Chapitre 3 : Vengeance

J'étais… interloqué… oui c'est le mot. Je ne sais pas combien de temps j'ai lu et relu cette lettre, mais j'aurai très certainement continué si je n'avais pas entendu Harry s'agité et gémir de douleur. A peine le son avait franchis ses lèvres que j'étais déjà à son chevet, ma main sur son front bouillant. Les spasmes dont il était pris se calmèrent peu à peu pour disparaitre complétement. Mes mains s'attardèrent sur son front puis descendirent sur sa joue, il a la peau si douce, il est si jeune, si jeune mais tellement d'épreuves ont dévastés sa vie…

Je repense à sa lettre, jamais, non jamais je n'aurai cru qu'il pensé cela de moi. J'accorde à ce jeune homme bien plus d'importance que moi-même je ne l'aurai pensé avant ce soir. J'ai tellement essayé de repousser mes sentiments tout au fond de mon être, mais le fait est, qu'au moment où j'ai vu Harry sauté, mon cœur s'est arrêté. Mais je veux être sûr, sûr de ses mots, m'aime-t-il réellement ? J'ai moi-même du mal à faire le tri dans tout ce que je ressens.

C'est avec ces questions que je m'endors dans ce fauteuil face à Harry, pour être là quand il se réveillera. Et c'est effectivement son hurlement qui me sortit de mon sommeil agité. Il tremblait de tout son corps, crié de… douleur ? Mais il n'avait pas les yeux ouverts, faisait-il un cauchemar ? J'essaie de le prendre dans mes bras de le bercer mais rien y fait, alors je fis la seule chose qui pourrait m'aider à comprendre ce qu'il se passe, je sors ma baguette et…

- Legilimens

Rêve/Souvenir

La scène est en noir et blanc, je vois Harry allongé sur le sol avec ce qui devait ressembler à un t-shirt sur le dos, imbibé de sang, je vois les nombreux coups de ceintures qu'il a déjà reçu et d'autre pleuvaient encore sur son corps tremblant. Il pleurait mais pas un mot ne sortait de sa bouche.

- Tu sais que tu es un monstre ! Dis calmement son oncle, en arrêtant les coups, avec un sourire mauvais. Tu sais que c'est ce que tu mérites, après tout, c'est à cause de toi que tes parents sont morts ! Tu es inutile, tu ne mérites même pas de vivre !

Puis les coups reprirent, j'étais interdit ! Je ne pouvais arrêter cet être monstrueux qu'est « l'oncle » d'Harry, j'allais m'allonger pour parler à Harry quand le paysage changea, mais resta en noir et blanc.

Harry est à un petit bureau, dans une pièce que je ne connais pas, il y a ce bureau avec quelques rares bougies, juste de quoi voir ce qu'il était en train d'écrire. Je regarde par-dessus son épaule et lu, c'était la lettre d'Albus.

« Pour Albus Dumbledore

Vous avez été bien plus qu'un mentor pour moi, vous m'avez aidé autant que vous le pouviez et vous avez réussi. J'ai vaincu Voldemort, j'ai fait ce pour quoi j'étais né, et je crois que ma mission sur cette Terre est terminée. J'ai perdu tellement, même si je ne dois pas me plaindre, d'autres ont également beaucoup perdu, mais moi je ne peux plus vivre avec. Mes meilleurs amis ont leurs vies, et j'en suis plus qu'heureux pour eux, le monde sorcier peut enfin vivre dans la paix.

J'ai juste attendu que les derniers Mangemorts soient enfin arrêter, et j'ai aussi voulu qu'il n'y ait aucun doute au sujet de Severus, il mérite d'être reconnu comme un héros, bien plus que moi. Il mérite de vivre. Je crois que les sorciers ont enfin compris qu'il est un héros et j'en suis heureux.

