Bien le bonjour ! Finalement le chapitre est arrivé plus vite que prévu car je l'ai bien entamé hier soir. Profitez-en lol. Il est en tous points différents du précédent. Déjà, il ne regroupe pas plusieurs dates du journal mais une seulement. Et puis pas d'évènements historiques, rien que du vampirisme lol. Juste une petite explication sur l'origine de la grippe espagnole puisque j'avais fait des recherches dessus.

On m'a fait remarqué je m'étais plantée sur la date d'anniversaire. Je n'avais pas trouvé la véritable date dans les livres et j'ai été contente de l'apprendre du coup lol. Je ne changerai toutefois pas, ce n'est pas un élément majeur et puis tant pis si je commets des couacs lol. C'est peut-être le premier, mais ce ne sera certainement pas le dernier. Je ne suis pas encore parfaite, j'ai une bonne mémoire mais pas au point de connaître parfaitement les 4 tomes sur le bout des doigts lol.

Bon, j'arrête mon blabla. Pour le prochain chapitre j'essaierai d'alterner découverte du XX° et découverte du vampirisme. Bonne lecture !


Aulandra17 : Tu as eu le privilège de la première review lol. Merci beaucoup, je suis contente que l'idée de départ et les deux premières publications t'aient plu ! J'espère même que ça continuera lol. A bientôt !

bébé23 : Coucou ! Contente de te retrouver ! Je ne reste jamais sans rien faire lol. Happy que tu aies aimé ! C'est vrai que l'écriture enfant-ado a été difficile lol. Maintenant il va falloir que je reste dans le style du XX°...

newtwilight3 : Voilà j'ai déjà répondu en partie à ta review lol. Je ne me rappelais même pas qu'il y avait une date précise d'anniversaire, tu me diras où tu l'as trouvée ? J'espère que tu n'es pas trop déçue que je garde mon 22 mars lol. Merci en tous cas pour ta remarque ! Et surtout, grand merci pour tes reviews qui font toujours plaisir !

Patricia : C'était normal que je réponde à ta review lol. Je suis contente que tu aies aimé mon pitit Edward lol. Voilà mon grand vampire !

bosoleil1979 : Coucou ! Merci beaucoup d'être encore fidèle au poste lol. Les faits historiques je n'ai pas beaucoup de mérite, wikipedia a été mon ami... Mais je suis quand même contente que tu aies aimé ! A très bientôt !

Cbihi : Quelle synchro ! J'écrivais la réponse à la review précédente et je reçois la tienne lol. Le journal intime me permet de résumer les faits si je le désire ou de les détailler si je les considère plus importants. C'est ce que j'ai trouvé de plus pratique pour retracer tout un siècle de réflexions, de faits et d'Histoire lol. Je suis contente que tu aimes ça ! A bientôt !


Chapitre 2. Un nouveau monde

***

Quelque part dans les environs de Chicago, 12 décembre 1918

Je ne sais pas comment j'arrive à reprendre ce journal. Tant de choses se sont passées en si peu de temps. J'ai relu les pages précédentes, depuis le commencement de l'écriture. Tout me parait si futile, si naïf.

Je vais essayer de raconter tout ce qu'il s'est passé ces dernières semaines. Certains souvenirs sont flous, d'autres tellement… clairs, précis, comme si je les vivais en ce moment même.

Le lendemain de ma dernière écriture, le 6 septembre, je ne me sentais pas mieux. Je commençais à avoir véritablement une grande fièvre. Maman a commencé à paniquer et m'a emmené à l'hôpital en urgence. Cependant là-bas il y avait fort à faire. Beaucoup trop de malades. Beaucoup plus que ce que l'on croyait.

