Bonjour à tous.
Un petit chapitre cette fois, parce que je dois partir dans quelques heures pour une semaine loin de tout accès à internet et que je ne voulais pas vous laisser sans rien. A l'origine le chapitre était sensé être bien plus long mais devant l'ampleur qu'il prenait, je me suis vue dans l'obligation de le couper en deux afin de ne pas vous écoeurer avec quelque chose qui n'en fini pas. ^^"

Merci à Aschen pour son commentaire. En ce qui concerne les parents de Kirin ... Un plus de précisions dans la suite de la fic. Mais quelques indices sur le village dans lequel elle a grandi sont dans ce chapitre.

Bonne lecture.


Chapitre 3:

Phantom War.

Il fallut bien plus d'une après-midi et une nuit complète pour calmer Kirin, et quand elle arriva au hall de la guilde, le lendemain, elle arborait une mine à faire peur qui dissuada les importuns de venir l'ennuyer. Mirajane elle-même sembla désarçonnée par la froideur et la colère qui émanait de la jeune femme alors qu'elle attachait son tablier autour de sa taille. Kirin faisait habituellement preuve de calme et de politesse envers tout le monde et il était rare de la voir dans cet état de colère. La jeune femme était du genre à préférer garder ses tourments pour elle, ce qui attristait un peu la barmaid. Mirajane avait bien compris que la brunette en avait gros sur le coeur, ses réactions face à Luxus parlaient d'elles-mêmes. Et cet imbécile de blond s'amusait à ajouter de l'huile sur le feu. Ça lui brisait le coeur. Elle aurait bien voulu pouvoir aider la Rêveuse mais elle ne pouvait rien faire tant que Kirin refusait de se confier.

Sans un mot, Kirin contourna le bar et se dirigea droit vers le garde-manger. Elle aurait voulu pouvoir se noyer dans sa tâche afin d'oublier toutes ces idées noires qui lui tournaient dans la tête mais ça semblait compromis. L'odeur de tabac et de fumée planant dans l'air ne l'aidait pas à se calmer. Elle savait parfaitement qu'il était encore là, probablement planqué au second étage puisqu'il ne se mêlait jamais aux occupants du rez-de-chaussé. Elle décida de ne pas y faire attention. Il ne méritait rien venant d'elle, pas même un regard.

Silencieusement, elle se mit au travail, établissant le menu du jour après avoir vérifié le contenu du garde-manger, s'affairant derrière les fourneaux pour élaborer les plats commandés par les convives. A chaque commande qu'elle lui transmettait, Mirajane essayait de lancer la conversation, mais Kirin refusait obstinément de répondre. Ce ne fut que longtemps après son arrivée qu'elle se décida enfin a desserrer les dents. Alors que Mirajane venait de lui transmettre une nouvelle commande, la brunette leva la tête vers son sourire apaisant et soupira.

— Mira! Je vais finir la semaine ici avec toi, et après, je retournerai en mission. Ça ira pour toi?
La barmaid resta un instant indécise, hésitant visiblement entre répondre à la question ou commencer à interroger Kirin sur son comportement. Cependant, devant l'air fuyant de la Rêveuse, elle décida de ne pas remuer le couteau dans la plaie.

— Ne t'en fais pas, je peux me débrouiller.

— Merci.
Avec ça Kirin retourna à sa tâche.

Chacun vaqua à ses occupations pendant un long moment, les membres entrant et ressortant à leur guise, certains partant en mission, d'autres en revenant. La salle était calme, tout du moins aussi calme que la salle commune de la guilde de Fairy Tail pouvait l'être. En fait la raison de ce calme ne tarda pas à s'imposer à l'esprit de Kirin: Ni Natsu, ni Happy n'étaient présents. Partis en mission probablement! Ça leur ferait un peu de repos à tous. Sans s'inquiéter d'avantage, la brune retourna à sa tache en sifflotant doucement.

Quelques minutes plus tard, Mirajane vint la trouver, un gros classeur casé sous le bras, et lui demanda de s'occuper de la salle seule, le temps qu'elle accroche les nouvelles requêtes aux tableaux. Kirin hocha la tête et la regarda se diriger vers celui qui se trouvait près du bar. En quelques minutes elle accrocha une demi douzaine de nouvelles annonces sur le panneau puis monta tranquillement à l'étage réservé aux mages de rangs S. Kirin en profita pour aller servir une table dont la commande était prête. Elle posait à peine le plateau sur la table en question quand un cri se fit entendre. Mirajane dévala le haut des escalier un air affolé sur le visage.

— Maître, s'écria-t-elle. Il manque l'une des requête du second étage!
Makarov en cracha sa bière. Le reste de la salle s'était figé, toute l'attention se tournant vers la barmaid aux cheveux blanc.

— Ooooh c'est vrai, fit une voix aisément reconnaissable avec un amusement cruel. Hier soir j'ai vu un chat s'envoler avec l'une des requête.

— Happy, s'écria Mirajane, pendant que les rumeurs stupéfaites montait dans la salle.
Des remarques montèrent des quatre coins de la salle.

— Ça veut dire que Natsu et Lucy sont dans le coup?

— Mais à quoi ils pensent.

