Chapitre 3

On me bousculait mollement, encore à moitié endormi, je décidai d'ouvrir les yeux pour voir ce qu'il se passait. Légèrement aveuglé par la lumière, je distinguais Yoshi en train de jouer avec Shun. Le petit chaton essayait d'attraper le doigt de mon chéri, et se laissait tomber sur le côté agitant ses pattes en l'air. Cette vue au petit réveil était vraiment adorable, je souris et me relevai collant mon torse à son dos. Tandis que je l'enlaçais, il tourna la tête et vint déposer ses lèvres sur les miennes en un doux baiser.

Bonjour ! Désolé si je t'ai réveillé, mais il miaulait alors je me suis levé et je m'en suis occupé !

Bjour ! Hum pas grave, tu as bien dormi quand même ?

Très bien et toi ?

La meilleur nuit de toute ma vie.

Je l'embrassai à mon tour et après quelques minutes de câlins, il se sépara de notre étreinte. Il n'était vêtu que de son boxer, il l'avait sûrement mis en se levant ce matin. Debout, au bord du lit, il me caressa le visage et récupéra son portable sur la table de chevet.

Je vais prendre mon bain, je peux t'emprunter un boxer ?

Sers toi. Hum, je peux venir avec toi ?

… Je … je préfère pas Sho-chan... La prochaine fois ne ?

Oh... d'accord. Je vais nous préparer le petit déjeuner en attendant.

C'est une bonne idée ça !

Je le regardai quitter la chambre et soupirai d'aise en me laissant retomber sur le lit. Un mois que nous étions ensemble, mais ce qui c'était passé la veille était juste magique. Notre première véritable fois. Je gigotais les bras et les jambes tout en criant silencieusement. J'étais amoureux de mon ami, il me rendait heureux et ça faisait du bien. Shun s'avança vers moi, il devait se dire que j'étais fou à gesticulé comme ça. Je le caressai et le pris avec moi en direction du salon. Dans la cuisine régnait le chaos, la vaisselle sale de la veille débordait de l'évier, le plan de travail était dégoûtant, et des papiers d'emballages parsemaient le tout. Je grimaçai en basculant la tête en arrière puis déposai Shun par terre. Je commençai par jeter les détritus, et fis couler l'eau. Une fois la tâche terminée, je nettoyai l'ensemble de la cuisine, puis finis par préparer le petit déjeuner pour monsieur.


Nous étions arrivés les premiers chez Ryo, il était en pleine préparation du repas et semblait être débordé. Il fallait dire que nous inviter tous à manger était déjà une masse, mais cuisiner lui-même était un véritable défis. Cependant, il refusait toute aide de notre part, trop fier pour s'avouer vaincu. Il s'activait tandis que petit à petit, tous le monde nous avait rejoint. Comme on pouvait s'y attendre, le repas était des plus délicieux et tous nous fîmes honneur au plat. Ryo affichait son sourire satisfait, assis à côté de Tacchon, il cherchait les compliments. La journée s'était passée dans une bonne ambiance, légèrement alcoolisée selon le point de vue et sous les rires. Maru, Baru, Yoko et moi, parlions et déconnions beaucoup ensemble, alors que Ryo se collait à Yoshi avec un Hina bavard et bruyant. Il paraissait que Noël se célébrait en famille, cette information s'avérait vraie en nous voyant tous réunis. En effet, nous étions plus que des amis, nous étions les membres d'une même famille. Nous pouvions compter sur les uns les autres et notre solidarité en rendait jaloux plus d'un. Il n'était pas facile dans notre milieu d'accorder sa confiance, et encore moins de créer des liens immuables comme les nôtres. Ainsi était sorti un tout autre amour, celui que je portais à Yoshi. Je ne m'y attendais pas, il était entré dans mon cœur comme les autres, mais il s'y était installé et l'avait dévoré. Pour sûr, il ne restait plus qu'un mini-Yoshi en train de jouer de l'accordéon avec mon petit cœur. Il était désormais celui qui le faisait battre et je me laissais aller dans ses bras. Je l'aimais un peu plus chaque jour et promettais de veiller sur lui. Ce soir là, l'appartement de Ryo s'était transformé en dortoir, tous, moi y compris n'arrivions même plus à nous lever. Nous avions bien fais les cons, et la boisson avait coulé à flot. C'était sagement que nous prîmes la décision de rester la nuit chez Ryo qui ne savait même plus qu'il était chez lui.


