Il s'approche, s'approche... J'ai peur, je veux crier, je veux partir. J'ai mal au coeur. Je ne veux plus, je ne veux plus. À l'aide. Que quelqu'un m'aide. À l'aide. Maman où es-tu ?

Souvenir d'un rêve de Naruto la veille de sa rencontre avec Sasuke.


Je suis assis sur un banc de classe. Tout au fond, à gauche de Gaara et Tenten. Ce sont mes amis, d'ailleurs. Ils sont aussi étranges que moi, du moins en apparence. Ils sont plus sociables que moi, simplement. Gaara est un rouquin à la beau blanche, aux cernes aussi creuses que des cratères lunaires. Il a un piercing du type double-boules à la lèvre inférieure gauche et un autre au sourcil droit. Il est d'ordinaire assez calme, rien de bien dérangeant. C'est un très bon ami, je le connais depuis des années, à vrai dire, je pourrais dire que c'est mon meilleur ami. Nous avons grandis ensembles, et avons même eu notre premier piercing le même jour. Il adore l'humour noir, même si on ne dirait pas comme ça.

Tenten quand à elle est la gotique des gothiques, ou la punk des punks, l'alternative des alternatives, en bref : elle a un sale caractère. Derrière son maquillage blanc et son crayon noir elle est pourtant quelqu'un d'admirable. Toujours là pour aider son prochain quand ce n'est pas un "Sale enculé". Il faut juste savoir prendre ses insultes comme des compliments.

Kakashi n'avais rien de bien important à nous dire, à moi et Naruto. J'y réfléchis d'ailleurs en ce moment alors que notre professeur de science, Oroshimaru, fixe un bocal d'œils de serpent. C'était assez étrange, dans son bureau. Il nous a convoqué pour me demander comment j'avais connu Naruto, si on s'entendait bien, si il allait rester dans notre établissement. Le blond avait d'ailleurs l'air très gêné, je crois que Kakashi-San l'aime juste bien, au fond. Il nous posait des questions comme un bon père de famille le ferait... Puis il nous a laissé partir.

Raah, Ten' et Gaara chuchotent à voix basse, courbés à ma droite. C'est énervant, et on dirait qu'Oroshimaru-Sensei est trop concentré à faire on ne sait quelle bizarrerie pour les entendre. Ils m'empêchent de compléter ma feuille d'exercice... Je me penche finalement à mon tours, appliquant ma main sur la tablette en bois devant nous, déposant mon crayon d'un même mouvement uni.

Je chuchote:

- Mais c'est pas fini tout ce boucan bande de crétins j'essaie d'écr-

- Eh, Sasuke on voulait justement aller au ciné' demain soir, voir le nouveau film, tu sais celui avec des zombies, t'as envie de venir ? Me coupe Gaara d'un air totalement indifférent à ma souffrance intérieure.

- Non, ce film à l'air aussi nul que tous les autres films de zombies existants, et si c'est pour me dire des conneries comme ça, pas la peine de me couper !

Tenten relève la tête dans ma direction avec un petit sourire malin:

- Oh, allez ne fais pas ta fiotte narcissique, tu vas venir de toutes façon, je te connais Sas-U-K-E. Aussi prévisible que tes crises de nerfs.

Je me fige, sourit.

- Je n'ai jamais le choix avec toi, Ten'.

Gaara réprime un cri de joie à côté de moi. Il a l'air d'apprécier.

Je tourne alors la tête pour regarder Naruto, complètement à l'opposé de nous, tout au fond collé au mur. Il remplit sa feuille sans problèmes, les sourcils froncés. Erf, j'aimerais pouvoir faire comme lui mais je suis entouré de singes cancres. Je retourne faire face à mes deux amis:

- Vous pensez que je peux inviter Naruto ? C'est le blond, là bas au fond.

Le sourire de Gaara s'agrandit, sans qu'il ne passe de commentaires. Tenten glousse un peu.

- Ouais, tant que vous vous protégez. Me lance celle-ci.

- Nous protéger ? Dis-je en plissant les yeux.

