Merci pour les reviews !


Chapitre 2

Résister

Le lendemain, Hermione avait pris le parti de se concentrer sur le travail. Ou en tout cas de chasser toute distraction. Elle acheva ses devoirs de métamorphose à l'avance, prépara son cours de Défense... Fort heureusement, le mardi était un jour sans cours de potions, une journée peu chargée même, Hermione, Harry et Ron en profitèrent pour rendre visite à Hagrid.

Ils évoquèrent leur rentrée et le demi-géant leur apprit qu'il pourrait, dès le mois prochain, utiliser sa baguette à nouveau.

« Il était temps ! Fit Harry.
- La Directrice m'a convaincu d'en faire la demande et j'ai reçu un courrier...

Il sortit le parchemin qu'il leur tendit les mains légèrement tremblantes. Hermione eut l'impression qu'il avait besoin qu'ils lui confirment qu'il avait bien lu.

- Hagrid, c'est formidable, tu devrais même pouvoir reprendre ta scolarité ! Réalisa-t-elle soudain.
- Pourquoi il voudrait faire ça ? Demanda Ron.
- C'est vrai que tu as déjà un travail Hagrid, il n'y a pas de raison...
- Il y a plein de raisons ! Réfuta-t-elle.

Mais Hagrid n'avait pas l'air si enthousiaste.

- Harry a raison, Hermione, j'ai ce travail, je le perdrais si je recommençais...

Elle n'insista pas. Quelques années plus tôt, elle aurait trouvé ça aberrant de renoncer à une telle opportunité, mais à présent, elle était plus mesurée. Un hibou choisit ce moment pour entrer dans la cabane par la fenêtre, dans un hululement sonore qui les fit sursauter.

- C'est la chouette de Minerva, remarqua Hagrid étonné.

Il s'empara de la lettre et la leur tendit :

- Elle est pour vous.

Chers Harry, Ron et Hermione,
Je vous invite à prendre le thé à 17h, le mot de passe est Angora.

MMG

- Prendre le thé avec McGonagall ? Relut Harry.

Il tendit la lettre à Ron qui avait ri, persuadé que Harry plaisantait.

- J'ai un peu de mal à me faire à cette familiarité, dit ce dernier tandis que le rouquin lisait la lettre à voix haute.
- Vous devriez y aller, répondit Hagrid.
- Je ne pense pas que nous ayons le choix, commenta Hermione en souriant.

Quelques heures plus tard, Minerva McGonagall les accueillit à bras ouverts dans son bureau, leur indiquant à l'occasion un coin du bureau aménagé en petit salon. Ron oublia sa gêne quand il aperçut les petits gâteaux au beurre, il s'installa le premier et se servit avec empressement, sous les yeux médusés d'Hermione.

- Oh pardon, dit-il en se levant.
- Ne faites pas l'imbécile Ronald, asseyez-vous.

Harry adressa un regard entendu à Ron et lui mima des lèvres lorsque McGonagall eut le dos tourné : asseyez-vous Ronald. Hermione sourit et prit place à côté de Harry. La Directrice leur servit trois tasses de thé.

- Comment s'est passée cette première journée ?

Ils se regardèrent. Hermione savait ce que ses deux amis pensaient. Dire la vérité à celle qu'ils avaient côtoyé durant les temps les plus durs ? Ou mentir à leur actuelle directrice... ?

- Intense, fit simplement Hermione.

Elle avait également rapidement chassé de son esprit l'image de Severus Rogue.

- Je suis sûre que vous vous en sortirez très bien, oui, vous aussi Ronald !

Les oreilles de Ron étaient cramoisies.

- Il faudrait un miracle en potions... marmonna le rouquin.

Harry hocha vigoureusement la tête.

- Voyez les choses autrement, Severus est tellement exigeant que vous serez forcément bien meilleurs le jour de l'examen.

Des coups résonnèrent. McGonagall ferma les yeux, lasse, et leur dit :

- Ce poste m'épuise, chaque jour, chaque heure, quelqu'un vient frapper à cette porte, leur expliqua-t-elle, entrez !

La porte s'ouvrit et Hermione se sentit glisser dans le canapé, celui qui l'avait franchie, et qui les considérait maintenant d'un air à la fois surpris et ennuyé, c'était bien entendu Severus Rogue.

