Bonjour bonjour !

Oui, je sais… Ce chapitre est en retard… Je vous présente mes excuses pour ça ^^" Quand j'ai voulu poster ce chapitre à la date prévue, je l'ai relu une dernière fois avant, et je me suis rendue compte d'un truc qui me chiffonnait dedans… Je me suis dit que je pouvais bien retarder un peu la publication le temps de faire deux-trois changements, mais ça m'a pris plus de temps de prévu, après quoi divers événements dans ma vie m'ont fait perdre toute motivation… Donc ça a traîné, traîné… mais ça y est, le voilà enfin, ce chapitre, et je vais pouvoir reprendre mon rythme !

Enfin bref… Un grand merci à tous ceux qui ont mis cette fic en follow, je suis contente de voir qu'elle vous intéresse :)

J'espère qu'elle continuera à vous intéresser, et que ce troisième chapitre vous plaira ^^

Oh, et je me suis rendu compte que j'ai oublié de préciser plus tôt que cette fic compte quelques nyo ! :3

Enfin bref, bonne lecture~ ^^


Le bol échappa des mains de Francis, et se fracassa par terre en éclaboussant le sol du ragoût qu'il contenait, attirant sur lui les regards.

L'aubergiste resta figé, les yeux fixés sur le désastre. Il ne pouvait se baisser pour le nettoyer. Il ne pouvait se résoudre à exposer sciemment sa nuque devant ces hommes qui – peut-être était-ce son imagination – semblaient épier la moindre faiblesse.

L'instant s'étira, horriblement long, les secondes s'égrenant à une lenteur insupportable, et ces regards, ces regards qu'il haïssait, ne le quittaient pas.

Et puis Matthew, son jeune apprenti, le rejoignit. « Je m'en occupe », souffla-t-il, et le temps repris son cours. Francis se reprit, fit demi-tour, et peut-être aurait-il dû s'en vouloir de laisser le jeune homme dont il avait la charge avec ces gens, mais il évoluait comme dans un brouillard épais, au milieu duquel le seul phare était alimenté par un feu de haine ardente.

Ces gens avaient tué sa Jeanne.

Et pour quel crime ? Jugée et brûlée comme une sorcière, pour avoir eu le cran de leur tenir tête quand ils étaient venus chasser les démons dans leur village, prêts à fondre tels des rapaces affamés sur le premier malheureux qui montrerait un comportement sortant de l'ordinaire.

Francis pensait à ça en rejoignant sa cuisine, et c'est le visage de Jeanne qu'il avait en tête en remplissant une nouvelle écuelle. Jeanne souriante, Jeanne riante… Les cris d'agonie de Jeanne. Ses hurlements alors qu'elle se tordait sur le bûcher, dévorée par les flammes. La chair fondant sur son visage, et les yeux dans leurs orbites. Le feu léchant son corps. Et l'odeur, la terrible odeur…

Pris d'un vertige, Francis dû poser l'écuelle. Sa tête tournait, il lui semblait que quelque chose tambourinait à l'intérieur de son crâne, que quelque chose grattait à la porte de son esprit. Sur sa poitrine, le pendentif qu'il portait en permanence se mit à chauffer, mais il ne s'en rendit même pas compte, prenant sa tête entre ses mains tremblantes. Il revoyait Jeanne, il l'entendait à nouveau, il pouvait presque sentir l'odeur du corps consumé sur le bûcher…

Il dû se précipiter à l'extérieur, par la petite porte arrière que comprenait la cuisine, pour rendre le contenu de son estomac.

Il resta longtemps penché sur l'herbe, dans l'obscurité, haletant, alors que la vision se dissipait peu à peu. Son pendentif, qui se balançait à son cou, était brûlant, mais il attribua ça à la chaleur anormale de sa propre peau. Ces espèces de crises lui arrivaient de temps en temps, et elles le laissaient toujours épuisé et nauséeux, avec une migraine carabinée.

Néanmoins, il finit par se redresser. Il devait donner le change, il fallait à tout prix faire en sorte que les chasseurs ne se doutent de rien.

Il puisa dans sa haine envers eux pour trouver la force de se constituer un masque affable, alors qu'il retournait à l'intérieur.

Mais avant de rejoindre la salle pour finir de servir le repas, il monta dans les étages et alluma une lanterne à la fenêtre de sa chambre, qui donnait sur les bois.


Gilbert faisait un boucan incroyable en marchant. Toutes les branches sèches de la forêt devaient s'être retrouvées sous ses pas, pour qu'il fasse autant de bruit. Et puis il parlait aussi, fort, mais Ludwig n'écoutait pas vraiment, occupé à scruter les bois à peine éclairés par sa lanterne.