— Oser voler une mission de classe S!
Les yeux levés vers la rambarde du second étage Kirin fronçait les sourcils. Elle n'en croyait pas ses oreilles, cet imbécile de blond les avait laissé faire sans bouger? Mais quel genre de type laisserait ainsi un compagnon de guilde marcher vers une mort certaine sans réagir? C'était criminel!

— Eh le Vieux, continuait Luxus, visiblement satisfait de la situation. Ils ont violé les règles, tu vas les exclure quand il reviendront, pas vrai!
Cette idée semblait particulièrement le réjouir.

— Je rêve, grogna, Kirin, abasourdie par tant de cruauté et d'indifférence.

— Je doute qu'ils reviennent, répondit simplement Makarov d'un ton lugubre.
Toute la colère de Kirin fut balayée par ce simple constat et par le froid glacial qu'il provoqua en elle. Natsu, Happy ... et même la souriante Lucy qui venait juste de les rejoindre. Non, c'était trop cruel. Juste parce que ce débile de blond se foutait complètement de se qui se passait autour de lui. A l'étage, Mirajane semblait furieuse, elle aussi, mais ça n'impressionna pas Luxus le moins du monde. Il continuait ses bravades, refusant même l'ordre qui lui fut donné de ramener les fautifs au plus vite.

— Dis pas de bêtises, le Vieux. J'ai un autre boulot à faire. Et puis tu dis toujours qu'il n'y a pas un seul mage ici qui soit incapable de prendre soin de lui même tout seul.
C'était le pompon! Ce type n'avait décidément aucune considération pour les autres. Il était même capable de se réjouir de la possible exclusion de trois de ses camarade, de rester insensible face à la menace mortelle qui pesait sur eux. Pour elle à qui on avait inculqué le plus profond respect de la vie, c'était inadmissible.

— Oh oui, siffla-t-elle, les dents serrées. Ce serait vraiment dommage que tu te fatigues pour quelqu'un d'aussi insignifiant, n'est-ce pas?

— Oh tiens, tu es là, Kirin-chan!
Elle l'entendit se lever pour venir s'accouder à la rambarde, la fixant de son regard glacial.

— Je ne t'avais même pas remarqué.
Une petite remarque blessante au passage, histoire de la mettre en colère. Pourtant, à son plus grand désappointement, la jeune fille ne réagit pas. Elle resta immobile, la tête levée vers lui, lui renvoyant son regard glacial, les lèvres serrées, le visage figé.

— Tu es méprisable.
Ces simples mots, lancés d'une voix tranchante avec un mépris souverain, le prirent par surprise. L'espace d'un instant, son sourire arrogant disparu de son visage tandis qu'un froncement de sourcils le remplaçait. Sans un mot de plus, Kirin se détourna avec toute la dignité dont elle était encore capable et reprit sa place derrière le bar, là où ils ne pouvaient plus se voir.

Le jeu était fini!

Là, à l'instant, sans même qu'il s'en rende compte, la jeune femme avait décidé de mettre fin à son petit jeu de destruction, sans même lui demander son avis. Il se sentit soudain un peu stupide de perdre ainsi son jouet favori. Une part de lui était furieuse contre Kirin qui refusait de suivre les règles, elle n'avait pas le droit de mettre fin à la partie de cette manière. Mais une autre part de lui ne pouvait s'empêcher de rire en lui disant que c'était de sa faute, qu'il n'avait qu'à se bouger au lieux d'attendre qu'elle craque.

Furieux, il dégringola les escaliers et se contenta de claquer son avis de recherche sur le bar à coté de son grand père, en lui signifiant qu'il prenait ce travail. Makarov ne répondit pas, se contentant de hocher la tête. Un instant, le regard du blond resta fixé sur la nuque de la Rêveuse mais elle ne retourna pas, se contentant de l'ignorer. Agacé, il quitta la salle sans un regard en arrière. Après tout, sa nouvelle mission l'attendait. Au diable les chieuses mauvaises joueuses et les merdeux se prenant pour des grands, il avait d'autres chats à fouetter.

Kirin était debout devant ses fourneaux, feignant de trouver la cuisson de ses crêpes au caramel très intéressante, quand des pas lourds raisonnèrent dans toute la salle. Inutile de demander à qui ils appartenaient, il n'y avait personne d'autre au second étage que Luxus. La jeune femme ne daigna pas se retourner en l'entendant parler à Makarov. Elle se contenta de faire sauter les crêpes l'une après l'autre avec une certaine dextérité. Elle ne se retourna pas d'avantage quand elle entendit Luxus traverser la salle, probablement en direction de la porte.

Ce n'est que quand ses pas se perdirent au dehors, qu'elle se rendit compte qu'elle avait retenu sa respiration. Elle se demanda pourquoi? A quoi elle pouvait s'attendre? Qu'il fasse des excuses? Ce n'était pas son genre, il préférait mourir plutôt que de s'excuser auprès de qui que ce soit. Alors quoi? Qu'il essaie de se venger? Ça s'était plus dans son caractère mais tant que Makarov était présent, il ne tenterait rien. Il n'était pas fou. Il savait parfaitement que bien qu'étant l'un des mages les plus puissants de la guilde, il restait largement inférieur au Maître. Oh bien sûr, Luxus ne craignait pas le Vieux, mais jusque là Makarov avait toujours été capable de le garder sous contrôle. Pour combien de temps encore? Kirin était bien incapable de le dire, mais elle espérait que ça ne change jamais. Qui sait de quoi un Luxus hors de contrôle pouvait être capable.