- Ah, Severus, justement, nous parlions de vous !

Le maître des potions plissa les yeux et son regard s'arrêta un instant sur Hermione, qui but une gorgée de thé pour se donner une contenance.

- Ces jeunes gens sont persuadés qu'ils ne pourront pas réussir leurs examens de potions, je suis sûre que vous allez les détromper...
- N'en soyez pas si sûre Minerva...
- Oh Severus, vous n'avez décidément pas changé, dit-elle.

Hermione nota qu'elle prononçait ces mots avec le sourire. La relation entre eux deux avait été remarquablement froide durant l'année de la bataille, et pourtant, il n'avait pas fallu plus d'un mois pour qu'ils se fassent à nouveau confiance.

- Je ne souhaitais pas interrompre votre petite... réunion, mais je rencontre quelques difficultés avec ma collègue, qui...

Hermione n'aurait pas aimé être à la place de cette collègue en question, tant il plaçait de mépris dans ses mots. Elle n'eut pas le temps de savoir de qui il s'agissait que de nouveaux coups furent frappés à la porte. McGonagall ferma les yeux encore une fois et Rogue lui-même parut très agacé d'être interrompu. Il jeta un regard dans la direction d'Hermione et elle détourna le sien pour se concentrer sur la porte.

C'était Trelawney. Est-ce que tous les professeurs les plus désagréables de l'école s'étaient donnés rendez-vous dans le bureau de McGonagall au moment précis où elle s'y trouvait ?

- Madame la Directrice ! Fit Trelawney d'une voix perçante.
- Sybil, vous pouvez m'appeler Minerva, répliqua celle-ci d'un ton qui laissait transparaître qu'elle lui avait souvent fait la remarque.
- Cet individu ! L'ignora Trelawney.

Elle désignait Rogue du doigt. Ce dernier croisa les bras sur sa poitrine.

- Allons, allons... tenta McGonagall.
- ...m'a agressée ! Je ne tolère plus d'être insultée de la sorte.
- Là où certains parlent d'insultes... je n'ai fait que pointer des faits, fit Rogue d'une voix satisfaite.

Hermione et Harry eurent un sourire amusé.

- Severus, vous ne m'aidez pas, siffla McGonagall.
- Je crois que je vais plutôt me servir une tasse de thé, dit-il alors d'une voix indifférente.

Hermione se raidit sur le canapé tandis qu'il s'approchait d'eux. Il ne leur accorda pas un regard et fit simplement apparaître une tasse supplémentaire.

Pendant ce temps, McGonagall tentait vainement de calmer la professeure de divination, qui bientôt quittait la pièce dans un élan de rage.

- Severus, que vous a-t-il donc pris cette fois ? Demanda-t-elle en se tournant vers eux.

Il la fit patienter le temps de finir son thé puis :

- Il m'a pris qu'elle s'est sentie dans l'obligation de me prédire une année de souffrances dont je ne déclinerai pas ici les variantes...
- Et cela vous surprend-il encore ? Severus, c'est Sybil... Il nous faut bien un professeur de divination, ajouta-t-elle plus pour elle-même.

Hermione n'était pas convaincue. Soudain, la voix de Harry les interrompit dans leur conversation :

- C'est quand même elle qui a fait la prophétie...

Tous se tournèrent vers lui. Rogue et McGonagall le regardaient, les sourcils froncés :

- Qu'est-ce que tu racontes Harry ? Demanda la Directrice.
- Vous ne saviez pas ?

Le jeune homme regarda tour à tour les deux professeurs.

- Elle en a même fait une autre, quand j'étais en troisième année... continua-t-il.
- Vous n'êtes pas sérieux, murmura Rogue.
- J'étais sûr que vous saviez, dit-il à l'adresse plus particulière de Rogue.

Un silence embarrassant s'installa. Harry, mal à l'aise, continua :

- Ce qui ne l'empêche pas de dire n'importe quoi les trois quarts du temps.
- Harry, on ne dit pas de mal d'un professeur, fit la voix sèche de McGonagall.
- Heu, oui, pardon.

Hermione se retint de faire remarquer qu'une minute auparavant, c'était exactement ce que la Directrice faisait. Cette dernière jeta un coup d'oeil perçant au portrait de Dumbledore qui semblait fasciné par son propre cadre.