Vous allez aussi découvrir l'état déplorable de mon corps, je ne sais pas si vous allez découvrir tout ce que j'ai vécu pendant ces quelques jours chez les Dursley mais cela n'a pas d'importance, au fond de moi je l'ai voulu, je l'ai mérité. Après tous ces morts, par ma faute ! Maintenant que j'ai terminé ce que j'avais à faire, maintenant que plus rien ne m'attend dans cette vie, je m'en vais les rejoindre, espérant qu'ils me pardonneront ce que je leur ai fait.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas Professeur, mais la vie n'est plus pour moi, je l'ai compris depuis que je suis tombé amoureux de la seule personne qui ne m'aimera jamais. Alors je m'en vais rejoindre mes parents.

Je vous remercie Professeur de m'avoir guidé pendant toutes ces années… »

Harry avait arrêté d'écrire, il posa le regard sur les lettres devant lui que je n'avais pas remarqué, quatre autres lettres une pour Granger, une pour le dernier fils Weasley, la mienne et une autre écrit « Testament ». Il avait donc tout prévu…

Alors que j'allais ressortir de sa tête, l'image changea encore, Harry sur le champ de bataille, une scène en couleur cette fois-ci. Il marchait droit sur Voldemort, immobilisant tous ceux qu'il pouvait. Au loin je me vis combattant Lucius, puis Greyback arriva derrière moi les crocs de sorties pour me mordre. Harry lui lança un sortilège qui l'immobilisa, mon autre moi n'avait même pas tourné la tête, tellement pris dans mon combat que je ne m'en étais même pas aperçu… Il allait lancer un sortilège vers Lucius quand il me vit prendre le dessus, il repartit donc vers Voldemort. Au loin il vit Remus et Tonks allongés sur le sol, l'un à côté de l'autre, mort, il vit Ron Weasley prendre le sortilège qui le paralysera de longues semaines. Il se tourna vers Voldemort puis commença le combat.

Rêve/Souvenir Fin

Je ne vis pas la fin du combat, je vis plusieurs paysages défiler très rapidement, devant Ron Weasley inconscient dans une chambre d'hôpital avec Granger qui pleurait à côté de lui, devant la tombe de ces parents, la mort de Diggory, la mort de Black puis tous les enterrements. Je décidais cette fois de partir de sa tête. J'étais chamboulé même si je ne l'admettrai pas.

Quand je me suis de nouveau retrouvé devant Harry, il avait retrouvé son calme mais les larmes coulaient le long de ses joues, un bruit derrière moi me fit me tourner en levant ma baguette, mais ce n'était qu'Albus, qui d'autre ?

- Doucement mon garçon, ce n'est que moi, alors qu'avez-vous vu ?

- Des souvenirs… Dis-je la voix brisée malgré moi.

- Pas des bons j'imagine, au vu des cris que j'ai entendu en arrivant ici…

- Vous êtes là depuis le début ? Demandai-je un peu amère de ne pas m'avoir aidé s'il était là quand Harry a commencé à crier.

- J'ai entendu Harry crié puis quand je suis entré je vous ai vu lancé le Legilimens.

- Je ne savais pas qu'il s'en voulait à ce point… Vous saviez qu'il m'a sauvé lors de la bataille finale ? Greyback allait m'attaquer sans que je ne l'ais vu. Dis-je presque honteux de ne pas l'avoir entendu ce jour-là.

- Vous n'êtes pas le seul qu'il ait sauvé, ce jour-là il a pris de nombreux sortilèges à la place des autres et même de moi-même.

- Mais… Il n'en a jamais rien dis.

- Effectivement. Me répondit simplement Albus.

- Pourquoi ? Demandai-je avidement. Il aurait pu s'en vanter !

- Arrêtez mon garçon, vous-même vous savez qu'il n'est pas comme ça. Il ne voulait pas le dire parce que, pour lui, cela n'avait aucune importance que les gens le savent, pour lui « beaucoup avait aidé alors que lui avait fait si peu », selon ses propres mots. Et il ne voulait certainement pas que vous vous sentiez redevable comme avec son père, ou bien que vous lui rappeliez sans cesse ou même ne lui disiez qu'il avait fait bien peu par rapport à vous.

