Petit message des auteurs :
Valentine: Bonjour à tous ! Je tiens d'abord à m'excuser pour le retard de ce chapitre ( car oui, je dois avouer que c'est de ma faute… ou plutôt la faute de mon ordinateur capricieux… ) mais malgré cela j'espère que vous allez l'aimer tout autant que les précédents. Vous allez voir que ce chapitre présente des nouveautés, avec une toute autre ambiance… Merci beaucoup pour tous les commentaires et les personnes suivant l'histoire que j'ai pu voir à travers le profil d'Eléonore, ça me fait très plaisir de voir que cette invention plait autant !
Eléonore: Hello ! Non, nous ne sommes pas morte. ^^ Comme l'a dit Valentine, il y a juste eu quelque bug d'ordinateur par ci et par là et puis surtout les fêtes de fin d'année mais nous revoilà (pour vous jouer un mauvais tours) avec le chapitre 2 ! Je tiens encore a remercier toute les personnes qui on laissé une review, follow l'histoire ou qui l'ont ajouté à leur favori parce que VRAIMENT c'est ultra agréable de recevoir des encouragements ! Bonne lecture !
CHAPITRE 2: AKIRA MURASAKI
L'air était doux et le soleil déjà haut dans le ciel. Il devait être approximativement dix heures du matin lorsque l'escorte mortuaire arriva. Habillés de noir, tous marchaient en silence. La petite troupe, bercée par le son des sanglots, avançait l'âme en peine d'un pas lent et derrière le cercueil, ce sombre cortège paraissait discret et intimidé. Les rares personnes qui osaient parler ne faisaient que chuchoter, ne souhaitant pas troubler le repos de la funeste dépouille allongée dans la grande boite en chêne verni. Sur celle-ci était déposée une couronne de chrysanthèmes blanches ainsi que quelques encens déposés par la famille du défunt, renforçant le sentiment de désolation qui émanait de la cérémonie.
Le gravier, un peu sale, croassait à chaque pas qui venait l'écraser, ajoutant à l'atmosphère funeste et pesante un côté lugubre.
A l'avant du cortège funéraire, une femme aux cheveux noirs s'engouffrait dans les bras de son époux, s'évertuant en vain à cacher aux personnes présentes ses sanglots. Son fils unique -son bébé- était mort quelques jours plus tôt et rien ne pourrait la consoler. En observant de plus près son visage de porcelaine presque enfantin couvert de larmes, il était difficile de comprendre qu'elle était la mère du jeune homme qu'on enterrait ce jour-là. Son mari passait à cadence régulière une main rassurante dans son dos, dans le but de la consoler, alors que ses propres larmes brisaient la barrière de ses yeux amendés. Pour sceller ce sombre défilé, on pouvait voir à l'arrière se lamenter les amis de la famille.
"Mourir si jeune, quel drame."
"Il va abandonner tant de personnes dans le chaos maintenant qu'il est parti."
Ceux qui venaient de parler se tournèrent le regard contrit en direction d'une jeune fille aux cheveux bleus, qui semblait retenir l'attention des personnes présentes. Elle avait tout juste vingt-sept ans et pleurait sans savoir se retenir. Des larmes chaudes et translucides se déversaient de ses yeux rouges, semblables à des rivières aux flots incontrôlables. A sa gauche se tenait son frère ainé, et à sa droite le cadet. Ils soutenaient tous les deux leur sœur aussi bien physiquement que mentalement, car la plus petite de la fratrie semblait être prête à s'écrouler d'un instant à l'autre. Chaque pas, chaque mouvement alourdissait le poids qui posait sur ses épaules autant que sur son cœur. Akira Murasaki était, comme toute sa famille, atteinte par le champigon Pereoboruvanny. Semblable à sa mère, elle était aussi touchée par une forme commune d'hétérochromie : un de ses yeux était donc vert tandis que l'autre était d'un brun presque noir. C'était souvent la première chose que l'on relevait de sa beauté. Les deux frères de la jeune femme ne cessaient de lui répéter d'être forte, d'avoir du courage et de se contrôler. Mais au vu des grognement d'Akira, leurs paroles n'avaient que peu d'effet. En arrivant devant le caveau dédié au jeune homme qu'on enterrait en ce jour, la jeune Pereoboru sentit venir sa limite et exigea de s'éloigner rapidement. La mère du défunt, en tête du cortège, se retourna et versa une larme pour la jeune fille qui aujourd'hui enterrait son fiancé.
Le soir même, Akira rentrait dans le centre psychiatrique de la métropole de Sendai.
