Hello!

Voici déjà le troisième chapitre. Oui, il est plus court, mais je ne sais pas quand je pourrai poster la suite alors je préfère vous offrir cela que de vous affamer. Et puis il risque de répondre en partie à certaines de vos questions.

Question histoire, je sais que cette fic n'avance pas très vite, mais je ne veux pas précipiter les choses. Je réunis dans ma tête des pièces de puzzle et tout est encore très nébuleux pour moi. Donc... voilà.

Sachez néanmoins que j'ai quelques idées pour la suite, notamment sur le rôle de ce charmant Draco. Vous en apprendrez plus sur lui prochainement. Si vous avez des idées, cependant, je suis prête à les entendre, mais je ne jure de rien. Ça peut toujours aider toutefois.

Donc voilà, je vous laisse lire en paix. Merci à tous simplement, de lire, de commenter ou de simplement me mettre dans vos allerts. Ca me réconforte sur la valeur de cette histoire.

RAR Anonymes : Merci à Juby et Hermoni. J'espère que ce chapitre saura répondre à quelques unes de vos questions, tout en vous laissant assez sur votre faim pour que vous n'ayez d'autres choix que de revenir! Bisou et merci !


D'un geste expert, Severus Snape trancha la tête du Lutin de Cornouailles. Très peu de sang gicla. Le corps sans vie alla rejoindre la pile déjà consistante à sa droite tandis que l'autre partie, la plus intéressante pour les potions, était posée plus délicatement sur sa gauche. Plus tard, il en extrairait les yeux et le cerveau et les mettrait dans des bocaux séparés.

Avec un peu de chance, et surtout si ses classes ne s'avéraient pas cette année aussi désastreuses que d'habitude - ce qui tiendrait du miracle, mais malgré tout il conservait quelques espoirs - il n'aurait pas à refaire ses réserves avant juillet. C'était tant mieux, les prix avaient tendance à fluctuer dangereusement, ces derniers temps.

Et il avait un budget à respecter.

Ayant achevé la décapitation, il allait commencer à démembrer les petits corps bleus et rachitiques lorsqu'on cogna légèrement à la porte du laboratoire. Grimaçant légèrement, et espérant silencieusement que ce ne soit ni un élève, ni Dumbledore venant lui proposer un thé ou des bonbons - au citron -, il s'essuya brièvement les mains sur un bout de tissu quelconque avant d'aller ouvrir.

Draco Malfoy pénétra dans la pièce sans plus attendre d'invitation, sachant qu'avec Snape il risquerait de subir une oeillade glaciale qui n'en finirait plus de s'éterniser, puis une période de questions sur les raisons de sa présence au château. Puis, s'il avait de la chance, le maître des potions daignerait s'occuper de son confort. Autant entrer d'emblée et prendre place dans sur un des tabourets.

- C'est toujours un plaisir que de t'accueillir dans mon humble demeure, Draco, fit simplement l'autre en regagnant sa place et reprenant là où il l'avait laissée son occupation précédente.

Son visiteur le regarda d'un air écoeuré éviscérer la petite créature. L'odeur, plus que tout, lui semblait à peine supportable, mais il garda ses impressions pour lui.

- Je crois savoir que tu n'es pas simplement venu constater mon indéniable talent pour l'éviscération de ces charmantes créatures, finit par dire l'aîné en levant les yeux de la petite poitrine béante.

- Certes, opina l'autre. Je voulais savoir si tu avais... perçu quelques tensions à Poudlard dernièrement.

- Peut-être pourrais-tu m'éclairer sur ce que tu entends par tensions.

Le jeune ministre soupira. Ses ongles manucurés se mirent à tapoter la table de travail.

- Nous avons quelques problèmes au Ministère.

- Quelque chose à voir avec cette évasion dont parlent les journaux ?

Le blond hésita un instant avant d'hocher positivement la tête.

- Tu as été espion et je sais... d'expérience que tu as gardé tous tes vieux réflexes... Et je me disais que donc, si quelque chose transparaissait... Je veux dire par là que si quelque chose d'étrange... Enfin tu serais le mieux indiqué pour me le dire.

Pour toute réponse, il eut droit à un haussement de sourcils.

- Merlin, Sev', je veux juste que tu me dises si tu as entendu Dumby parler de cette évasion, si il y a fait illusion à un moment quelconque.

- Pas que je sache. Aurait-il dû ?

Nouveau soupir.

- Je ne sais pas... Je ne comprends pas ce qui est en train d'arriver... Ou plutôt j'ai peur de comprendre, je crois.