Cinq mois s'étaient écoulés depuis cette petite fête, ma relation avec Tacchon s'était renforcée et nous vivions un parfait amour. Quant au groupe, il était constamment débordé de travail et connaissait toujours plus de succès. Nous pouvions être fiers de nous, et de nos efforts. La veille de l'anniversaire de Tacchon, nous avions eu une répétition, les horaires avaient été réparties entre chorégraphie, chant et réunion avec le staff. On était fatigués, les fins de journées étaient toujours difficiles, et nous prétextions des excuses pour nous échapper et nous reposer à tour de rôle. Normalement, je m'arrangeais pour m'éclipser avec mon chéri, mais cette fois ci, j'avais été retenu par notre manager. Je paraissais quelqu'un de calme, mais mes amis connaissaient mon caractère, et là, le manager m'énervait. Premièrement, il se permettait de critiquer mes compositions, et ensuite, il me jugeait. Il avait appris pour mon orientation sexuelle, et cela avait l'air de le déranger. Il était grand temps que je lui remette les idées en place. Le poing serré, je m'apprêtais à lui dire le fond de ma pensée lorsque Baru passa son bras autour de mon cou. Il m'écarta de cet abruti qui ne réfléchissait pas avant de parler, et m'emmena aux vestiaires pour souffler. Après quelques minutes, il me donna une petite tape à l'épaule en me souriant. Il se dirigea vers son casier, et se saisit de notre journal avant de me le tendre.

Tiens ! Je t'ai enfin répondu !

Oh, je le lirai ce soir. Hm... merci Baru-chan.

T'en fais pas, ça valait mieux pour tous le monde.

Je rangeai le journal dans mon sac, et suivis Baru à la cafétéria. Yoshi était assis à une table, portable à la main. Il était dos à nous, et l'avoir de nouveau dans mon champs de vision me redonnait le sourire. Baru me fit un clin d'oeil et se dirigea vers le distributeur de café. Je me jetai sur mon chéri, lui encerclant le cou de mes bras et l'embrassai sur la joue innocemment.

A quoi tu joues ?

Oh ! Toki Tori !

Encore ce jeu, tu ne m'as pas encore battu ne ?

Non, mais bientôt. Vu le temps que j'y passe, j'y arriverai mon Sho-chan.

J'en doute pas.

Voilà vos cafés ! Je t'en ai pris un aussi Tacch' !

Merci Baru-chan.

Enfin, j'obtenais un moment de calme avec mes deux hommes préférés. Instant vite volé par un Maruyama qui m'invita à le suivre aux vestiaires. Lui et moi nous nous étions beaucoup rapprochés avec l'emménagement de Yoshi. Il venait à la maison, et nous passions des soirées à trois. Une fois devant les casiers, il m'expliqua ce que le groupe avait planifié pour l'anniversaire de mon chéri. Tous devaient faire mine d'avoir oublié, et se rendre à l'appartement après le travail. De mon côté, je devais le retenir pour laisser le temps aux autres de se préparer. J'avais déjà ma petite idée sur la façon dont j'allais le retarder, et les douches situées derrière Maru me faisaient fantasmer. Ça me rappelait lorsqu'il rougissait encore de tout. Ryo et Baru me disaient que je l'avais perverti. Ils me faisaient rire mais en effet, Ohkura n'était plus un ange, oh ça non. Cela faisait quelques minutes que je n'écoutais plus Maru parler, je songeais à lui, à son corps nu sous le mien. J'avais envie de sentir ses mains sur ma peau, cette chaleur qui émane de nous. Puis, je fermai les yeux, une douce pression me fit légèrement gémir et je m'appuyai contre les casiers. J'en demandais plus, et bougeais le bassin pour lui faire comprendre. Le son de ma braguette qui s'ouvrait lentement, ses doigts qui se frayaient un chemin jusqu'à mon entrejambe m'excitaient encore plus. Soudain, j'ouvris grand les yeux en me rappelant avec qui j'étais et tentai de repousser Maru. Sa tête baissée contre mon épaule, il résistait et continuait de me masturber.