* * * One of Us * * *


Le lendemain, comme Gray, envoyé chercher Natsu, Lucy et Happy avant qu'ils n'arrivent sur l'île de Galuna, ne montrait aucun signe de vie, Makarov se résolu à envoyer quelqu'un d'autre sur les traces des inconscients. Erza se proposa immédiatement, arborant l'air pincé d'un professeur qui prépare une punition cinglante contre un élève particulièrement turbulent. Quand elle quitta la guilde, tous les membres présents laissèrent échapper des soupir de soulagement, tant la tension qu'elle provoqua à ce moment fut oppressante.

Luxus ne reparut pas à la guilde après sa sortie furieuse deux jours plus tôt. Kirin, dont la colère s'était calmée, semblait à présent plongée dans la mélancolie. Elle parlait peu, restait seule la plupart du temps et semblait continuellement plongée dans ses pensées. Mirajane, qui l'observait souvent, essayait de la faire parler un peu, mais il suffisait d'évoquer Luxus pour que la Rêveuse se referme comme une huître. La barmaid ne pouvait s'empêcher de penser que ça devait être très compliqué dans sa petite tête. Il allait lui falloir du temps et de la patience, si elle voulait pouvoir aider la petite brune.

Elle ne semblait pas la seule à s'inquiéter, même si elle était visiblement la seule à comprendre pourquoi Kirin semblait à coté de la plaque depuis quelque temps. Ainsi, un matin, Kirin eu la surprise de trouver Reby et ses deux acolytes, Jet et Droy, devant sa porte. Un instant, elle se demanda ce que les deux jeunes hommes faisaient là, étant donné que les faire entrer à Fairy Hills était passible d'expulsion de la pension.

— Euh, oui? Demanda-t-elle, un peu intriguée.

— Eeeh, Ki-chan, fit la petite linguiste avec un grand sourire. On se demandait si tu voulais pas faire la route avec nous.
Kirin haussa un sourcil, un peu surprise. Même si elle appréciait Levy et sa discrétion, elles n'étaient pas vraiment amies. En tant que voisine de chambres, elles s'entraidaient en cas de besoin, mais il était rare qu'elles passent du temps ensemble pour le plaisir.

— Euh ... Pourquoi pas, répondit la brune en haussant les épaules. Je suis presque prête, j'arrive.
Elle ferma la porte avant de la rouvrir quelque seconde plus tard, après s'être visiblement ravisée.

— Vous voulez du thé?
Reby hocha la tête avec enthousiasme, les deux autres se contentant de rester en arrière comme des potiches inutiles. Kirin les invita à entrer et les laissa s'installer sur les petits canapés placés non loin de la porte. Sur son établi, un réchaud à lacrima gardait au chaud une bouilloire de cuivre un peu cabossée. Kirin s'affaira un instant à préparer du thé pour ses trois invités puis posa tasses et théière sur la petite table.

— J'en ai pour cinq minutes, fit-elle avec un sourire un peu forcé.
Elle s'installa à son bureau et sortit une petite boite de bois de l'un des tiroirs. Ouvrant le couvercle, elle inspecta soigneusement le contenu avant de sortir une paire de boucle d'oreilles en argent. Elle n'avait pas grande valeur, si ce n'était pour la jeune femme: elle les avait acheté avec sa première prime. Trois petites pièces en forme de plume pendait à trois fines chaînettes de tailles différentes, toute attachées au même clou. Clou qu'elle introduisit dans le trou ornant chacun de ses lobes, avant de les fixer avec un ressort en forme de papillon.

— Dit, Ki-chan, commença Reby, tandis que la jeune femme fouillait dans une des armoires de sa chambre. Tu sais, si tu as des ennuis, tu peux nous en parler.
Kirin se redressa et se tourna vers elle, un sourcil levé.

— Pourquoi tu dis ça? j'ai pas de problème!

— C'est pas l'impression que tu donnes!
Kirin tira une veste blanche de son armoire et en ferma la porte.

— Tu as parlé avec Mira, j'imagine, soupira-t-elle.

— Ne le prends pas mal, Ki-chan, mais on est inquiet!
Ses deux comparses semblaient plus ennuyés que réellement inquiets, comme si elle les avait traîné là contre leur grès, pour se donner un peu de courage.

— Il n'y a pas de quoi être inquiet, Reby-chan, répondit la brune avec un sourire. Je n'ai pas d'ennuis. Je suis peut-être un peu préoccupée en ce moment, mais c'est tout.

— Tu es sûre?
Kirin approuva d'un signe de tête. Reby lui adressa un sourire qui paraissait un peu forcé, signe qu'elle ne la croyait pas vraiment. Cependant le sujet en resta là et quelques minutes plus tard, tous les quatre étaient au pied de la colline, se dirigeant d'un bon pas vers le hall de la guilde.

Les deux jeunes filles trottinaient joyeusement, bras dessus bras dessous, discutant et riant comme des amies de longue date, tandis que les deux équipiers de Reby, semblaient s'ennuyer ferme derrière elles. Ils abordaient la rue dans laquelle se trouvait le Hall de la guilde lorsqu'un véritablement hurlement des deux jeunes hommes derrières elles, sortit les filles de leur bulle.