Je ne dis rien, il a raison, j'aurai certainement réagis comme ça… Je ne suis qu'un idiot.

- Pourquoi me dites-vous tout cela ?

- Je vous connais Severus, je pense savoir ce que vous a écrit Harry, et je pense que vous vous demandez certainement si c'est une mauvaise plaisanterie. Il ajouta après un long silence. Vous savez, Harry a beaucoup de respect pour vous, même bien plus que cela. Il ne s'amuserait pas avec vous.

- Pourquoi ne m'a-t-il rien dis alors ?

- Parce qu'il n'a jamais pensé que ses sentiments étaient partagés.

- Je n'ai pas dit que…

- Oui, oui bien sûr, me dit-il en souriant malicieusement.

- Que leurs avez-vous fais Albus ? Dis-je rapidement pour couper court à la conversation.

- Après avoir regardé leurs souvenirs pour découvrir qu'effectivement l'oncle d'Harry le battait et que ce n'était malheureusement pas la première fois… J'ai effacé la mémoire de son cousin et l'ai envoyé dans un autre pays pour reconstruire sa vie sans la présence destructrice de ces parents, il n'est heureusement pas irrécupérable depuis l'attaque des détraqueurs… J'ai alors lancé le sors « Maledicto Aeternum » sur la tante d'Harry. Me dit calmement mais froidement Albus, je n'avais plus le gentil Albus Dumbledore devant moi mais le grand vainqueur de Grindelwald.

- Et pour son « oncle » ? Dis-je crachant presque en disant le lien de parenté.

Albus me sonde du regard, qu'allait-il me dire ? Une malédiction éternelle pour la sœur de Lily était déjà un sors illégal sur un moldu, alors pour son mari ?

- En plus du même sortilège que Pétunia je lui ai lancé un sortilège que j'ai inventé, inconnu de tous. Il ressentira les coups qu'il a donné à Harry, au début faiblement puis de plus en plus fort, mais sans aucune marque visible aux yeux des autres. Et bien évidement j'ai fait en sorte qu'ils ne puissent révéler l'existence de ce monde et qui que ce soit d'autre. Bon, ajouta-t-il voyant que je ne disais rien en le regardant, intérieurement bouche-bée, envoyez moi un hibou quand il se réveillera. Je vais me coucher, un vieil homme comme moi ne devrait pas veiller si tard. Dit-il riant et en partant vers la porte.

Je lui murmure un vague au revoir, et le regarda partir toujours interdit. Il était partie depuis plusieurs minutes mais je regardais toujours la porte, était-ce bien Albus ? Il avait été impitoyable, non que cela me dérange, on avait fait du mal à Harry et sûrement plus que je ne le pensais, connaissant Albus il ne m'avait pas tout dit, mais de là à utiliser des sortilèges totalement interdit sur des moldus qui peuvent même provoquer à long terme la mort et pour le mari de Pétunia une mort lente et douloureuse.

Je suis partie me refaire un stock de potions antidouleurs et cicatrisantes, j'en aurai certainement besoin. C'est en fin de journée que j'ai fini par m'assoir dans mon fauteuil et sans que je m'y attende je m'endors devant ma cheminée. C'est dans un demi sommeil que j'ai entre ouvert les yeux pour regarder le feu qui crépite mélodieusement à mes oreilles, je resserre le plaid sur moi… Le plaid ? Je me lève d'un bond alors que mes idées se font plus claires, je me suis endormi et on m'a recouvert d'un plaid et une bûche vient d'être remise au feu. Je fais un tour sur moi-même la baguette brandit, qui est là ? Il n'y a d'apparence personne, puis je pense à Harry, je cours dans la chambre mais il n'y a personne, la place où il se trouvait est presque froide. Je fais le tour de mes appartements d'un pas rapide, cela me confirme bien vite qu'Harry est parti. Un Harry qui a tenté de se donner la mort quelques heures plus tôt, c'est donc en courant que je sors de mes appartements pour chercher Harry après avoir envoyé un rapide message à Albus pour le prévenir.

