Severus pris une grande inspiration, pourquoi était-il surpris de les voir ici ? Il devrait être reconnaissant que ce ne soit qu'un petit groupe de Gryffondors qui soit là et non pas la totalité de la maison. Silencieusement, il ferma la porte de l'infirmerie derrière lui, ne voulant pas déranger les personnes se trouvant dedans par leurs bavardages.
« Je crois que la réponse à cette question est évidente, Miss Weasley, comme Niriran a crié ça au milieu de la Grande Salle. »
Les deux filles poussèrent un soupir de soulagement, comme si un immense poids c'était soulevé de leurs épaules ; d'un autre côté, le fils Weasley commençait à devenir écarlate.
« Pourquoi, bon Dieu, ne nous a-t-il rien dit ? Nous nous sommes fait du souci pour lui alors que pendant ce temps, il aurait pu rester avec nous ! »
Le maître des potions lui lança un regard glacial qui le fit taire aussitôt. « Je pense que le directeur et Mr Potter ont pensé que sa sécurité était plus importante que vos sentiments sur la question, Mr Weasley. Vous savez très bien avec qui vous vous êtes liés d'amitié en première année et si vous ne pouvez pas admettre que quelques fois nous devons avoir des secrets pour garder les gens sain et sauf, alors, il est temps pour vous de grandir ou bien d'arrêter d'être ami avec quelqu'un dont la vie sera probablement toujours en danger."
Ron, qui était devenu un peu pâle, s'apprêtait à répliquer, mais par bonheur Hermione le coupa net.
"Pouvons-nous le voir, Professeur ? Comment va-t-il ?"
L'homme tourna son regard vers la jeune fille. " Il dort à présent, il a été blessé à l'épaule mais rien de grave; Madame Pomfresh nous assure qu'il ira bien dans quelques jours. Revenez demain, il est probable qu'on vous permette de le voir."
Il était sur le point de les renvoyer lorsque son regard tomba sur les silhouettes qui approchaient. "Albus!"
Les enfants eurent le temps de pivoter sur leurs talons pour voir approcher lentement le directeur, s'appuyant sur une canne et accompagné par McGonagall et un autre homme qui se trouvaient à ses cotés. " Ah, Severus, les enfants, je suis heureux de vous revoir."
Le vieil homme chancela un peu et sa respiration se fit plus pénible. Le Maitre de Potion se s'empressa d'aller le soutenir alors qu'Aberforth laissa sa place au jeune homme. "Que diable faites-vous ici? Vous devriez encore être à l'hôpital!"
Hermione et Ginny ouvrirent rapidement les portes menant à l'infirmerie alors que Minerva et Severus aidèrent l'homme à y rentrer.
"Ecoute, Severus, je devais revenir ici. En plus, Pompom peut prendre soin de moi aussi bien que n'importe lequel de ces docteurs de Sainte Mangouste."
Le Maitre des Potions voulut répondre mais McGonagall secoua la tête. "Ne te fatigue pas, j'ai déjà essayé de le raisonner mais il est aussi entêté que toujours."
Elle regarda l'autre vieil homme qui marchait derrière elle et ajouta "Ils le sont tous les deux."
Severus roula des yeux. "Merveilleux, nous en avons deux maintenant."
Ensemble, ils rentrèrent dans l'infirmerie et Pompom qui était courbée sur Harry se précipita vers eux.
"Albus ! Que Diable avez-vous encore fait ? Au lit et tout de suite !"
Le vieil homme soupira: "Pas vous non plus Pompom, n'êtes vous pas contente de me voir ?"
"N'exagérez pas avec moi vieil homme, vous savez bien que nous sommes heureux de vous revoir, mais pas alors que vous devriez vous reposer."
Ignorant la moue que faisait le vieil homme et le rire moqueur de son frère, les trois professeurs placèrent le vieux directeur dans le lit contigu à celui d'Harry. Pompom commença immédiatement à ausculter le vieil homme pour s'assurer qu'il allait bien. Severus alla vers la chaise qui se trouvait près du lit d'Albus et s'y assit, laissant Minerva s'occuper de ses Gryffondors.