— La ... la guilde!
Levant les yeux vers le bâtiment bien connu, Kirin sentit son coeur manquer un battement tandis qu'un quelque chose de dur et froid lui traversait les entrailles, comme si elle avait soudain avalé l'un des sorts de Grey. Droit devant eux, le bâtiment de Fairy Tail, l'un des plus célèbre de Magnolia, gisait, à demi ruiné, d'immenses poutrelle de métal le transperçant de partout, comme des aiguilles sur un coussin de couturière.

— C'est ... Qu'est-ce que c'est que ça? Bégaya Kirin, les yeux exorbités.

— C'est horrible, renchérit Reby, les larmes aux yeux.
Les deux mains pressée sur la bouche, elle s'effondra sur le pavage et se mit à sangloter. Ses deux acolytes se précipitèrent aussitôt pour la soutenir. Les jambes tremblantes, Kirin vit quelques pas maladroit en direction du bâtiment en ruine.

— Il y a peut-être des blessés! ...
Elle se tourna vers les autres.

— Je vous laisse Reby, annonça-t-elle. Je vais en avant voir s'il y a des blessés.
Sans attendre leur réponse, elle s'élança en direction de la guilde, trébuchant sur le pavage inégal, ses jambes presque engourdie par l'émotion refusant de lui obéir.

Par chance, il s'avéra que l'attaque n'avait fait aucun blessés, les agresseurs ayant de choisi de frapper au coeur de la nuit quand le hall était vide. Kirin retrouva rapidement Mirajane. La barmaid essayait de rassembler les membres présents en ville dans le sous-sol, seul partie du bâtiment encore intacte. En descendant avec elle, Kirin remarqua que pas mal de monde était déjà sur place, partagé entre la colère, la rancoeur et l'incompréhension. Certain laissaient ouvertement parler leur colère, parlant de se venger en attaquant les responsables à leur tout.

Responsables que Makarov soupçonnait être une autre guilde, Phantom Lord. Un instant, Kirin se demanda ce qui le poussait à penser ça. Certes, Phantom Lord et Fairy Tail avait toujours été des guildes rivales, et il n'était pas rares que ceux de Phantom essaient de leur tirer dans les pattes quand ils en avaient l'occasion. Mais jamais ils n'avaient entrepris quelque chose d'aussi extrême que de s'attaquer à eux ainsi. Cette action contre leur guilde équivalait à une déclaration de guerre, et personne en possession de toutes ces capacités mentales n'irait déclarer la guerre à Fairy Tail. Ce n'est qu'après une longue et réflexion, et l'entente de quelques mots prononcés à mi-voix que Kirin comprit. Bien entendu, ces énormes pilonnes d'acier transperçant leur bâtiment de part en part, c'était sa signature. Le chasseur de dragon de Phantom Lord. Comment s'appelait-il déjà? Brazil? Gardil? Gajil? ... Oui c'était ça, Gajil Redfox, chasseur de dragon d'acier. Un terrible adversaire à ce qu'on disait. Probablement la raison pour laquelle Phantom Lord avait soudain le cran de les attaquer.

Alors que la plupart des membres de la guilde semblaient particulièrement remontés, prêt à faire mordre la poussière au premier crétin portant l'emblème de Phantom Lord venu, Makarov de son coté restait très calme, en dépit de la situation. Les réponses qu'il donnait à ses membres, cependant laissaient deviner qu'il lui en coûtait de les dissuader d'attaquer Phantom. Comme eux tous, Makarov était blessé dans son orgueil de membre de Fairy Tail et comme eux, il souffrait de ce qui s'était produit. Mais à l'inverse de ses membres, il devinait que répondre à une telle provocation allait déclencher des événements qui pouvaient résulter sur des pertes et de la souffrance. Or ça, il ne pouvait le tolérer.

Quoique la provocation fut douloureuse pour leur ego, seul le bâtiment avait été touché. Aucune perte humaine n'était à déplorer, ce qui était un grand soulagement pour lui. Après tout, la pierre pouvait être réparée aisément, le bâtiment pouvait être reconstruit. Reconstruire une vie après une guerre était bien plus douloureux et plus difficile, de son point de vue. Sans compter que le Conseil ne laisserait certainement pas passer ça. Et Fairy Tail était déjà dans leur collimateur depuis trop longtemps!

Faire comprendre ça à Natsu, en revanche fut une autre paire de manche. Quelques heures après la découverte de la guilde par ses membres, l'équipe partie pour Galuna sans autorisation fit son entrée dans le sous-sol, menée par un Natsu extrêmement furieux. Au vu de la situation, et certainement aussi parce qu'il était ravi de les revoir indemne, ou presque, Makarov se contenta de leur taper sur les doigts pour leur excursion non autorisée. Empêcher Natsu de se ruer illico au siège de Phantom Lord, lui prit plus de temps, et ce n'est finalement que l'intervention de Erza qui parvint à museler le combatif chasseur de dragon.

Jamais journée ne parut aussi étrange à Kirin. L'atmosphère était à la fois explosive et triste à mourir. Les membres de la guilde oscillaient entre colère et abattement, tantôt débordant d'énergie, tantôt complètement apathique. Tandis que certains discutaient avec animation, élaborant probablement des plans de vengeance, d'autres restaient affalés sur les tables, ignorant même le contenu de leur chope. Kirin et Mirajane observait tout ça en silence, échangeant parfois des regards alarmés. Il n'y avait pas à dire, toutes deux préféraient quand la salle débordait d'animation, de joie, de cris, de rires, et même de bagarres.