Tenten rigole en tentant de se retenir, puis se calme en se redressant.

- Disons juste qu'il y a, des rumeurs à ton propos qui circulent, Sas'-kun.

Des rumeurs... À tous les coups, c'est cette truie d'Ino. De toutes façon les gens peuvent bien penser ce qu'ils veulent, non ? Sans que j'ai le temps d'intervenir, je vois cette tête enflée de Gaara lancer une feuille de papier, préalablement plié en forme d'avion - Je ne l'avais même pas vus la faire - en direction du blond. Je reste immobile. Mais qu'est-ce qui lui prend ? L'avion passe tranquillement par dessus la tête des quelques élèves qui nous séparent de l'Uzumaki, ils n'y prêtent pas attention. 3...2...1... L'origami touche la tempe de Naruto doucement, avant de s'écraser au sol avec la grace d'un signe. J'entend Gaara chuchoter en se retenant de crier:

- Dans le mile !

Le blond se penche, perturbé et ramasse la feuille. La déplie, puis sourit.

- Qu'est-ce que tu as écrit sur cette foutue feuille, Gaara ?

- J'ai écris "Sasuke t'invite au ciné' avec nous demain. xoxx ".

Cette fois, Tenten éclate d'un fou rire à gorge déployé. Dérangeant tous les élèves qui se retournent vers elle. Elle a la tête à l'envers et semble prête à tomber de sa chaise, se tenant le ventre à deux mains. Oroshimaru-Sensei a même interrompu son observation profonde de bocaux pour demander du silence. Quand à moi, je suis rouge pivoine. Mais quel crétin, quel crétin, crétin crétin crétin crétin !

La cloche sonne éventuellement un peu plus tard, annonçant la fin de la journée. Je suis heureux que Naruto soit venu aujourd'hui, je pense qu'il va venir tous les jours à partir de maintenant. Du moins il ne donne pas d'impression contraire. Je prends le chemin du retour, c'est une belle journée. Ensoleillé, sans aucune pluie ou neige en vue. Je rentre chez moi, me retrouve dans ma chambre. Je n'avais jamais remarqué à quel point elle était sale, je me demande même si Naruto l'a vue lorsqu'il était chez moi. J'espère que non. Dans un soupire aussi long qu'un roman de Stephen King, j'entreprend de la nettoyer. Ce sera déjà ça de fait.


Nous sommes déjà demain soir. C'est étrange à dire comme ça... Être demain. Comment peut-on être présentement quelque chose de futur ? Enfin bref. Je suis à l'arrêt de bus du coin, tout au bout de ma rue. Attendant Naruto, nous devons prendre le même car, comme convenu. Il a accepté de venir voir ce film ennuyeux, au passage, ce qui le rend peut-être moins ennuyeux. Pourquoi je dis ça, moi ? Enfin, du coup, j'attend. Assis sur l'horrible banc de métal froid, petit des abri-bus. J'ai les jambes croisées qui se balancent dans le vide, si bien qu'on aurait cru que j'étais sur une balançoire dans un parc. Le soleil se couche, à vrai dire il n'en reste plus grand chose. Une simple boule orangée, projetant ses ombres et sa lumière contraste partout où elle le peut. En baissant la tête pour observer l'effet lumineux sur mes bas noirs-rayés-blancs ( Oui, vous ne rêvez pas, des bas noir-rayés-blancs. ) J'entend des pas s'approcher de moi. Je relêve la tête subitement, comme surpris en plein délit criminel. Observer des chaussettes, quel délit flagrant en effet. Ma tête blonde est là, souriante. Aussi blonde que le soleil derrière lui. Il a les mains posés sur ses hanches, une vrai pose de mannequin.

- Yo' , Sas'ke-Kun.

- Heh ? Tu as l'air heureux toi.

- Évidemment, on va voir la suite de mon film préféré !

Je pouffe de rire !

- Ça , ton film préféré ? Je refuse, c'est impossible laisse moi respirer, quel humoriste !