Dix minutes plus tard, Albus avait fini par s'endormir, Minerva avait ramené ses étudiants dans la tour des Gryffondors et Pompom était repartie dans son bureau pour parler avec un médicomage de Sainte Mangouste. Severus fut un peu effrayé quand Aberforth vint s'asseoir à ses côtés.
"Ainsi, c'est Harry Potter."
Severus acquiesça en silence, surpris par la question du vieil homme. Ils restèrent silencieux pendant quelques minutes avant que l'homme ne reprenne la parole. "Il est très puissant, l'avez-vous entrainé ?"
Le maître des potions secoua légèrement la tête. "Pour autant que je sache, Albus et quelques fantômes l'ont fait, je ne lui ai pas appris grand-chose."
Le vieil homme hocha la tête pour lui même. "Bien, vous ne pouvez pas vous permettre de laisser s'échapper un talent pareil. Avez-vous pensé en faire un apprenti ? Ce serait le mieux pour lui car c'est en étant défié qu'il développera le mieux ses pouvoirs."
Severus acquiesça lentement, il n'y avait pas pensé mais c'était plein de sens. "Ce serait une bonne idée mais ce n'est pas à moi de prendre cette décision, je ne suis pas son gardien (tuteur)."
Aberforth le regarda. "Pas encore non."
Le jeune homme fronça les sourcils. " Albus veut avoir la garde du garçon."
"Oui, je sais."
Le maitre des potions sentait son irritation grandir peu à peu. "Ne pensez vous donc pas qu'il l'aura ? "
Aberforth rigola doucement." Je n'ai aucun doute sur le fait que ce qu'Albus désire, Albus l'obtient. Il aura la garde de l'enfant ; qui lui refuserait ? Je m'inquiète juste de savoir s'il est vraiment à la hauteur. Harry est encore très jeune et il atteint un âge difficile. Albus arrivera-t-il à le tenir ? Surtout après ce qui vient de se passer ? Et est-ce bon pour Harry ?
"Bon ?"
"Albus est vieux mon garçon, jusqu'ici, il était en pleine forme, mais qu'en est-il à présent ? Après tout ce qu'il vient de se passer ? J'espère qu'il le restera encore quelques années, mais ce n'est pas aussi sûr qu'il y a quelques mois. Est-ce bon pour Harry d'être attaché à un vieil homme tel que lui ?"
Severus serra les lèvres, l'homme avait marqué un point, personne ne voulait y penser. "Je pense que c'est trop tard pour faire quelque chose à propos de cela. Harry aime Albus de tout son cœur, que le vieil homme prenne sa garde ou non, cela ne changera pas grand-chose."
"D'après ce qu'Albus m'a dit, le garçon vous aime aussi."
Le jeune homme grogna."Ainsi tout le monde le sait moi aussi je l'aime un peu mais je ne vois pas en quoi cela peut influer, le garçon aime quand même pas mal de gens."
Aberforth sourit doucement. "Vous pourriez obtenir sa garde."
Severus secoua la tête violemment. "Non. J'aime le garçon et j'aimerai qu'il reste avec moi mais ce n'est pas de mon ressort. C'est selon les besoins d'Harry, et Albus et lui se comprennent l'un l'autre, j'ai peur de ne pas être à la hauteur. Sans ajouter que je n'ai pas envie de me battre contre Albus pour avoir sa garde."
Le vieil homme resta silencieux, puis sourit. " Et si on vous demandait de prendre le garçon comme apprenti ?"
Severus le fusilla du regard, clairement choqué par cette idée. "Moi ? Pourquoi moi ? Il y a tant de gens qui feraient un meilleur travail que moi. Je ne suis pas bon pour enseigner à des enfants, peu importe combien je les aime."
"C'est tout à fait différent de donner des cours particuliers que d'enseigner à une classe entière. Cela signifierait aussi que Albus et vous garderiez Harry tout les deux, ce qui rendrait sa situation beaucoup plus stable."