Ils étaient seuls, mais le grand blond ne parvenait pas à chasser son inquiétude.

Derrière lui, Gilbert trébucha contre une racine et l'insulta copieusement pour avoir osé faire tomber le génialissime lui.

Et dire qu'ils étaient censés être discrets…

En même temps, la discrétion était une notion abstraite pour Gilbert. Ludwig en venait à se demander comment l'homme avait réussi à rester caché pendant si longtemps avec un comportement pareil.

Gilbert avait eu le malheur de naître albinos. Dans un monde ou une telle tare était considérée par les superstitieux comme la marque d'un démon, ses parents avaient caché son existence et l'avaient élevé dans le plus grand secret, enfermé au plus profond de la maison familiale. Mais il était trop énergique et avide de liberté pour cette vie, et il avait fui dès que possible. Il avait voyagé un peu partout, frôlé la mort un nombre incalculable de fois, et Ludwig n'avait pas eu de nouvelles de lui pendant trois années entières. Et puis il avait fini par revenir et, découvrant la mort de ses parents, avait décidé de rester pour veiller sur son petit frère dans l'ombre. Même si dans les faits, c'était plutôt Ludwig qui se retrouvait à le surveiller tant bien que mal.

Depuis son retour, Gilbert vivait dans une maison cachée au plus profond de la forêt, que Francis et Antonio l'avaient aidé à bâtir. Au moins, là, il pouvait laisser libre court à son hyperactivité. Mais c'était à présent trop dangereux.

Ludwig ne savait pas comment les chasseurs avaient eu vent de l'existence de l'albinos – peut-être Gilbert avait-il été aperçu par un villageois lors de l'une de ses expéditions dans les alentours du village –, mais il était clair que c'était lui qu'ils cherchaient. Francis les avait entendu parler d'un démon aux yeux rouges hantant la forêt.

À force de fouiller les bois, ils allaient bien finir par découvrir la maison de Gilbert. Tant qu'ils étaient là, il n'y était plus en sécurité.

Le convaincre de quitter son domaine avait été difficile. Gilbert s'estimait trop génial pour avoir à fuir. Mais à force d'arguments et de patience qu'il ne pensait pas posséder, Ludwig avait fini par obtenir gain de cause.

Mais encore fallait-il qu'ils parviennent à leur destination sans se faire repérer. Avec le boucan que faisait l'albinos, ce n'était pas gagné.

Enfin, après ce qu'il parut à Ludwig un temps interminable, ils parvinrent aux abords du village, là où les arbres commençaient à se faire plus rare. Le blond éteignit sa lanterne dans un souci de discrétion, et les deux frères se frayèrent un chemin jusqu'à l'orée de la forêt, derrière l'auberge.

De là, ils pouvaient voir la lanterne allumée à une fenêtre en particulier.

C'était le signal.

Tous les chasseurs étaient à l'intérieur, la voie était libre.


Antonio avait une petite cabane, au milieu de ses plantations de tomates, dans laquelle il entreposait ses divers outils. Personne en dehors de lui n'y entrait jamais.

C'était l'endroit qui avait été choisi pour cacher Gilbert. Ce n'était pas une cachette parfaite, et elle ne l'abriterait pas longtemps si les chasseurs se détournaient de la forêt pour enquêter à l'intérieur même du village, mais elle ferait l'affaire pour le moment.

Antonio n'était pas là pour accueillir les deux frères. Il avait dû échouer à s'éclipser de chez lui, sa femme Chiara pouvant se montrer redoutable, son tempérament de feu n'étant nullement amélioré par sa grossesse avancée.

Mais le brun avait laissé ouverte la porte de la bâtisse, et déposé des couvertures et de la nourriture à l'intérieur.

L'albinos s'installa dans ses quartiers provisoires, et Ludwig s'assura qu'il ne manquait de rien avant de le quitter, refermant soigneusement derrière lui la porte de la cabane.

Le blond s'empressa ensuite de rentrer chez lui, frissonnant dans l'air froid de la nuit.

Sa femme, Felicia, l'adorable sœur jumelle de la volcanique Chiara, dormait déjà quand il entra dans la maison qu'ils partageaient. Il s'allongea à ses côtés, mais ne parvint pas à s'endormir, les yeux ouverts dans le noir.

Il avait un mauvais pressentiment.


Voilà voilà~

Oui je sais, c'est surtout un chapitre descriptif ^^"

J'espère que ça vous a plu et donné envie de découvrir la suite :s

N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en avez pensé, et s'il y a quelque chose qu'il faudrait améliorer ^^

À la prochaine pour le chapitre 4~ :3