Faites qu'il ne soit pas trop tard…

HPSS HPSS

POV Harry

Je me réveille dans un lit moelleux, le corps douloureux avec, je le sens, des bandages sur une grande partie de mon corps et j'ai mal au crane. Cela me révèle trois problèmes, déjà le plus évident est que je suis encore vivant, qu'en plus de cela j'ai récolté des blessures que je n'avais pas et pour ajouter à cela je ne sais absolument pas où je suis car ce lit n'est certainement pas un lit de l'infirmerie…

J'ouvre les yeux en lançant un Accios informulé pour retrouver mes lunettes sans faire de bruit. Je découvre un grand lit avec des draps en soie, comme le pyjama que l'on m'a mis, il y a une grande armoire dans un coin avec un fauteuil. Cette pièce est clairement une chambre où le propriétaire ne fait que dormir, il n'y a que peu d'objet de décoration, aucune photo, aucun tableau. Mais où suis-je ? Je me lève silencieusement, j'ai un peu mal à la cheville, étrange… Je me souviens que j'ai sauté, quelqu'un m'a rattrapé ? Mais il n'y avait personne pourtant… Comment ?

Arrivé dans le salon je tombe des nues, je vois Snape dans un fauteuil, endormis. Le tableau me fait sourire, Snape endormis, si on m'avait dit ça un jour, on pourrait presque croire qu'il ne dort jamais, une fois par an peut-être ? Et ça tombe aujourd'hui ? Ma réflexion me fait rire, bien sûr qu'il dort, ce n'est qu'un homme et pourtant si on m'avait dit que je le verrai dormir un jour, je ne l'aurai pas cru ! Evidement… C'est lui qui m'a sauvé, comme d'habitude… Je remets une bûche au feu car il va bientôt s'éteindre, j'invoque un plaid, un des miens, celui que je préfère, un plaid qui est d'un côté rouge et or avec un lion et de l'autre vert et argent avec un serpent, un plaid que j'ai créé moi-même. L'idée qu'il ait se plaid me plait, même s'il ne le gardera sûrement pas vue du côté Griffondors, mais quand même. Déjà de le voir devant moi, endormis, avec mon plaid sur lui, me procure une douce chaleur dans le cœur, mon Severus… Si seulement il pouvait m'aimer autant que je l'aime… Non, laisse tomber Harry, tu n'es pas en train de rêver là, tu es dans la triste réalité, et dans cette réalité Severus ne peut pas t'aimer, parce que tu es Harry Potter, fils de James Potter, ancien bourreau de celui que tu aimes et fils de Lily Evans Potter son ancienne meilleure amie qui outre le fait qu'elle ait épousé ton père, elle est surtout morte à cause de toi. Morte… A cause de moi…

Une larme coule le long de ma joue, oui Severus mérite tellement mieux que moi, je ne suis qu'un pitoyable sorcier, incapable d'avoir pu sauver le monde sorcier plus tôt qui de ce fait à tuer des centaines de personnes. Je ne suis qu'un monstre alors qu'il est si merveilleux… Je détourne le regard et vois la marque des Ténèbres un peu plus pâle que lorsque Voldemort était vivant mais encore bien présente, je passe mon index dessus, caressant légèrement sa peau si douce, je murmure, sans vraiment m'en rendre compte, quelque chose en Fourchelang puis me lève et pars vers la porte alors que je vois ma lettre sur la table basse.

Il l'a lu ! La honte me prend, c'est pitoyable, je lui ai avoué mon amour, j'aurai mieux fait de ne rien lui écrire. Mais je croyais que je serai mort… D'ailleurs cela peut vite se régler. Après un dernier regard vers celui qui fait battre mon cœur, je me détourne pour sortir de ses appartements, direction mon deuxième endroit favoris. Un beau paysage pour mourir, mais cette fois si je m'arrangerai pour que personne ne puisse me sauver.