- Je suis sérieux ! J'adore voir le sang et les cerveaux se faire bouffer ! Fait-il en mimant la marche décadancée d'un zombie stéréotypé, les deux bras en avant. Poussant un genre de râle se voulant profond, ayant plus l'air d'un endormi.

J'arrête de rire et affiche un sourire. Il est mignon, oui. Mignon mais aussi... Je m'approche de lui d'un pas, puis deux. Nous sommes assez prêt, il arrêté de bouger, les bras toujours tendus dans le vide. Droit comme des barreaux de prison. Je sens son souffle rapide, cadencé. J'approche ma main, et le frappe à la tête avec une force si inhumaine qu'il tombe au sol. Inerte. Surpris.

- Ça, c'est pour aimer cette bouse cinématographique !

Il se relève et montre le bras en ultime chance de rétorquer à mon attaque, et le bus arrive à ce moment précis. Nous ouvrant tout grand ses portes. Je me retourne, y monte et d'un air tout souriant je lui lance:

- Alors, tu viens ? On va rater la première du film.

Oh, sa tête vaut mille mots ! Il est plus rouge que la chaire d'un melon - Pour ne pas dire une tomate - Aussi crispé que mon grand père. Il entre finalement. Se forçant à sourire, planifiant probablement sa prochaine vengeance.

Nous prenons un des sièges. Coincés, encore une fois. Pourtant il y a beaucoup de place, ce bus est presque vide. Nous pourrions prendre des sièges différents, alors pourquoi ? L'habitude, je suppose... Un vieil homme échappe son chapeau, je le ramasse et lui rend. Il me remercie avec un sourire. Il me dit quelque chose... Sa femme juste à coté de lui semble s'être endormie. Je le vois la serrer dans ses bras, c'est touchant. Ce sont les vieillards de l'autre fois. La situation est belle et bien familière, comme je me le disais il y a quelques minutes.

Je sens le blond se coller encore plus contre moi. Comme si on n'avait déjà pas assez de place. Pourtant je ne me plains pas. Je me rappelle l'autre nuit, lorsque j'ai du le ramener chez moi. Sa tête sur mon épaule, son souffle chaud... Le bus s'arrête quelques minutes plus tard devant le cinéma de Konoha. Le seul cinéma, d'ailleurs. Je paie le chauffeur à l'air bougon pour nos deux places, puis nous descendons. Il doit déjà être dans les environs de sept heures, voir huit. Il ne reste presque plus rien de la boule enflammée dans le ciel, et il commence déjà à faire noir. Nous voyons au loin Gaara et Tenten, adossés à l'un des murs de l'entré. Ils nous font signe de la main.

Naruto et moi les rejoignons enfin. Nous entrons et commandons les places, puis allons chercher les boissons, le pop-corn extra beurre - Un classique -. Gaara insiste pour aller faire quelques parties dans les arcades de jeu, Naruto approuve spontanément. Comme il nous reste un peu de temps avant la diffusion j'accepte et nous nous retrouvons rapidement tous dispersés sur des jeux différents. Tenten fait une partie de bowling, Gaara est sur une vieille borne d'arcade, et finalement Naruto et moi sommes sur un genre d'Action n' shoot. Il est vraiment plus fort que moi à ces jeux. Peu importe le nombre de parties que nous faisons, il gagne toujours. C'est très frustrant.

Quinzes minutes plus tard, nous nous retrouvons dans la salle. Gaara et Ten' ont déjà pris nos places, en plein centre. C'est le meilleur endroit pour avoir une vue d'ensemble sans se briser le cou. Naruto et moi nous installons cote à cote, à leur coté. Je suis à la gauche de Tenten, elle même à la gauche de Gaara, et Naruto est à ma gauche à moi. Pourtant nous sommes tous droitier, enfin je crois.

