Lydia et Allison se sont caché le visage avec leurs mains. « On ne peut rien faire. » a soufflé Isaac en posant une main sur mon épaule. Sa voix douce m'a un peu consolé. J'ai eu envie qu'il parle encore. Tu m'avais déjà parlé du pouvoir qu'avait Lahey sur toi. Parfois, lorsque tu te sentais triste, tu lançais un sujet de conversation et tu l'écoutais babiller pendant des heures. Tu adorais ça. Tu souffrais un peu moins lorsqu'Isaac parlait. Je ressentais exactement la même chose en cet instant. J'ai fermé les yeux et j'ai écouté les battements trop rapides de mon cœur. J'ai cru manquer d'air, mais je me suis raccroché à la voix d'Isaac qui racontait les mêmes mensonges que toi : « Tout va bien se passer. ».
J'ai fait semblant d'abdiquer. J'ai fait semblant de t'abandonner. Aucun d'entre eux ne savait à quel point je t'aimais réellement. Ils ne savaient pas tout ce que j'aurais fait pour pouvoir te retrouver et t'aider. Ils m'ont allongé dans ta chambre. Ils m'ont bordé comme l'on borde un enfant. Je leur ai adressé un sourire pour ne pas les inquiéter. Ils ont fini par sortir de la pièce et j'ai entendu Lydia demander à Scott : « Tu es sûr qu'il va réussir à gérer ? ». Puis mon meilleur ami s'est résigné : « Il n'a pas le choix. ». J'ai détesté Scott. On a toujours le choix.
Dans les minutes qui ont suivi, j'ai entendu un brouhaha s'élever dans le salon. Isaac cogna son poing contre le mur avec une telle force que la porte de la chambre trembla. Ils s'en voulaient tous d'être là, incapables de t'aider. Ils avaient promis. De toutes façons, ils n'y pouvaient rien. Tu avais fait ton choix. Ils auraient pu te courir après, tu n'aurais pas faibli. Tu te serais livré à ton ennemi sans ciller. Ils le savaient pertinemment. C'est pourquoi ils ne bougeaient pas et ça les rongeait. Parce qu'ils avaient conscience que tu faisais sans doute la meilleure chose pour eux. La meilleure chose pour que toutes ces morts atroces cessent. Ce monstre voulait se venger de toi. Tant que tu ne serais pas mort, il continuerait à tuer des innocents. Il avait assassiné Deaton sans aucun scrupule, égorgé Cora avec un sourire sadique. Si tu ne te soumettais pas à sa volonté, il continuerait à tuer tous ceux que tu aimais. Tu savais bien que nous étions les prochains sur la liste. Scott, Isaac, Lydia... Moi. Tu as cherché une solution pendant des nuits entières et tu t'es retrouvé dans un cul-de-sac. Cette abomination n'était pas vivante, elle était impossible à tuer. Un soir, tu as tenté de m'expliquer : « Le père de Paige s'est suicidé juste après la mort de sa fille. Il... Il a erré sur terre pendant des années jusqu'à découvrir qui l'avait tuée. Il vient de découvrir que je suis coupable et... ». Ta voix s'est brisée et j'ai posé ma main sur ton avant-bras. Tentative ultime de consolation. Je savais que c'était vain. Tuer un fantôme était impensable. Dans ta tête, tout était clair : c'était toi ou nous.
Tu nous as choisi. Parce que sous tes airs hargneux, tu étais le plus généreux des hommes. Tu donnais ta vie pour la nôtre.
Profitant de la pagaille que faisaient les autres dans le salon, je me suis glissé par la fenêtre. Je crois que je n'ai jamais couru aussi vite de ma vie. Je savais où vous aviez rendez-vous. Je savais qu'il te tuerait sous ce vieil arbre, là où Paige était morte, des années auparavant. J'ai couru. J'ai couru encore, jusqu'à m'en faire mal aux côtes. J'entendais mon cœur battre à toute vitesse dans mes tempes. Ça me faisait mal à en crever mais j'aurais pu mourir sur place que je ne me serais pas arrêté de courir.
Lorsque je suis arrivé au pied de l'arbre, je n'ai pas repris ma respiration. J'ai soulevé la trappe et j'ai descendu l'échelle qui menait à toi. Tu m'as senti arriver. Je le sais parce que tu as grogné un peu plus fort que d'habitude. C'était le genre de grognement suppliant. Le grognement qui me demande de m'en aller, de te laisser partir seul. Bien sûr, je n'ai pas fait demi-tour. J'étais là et si je n'arrivais pas à convaincre le père de Paige de te laisser la vie sauve, je t'accompagnerais, te tiendrais la main dans la mort. Pourtant, je n'étais pas encore prêt à abandonner la bataille contre ce fantôme de ton passé. En bas de l'escalier, j'ai d'abord croisé le regard du père de Paige. Une lueur démoniaque brillait dans ses pupilles. Je crois même qu'il a souri. Un instant, j'ai souhaité qu'il soit vivant pour que je puisse lui arracher le cœur de mes propres mains.
Toi, tu te tenais près de lui, le plus normalement du monde. Il attrapa ton bras et posa son couteau contre ta carotide. J'ai voulu fermer les yeux, mais j'en étais incapable. Tu m'as supplié du regard. Tu souhaitais que je tourne la tête mais je n'ai pas cillé. Je te fixais droit dans les yeux. Une larme a coulé sur ma joue et mes lèvres se sont mises à trembler. Je savais que j'étais impuissant et j'ai enfin compris qu'il était impossible de raisonner l'homme qui allait te donner la mort.