Elle s'est battu corps et âme pour que quelqu'un m'examine. Un médecin passait au même moment et a dit aux infirmières qu'il s'occupait de moi. Son nom est Carlisle Cullen. Je dois avouer qu'il est l'homme le plus beau qu'il m'a été donné de rencontrer. Comment le décrire ? Il est grand, la peau très pâle, mais je reviendrai là-dessus plus tard. Il a les cheveux d'un blond qui donnerait envie à toutes les jeunes filles. Ses traits sont fins, et tout en lui est gracieux. Mais ce qui m'a frappé aussi c'est sa jeunesse. Il n'avait pas l'allure d'un médecin, il semblait bien trop jeune pour cela !

Pourtant il m'a examiné avec un très grand professionnalisme. Je ne prétends pas être un expert mais je dois avouer qu'il m'a vraiment examiné. Je comprends aujourd'hui à quel point il a été extraordinaire.

Je ne sus sur le moment si c'était moi ou pas, mais j'eus l'impression que ses mains étaient extrêmement froides. Je ne me suis cependant pas attardé sur ce détail, surtout avec la fièvre que j'avais. Il me regarda ensuite dans les yeux je crois, et confirma que j'avais cette grippe.

Maman en fut désespérée. Je crois que je ne pourrai pas oublier ce visage, cette expression. Carlisle lui promit de tout faire pour essayer de me sauver.

Elle est restée à mon chevet des jours et des nuits entières alors que je sentais que la maladie gagnait à chaque heure un peu plus. Il parait qu'on l'appelle la « grippe espagnole » car seuls les Espagnols l'étudient vraiment et en parlent ouvertement puisqu'ils ne se préoccupent pas de la guerre. Etrange comme raison selon moi. Elle a commencé en Chine, sévit l'Amérique et on l'appelle la grippe espagnole. Peut-être cela témoigne-t-il de l'ouverture du monde.

Quoi qu'il en soit, un jour j'ai senti qu'elle commençait à devenir malade. Je m'en voudrai toute ma vie, enfin si on peut appeler cela ainsi. J'étais tellement centré sur moi-même que je ne me suis pas demandé si elle ne pouvait pas être contaminée à son tour ! De son côté elle ne pensa jamais à cela. Elle était trop généreuse pour cela.

Carlisle était très préoccupé par son état. Il lui interdit de rester à mon chevet pour qu'elle puisse être soignée, mais réussit néanmoins à lui trouver un lit qui était proche du mien.

Un matin il est venu me voir alors que j'étais à peu près lucide. La fièvre ne parvenait pas à descendre et je savais que seule l'issue fatale m'attendait. Il semblait malheureux, sincèrement malheureux.

Quelque chose que je n'ai pas dit sur Carlisle. Il est la bonté même. Si nous devions personnifier la bonté, sans aucun doute elle aurait son visage. Il s'assit à côté de mon lit les yeux tristes. Je me rappelle de ses prunelles. Elles étaient ocres mais descendant dans le noir. Il m'a alors avoué que maman n'avait pas réussi à survivre à la nuit.

Je n'entendis pas les paroles suivantes. Maman était morte, seule cette information comptait. Cette femme qui m'avait élevé seule, qui m'avait donné tant d'amour et qui m'avait tout appris était morte. Jamais plus je ne la reverrais. Et en plus par ma faute. Je sais que j'aurais dû avoir conscience des dangers qu'elle encourait à rester près de moi. Je savais depuis le début que j'étais condamné, à quoi est-ce que cela servait qu'elle reste ainsi ? Le seul apport a été la mort. Jamais plus je ne la verrai sourire. Jamais plus je ne l'entendrai rire. Jamais plus je ne lui dirai que je l'aime. Elle était partie sans me dire au-revoir.

J'eus envie de mourir pour la première fois. Depuis le début je me battais contre la maladie pour ma mère. Pour être avec elle. La guerre me paraissait bien futile à côté, je n'y pensais même plus. Tout ce que je voulais c'était vivre. Mais à l'instant où j'appris qu'elle était partie, qu'elle m'avait abandonné, je n'eus plus de raison de me battre.