Cette Fairy Tail qui se lamentait sous leurs yeux leur était complètement étrangère.

Enfin quand cette journée interminable toucha à sa fin. Les membres de la guilde commencèrent à quitter le sous-sol par petits groupes, Makarov leur ayant conseillé de ne pas rester seul, au cas où les hommes de Phantom Lord décideraient de s'en prendre aux membres esseulées de la guilde. Kirin quitta le hall en ruine plus tôt que d'habitude, en compagnie de plusieurs de ses colocataires de Fairy Hills. Macao et Wakaba proposèrent de les raccompagner, mais, à leur plus grand désappointement, ils ne purent franchir la porte d'entrée de la pension, la gérante y veilla.

Kirin se rendit rapidement compte que certaines des jeunes femmes occupant la pension restaient terrifiées, et plusieurs d'entre elles refusèrent de regagner leurs chambres. Après un long moment de discussions inutiles, quelqu'un lança l'idée de rester groupée et de dormir toutes ensembles dans le salon commun. A se demander si elles étaient des mages de Fairy Tail! Mais comme l'idée sembla séduire pas mal d'entre elles, la décision fut prise. Kirin gagna sa chambre pour préparer quelques petites chose et descendit rejoindre les autres dans le salon. Elle s'installa sur l'un des canapés avec son oreiller et sa couverture, et fut bientôt rejoint par Biska, Laki et plusieurs autres.

Toutes les jeunes femmes s'installèrent dans la pièce, certaines sur les canapés, les autres sur les tapis. Si la situation n'avait pas été aussi grave, on aurait pu croire à une soirée pyjamas entre copines. Mais ce soir là personne ne riait, personne ne parlait. Toutes les jeunes femmes semblaient attendre l'irréparable. Pour les aider à se sentir mieux, Kirin proposa une petite cuillère de jus de stirva à celles qui se pensaient trop stressées pour pouvoir dormir. Quelques unes acceptèrent, les autres se contentèrent de regarder le flacon bleu comme si son contenu allait leur sauter au visage.

— Est-ce que quelqu'un a vu Erza? Demanda Kirin se rendant soudain compte de l'absence de la rouquine.

— Je crois qu'elle est allée chez Lucy avec Natsu et Grey, répondit l'une des fille.

— On se demande pourquoi, fit une autre. Comme si Natsu et Grey n'étaient pas suffisants pour protéger Lucy. On aurait bien besoin d'Erza ici. Que se passera-t-il si Phantom Lord nous attaque cette nuit?
Un violent frisson traversa la fille à cette idée. Kirin, quand à elle, jeta un coup d'oeil à son flacon en se disant que ce qu'il restait de jus de stirva ne serait pas suffisant pour faire dormir cette idiote et l'empêcher de foutre la trouille aux autres résidentes.

— Ou est Reby? Demanda soudain une autre voix.
Kirin abandonna l'inspection du flacon de stirva pour lancer un regard circulaire dans la pièce. Effectivement Reby n'était nulle part.

— Elle a dit qu'elle avait quelques courses à faire avant de rentrer. Jet et Droy sont partis avec elle, répondit Biska.
Kirin se demande s'il fallait s'en inquiéter ou pas. Certes la jeune fille n'était pas seule mais ses équipiers n'étaient pas connu pour être les meilleurs de la guilde, loin de là. Un mauvais pressentiment s'empara de la Rêveuse mais elle essaya de l'oublier tandis qu'elle s'installait avec les autres. Il ne pouvait rien leur arriver au beau milieu de Magnolia, n'est-ce pas?

Elle ignorait à quel point elle avait tort.

Après une nuit courte et agitée, durant laquelle elle ne put fermer l'oeil que quelques minutes, Kirin remonta sa couverture et son oreiller dans sa chambre et se rendit à la salle d'eau. Le soleil se levait à peine, toutes les autres filles dormaient encore. Finalement la nuit avait été calme et aucun incident n'était venu déranger les résidentes de Fairy Hills. Elle resta un long moment dans le grand bassin, essayant de se détendre, d'oublier ses muscles ankylosés, ses paupières lourdes, ses yeux fatigués. Elle ne se décida à sortir de l'eau que quand ses premières colocataires débarquèrent pour profiter des installations. Elle retourna dans sa chambre pour finir de se sécher et de s'habiller plus tranquillement.

Le soleil était déjà haut quand elle mit enfin le nez dehors. Elle invoqua Fear pour se rendre au hall de la guilde, enfin à ce qu'il en restait, quand une voix perçante se mit à hurler son nom. Se retournant, la jeune femme vit Happy foncer vers elle avec toute la vitesse dont il était capable. Il s'abattit sur elle comme un boulet de canon, manquant de la désarçonner.

— C'est terrible, s'écria-t-il en s'accrochant à sa poitrine. Reby, Jet et Droy ont été attaqués pendant la nuit. Il faut que tu ailles à la guilde tout de suite.

— Quoi? Comment vont-ils?

— Je ne sais pas. Natsu m'a envoyé te chercher aussitôt qu'on les a trouvé.