Elle en avait fait elle-même la demande, même si elle ne pouvait s'empêcher de détester cet endroit. Cependant elle savait qu'elle ne pouvait rester au dehors en ce jour. Elle pourrait perdre contrôle à tout moment suite aux événements auxquels elle venait d'assister. Malgré sa bonne volonté, le mélange constant entre l'odeur des désinfectants, de la rouille et celle des médicaments qui émanait du vieux bâtiment lui donnait des nausées, presque autant que le goût fade et écœurant de la nourriture qu'on lui servait dans un plateau matin, midi et soir... Elle pestait contre l'eau bien trop froide des douches et ses maudits radiateurs impossibles à régler. Cet hôpital n'était sûrement pas plus rude qu'un hôpital "classique" -ou peut-être que si…- mais Akira savait le bien qu'un accompagnement médical et psychologique pouvait avoir sur elle. Elle se devait d'être prête mentalement à retourner travailler au plus vite.
Elle avait entendu parler du garçon interné dans la chambre en face de la sienne. Il n'avait que dix-sept ans, bientôt dix-huit et venait tout juste de se transformer. Akira fréquentait beaucoup de Pereoborus, ce n'était donc pas la première fois qu'elle entendait parler de cas similaires mais celui-ci présentait tout de même quelque chose d'inhabituel. Il avait malheureusement subi un deuxième traumatisme juste après sa transformation spectaculaire. D'après ce qu'elle avait cru comprendre, un de ses amis avait été tué sous ses yeux. En apprenant ce fait, Akira se senti irrémédiablement liée à son mystérieux voisin. Lui aussi avait vécu un événement bouleversant ces derniers-jours. Visiblement, elle n'était pas la seule à mener une vie digne des grandes tragédies antiques.
Dix jours après son entré dans le centre psychiatrique, Akira surprit une conversation entre une infirmière et l'habitant de la chambre d'en face. Elle avait depuis longtemps intégré le nom du pensionnaire : Hinata. Celui-ci avait eu des moments de colère particulièrement violente depuis son arrivée et Akira n'avait pas pu totalement l'ignorer. Les infirmières non plus visiblement, car des dizaines d'entre-elles avaient passé une partie significative de leur temps à lui administrer des sédatifs, tentant en vain d'étouffer sa colère chaotique, et les spasmes que cette dernière provoquait en son corps. Le patient ne cessait donc de passer d'un comportement de furie à un état presque second voire absent.
"Et bien Hinata, ton séjour ici va bientôt toucher à sa fin. N'est-ce pas ?"
On entendit une voix nasillarde répondre sans grande volonté, avant que l'infirmière ne récite son discours habituel. Elle décrit rapidement le repas qu'elle avait apporté et la liste des médicaments que l'adolescent devait encore ingurgiter. Elle informa ensuite qu'une activité était prévue dans la salle commune au rez-de-chaussée et que le couvre-feu était toujours fixé à dix-neuf heures. Finalement elle souhaita une bonne soirée au garçon, avant de repartir dans le couloir principal. Le pensionnaire de la chambre suivant eu droit au même discours, et Akira fut satisfaite d'être dans les premières à avoir eu le briefing pour ne pas avoir à patienter tout en sachant ce qui allait être annoncé...
Dans la chambre d'en face Hinata soupira. Cela faisait plus de deux mois qu'il était interné ici et cela lui devenait insupportable.
Nul n'avait su l'informer de l'état de Kageyama depuis "l'incident" du gymnase, et Hinata avait imploré ses proches maintes et maintes fois pour parler à la famille de son ami, sans succès. Personne n'avait osé lui dire de but en blanc la vérité. Tout était dit à demi-mots. Il en devenait complètement paranoïaque et conservait un espoir fou au fond de lui, comme une petite voix qui lui dirait "il est toujours là". La situation lui laissait un goût amer, pensant chaque jour au brun, mais Hinata continuait à nier ce qui était à ses yeux et aux yeux de tous une évidence : la mort de son ami. Il rit jaune en pensant au dicton "On ne connait la valeur d'une personne qu'après l'avoir perdu". Il n'était pas du genre à s'apitoyer sur son sort mais par moment, la situation était simplement trop difficile à porter. Même Kenma, qui est pourtant son meilleur ami, n'avait pas pu venir une seule fois lui rendre visite depuis ces deux derniers mois au centre, et n'avait la possibilité de lui parler par message que le week-end car celui-ci était actuellement dans son année obligatoire de formation à l'armée Pereoboru. C'est pourquoi, pour l'instant, Hinata avait vécu ses semaines comme une punition quasi insoutenable.
Le bruit de sa porte de chambre se refermant brutalement fit sursauter le rouquin, ses poils et ses plumes se hérissèrent sur tout son corps et ses yeux se fermèrent avec douleur. Chaque coup, chaque cri qu'il entendait, le ramenait quelques semaines en arrière peu après la détonation de l'arme à feu dans le gymnase du lycée. Il les rouvrit pourtant en un éclair. Quelqu'un était dans sa chambre. La peur de l'adolescent s'évapora dès qu'il comprit que l'intruse s'était en réalité trompé de couche. La Jeune fille au paraître un peu particulier s'excusa dans un grand sourire et s'empressa de sortir pour rejoindre sa chambre se situant juste en face, ses cheveux bleus dansant sous la cadence de ses pas. Hinata haussa les épaules en ignorant cette dernière visite impromptue et avala les médicaments se trouvant sur la petite table devant lui. D'ici peu, l'analgésique ferait effet et il sombrerait dans les bras de Morphée. Ainsi comme chaque soir il ferma les yeux dans l'espoir que le jour suivant ne se lève jamais, tout en sachant pour son plus grand malheur qu'il le ferait, et qu'il faudrait alors recommencer à passer une nouvelle journée loin de ses amis, loin de sa famille, loin de Kageyama...