Je me suis senti partir peu à peu. Le lendemain, dans la nuit, Carlisle s'est approché de moi. Il m'a murmuré qu'il allait essayer de respecter la dernière promesse qu'il avait faite à ma mère avant qu'elle ne meure. Il m'a emmené plus loin, il m'a éloigné des autres. J'étais à moitié inconscient et je ne savais pas trop ce qu'il se passait autour de moi. Je crois qu'il m'a transporté, mais je ne suis pas en mesure de l'affirmer pleinement, et je n'ai pas osé le lui demander.

Ce dont je me souviens, c'est de ses lèvres froides dans ma nuque alors qu'il me disait que tout allait bien se passer. Puis de ses dents déchirant ma peau. Une immense douleur. Je me sentais partir et je me sentais revenir.

Comment expliquer tout cela ? C'est comme si l'on me brûlait de l'intérieur. Des flammes plus chaudes que tout ce que vous pouvez imaginer me consumaient de l'intérieur. Impossible de bouger réellement. Tout ce que je pouvais faire c'était hurler, et encore cela ne soulageait pas vraiment.

Je sentais cette brûlure se propager dans mes veines. Je sentais mon cœur se débattre contre cela. Je regrettais d'être né. Tout ce que j'aspirais, c'était la délivrance, la mort. J'entendais au loin des paroles mais je n'arrivais pas à mettre un sens dessus. J'étais incapable de réfléchir rationnellement, de me rappeler de mes dernières heures avant cette douleur.

Tout ce que je pouvais me dire, c'est que je ne pouvais pas croire que c'était cela la mort, la délivrance. A moins que je ne sois arrivé aux Enfers. Je ne pensais cependant pas être si près de la vérité.

Sur le moment je ne sus pas combien de temps cette torture perdura. Des minutes, des heures, des jours, des semaines ? Rien ne pouvait me renseigner. C'est comme si je sentais mon corps mourir peu à peu. Toutefois, vers la fin, c'était étrange. J'avais l'impression que l'énergie revenait dans mes muscles. La douleur et la brûlure s'estompaient peu à peu. Tout se concentrait vers l'emplacement de mon cœur.

D'ailleurs il me semblait entendre parfaitement ses battements. Il commença à battre très irrégulièrement, allant de dangereusement lentement à fatalement vite. Je me suis cambré malgré moi en hurlant alors que toute la brûlure s'était concentrée sur mon muscle vital. Une douleur pareille ne peut s'oublier. Elle restera à jamais gravée en vous.

Puis, plus rien. Plus de battement. Il s'était définitivement arrêté, à jamais. Pourtant je suis toujours vivant me direz-vous, j'écris. Oui. Carlisle a effectivement respecté sa promesse. Il a tout fait pour me sauver. La brûlure ressentie était due à un venin.

Je suis resté une proie à la douleur pendant trois jours. Trois longs jours où la souffrance a dépassé son summum. Mais pendant ces trois jours mon corps a surtout muté. Ma peau est aujourd'hui aussi pâle que celle de Carlisle. Mes traits ont changé aussi. Je suis aujourd'hui encore bien plus beau que ce que je l'étais déjà, et là je parle objectivement, sans rechercher une quelconque vantardise, bien au contraire. Ma force est surhumaine, inimaginable. Il en va de même pour ma vitesse. J'étais déjà rapide autrefois, maintenant je ne suis qu'un courant d'air. Mais le plus flagrant encore, ce sont mes yeux. J'ai perdu mon vert émeraude que j'avais hérité de mon père. Mes yeux sont maintenant rouges. Rouges sang.

Je ne dors plus. Je ne mange plus. Je n'ai plus besoin de respirer, ce n'est plus vital. En revanche je bois. Mais l'eau me répugne. C'est de sang dont j'ai soif. Je suis devenu un vampire.