— Merde!
Laissant le chat s'accrocher à sa chemise, la jeune femme s'empara des rênes et talonna son cheval. Fear, ayant compris ce qui se passait, bondit en avant et dévala la colline à toute vitesse.

Le cheval noir filait au dessus du pavage tandis que ses foulées puissantes faisaient trembler le sol. Les yeux plissés pour échapper au vent violent provoqué par la course, Kirin voyait les hauts bâtiments défiler autour d'elle à une vitesse stupéfiante. Elle était certaine que personne n'avait jamais pu traversé cette partie de la ville à cette vitesse. Fear ne s'encombrait pas des obstacles, sautant par dessus les murs et les barrière, galopant même sur le trottoir pour éviter les véhicules au milieu de la rue. Les passants, horrifiés, se jetaient au sol pour l'éviter, sautant dans les massifs de fleurs, entrant dans les boutiques, s'écartant de sa route en beuglant de colère. Fear, cependant restait attentif, et il ne bouscula personne dans sa course. Happy était resté accroché à Kirin, comme à une bouée de sauvetage, sanglotant silencieusement dans son chemisier.

Après quelques minutes d'une course endiablée, Fear s'arrêta net devant le hall de la guilde. Happy sous un bras, Kirin sauta au sol et s'engouffra dans le bâtiment sans prendre le temps de renvoyer son rêve dans son monde imaginaire. Elle était à peine entrée dans le bâtiment en ruine, qu'elle tomba sur Grey. Il arborai une mine sinistre.

— Tu tombes bien, ils t'attendent à l'infirmerie.
Kirin se contenta de hocher la tête et fila entre les ruines vers l'arrière du bâtiment. Quand elle arriva devant la porte, une foule de curieux attendait déjà. Tandis qu'elle se frayait un chemin vers la porte, des menaces, des exclamations de colère ou des promesses de vengeance se faisaient entendre de partout. Certains l'accueillirent avec des expressions anxieuses et des sourires figés. Bon sang, qu'allait-elle trouver derrière cette porte.

Par heureux concours de circonstance, l'infirmerie n'avait pratiquement pas été touchée par l'attaque de Phantom Lord. Les murs tenait encore debout même si parfois de la poussière tombait du plafond. Des grincement inquiétants de faisaient entendre de temps à autres mais c'était toujours mieux que de travailler dehors. Kirin referma fermement la porte derrière elle, laissant les visiteurs dehors. Dans la pièce se tenaient Makarov, Erza, Natsu et Lucy, tous aussi sombre que s'ils veillaient des morts. Le coeur battant à tout rompre, Kirin s'approcha, tandis que Happy s'envolait d'un coup d'aile pour rejoindre Natsu.

— Seigneur!
Son poing gauche se serra si fort à son coté que ses jointures craquèrent. Reby, Jet et Droy gisaient inconscients, chacun dans un lit, couverts de blessures, de plaies ouvertes, d'ecchymoses, de sang coagulé et de saleté. Elle avait rarement vu un de ses camarades revenir à la guilde dans cet état. Inutile de se demander qui était responsable, Reby portait le symbole de Phantom Lord peint sur le ventre. Kirin remercia les dieux qu'elle connaissait que ce ne fut pas avec le propre sang de la jeune fille. Soupirant, elle s'approcha du lit de la jeune linguiste.

— Je pense qu'il est inutile de demander ce qui s'est passé, fit-elle.
Elle passa une main dans les cheveux bleus poisseux de sang coagulé.

— Quand je me suis rendue compte qu'elle n'était pas revenue à Fairy Hils, hier, j'aurais dû donner l'alerte.

— On y peut rien, fit la voix enrouée de Makarov. Ce qui est fait est fait.

— Putain de Phantom, ils vont le payer, gronda Natsu, tremblant de colère.
Kirin se mordit la lèvre puis elle ôta sa veste d'un geste et la jeta pèle-mêle sur une chaise.

— Bon allez, tout le monde dehors, ordonna-t-elle en remontant les manches de sa chemise. J'ai pas besoin d'avoir un tas de curieux dans les jambes.
Erza et Makarov se laissèrent éconduire sans opposer de résistance, sachant que dans cette situation, Kirin savait mieux qu'eux ce qu'il fallait faire. Seul Natsu refusa de bouger, obligeant Erza à venir le chercher par la peau du dos.

— Je reste, lança alors Lucy d'une voix forte. Je peux aider.
Kirin lui lança un regard scrutateur avant de hocher la tête.

— OK! Mais j'espère que tu as le coeur bien accroché, j'ai pas envie d'avoir à te ramasser.
Erza traîna Natsu au dehors et ferma la porte derrière elle. Des éclats de voix parvinrent alors à Lucy et Kirin, mais elles n'y firent pas attention. Kirin ouvrit la pharmacie et constata que Polyussica était venue pour remplacer les remèdes manquant.

— Bien c'est toujours ça, fit-elle en commençant à rassembler ce dont elles auraient besoin.
Elle amena désinfectant, bandage, fils, aiguilles, fioles de calmant et autres produit que Lucy ne connaissait pas et posa le tout près du lit de Reby.

