Un petit mot de remerciement pour tous ceux qui ont le courage et la patience de lire ces quelques phrases ! Troisième chapitre, aussi courts que les autres, dsl, il y en aura 5.
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Chapitre III
Bifurquer
Le sang avait séché sur ses fringues, avec la chaleur de la pièce, nul besoin de faire un dessin, ça commençait sérieusement à empester. Il aurait pu laisser l'elfe de maison les embarquer tout comme il aurait pu également goûter à la nourriture sur les plateaux que ce dernier avait apporté. Mesurer l'écoulement du temps à la détérioration de choses mortes, même comestibles… La situation virait tranquillement vers le pathétique. Il ne bougeait toujours pas, il en était incapable… Et si encore il ignorait ce qu'il devait faire. Mais ce n'était pas le cas. De la lâcheté donc. Tout simplement. Après coup, chacun de ceux qui s'attacheront à relater lesdits événements insisteront sur la nécessité douloureuse qu'il y avait eu d'attendre le moment propice. Oui, tous parleront du dilemme, de l'angoisse puis du courage. Seul contre ses pères, oui, ils en feront des tartines magnifiques. Mais s'il l'avait vraiment aimé, n'aurait-il pas dû agir tout de suite ? Devant son père, s'élever enfin véritablement contre lui ? Au lieu d'attendre je ne sais quoi sur un putain de fauteuil ? Peut-être aurait-il échoué, sauf que dans ce cas là, il s'en foutrait totalement de ce qui était en train de se passer dans l'un des cachots, en bas, dans les souterrains, peut-être même juste sous lui.
Un jour et deux nuits avant que d'un geste machinal, il se soit levé, soit allé dans sa salle de bain se passer de l'eau sur la figure avant de choisir nonchalamment une cape noire dont il avait mécaniquement rabattu la capuche sur sa tête. Comme à son habitude, c'est fou comme des cheveux blonds pouvaient être un désavantage en cas de pérégrination nocturne. Et il y était allé. Tranquillement, sans plus d'inquiétude. Il était chez lui après tout. Et quelques bribes de conversation surprises au détour d'un couloir avaient fini de le rassurer, son père était apparemment parti rejoindre le Lord. Avantage certain quand on tenait d'un autre murmure que celui-ci arpentait la Bulgarie. A croire qu'il avait finalement bien aimé son trop court exil dans une forêt roumaine vu son attachement manifeste aux pays de l'est.
Finalement, son père aurait dû se méfier. Ou plutôt considérer que son fils avait avec le temps développé les quelques talents nécessaires à la survie parmi les rangs des Mangemorts. Ou même que les années passées à errer dans sa vaste demeure en faisant attention à ce que personne ne l'aperçoive lui avait permis d'acquérir un certain sens de l'observation.
Qualités que la situation actuelle mettait au grand jour, notamment lorsqu'au lieu de passer par l'entrée principale des souterrains, ce qui impliquait obligatoirement de laisser une trace magique de son passage, il s'était introduit dans le bureau de son père. Lequel, totalement dans son rôle de chef de famille avait oublié qu'il n'était que l'actuel utilisateur principal du manoir Malefoy et qu'à ce titre il avait simplement hérité d'un manoir dont les particularités avaient été greffées au fur et à mesure des ans par les Malefoy qui s'y étaient succédés.
Tout ceci pour faire remarquer que de devoir mettre une goutte de sang Malefoy sur la porte du bureau pour obtenir son ouverture, c'était, en plus d'être barbare, une sécurité des plus insuffisantes quand on sait que dans le sang du fils coule celui du père… Il avait alors tranquillement emprunté l'escalier privé de Lucius Malefoy, caché derrière le tableau représentant le fondateur de leur lignée si pure. Les souterrains étaient déserts. Tout le monde a besoin de prendre du repos et tout le monde en profitait bien plus dès que le chef s'éloignait.
Devant la porte du cachot, il s'était fait la réflexion que si jamais succès de l'opération il y avait, il serait possible de considérer que le sauvetage d'une sang-de-bourbe était grandement due à la noblesse de son propre sang bien pur. Plutôt ironique comme truc.
Il était entré, avait laissé retirer lentement sa capuche. Elle n'avait pas sursauté, ni sourit, ça il fallait pas exagéré. En fait, elle était au-delà de tout ça. Recroquevillée contre un mur, sa peau était couverte de zébrures et parsemée de marbrures d'un brun violet. Ses cheveux étaient toujours aussi broussailleux sauf que là, en plus, ils étaient tout pleins de sang. Ils ne l'avaient pas loupée.
Il s'était approché doucement, elle avait levé la tête, il n'aurait pas pu dire si elle l'avait reconnu. Pas grave. En fait, ça valait sûrement mieux. Ce n'était pas vraiment le moment pour qu'elle craque, si elle en était encore capable. Il avait retiré sa cape, s'était agenouillé et l'avait doucement posé sur son corps, l'attirant contre lui. Elle respirait beaucoup trop faiblement. Il l'avait soulevée. Beaucoup trop légère aussi.
Il n'avait pu s'empêcher de grimacer. Certes, son passage dans les cachots familiaux n'avait rien arrangé, au contraire, mais ne pouvait en endosser l'entière responsabilité. Foutue guerre.