Je viens d'apprendre que les vampires existent réellement. A mon réveil, je me trouvais dans une pièce sur un lit. Carlisle était juste à côté. Je voyais comme je n'avais jamais vu. J'entendais comme je n'avais jamais entendu. J'humais comme je n'avais jamais humé. Je ne compris pas du tout ce qui m'arrivait. Tout ce que je savais c'est que j'avais changé, et toute la douleur que j'avais ressentie était due à Carlisle. J'avais envie de le tuer. Pour la première fois j'avais envie de tuer un être vivant en particulier.

Un grognement sortit de ma gorge alors que je me positionnais dans une posture instinctive d'attaque. Carlisle tenta de me calmer, de me dire des paroles rassurantes. Il affirma qu'il allait tout m'expliquer. Je n'arrivais toutefois pas à me concentrer sur ses paroles car j'avais ma gorge qui me brûlait toujours. C'était la seule chose qui brûlait encore. J'avais soif, j'avais besoin d'un liquide pour apaiser cette brûlure. Je me souviens parfaitement de ce qu'il m'a dit.

- C'est normal que tu sois en colère Edward, et que tu aies la gorge qui te brûle. Il faut que tu chasses. Je vais t'expliquer très brièvement ce qui t'arrive et nous irons chasser. Je reprendrai les explications ensuite. Ecoute, je t'ai mordu pour te sauver de la mort. Tu es désormais un vampire.

Je ne voulais pas le croire. Je refusais d'entendre ce mot. Les vampires étaient des mythes ! Pourtant je sentais cette force. Cette brûlure. J'avais soif, et pas d'eau. Il continua son explication.

- Tu as le choix. Tu peux chasser les humains. Mais tu as aussi la possibilité de faire comme moi, de chasser les animaux. Ça te permettra à long terme de côtoyer à nouveau les humains et ne pas tuer de personnes innocentes. Je te propose d'aller chasser les animaux maintenant avec moi, nous pourrons rediscuter de cela plus tard.

J'acquiesçai. Je n'avais toujours pas beaucoup de contrôle sur ma raison, mais quelque chose en moi me disait de ne pas tuer d'humains pour l'instant.

La chasse a été étrange. Mes sens étaient développés à un point que mon cerveau d'humain n'aurait pu imaginer. Je dois avouer que les animaux n'ont pas une odeur ou un goût extraordinaire. Toutefois ils m'ont permis d'étancher ma soif au moins pour un petit moment. La brûlure dans ma gorge s'était amenuisée.

Comment décrire la chasse ? C'est difficile. Je me suis transformé en véritable animal. Une envie de tuer, de m'abreuver de son sang. Je grognais, j'étais cynique, heureux d'avoir le dessus. J'en voulais toujours plus jusqu'à ce que je sois parfaitement repu.

Une fois la chasse terminée avec Carlisle, il me ramena à la maison située en forêt où il habitait. Nous n'avions pas rencontré un seul humain entre temps. C'est ici qu'il me raconta un peu plus son histoire. D'après lui il est né à Londres dans les années 1640. Il n'a pas de date exacte car le décompte n'était pas le même et c'est difficile de savoir. Rendez-vous compte ! Il a près de trois siècles. Pourtant j'avais devant moi un homme ayant une bonne vingtaine, mais pas davantage. Pendant tout ce temps il a voyagé, découvert le monde. Il est devenu médecin pour mettre à profit ses facultés surhumaines. En parlant avec lui je compris à quel point il était bon. Résister à ce point à l'appel du sang humain ne pouvait qu'être une preuve de son immense bonté. Parfois toutefois je n'arrivais pas à m'empêcher d'être furieux contre lui. Pourtant il n'y avait pas de raison véritable.

Il m'expliqua qu'il souffrait de solitude depuis longtemps. Quand ma mère lui a demandé de me sauver à tous prix, il avait même douté. Il se demande si elle n'avait pas découvert sa véritable nature. Il a alors pris la résolution de me transformer, bien qu'il ne fût pas très certain de la manière de le faire.