- Et que faites-vous là, vous trois ? Demanda soudain Rogue.
- Je les ai invités Severus, le coupa Minerva.
- Est-ce une bonne idée, Minerva ? D'exhiber un tel favoritisme... ?
- Oh Severus, ce n'est pas vous qui me ferez de leçon sur le favoritisme, je vous prie.

Rogue s'apprêtait à répliquer mais il n'en eut guère le temps, une nouvelle personne avait frappé à la porte.

- Oh par les serpents de la gorgone, est-ce trop demander que d'avoir une minute à soi ? S'écria la Directrice en ouvrant la porte d'un coup de baguette. Hermione, Harry et Ron n'osaient ni parler, ni partir.

Cette fois-ci, c'était le concierge, Rusard, qui les avait rejoints. Il jeta le même regard méfiant que Rogue au trio, et s'approcha de McGonagall en parlant à voix basse.

- Argus, puisque je vous ai déjà dit que nous reprenions la politique d'Albus en termes de punitions et que nous n'autorisions toujours pas les coups de fouet...

À cette mention, Hermione regarda spontanément Rogue. Y avait-il pensé lui aussi ? Il semblait que non. Il se tourna vers elle, sans doute conscient d'être dévisagé, et Hermione lui demanda pour éviter d'être embarrassée :

- Professeur, je peux vous poser une question ?

Il arqua un sourcil et répondit d'une voix lente et sarcastique :

- Vous venez de le faire.

Elle l'ignora et continua :

- Quelle potion allons-nous étudier demain ?
- Tant d'impatience est touchant, miss Granger, mais je suis au regret de vous annoncer que vous l'apprendrez, comme les autres, demain.
- C'est juste que, j'aimerais faire mieux, cette fois, finit-elle.

Il parut hésiter. C'était à moitié vrai, elle voulait aussi aider Ron et Harry à la préparer.

- Potion d'invisibilité, dit-il après un court instant.
- Ah Severus, brillante idée, si je disparaissais, au moins je ne serais plus dérangée ! Fit McGonagall après avoir mis Rusard à la porte, je crois que je vais devoir vous congédier, Hermione, Harry, Ron, je vous souhaite une bonne semaine de rentrée. »

Ils saluèrent la directrice et Rogue, qui ne prit même pas la peine de répondre, et marchèrent avec empressement jusqu'à la bibliothèque. Hermione était surprise de voir ses deux amis tout aussi motivés qu'elle à travailler la potion d'invisibilité.

Ils furent relativement efficaces, Hermione connaissait déjà la théorie dans ses moindres détails tandis que les garçons avaient cerné les difficultés majeures afin de s'y préparer.

Le lendemain matin, ils se sentaient donc pleinement confiants. Ils avaient tort.

« Potion d'aveuglement, annonça la voix doucereuse du professeur Rogue.

Comment avait-elle pu croire qu'il les aiderait ? Quelle idiote. Ron à côté d'elle affichait une expression désespérée et Harry quant à lui leva les yeux au ciel.

- Un problème ? Demanda le maître des potions en s'adressant directement à eux.

Hermione lui renvoya un regard accusateur, oh il savait parfaitement quel était le problème et il s'en réjouissait. Ils se lancèrent dans la préparation.

Rogue, comme à son habitude, passait dans les rangs tout en prenant un malin plaisir à ridiculiser leur travail. Quand il s'arrêta à côté d'elle, Hermione fut ravie de n'entendre aucun commentaire. Visiblement, il n'avait rien à lui reprocher. Elle n'avait pas l'intention de succomber, c'était un défi pour elle désormais : chacune de ses potions serait parfaite. Croyait-il seulement pouvoir l'empêcher de réussir ? Qu'elle se plierait aussi facilement à ses volontés ? Peut-être, dans une chambre... à l'homme, pourquoi pas, mais certainement pas au professeur.

Il poursuivit son inspection.

Hermione lui jetait quelques coups d'oeil à la dérobée. Souhaiterait-il que sa potion soit imparfaite ? En avait-il envie, comme elle en avait eu envie la veille au soir... ? L'un comme l'autre avaient joué le jeu... était-il aussi perturbé qu'elle ?