- Si les gardiens d'Azîr sont de la partie, sans doute l'individu manquant ne le demeurera pas très longtemps, tu sais.

- Et je ne sais pas si je dois réellement m'en réjouir, avoua l'autre.

Severus reposa lentement la lame aiguisée et tachée de sang violet sur l'espace de travail pour fixer son filleul. Les deux obsidiennes se fixèrent sur lui sans que, une fois de plus, il ne soit en mesure de lire dans l'esprit de son aîné.

Puis, plongeant sa main dans la poche de sa robe, le maître des potions saisit sa baguette et jeta un sort informulé, les enfermant dans une bulle rosée.

- Elle ne demeurera en place que quelques minutes. Au delà de cela, le directeur sera informé de son existence et viendra sans doute ici.

- Sev'...

- Je ne sais pas pourquoi, ni même quoi, mais oui, Dumbledore est nerveux, je l'ai senti. Cette évasion, sans doute, même s'il refuse d'en faire ne serait-ce que mention. Il se trame quelque chose et lui seul est au courant, semble-t-il. Et crois-moi, ça n'a rien de bon.

- Albus Dumbledore ne ferait jamais quoi que ce soit qui puisse...

- Oui, n'est-ce pas ? Le coupa sarcastiquement Snape. J'ai sacrifié... tout ce que je pouvais pour cette homme, Draco. Tout. J'ai fermé les yeux sur bien des horreurs parce qu'une partie de moi me disait qu'elles n'étaient rien face à ce que faisait Voldemort. Mais rien n'est tout blanc. Rien. Pas même lui, pas même notre icône flamboyante.

- Severus, nous ne pouvons pas...

- Nous devons nous taire, Draco, tel que nous l'avons toujours fait, tel que nous l'avons si bien appris avec le temps. Parce que ce mal semble tellement moins douloureux à ceux qui en ont connu de plus infernaux. Alors si Dumbledore décide que ce... Criminel en fuite est le pire danger que nous ne puissions jamais affronter et que sa capture, qu'il soit mort ou vif, doit se faire sans plus tarder... Alors soit. C'est ainsi que nous verrons la chose, c'est au nom de la... liberté que nous écraserons l'ennemi potentiel.

- Il tentera de venir ici, Severus. C'est... C'est un ancien élève. Et il en veut personnellement à Dumbledore, d'après ce que nous en savons.

- Et vous en savez très peu, répliqua son interlocuteur.

Les longs doigts de sa main blanche saisirent un coeur de Lutin. Il n'était pas plus gros qu'une figue séchée, mais d'une couleur pourpre si prononcée qu'en détacher les yeux était difficile.

- Tu apprendras à ne plus croire, murmura-t-il encore, ses lèvres fines s'étirant dans un rictus presque triste. À douter de chaque mot qu'ils te disent, suant de bonne volonté mais aussi et surtout d'hypocrisie. Tu finiras comme moi, Draco, si tu persistes à te poser des questions. Mais... Je resterai au sus de toute information pouvant t'intéresser. Je me tiens un peu à l'écart du reste de l'équipe professorale, ce qui ne devrait néanmoins pas poser problème tellement les nouveaux enseignants sont exubérants.

Draco eut un sourire sans joie, néanmoins intrigué par cette étincelle qu'il entrevoyait dans le regard de son ancien professeur. Il aurait sans doute eu mille autres questions à lui poser, non pas dans l'espoir que Severus lui réponde, mais seulement pour qu'il le réconforte en lui avouant sa propre impuissance, ses propres retenues. Mais déjà, la bulle de protection rosée s'amenuisait, devenant de plus en plus fine et transparente.

- Merci, Severus.

- Je ne le fais pas pour toi, le détrompa-t-il. Si... Si ce que je crois s'avère vrai... Si ce prisonnier en cavale est bien celui que j'espère... Alors je serai prêt, cette fois. Et je ne fermerai pas les yeux.

La bulle éclata dans un pop sonore alors que le maître des potions reprenait sa lame aiguisée pour se remettre à la tâche.

- C'est gentil d'être passé me voir, Draco.

Ce dernier hocha la tête lentement, incertain plus que jamais. Cette conversation aurait dû l'éclairer un peu, mais elle le plongeait tout au contraire dans l'incompréhension la plus totale, teintée de crainte et d'appréhension.


C'était un lieu paisible. Une tiédeur agréable y régnait, due aux quelques rayons qui se frayaient habilement un chemin entre les épais feuillages des arbres qui bordaient la clairière.