Ahh arrête ! Maru !

Sshh... laisse toi faire... juste pour une fois.

Arrête... Maru... Ah..

Mes mains essayaient de l'éloigner de moi sans force, j'étais submergé par le plaisir et ne parvenais plus à assimiler la situation. J'étais bientôt à ma fin, honteusement, je lui avais demandé d'accélérer et poussais quelques petits gémissements de plaisir. Les yeux toujours fermés, j'imaginais que ces sensations étaient produites par Yoshi. Je le prévins que j'arrivais, et me déversai dans sa main. Je reposai ma tête contre le casier et rouvris enfin les yeux. Maru se recula et je me dépêchai de me rhabillé. Je ne comprenais pas son geste, il savait que j'étais en couple, et avec son meilleur ami qui plus est. Alors que je me tournais pour quitter la pièce au plus vite, mon regard se posa sur la porte entrouverte. Il se tenait là, les yeux baignant dans l'incompréhension. Baru, apparût derrière lui, et il partit en courant. Sans plus attendre, je me lançai à sa poursuite mais finis par le perdre de vue. Qu'avait-il vu ? Était il là depuis le début ? Je tapai contre le mur et fis demi tour pour rejoindre Maru. J'allai le lui refaire le portrait, et il allait me devoir une explication. De nouveau aux vestiaires, j'entrai bruyamment et vis Baru en train de discuter avec lui. Je m'avançai et lui donnai mon poing dans sa figure. Il ne broncha pas, et garda la tête baissée. Son attitude me décevait, je pensais qu'il était un ami sincère et je m'étais trompé. Il était égoïste et n'avait pas hésité à profiter de moi. Comment me justifier auprès de Yoshi désormais, ce salaud avait tout gâché. Si Baru n'avait pas été là, je me serai défoulé sur lui.

Yasu... pardon...

Quoi ? Je t'ai dis d'arrêter ! Pourquoi t'as fais ça ! Pourquoi ?

Je sais pas, tu... j'ai vu que tu... j'ai dérapé, excuse moi, ça ne devait pas arriver !

C'était pas pour toi, je pensais à lui ! Toujours ! Et comment ça, ça ne devait pas arriver ?

Yasu je t'aime... mais tu ne devais pas le savoir...

Qu... quoi ? Je... Laisse moi tranquille okay ? J'aime Tacchon, m'approche plus Maruyama.

Yasuu !

Sans un dernier regard, je me saisis de mon sac et quittai l'endroit. Je me demandais où pouvait bien être Tacchon, il ne répondait pas à mes appels et je doutais qu'il attendrait à la voiture. Je ne connaissais pas encore ses petits coins secrets, seulement un bar où il allait de de temps en temps, mais quelle était la probabilité qu'il y soit allé ? Malheureusement, je n'avais que cette solution mais vérifiais tout de même s'il n'était pas sur le parking. Je ne vis personne et faisais volte face lorsque j'entendis renifler. Je me retournai et fis le tour de la voiture. Il était assis contre la voiture et se tenait le visage entre les mains. Mon cœur me faisait souffrir, le voir dans cet état par ma faute était insoutenable. Je m'étais approché de lui et comptais le prendre dans mes bras, mais il s'écarta refusant que je le touche. Je comprenais sa réaction et restais blessé de ne pouvoir le consoler. Je cherchais les mots justes, mais aucun ne l'étaient, j'étais en partie responsable.