Tenten n'arrête pas de jeter des regards sur nous en gloussant, chuchotant avec Gaara. C'est très gênant... Le film commence, se déroule, se poursuit. L'histoire est assez intéressante, tout compte fait... Il s'agit d'un criminel mis en prison pour meurtre. Quelques mois plus tard, une épidémie se déclenche, et tout le pays est infecté. Laissé dans la zone d'isolement et complètement oublié là, le personnage principal n'est pas infecté. On suit sa fuite de prison, ses rencontres avec des survivants. Leurs galères, les scènes où les morts-vivants font leurs apparitions sont fréquentes et franchement gore, même Gaara a arrêté de rire pour une fois. Je crois qu'il se sent nauséeux ! Bien fait pour lui. À un moment, le groupe tombe sur une survivante au féminin - la première qu'ils rencontrent dans toute leur aventure - Et l'un des membres de l'équipe devient complètement hystérique, il va jusqu'à tenter de la violer pendant son sommeil.À ce moment du film, je sens la main de Naruto se déposer contre la mienne, sur l'accoudoir de nos sièges. Il me serre nerveusement. Il n'a vraiment pas l'air bien. Je me retourne pour mieux le voir, j'ignore si c'est à cause de l'éclairage tamisé de la salle, mais il me semble blême. Le pose mon autre main autour de son poignet pour le saisir, il tremble. Je chuchote :

- Tu vas bien, Naruto ?

Il a les yeux fermés, ses jambes remontées sur son siège, toutes contre lui.

- Oui, oui ça va... Désolé, le film est vraiment gore... Hein ?

Je simule un rire retenu, soufflant du nez. J'essaie d'être réconfortant. Il est vraiment plus sensible que ce que je croyais...

Après le film, nous sommes tous rentrés chez nous. Naruto et moi prenants le même trajet, encore une fois. Il n'arrête pas de me parler du scénario, des graphismes. Une vraie pille électrique, il a vraiment apprécié et bien que j'essaie de me le cacher à moi même: ce foutu film n'était pas mauvais finalement. Il était même carrément bon. Raah, connerie !

Nous nous quittons à l'arrêt. Lui marchant vers la gauche. Moi vers la droite. La lune est haute dans le ciel, pleine. C'était une belle nuit, et une belle soirée. Je souris. Il y a longtemps que je ne m'étais pas sentis aussi bien.


BOUAAH ! - Bonjour, c'est Kyraito ! -

Je suis désolé de ne pas avoir pu le faire plus tôt, voici des RÉPONSES AUX REVIEWS !

Cherry ( Chapitre premier )

Ooh ! Un plaisir ! Vraiment, quelqu'un aime ce que j'écris, youpii o/ Je suis désolé pour quand les suites prennent du temps à arriver, ça va au grès de ma motivation !

Elikia ( Chapitre premier )

Aww ! Merci ! Ça fait vraiment chaud au coeur ! Comme tu l'as dis, il n'y as pas grand chose à dire pour le moment alors simplement merci 3

Deborash11 ( Chapitre premier )

Ouaaah ! Merci ! Merci de me relire et pour cette loooongue review ! ( J'adore les longues review ! ) Je ne sais pas si tu es complètement à l'ouest, car je n'ai pas lus Jack et la mécanique du coeur, pardon :P Je me suis en effet appliqué à faire ressentir l'univers dès le premier chapitre, merci de l'avoir remarquer ! :D En effet, Sasuke est un bien étrange garçon, perturbé et chancelant :3

nikkouyoku ( Chapitre second )

Merci ! :D Un plaisir d'avoir ta review ! J'essaie en effet d'appliquer quelques messages un peu philo' , critique sociétale, etc :3 Voici le troisième o/

Cherry ( Chapitre second )

Ne t'en fais pas, J'ADORE les longues reviews ! :3 En effet Ino est une sale garce classique, mais ne t'en fais pas je ne compte pas tomber dans le clicher avec elle ! Sinon en effet il n'y a pas vraiment de camps de popularité distinct, et Naruto et Sasuke sont mis à part dans le gros bordel de la vie étudiante, j'adore ta façon de le voir. "Une certaine solitude." Et tant mieux si les rigolades des élèves t'ont mises en rogne, c'était le but de la chose ! :P Je te remercie de suivre cette histoire... Ça me touche droit au coeur !