Le sol était tapissé de fleurs qui embaumaient l'air et attiraient de leurs couleurs chatoyantes des centaines de papillons. Quelques licornes s'y hasardaient par moment, attirées par le gazouillis des oiseaux qui paraissaient sur les branches. C'était comme un monde en soi, trop beau pour être vrai semblait-il, un résidu de que le reste de la terre avait peut-être été, un jour lointain. Hermione avait aimé ce lieu dès le premier instant. Ça lui rappelait les contes moldus qu'elle lisait, enfant.

C'était Harry qui l'avait découvert, une nuit qu'il s'était aventuré plus profondément qu'à l'accoutumée dans la Forêt Interdite. Il ne suivait déjà pratiquement plus les cours du corpus de septième année, à cette époque, et dès que ses professeurs privés le laissaient un peu souffler, il négligeait le dortoir des Gryffondor, trop bruyant et peuplé de possibles paroles indésirables. Il y avait passé plusieurs nuits, simplement adossé contre une souche, goûtant cette tranquillité qui lui faisait désormais défaut.

Et puis quand le rythme des combats s'était intensifié, que même les larmes étaient devenues impossibles à cacher, même chez les plus forts d'entre eux, il avait amené ses amis ici, dans son lieu secret. Il avait voulu qu'ils goûtent ce silence, cette paix indélébile qui semblait perdurer, même lorsque vous en étiez loin, entre des murs de pierre grise et froide.

Ils avaient aimé à y pique-niquer ou simplement à s'y étendre, sur l'herbe fraîche, à fermer les yeux pour mieux oublier, pour mieux nier ce qui les attendait à la sortie de ce paradis.

Et même cette époque, révolue depuis si longtemps lui semblait-il, paraissait tellement heureuse en comparaison avec ce qu'il vivait présentement. Peut-être parce que malgré l'indélébile sentiment de solitude qui ne le quittait jamais, jadis, il y avait toujours eu un regard confiant pour l'inciter à continuer.

Agenouillé, il ferma les yeux se forçant à laisser son esprit s'échapper brièvement, comme avant, et leva la tête pour mieux s'offrir aux quelques rayons de soleil. C'était tellement bon qu'il en aurait pleuré, mais il était trop épuisé pour cela.

Les créatures mauvaises de la forêt ne s'aventuraient pas dans la clairière mais il sentait des yeux avides posés sur lui, attendant qu'il quitte son refuge pour mieux l'attaquer sournoisement, au détour d'une ombre. Mais il comptait bien profiter de ce lieu pour se remettre un peu de tous ces jours passés à vagabonder. Il avait chapardé assez de nourriture dans les maisons moldues avoisinantes pour tenir un peu encore, pour reprendre des forces. Il se sentait assez de force magique pour allumer un petit feu et jeter quelques sorts pour se protéger, juste au cas où. Un autre sortilège pour empêcher la fumée de révéler sa position, également. Ne rien négliger.

Peut-être les centaures auraient-ils pu le trahir, mais ils avaient une vieille dette envers lui. Et puis Hagrid disparu, plus personne ne prenait réellement la peine de discuter avec eux.

La paix, c'était l'indifférence. Et l'oubli des erreurs passées.

Il secoua la tête. Ses cheveux lui tombaient sur les yeux, heureusement guéris de leur forte myopie, mais sa tignasse devrait attendre un peu. Il avait l'irrésistible besoin de se raser aussi, puisque depuis son entrée à Azîr on l'avait gardé loin des lames comme des baguettes.

Les poings c'était tellement mieux...

Une barbe drue lui piquait les joues et de ce qu'il avait pu voir de son reflet dans l'eau, il avait réellement une tête horrible. Plus tard.

Bientôt, il aurait recouvré une bonne partie de son potentiel magique. Ça ne tarderait pas ; il le sentait déjà courir sous ses veines, presque enfiévré de toutes ces années d'inaction. C'était tant mieux, il avait besoin d'une explosion de ses forces pour exterminer quiconque viendrait à le défier, quiconque se mettrait sur son chemin.

Il ne craignait pas de tuer ; il l'avait tellement fait, déjà, qu'il lui semblait que le concept de vie n'avait plus de sens véritable. Et il n'y avait plus personne pour le lui rappeler.

Prenant appui sur l'une des deux tombes devant lesquelles il s'était agenouillé, un instant plus tôt, il se remit debout, faisant craquer ses muscles endoloris.

Sous sa main, la pierre était froide.

Bon, on répète après moi : J'aime l'auteur. Je n'ai pas envie de frapper l'auteur. Je suis apte à la patiente, surtout lorsqu'il est question de l'auteur.