Dois-je lui en vouloir ? Je ne sais pas vraiment pour l'instant. J'allais mourir, aujourd'hui je suis vivant. Enfin si on peut dire cela ainsi. Je n'ai pas vu quelqu'un d'autre que lui depuis que je me suis réveillé. Il ne veut pas que j'approche les humains pour l'instant, trop dangereux. Je chasse très souvent car j'ai l'impression qu'à peine ma soif assouvie elle revient encore plus forte.

Carlisle m'a expliqué que c'était parce que j'étais un « nouveau né ». Cela devrait s'atténuer au fil des mois. De même, je garde pour l'instant mes yeux rouges. Ils devraient virer à l'or comme ceux de Carlisle peu à peu, à mesure que mon propre sang sera utilisé par mon organisme. La couleur ocre est donnée par le sang d'animaux d'après ce qu'il dit. Si je chassais les humains ils resteraient rouges.

Carlisle continue d'aller à l'hôpital. A chaque fois qu'il rentre c'est une nouvelle torture. Il a l'odeur des humains, de leur sang imprégné sur lui. Je sens immédiatement cette brûlure. A chaque fois il va aussitôt se laver pour la faire disparaitre, mais c'est à ces moments là que je prends la mesure de l'odeur alléchante qu'ont les mortels.

Ah oui, parce que je suis maintenant immortel. Figé dans mes dix-sept ans. Et à chaque fois que je sens l'odeur de sang, du venin inonde ma bouche. Inévitablement. Comme de la salive. C'est ce venin qui transforme les humains en vampire. Mais avant tout il provoque une douleur telle que la proie ne peut plus nous échapper.

Je suis devenu le pire prédateur des humains.

Cette idée me fait froid dans le dos même si je ne souffre plus du souffle glacé de l'hiver. Mon cœur est mort, et le seul moment où ma température corporelle se réchauffe c'est quand je viens de chasser car le sang chaud de ma proie est en moi.

Bien des choses me perturbent depuis ma transformation. Mes sens décuplés me font découvrir un nouveau monde. Je pensais connaitre cette région, il n'en était rien. C'est comme si je voyais et entendais pour la première fois. Et puis je ne dors plus. C'est extrêmement déroutant. J'aimerais me replonger dans mes rêves. Aller à un endroit où ma mère serait toujours vivante, où je pourrais la tenir dans mes bras. Mais plus rien. Le sommeil est devenu inaccessible. J'ai commencé la plus longue journée de ma vie. Elle ne s'arrêtera jamais, ou qu'à ma seconde et définitive mort.

En parlant de mort, Carlisle m'a expliqué qu'il était assez difficile de tuer un vampire. Il a lui-même essayé de se tuer à maintes reprises quand il a compris ce qu'il était devenu à l'époque, mais en vain. Selon lui, la seule manière est de démembrer entièrement le vampire, lui arracher la tête et brûler le corps en morceau. Je ne pus m'empêcher d'être dégoûté en pensant à cela quand il me l'a expliqué. C'est une méthode si… barbare et monstrueuse ! Peut-être à l'image des vampires finalement.

J'ai toutefois du mal à imaginer Carlisle en monstre. Il vaut bien mieux que beaucoup d'humains hypocrites et orgueilleux que j'ai connus. Il s'est montré patient malgré mes changements d'humeur constants. J'ai détruit plus d'une chose, même un des murs a un trou maintenant. Il ne m'en a jamais tenu rigueur.

Il m'a expliqué certaines choses que je devais absolument garder en mémoire si je prenais le choix de partir, idée qui ne me venait vraiment pas à l'esprit aujourd'hui. Il existe un clan en Italie, à la ville de Volterra. Les Volturi. Il est composé d'Aro, Caius et Marcus. Enfin, d'autres vampires sont à leur service, mais le noyau central est ces trois vampires. Ils sont un peu considérés comme une famille royale, et Carlisle a séjourné quelques temps chez eux. Ils ont fait certaines lois et les font respecter. Ces lois sont avant tout faites pour nous protéger d'après Carlisle. La loi qui prime sur toutes les autres est le secret. Personne ne doit savoir notre réelle identité. Si un jour quelqu'un l'apprend, soit cet humain doit être tué, soit il doit être transformé.