Hinata se réveilla à l'aube le lendemain. Les infirmières n'avaient pas encore fait leur tour du matin, il devait donc être moins de sept heures. Dans le couloir, toutes les portes étaient fermées excepté celle en face de sa chambre. Il n'y prêta pas plus attention que cela et quitta l'hôpital pour se rendre dans le parc voisin. Il n'en n'avait pas l'autorisation, mais Hinata préférait se lever plus tôt que les infirmières afin de s'évader de ces quatre murs l'entourant sans cesse, pour profiter d'un moment de paix avant de revenir à la sombre réalité. Là-bas, il s'installa sur un banc devant un petit étang ou un couple de canard barbotait. Le vent frais qui prenait place venait lui chatouiller le visage et finissait par s'engouffrer dans ses cheveux fauves, lui apportant un semblant de tranquillité et sérénité.
Il resta une heure sur ce banc sans rien faire, complètement amorphe, avant de remarquer que la jeune femme aux cheveux bleus qu'il avait vu la veille s'était assis à sa droite.
Ils se lancèrent, à la vue des canards et crapauds profitant de l'eau du petit étang, un regard sincère empli de compassion et sans aucun jugement. C'était la première fois qu'Hinata recevait ce genre de regard depuis qu'il était devenu ce que certains non-infectés pourraient décrire comme "un monstre". Et cela lui fit le plus grand bien. Akira n'avait que faire qu'il porte à son dos deux grandes ailes noires lui donnant un air de ressemblance avec l'Ange de la Mort, et n'était pas non plus condescendante suite aux évènements qu'il avait vécu. Des choses dramatiques, cela arrive à tout le monde et tous les jours, pensait-elle…
Hinata, quant à lui, ne se formalisait pas face aux yeux surprenants de la jeune femme, ou de ses cheveux flamboyants visibles à des kilomètres. Et le rouquin comprit en un instant le deuil que traversait Akira sans qu'elle n'ait nul besoin de lui en souffler mot, ressentant en elle une âme seule, attristée et dévastée, à laquelle il s'identifia et reconnut en lui.
Cette première rencontre en aurait rebuté plus d'un mais Hinata et Akira ressentirent rapidement un lien fort se créer en eux. Ainsi, sous les rayons du soleil levant, ils surent tous deux qu'à partir de maintenant, s'ils devaient surmonter à nouveau un pareil désespoir, plus jamais ils n'auraient à le faire seul.
A peine une semaine plus tard, Hinata dû quitter le centre psychiatrique. Devant sa porte patientait cette jeune femme à peine plus grande que lui et pourtant de dix ans son aînée, qui était maintenant devenue son amie. Elle était épaulée contre la monture de la porte et regardait avec tendresse le rouquin empaqueter le nombre astronomique d'affaire qu'on lui avait amené pour son séjour. Suite a leur rencontre, leur vie au centre s'était considérablement améliorée. Rapidement Akira avait rassuré Hinata face aux inquiétudes qui le tenaillaient, répondant à chacune de ses questions sur les problèmes que pouvait apporter son nouveau statut. Tous deux avaient pris soin de se consoler mutuellement au plus vite, pour traverser et passer leur deuil. Bien entendu, la tristesse et la colère ne disparaissait pas complétement mais lorsqu'ils étaient ensemble, elle s'atténuait.
Hinata se planta face à sa nouvelle amie, une carte de transport en main accompagnée d'un petit papier gribouillé, et s'immobilisa avant de la prendre dans ses bras. La jeune femme demandait beaucoup d'attention physique et Hinata appréciait particulièrement lui donner les câlins dont elle avait besoins. Cette marque d'affection plu beaucoup à Akira qui répondit avec joie à l'étreinte avant de relâcher l'adolescent.
" Et bien, je crois que c'est le moment pour nous de se dire adieux... " Maugra la Pereoboru aux cheveux bleus.
Hinata la serra à nouveau contre lui, cette fois-ci de façon plus égoïste.
"Pour moi, ce sera un à bientôt" rectifia Hinata tout en tendant le bout de papier qu'il avait préparé préalablement, sur lequel était inscrit son numéro de téléphone.
Est-ce que ce chapitre vous a autant plu que les précédents ? Que pensez-vous d'Akira ? Laissez-nous une review et donnez vos impressions ! ^^ (S'il vous plait !)