Toutes les deux se mirent alors au travail, commençant pas laver les blessés pour les débarrasser du sang séché, de la terre et de la saleté collés à leur peau, afin d'avoir une meilleure vue sur leurs blessures. Lucy ne masqua pas son dégoût quand elle effaça la marque de Phantom Lord sur le ventre de Reby, arrachant à cette dernière un gémissement plaintif. Une fois que ce fut fait, Kirin commença à ausculter les blessés pour déterminer l'étendue des dégâts, usant même de magie quand les palpations seules ne suffisaient plus. Il s'avéra que Jet avait un bras cassé, plusieurs cotes fêlées et des coupures sur tous le corps. Droy de son coté avait une jambe fracturée, une luxation du coude et une vilaine commotion cérébrale. Reby, quand à elle, ne présentait aucune fracture, mais des coupures sur les bras et les jambes, une vilaine plaie au front et une estafilade le long de la joue gauche qui, selon Kirin ne laisserait pas de cicatrice.

Une fois que tous les trois furent pansées, leurs fractures plâtrées, leurs coupures et écorchures couvertes de sparadrap, Lucy se laissa tomber sur une chaise en s'essuyant le front d'une main. Elle fut cependant surprise de voir Kirin fermer le rideau séparant le lit de Reby des deux autres et retrousser les couvertures.

— Qu'est-ce que tu fais, s'inquiéta-t-elle en voyant la brune enfiler une nouvelle paire de gants stériles.

— Quelque chose de désagréable mais qui doit être fait, répondit la Rêveuse d'un ton lugubre.
Les yeux écarquillés, Lucy regarda Kirin écarter doucement les cuisses nues de la jeune fille et placer une main entre celles-ci. La blonde plaqua vivement une main tremblante sur sa bouche quand elle réalisa ce que Kirin était en train de faire. Les yeux fermés en signe de concentration, une main toujours entre les cuisses de la petite linguiste, la Rêveuse cherchait à vérifier si l'agression n'avait pas dégénéré en quelque chose de bien plus répugnant. La constellationniste se félicita d'être bien assise, car elle sentait le malaise la gagner. Anxieuse, elle regarda Kirin se redresser après un instant, et fut rassurée de constater un soulagement évident sur le visage de la brune.

— Au moins, leurs agresseurs ne sont pas des violeurs, soupira-t-elle.
Elle retira rapidement ses gants et les jeta dans la corbeille où compresses ensanglantées, boules de coton usées et linge sale attendaient d'être jetés aux ordures. Tremblante, Lucy se leva et remonta les couvertures jusque sur la poitrine de Reby. Voir la linguiste aussi fragile et vulnérable lui fit monter les larmes aux yeux. Imaginer ce qui aurait pu arrivé à son amie lui donnait la nausée.

— Comment ... comment est-ce que tu .. enfin ...
Les pensées tournoyaient et s'entrechoquaient dans sa tête à tel point qu'elle ne parvenait pas à trouver les mots pour poser sa question.

— Comment est-ce que je peux affirmer que Reby n'a pas été violée? Devina la brune.
Lucy se contenta de hocher la tête, incapable de trouver les mots pour s'exprimer.

— Parce que je sais ce que c'est, j'ai déjà vu les dégât que ça provoque.
Lucy braqua sur elle un regard abasourdi.

— C'était environ deux ans avant que je rejoigne la guilde. Une jeune fille de mon village natal a été agressée et violée par des types de passage. Ils l'ont abandonné plus morte que vive dans la forêt où elle été retrouvée un ou deux jours plus tard. En tant que guérisseuse, c'est moi qui l'ai prise en charge. Je n'étais pas seule heureusement, mon mentor était avec moi. Si elle n'avait pas été là, je pense pas que j'aurais pu faire quoi que ce soit tellement j'étais furieuse, révoltée, effondrée ... il n'y a pas de mot pour décrire l'état dans lequel j'étais. Mais ce n'était rien comparé à son état à elle. La pauvre petite, elle était méconnaissable. Je la connaissais bien, pourtant je n'ai même pas pu reconnaître son visage tellement il était amoché. Les yeux pochés, les pommettes et la mâchoire cassées, le nez éclaté. C'était ... Une boucherie. Et à l'intérieur, c'était pas mieux.

— Vous l'avez sauvé?
La voix de la blonde tremblait d'émotion et son regard se posait partout dans la pièce sauf sur Kirin ... ni sur Reby.

— Oui, mais elle n'a plus jamais été la même après ça. Défigurée par les cicatrices, tant physiques que mentales. C'est la première fois de ma vie, et la seule fois, que j'ai conseillé à une jeune fille de prendre une tisane de feuille de fringel.

— Qu'est ce que c'est?

— Une plante connue pour ses effets abortifs.
Lucy eut l'impression que quelqu'un venait de lui donner un violent coup dans la poitrine. Son souffle figé dans ses poumons, elle avait l'impression d'avoir oublié comment respirer.