Ce qui m'étonna le plus, c'est le fait que tu ne tentes pas de te battre. Tu t'étais résigné à mourir. Tu paraissais presque serein à l'orée du grand voyage. Je t'ai même vu me sourire. Les secondes passaient et le père de Paige semblait prendre plaisir à faire durer le supplice. Il désirait nous faire souffrir un peu plus, il faisait de ta mort sa dernière mise en scène. Tu as levé ta main gauche pour me faire un signe de main. J'ai rigolé. Tu allais y passer et moi, je rigolais.
« Stiles... » Tu as enfin osé prendre la parole et j'ai su ce que tu voulais me dire. Je le savais depuis bien longtemps. On avait juste été trop cons et immatures pour voir la vérité en face. « Je regrette. » J'ai hoché la tête pour montrer que je te comprenais. Je n'avais jamais douté un instant que tu m'aimais. Tu regrettais désormais de ne pas avoir su profiter de la vie. De ne pas avoir saisi les opportunités lorsqu'elles se présentaient. D'avoir pensé que 'demain est un autre jour'. Il faut toujours pensé au risque qu'il n'y ai pas de 'demain'. « Je sais, Derek. Je sais. » ai-je dit en souriant. Tu as puisé dans tes dernières forces pour me sourire en retour. « T'es le gamin le plus insupportable que je connaisse. J'ai jamais aimé détester quelqu'un comme je t'ai détesté. » Cette déclaration d'amour était la plus belle que tu puisses m'offrir. J'ai senti une nouvelle larme rouler sur ma joue blême. J'aurais voulu trouver quelque chose d'aussi beau à dire. Je n'ai rien trouvé. Je t'ai juste fait le plus adorable clin d'œil que j'avais à mon répertoire en répondant : « Je te détesterai pour toujours ».
Le père de Paige s'est raclé la gorge et j'ai compris que nos adieux ne l'émouvaient pas. J'ai compris que notre capital temps était épuisé. Tes lèvres se sont entrouvertes et tu as eu tout juste le temps de dire : « Je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'aime. ». La lame a tranché ta gorge.
Ton corps est tombé sur le sol et j'ai su que tu étais déjà parti rejoindre les anges. J'ai été incapable de pleurer. J'ai couvert ta gorge entrouverte avec ma veste et j'ai regardé le sourire toujours présent sur tes lèvres. Je me suis assis en tailleur à tes côtés et je n'ai pas remarqué tout de suite que le fantôme avait disparu. J'aime penser qu'il a sans doute réussi à trouver le repos maintenant qu'il avait accompli sa mission de venger sa fille.
Je suis resté te regarder pendant de longues minutes. Tu étais beau. Un instant, j'ai désiré que tu deviennes un spectre à ton tour. J'ai souhaité que tu erres près de moi à tout jamais. Rien n'est arrivé. Peut-être ta dernière mission sur terre était de m'avouer que tu m'aimais. Sache que tu l'as remplie avec brio. Je regrette juste de ne pas avoir eu plus de temps. Le temps pour te répondre. Le temps pour te montrer. Le temps pour t'aimer. J'aurais voulu qu'on se tienne la main, qu'on s'embrasse. J'aurais voulu te faire l'amour en écoutant les chansons niaises que tu appréciais en secret. J'aurais voulu qu'on emménage ensemble, que tu fasses cramer le repas et que je laisses le fer à repasser trop longtemps sur ton tee-shirt préféré. J'aurais voulu qu'on vieillisse ensemble. Qu'on fasse tous les trucs idiots que font tous ces couples.
Les autres n'ont pas mis longtemps à me retrouver. Les mains de Scott et d'Isaac se sont posées sur mes épaules. J'ai souri et je me suis relevé. J'ai simplement dit : « C'est fini. ». Ils n'ont pas compris pourquoi j'étais si calme et pourquoi je semblais presque heureux. J'ai bien vu qu'ils s'inquiétaient. J'ai regardé Chris Argent déposer un draps sur ton corps sans vie. Mon père s'est ensuite approché pour aider le père d'Alison à te porter en dehors de la grotte. J'ai fermé les yeux de longues secondes. Lydia s'est immédiatement précitée vers moi, paniquée à l'idée que je fasse une crise de panique. Je l'ai repoussée avec douceur.
Lorsque je fus prêt, j'ai ré-ouvert les yeux. Devant moi, la meute me regardait d'un air sombre. Certains refoulaient les larmes comme ils le pouvaient. Je savais ce qui les rongeait. Ils ne savaient pas comment ils allaient être capables de vivre sans toi. Tu ne l'as sans doute jamais su, mais tu étais la béquille de chacun d'entre nous. Tu étais celui qui nous poussait à rester ensemble. Maintenant que tu n'étais plus qu'un cadavre, ils allaient devoir réapprendre la définition du mot meute. J'ai regardé chacun d'entre eux avec la plus grande affection et j'ai seulement dit : « Tout va bien se passer. ».
Finalement, tu avais raison. On survivrait. On apprendrait à vivre avec cette part de nous qui était morte aujourd'hui. On penserait à toi tous les jours. On ne t'oublierait jamais. Tout se passerait bien.