Et si elle le testait ? Dominant... quelle surprise. Severus Rogue n'avait pas l'habitude d'être déstabilisé. Mais elle ne ferait pas ici, ce serait déplacé et elle ne serait pas à l'aise. Elle acheva sa potion et ne reçut aucun reproche de sa part, preuve qu'elle était parfaite.

Le reste de la journée fila et en soirée, elle rejoignit le terrain de Quidditch pour assister au premier entraînement de Harry et Ron depuis la rentrée. Les deux garçons étaient particulièrement enthousiastes et leur plaisir était communicatif, Hermione dût reconnaître que l'équipe avait fière allure. Elle gardait toutefois son manuel de métamorphose sous les yeux pour travailler, mais la concentration n'était pas au rendez-vous. Elle aperçut alors une silhouette qui se dirigeait vers les gradins. Rogue, apparemment libre, se rapprochait d'elle, sa cape noire légèrement soulevée par le vent.

Que faisait-il là ? Elle fronça les sourcils et le regarda avec suspicion tandis qu'il la fixait de haut, maintenant arrivé à sa hauteur.

- Eh bien, eh bien, Miss Granger n'étudie pas, quelle surprise.
- Qu'est-ce que vous faîtes là ? demanda-t-elle sans relever le sarcasme.
- La même chose que vous, je présume, répondit-il en détournant le regard vers le terrain.
- Mais pourquoi venir voir l'entr... vous êtes venu espionner les Gryffondors ! réalisa-t-elle soudain.
- Observer, la corrigea-t-il.
- Oh oui, ça change tout ! répliqua-t-elle.
- Prenez garde, Miss Granger, je suis encore votre professeur, la prévint-il.
- C'est bien dommage, rétorqua-t-elle sans y penser.

Il se retourna vers elle, le visage indéchiffrable. Pourquoi avait-elle dit ça ? Qu'à cela ne tienne, elle résisterait à son regard pénétrant.

- Vous pouvez bien les espionner, de toute manière, ils gagneront, dit-elle pour détourner son attention.
- Je vous assure que vous avez tort, répondit-il en regardant à nouveau le terrain.

Mais elle surprit un éclair de doute quand le trio de poursuiveuses fit une nouvelle action exceptionnelle, alternant feinte, acrobaties et jeu en équipe incroyablement intuitif.

- Vous voulez parier ? continua-t-elle amusée.

Elle était sûre qu'il la remettrait à sa place, mais finalement, à sa grande surprise, il répondit :

- Puisque vous n'avez aucune chance.
- Qu'est-ce que vous avez à m'offrir ? fit-elle d'une voix pleine de sous-entendus.

Oh elle voulait le déstabiliser, elle y parviendrait. Il reporta à nouveau son attention sur elle, elle lui adressa un sourire en attendant sa réponse, qui tardait :

- Rien que je ne pourrais décemment proposer à une étudiante, Miss Granger, dit-il lentement.

Sa voix grave lui fit un certain effet.

- Je vous conseille d'y réfléchir, d'ici une semaine, vous avez le temps.
- Et vous, que comptez-vous m'accorder ? demanda-t-il un sourire au coin des lèvres.
- Vous ne le saurez jamais, répondit-elle avec malice.

Pas la semaine prochaine, en tout cas, nuança-t-elle mentalement. Mais ses pensées de plus en plus troubles furent interrompues par l'arrivée de l'équipe. Harry s'arrêta en plein vol devant eux, bientôt suivi par Ginny. Ron prit quant à lui la direction des vestiaires, sans doute refroidi par la présence de Rogue.

- Vous pourrez informer les Serpentards que nous allons les écraser, professeur, fit Harry un grand sourire aux lèvres, j'espère que ça aura été instructif, ajouta-t-il amusé."

Rogue haussa les sourcils et se contenta de retirer quelques points à Gryffondor, avant de partir dans un mouvement de cape. Pour une fois, Hermione était réellement très impatiente de connaître l'issue du match.


J'ai pris du retard dans l'écriture mais j'espère pouvoir publier la suite la semaine prochaine quand même ! J'espère que ce chapitre vous a plu :) J'avoue avoir eu quelques difficultés, les débuts sont forcément un peu délicats, j'essaie de ne rien forcer mais n'hésitez pas à me faire part de vos critiques !