Salut !
J'ai eu quelques soucis d'ordi, mais voilà enfin le chapitre 3.
Merci pour vos reviews ! Et Tiickel : Silas va évoluer, ne t'inquiète pas. Pour le moment, il est encore dans son petit univers, et les autres n'existent pas vraiment pour lui. Mais il va bien devoir changer, maintenant qu'il n'est plus invisible ! ;-)
Comment devenir l'ennemi public en seulement un jour
Pendant toute la fin de journée, j'ai senti les regards du quatuor sur moi. Partout où je vais, ils sont dans les parages, ce qui est très étrange puisque jusqu'à présent j'ai été transparent à leurs yeux, et pour une bonne raison : j'ai toujours soigneusement évité leur route. Le soir venu, je reste au moins cinq minutes devant la porte de la grande salle, ne sachant quoi faire. Je n'ai aucune envie de devoir faire face au quatre imbéciles, ni même d'aller m'excuser à Campbell devant tout le monde. Cependant, si je ne fais pas la seconde partie, je vais devoir subir la première. Je soupire. Je n'ai pas le choix, visiblement.
- Silas, qu'est-ce que tu attends ?
Je me tourne vers McCarthy.
- Pourquoi tu restes planté là ? me demande-t-elle à nouveau.
Derrière elle se trouvent trois autres élèves de Poufsouffle, dont… Marta Campbell. Lorsque mon regard croise le sien, elle rougit et détourne les yeux. Bon, eh bien, je n'ai qu'à m'excuser maintenant et rentrer dans la grande salle en lui parlant, puis avant de se quitter, je m'excuserai une nouvelle fois, de telle sorte que les quatre imbéciles soient satisfaits. Ce plan me semble correct.
- Campbell… Pour ce matin…
- Qu'est-ce que tu lui veux, Bryce ? s'exclame l'une de ses amis, une grande blonde à l'air décidément peu avenant.
- Eh bien, je…
- Tu veux la ridiculiser encore plus ?
- Mais non, je…
- Viens, Marta, dit le garçon qui les accompagnait. Ne l'écoute pas.
- Justement, si, j'aimerais bien qu'elle m'écoute !
Sans que je m'en rende compte, nous sommes entrés dans la grande salle, attirant les regards des autres élèves.
- Mais fiche-lui la paix, Bryce ! Tu lui as assez fait de peine comme ça ! s'écrit à nouveau la blonde.
- Ce n'était pas mon intention… !
- Ça va, arrête ton cirque, et laisse nous tranquilles, m'ordonne leur ami.
Ils s'éloignent et se dirigent à leur table. A présent profondément agacé, je les suis, bien décidé à faire mes excuses, qu'ils le veuillent ou non. La tranquillité de ma scolarité en dépend, après tout !
- Bon, ça suffit, dis-je une fois arrivé devant eux, tapant la table du poing. Cette fois-ci, vous allez me laisser parler !
- Mais bon sang, dégage, Bryce !
- Non, je ne dégagerai pas ! Je veux parler à Campbell, et je le ferai !
- Tu te prends pour qui ? s'exclame le garçon, en se levant.
Oups… Je n'avais pas remarqué qu'il était bien plus grand que moi. Je décide de ne pas flancher, même si je suis à deux doigts de perdre tout mon courage.
- Tu humilies Marta ce matin en l'envoyant promener devant tout le monde, et maintenant tu viens en nous disant que tu veux lui parler ?
- Je l'ai envoyé promener ? Comment est-ce que j'aurais pu faire ça alors qu'elle n'est jamais venue me parler ?
- Tu vas nous dire à présent que si elle était venue te dire elle-même qu'elle voulait sortir avec toi, ça aurait changé quelque chose ?
- Non, bien sûr que non ! Je n'ai pas envie de sortir avec elle… !
Je m'étrangle presque en réalisant mon erreur. Du coin de l'œil, je vois Campbell qui pleure, et je peux très bien imaginer celle que font les quatre imbéciles. Il faut que je rattrape le coup, et vite, si je veux pouvoir terminer ma scolarité en vie. Tranquille, apparemment c'est devenu impossible, mais en vie, ce serait déjà pas mal.
- Je veux dire, ma réponse aura été la même, mais je ne l'aurais certainement pas…
- Oh, vas te faire voir, Bryce ! Tu ne vois donc pas le mal que tu es en train de lui faire ? me lance méchamment la blonde.
- Si, justement ! C'est pour ça que je voulais…
- Mais c'est pas possible, en quelle langue il faut te parler ? Lâche-nous la grappe !
La blonde force Marta à se lever et elles quittent la salle, suivies par le garçon qui me lance un dernier regard noir.
- Je voulais m'excuser, dis-je, complètement las.
Je sens quelqu'un me tapoter l'épaule et je me tourne vers cette personne, qui n'est autre que McCarthy. Elle me regarde avec compassion, et un doute m'assaille.
- Tu es consciente que tout ce qui vient d'arriver est de ta faute ?
- Comment ça ?
J'aurais presque envie de la gifler, car son regard d'incompréhension est parfaitement sincère. Je ne dis cependant rien et me dirige vers la table de Serpentard où je m'assois à l'écart des autres. Je n'ai même plus faim. Je sens encore la colère en moi, l'envie de frapper quelque chose – voire quelqu'un –, l'envie de hurler, de les forcer à m'écouter… Je regarde mon assiette, réalisant que je tourne ma fourchette dans du vide. Je la repose en soupirant, puis je me masse les tempes. Comment je suis supposé m'excuser, à présent ? Sans le vouloir, je l'ai encore plus humiliée qu'elle ne l'était déjà. Elle ne voudra jamais me parler après ça.
- Tu te rends comptes ?
- Il n'a vraiment aucune sensibilité…
- La pauvre fille…
Je relève la tête et remarque alors que de nombreux regards sont encore posés sur moi. Les gens parlent, et je me rends compte qu'ils ne font même pas l'effort de parler à voix basse afin que je n'entende pas ce qu'ils peuvent dire de moi. La colère que j'ai pu ressentir s'évanouit en une seconde, et je me sens à nouveau aussi las que je l'ai été quand Campbell et les autres ont quitté la salle.
- Tu es détesté par tout le monde, maintenant.
Je me tourne vers la personne venant de parler et croise le regard de Rogue, assis quelques places de moi, de l'autre côté de la table. Il se concentre à nouveau sur son assiette, m'ignorant royalement.
Très bien. Je pense que j'ai compris. Il y a à peine dix minutes, quasiment tous les élèves de cette école ignoraient jusqu'à mon existence, et voilà qu'à présent, je suis devenu le Serpentard le plus haï de tout Poudlard. Et tout ça pourquoi ? Parce qu'une fille qui n'est même pas mon amie a voulu m'arranger un coup avec une fille qui ne lui a rien demandé. Le début de mes ennuis vient de ce point de départ. La suite n'est qu'une histoire de malchance. Si Pettigrow n'avait jamais été amoureux d'elle, toute cette histoire aurait été oubliée. Je n'aurais jamais été obligé de m'excuser publiquement, je n'aurais jamais été attaqué par les deux chiens de garde de Campbell, et j'aurais certainement été plus sûr de mes chances de survie pour les jours à suivre…
Adieu, scolarité tranquille… J'espère te revoir un jour…