Yoshi...

Ne dis rien, j'ai vu ! Il... tu aimais Shota !

Mais je pensais à toi !

C'est la meilleure ! Ramène moi à la mais... chez toi. Je prends mes affaires et je vais chez Hina.

Quoi ? Mais non, s'il te plaît, écoute moi, je vais tout t'expliquer, crois moi, je t'en prie !

Il n'y a rien à expliquer, tu prends du bon temps avec Maru dans mon dos... ahah Trahis par mon meilleur ami et mon petit ami...

Yoshi, je t'aime ! C'est lui qui a profité de moi ! Je te promet, je ne voulais pas ! Je lui ai dis d'arrêter... et je ne pouvais plus le repousser... j'étais soumis !

Mais bien sûr ! Dis plus rien...j'en ai assez entendu !

Yoshi je t'aime...

Il attendait à la porte côté passager, son visage fermé, il ne prononcerait plus un mot. Les clés en main, j'ouvris les portes et nous nous installâmes. Durant tout le trajet, je réfléchissais à ce que j'allais lui dire, je devais l'empêcher de quitter l'appartement. Je ne pouvais plus vivre sans lui, et puis il y avait Shun aussi ! Le claquement de la portière me signalait que nous étions déjà arrivés et qu'il était sorti sans m'attendre. Je retirai la clé du contact, et verrouillais les portes. J'accélérai le pas et montai à l'appartement. A l'intérieur, Ohkura s'était déjà emparé de sa valise et y jetait ses vêtements. J'essayais de lui parler, de le retenir par le bras mais il m'ignorait. J'étais désespéré, les larmes commençaient à me monter aux yeux et il finissait de faire le tour pour voir s'il n'avait rien oublié. Il se saisit de sa petite peluche que je lui avais offerte et l'a mit dans sa valise avant de la refermer.

Yoshi... tu reviens ne ?

Je ne sais pas Shota...

Je t'aime mon cœur, je te jure que je ne voulais pas ! Je ne veux que toi, m'abandonne pas !

Je l'ai vu en train de te masturber Shota ! Ça m'a fait mal ! Je vais réfléchir... on se voit au boulot.

Et Shun ?

Je... on verra. Si c'est fini entre nous, je chercherai un appart' où on accepte les animaux et je le prendrai. J'y vais bé ..Shota.

Yoshi...

La porte se referma sur son dos, il était partit. J'avais l'impression qu'on venait de m'arracher le cœur et me retrouvai à genoux. Les larmes coulaient et je me mouchais. A côté de moi était posé mon sac, je l'ouvris pour en sortir mon portable et vis le journal. Je le pris entre mes mains et me décidai à le lire.

« Sho-chan,

C'est une super idée, chez vous il ne s'y attendra pas ! N'oublie pas de me filer les clés de ton appart' ne ! Sinon moi, je lui ai acheté un jeu de PS... mais allez, dis moi ce que tu lui as pris toi !

Et pour l'autre jour, ne t'inquiète pas, j'ai juste pété un câble. La fatigue et le surmenage certainement. J'ai pas de problèmes, je t'en parlerai autrement ! Jane ! ^^

Shibutani. »

Je le refermai et pleurai de nouveau. Demain était son anniversaire et sa surprise venait de tomber à l'eau. Maru avait tout gâché mais je m'en voulais encore plus de ne pas avoir réagis plus vivement. Si seulement j'avais pu me contrôler, maintenant, tous allaient me prendre pour un mec facile. Je ne savais plus quoi faire, j'étais perdu et seul mon meilleur ami pouvait m'aider. Je composai alors son numéro et attendis qu'il décroche.