— Je n'ai fait que le conseiller, c'est elle qui a pris la décision finale, assura Kirin d'une voix douce, comme pour se disculper d'une faute. En tant que guérisseuse, je voue un profond respect à la vie. Mais je connaissais parfaitement la mentalité de ce village. La gamine était déjà regardée de travers par les vieux après ce qui lui était arrivé, comme si c'était de sa faute. On disait qu'elle avait jeté l'opprobre sur sa famille et que ses parents auraient dû la jeter dehors pour retrouver la faveur du reste du village. Heureusement pour elle, ses parents n'ont jamais accordé d'importance à la faveur des autres et ils ne lui ont jamais reproché ce qui est arrivé. Ce qui ne fut pas le cas de tout le monde. Un enfant né dans cette ambiance n'aurait jamais été accepté par la communauté et aurait probablement été maltraité, physiquement ou mentalement. Il encourait même le risque de finir comme ses géniteurs.
Lucy se mordit la lèvre hésitant avant de demander:

— Que leur est-il arrivé?
Un ricanement cruel se fit entendre avant que Kirin ne réponde.

— Après la découverte de la petite, les hommes se sont rassemblés pour battre la campagne à leur recherche. Ils les ont retrouvés, pas très loin de l'endroit où la petite avait été découverte. Personne ne sait exactement ce qui s'est passé cette nuit là, uniquement ceux qui s'y trouvaient, et aucun n'a jamais voulu en parler. Mais laisse moi te dire qu'une fois qu'il en ont eu fini avec eux, il ne restait plus grand chose d'eux à mettre en terre.
Lucy serra convulsivement une main sur sa bouche, se penchant en avant comme pour vomir. Une vague de nausée s'empara d'elle et, un instant, le monde sembla tourner autour d'elle. Bien entendu, elle n'était pas idiote, elle savait parfaitement que de genre de choses arrivait partout dans le monde mais l'entendre raconter de cette voix si calme et douce avait quelque chose d'effrayant.

Elle entendit les pas de Kirin dans la salle tandis que la Rêveuse se dirigeait vers la pharmacie. Après quelques instants passés à fouiller le meuble, la brune revint et se pencha sur la blonde. Une petit fiole fut placée juste devant le visage de la jeune fille.

— Tiens, respire ça, ça va t'aider.
Lucy prit la fiole d'une main tremblante, rira le petit bouchon de liège et, d'une petite inspiration hésitante, respira le contenu de la fiole. Ce fut comme si quelqu'un lui mettait une grande claque en plein visage. Un véritable coup de fouet. D'un seul coup, elle eut l'impression que ses poumons se déployaient et qu'elle pouvait respirer librement. Après quelques minutes, le monde cessa de tourner, et sa vision se fit plus nette.

— Waho! Fit-elle en se frottant le nez du dos de la main.

— Efficace, hein, fit Kirin avec un demi sourire.
Lucy reboucha la fiole et jeta un coup d'oeil à l'étiquette qui indiquait simplement "SELS". Posant la fiole avec les autres que Kirin commençait à ranger, elle revint auprès de Reby.

— Ils vont bien n'est-ce pas? Demanda-t-elle à mi-voix.

— Aussi bien que quelqu'un qui vient de se faire tabasser, répondit Kirin en jetant un coup d'oeil au contenu d'un pot de terre. Mais ils s'en remettront, ne t'inquiète pas. Et sans séquelles, si aucune complication ne se produit.
Lucy se contenta de hocher la tête. Elle restèrent silencieuse un moment, tandis que Kirin triait les onguents, potions, désinfectants et autres produits utilisés pendant les soins afin de les ranger aux bonnes places.

— Comment est-ce qu'on peut faire ça? Murmura la blonde d'avantage pour elle même que pour Kirin. Reby ... Elle n'avait fait de mal à personne.

— Ce n'est pas le problème, répondit Kirin en rangeant soigneusement la pharmacie. Le problème c'est Phantom Lord. Ils attendent depuis des années la chute de notre guilde, en vain. Ils ont fini par perdre patience. Leur Maître, José, a beau être un salaud absolu, il n'est pas idiot. Il sait parfaitement que la meilleure façon d'inciter Maître Makarov à répondre à son défi est de s'attaquer à ce qu'il a de plus cher. Ses enfants.

— Ses enfants?
Kirin hocha la tête.

— Pour Maître Makarov, chaque membre de la guilde est comme son enfant. Ça peut se comprendre quand on sait que certains d'entre nous étaient très jeunes quand ils ont rejoint la guilde, comme Kanna, Natsu ou Erza. Mais c'est valable pour tout le monde. J'étais déjà majeure quand j'ai rejoint Fairy Tail, pourtant Makarov me considère aussi comme l'un de ses enfants. Et toi aussi, d'ailleurs.
Etrange non, que le propre petit fils de Makarov, lui, ne se considère pas comme l'un des leurs! Et complètement déprimant pour Kirin d'avoir été "adoptée" par cet étranger si chaleureux alors que ses propres l'avaient reniés!

— Le pire crime que l'on puisse commettre contre Makarov est de s'attaquer à ses enfants. Il peut pardonner beaucoup de choses, mais pas ça. Ces abrutis de Phantom Lord vont passer un sale quart d'heure.
Lucy se mordit la lèvre et laissa échapper un soupir un peu tremblant, reportant son attention sur Reby. Reby avec qui elle venait de sympathiser. Reby qui trépignait de joie à la simple idée qu'elle allait pouvoir lire son roman. Reby qui n'aurait jamais fait de mal à une mouche. Elle n'était pas prête de pardonner ça.


Je sais, ça s'arrête un peu brutalement! ^^"
Vous aurez la suite dès que je l'aurai terminée.
En attendant, pensez à laisser un petit comm, ça fait toujours plaisir aux auteurs.