Le jeune homme soupira et se frotta les yeux d'un air las. "Je ne sais pas ; c'est difficile d'imaginer une telle chose. De plus, je ne sais pas pourquoi vous me parlez de tout cela, tout dépendra d'Albus et d'Harry."
Le vieil homme se déplaça vers le lit de son frère, un petit sourire flottant sur ses lèvres. "Je sais, seulement, pensez-y."
Severus ne pouvait d'empêcher de grommeler doucement, il avait le sentiment que l'homme venait juste de faire ce que Salazar avait fait auparavant, à savoir le préparer au futur."
Lan se sentit groggy lorsqu'elle se réveilla. Sa tête était lourde et elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Quand, finalement, elle se décida à s'asseoir dans le lit douillet, elle vit qu'elle n'était pas dans la tour des Serdaigles mais à l'infirmerie et tout lui revient en mémoire. Regardant rapidement autour d'elle, son regard tomba sur la silhouette endormie d'Harry et elle poussa un soupir de soulagement quand elle vit qu'il dormait à poings fermés avec le maitre des potions le veillant, assoupi dans une chaise à ses côtés. Son regard s'aventura un peu plus loin, cherchant Mrs Pomfresh, mais elle tomba sur quelque chose auquel elle ne s'attendait pas.
« Directeur ! »
Le vieil homme qui était en train de lire tranquillement dans son lit se retourna quand il entendit la voix de la jeune fille.
« Ah, Miss Creevy, comment vous sentez vous ? »
La jeune fille ferma les yeux et rougit légèrement. « Je vais bien monsieur et vous ? »
L'homme, souriant gentiment: "Beaucoup mieux mon enfant, beaucoup mieux."
Ce court dialogue réveilla le maître des Potions qui s'assit immédiatement, sa baguette déjà dans sa main. Quand il vit qu'ils n'allaient pas se faire attaquer, il foudroya du regard le vieil homme qui le regardait amusé.
"Bonjour cher enfant."
L'expression de l'homme devint encore plus sévère alors qu'il regardait en direction de sa baguette. "Il est 2 heures du matin vieil homme. Vous devriez être en train de dormir et non en train de converser avec vos étudiants."
Sans attendre que le vieux sorcier ne réponde, Severus tourna son attention sur Lan. "Comment allez-vous Miss Creevy?"
La jeune fille ferma les yeux, un peu effrayée par la question, mais elle se dépêcha de répondre. " Je vais bien monsieur. Comment vas Alex ?"
« Il va bien. » Le professeur regarda le jeune endormi avant de reporter son attention à la jeune fille. « Je réalise que vous allez peut être bien mais je ne peux pas vous envoyer dans votre dortoir à cette heure de la nuit. Pas besoin d'ajouter que Pompom voudrait me tuer si je renvoyais une de ses patientes, ainsi, je suis désolé que vous deviez passer le reste de la nuit ici. Espérons que notre chère infirmière vous délivre dès le matin. »
Mélanie ne put s'empêcher de rire du sarcasme de l'héritier de Serpentard, il était vraiment drôle quand il ne passait pas son temps à vous crier dessus. Dumbledore, de son lit, secoua la tête d'amusement. "Non mon garçon, pas besoin de sarcasme. Pourquoi ne donneriez vous pas une potion de sommeil à Miss Creevey ? Cela l'aiderait à dormir."
La jeune fille commença à protester mais le maître des potions était déjà sur le chemin de l'armoire où l'infirmière rangeait toutes ses potions. En quelques secondes, il avait repéré la bonne et était, en plus, de nouveau près de la jeune sorcière.
"Venez par ici et buvez cela."
Entre boire sa potion et se disputer avec l'homme, Mélanie choisit la solution la moins douloureuse et avala la mixture, s'endormant dans la minute qui suivit. Quand il fut sûr que la jeune Serdaigle dormait, le jeune maître des potions se tourna vers son directeur, qui était encore en train de lire dans son lit. " Finissons en avec cela vieil homme, que voulez vous de moi cette fois ?"
To be continued …