Cette règle impose certains comportements. Je dois contrôler ma force et ma vitesse si je rencontre des humains, ce qui n'est pas prêt d'arriver. Mais avant tout, je ne dois pas me montrer au soleil devant eux. Contrairement aux légendes les vampires peuvent sortir à l'air libre, se mettre au soleil. Cependant, les rayons directs du soleil font scintiller la peau. J'ai été des plus impressionnés la première fois que j'ai vu le phénomène. C'est comme si des millions de diamants étaient incrustés dans la peau et reflétaient les rayons du soleil. Ce phénomène ne doit encore qu'accentuer l'attirance des humains quand il voit le vampire.

J'essaie de prendre du recul. Voilà deux heures que j'écris tout cela. Je crois que j'en avais besoin. Mais je ne sais pas comment réagir face à cela. J'ai peur. Toutes mes préoccupations d'humain me paraissent tellement futiles ! D'ailleurs même la guerre est terminée. Aujourd'hui je suis reclus dans cette maison. J'ai peur de moi, de mes réactions, de mes humeurs. Combien de fois ai-je failli tuer Carlisle alors qu'il ne fait que m'aider ? Le pire encore c'est qu'il ne m'en a jamais tenu rigueur. Je crois que oui, je suis un monstre. Je ne serai jamais capable de me contrôler comme Carlisle, je ne supporterai pas de rester enfermé ainsi.

Je ne sais pas quoi faire de mes mains. Nous avons été Carlisle et moi il y a trois jours à mon ancienne maison. Cela a été une épreuve terrible pour moi. Les odeurs humaines d'abord m'ont automatiquement provoqué une coulée de venin. J'en étais révolté ! C'était l'odeur de ma mère qui me faisait un tel effet entre autres ! Les domestiques étaient bien entendu partis, et nous y étions allés en plein milieu de la nuit pour ne pas être vus et surtout ne voir personne.

J'ai dit ainsi au-revoir à cette partie de ma vie. J'ai compris à ce moment précis que mon enfance était définitivement terminée. Tout ce qui avait caractérisé ma vie venait de s'échapper. Je fus pris d'un très profond désespoir. Depuis que j'étais devenu vampire l'intensité des émotions avait été décuplée. Là, je voulais mourir. Rien d'autre ne m'importait, je n'avais plus de raison de vivre. Je ne me sentais pas la force de continuer. Aujourd'hui encore je ne sais pas comment je fais pour continuer. Carlisle sans doute.

J'en ai profité pour prendre quelques affaires personnelles. J'ai pris le diamant en forme de cœur que mon père avait offert à ma mère, la bague de fiançailles de ma mère, mes partitions, mon journal et quelques habits. La photographie aussi de mon père, ma mère et moi à ma naissance. Je ne ressentais pas le besoin de prendre d'autres choses. Et puis je ne pouvais pas tout emmener, cela aurait parut trop suspect.

La colère s'empare souvent de moi ces derniers jours. Une colère noire qui me consume entièrement. Ma mère si aimante et douce est décédée par ma faute et aujourd'hui c'est moi qui vis, et encore aux dépends des autres. Est-ce une vie ?

J'ai essayé d'en vouloir à Carlisle. J'ai vraiment voulu. Mais je n'y suis jamais arrivé. Il a agi par bonté et solitude, comment lui en vouloir ? Qui serais-je pour juger de tous ces siècles de solitude, moi qui n'ai que dix-sept ans ?

En résumé, me voilà un vampire complètement perdu. Je viens d'être propulsé dans un nouveau monde qui m'est inconnu. Un monde où les mythes ont leur place et sont même le sujet principal. Je ne sais plus si je dois être reconnaissant, en colère, désespéré ou heureux. Je sais que le temps apportera mes réponses, surtout que j'ai l'éternité devant moi maintenant. Je me demande toutefois si je la désire cette éternité.