Bonjouur!

Le chapitre d'aujourd'hui est long.. très long.. enfin pour moi il l'est! Merci pour toutes vos reviews qui réchauffent mon cœur et me donne envie d'écrire la suite avec encore plus d'enthousiasme! J'espère que ce chapitre vous fera plaisir! J'avoue je rentre un peu dans le cliché mais bon j'aime les clichés moi :(

Enjoy!


Chapitre 3

Installé entre Derek et Malia, Stiles ne savait vraiment pas si cette situation était à son avantage. Il avait beau pesé le pour et le contre, se retrouver à sortir avec la nièce de l'homme que vous pensiez avoir tué n'avait rien d'accommodant. Et Stiles avait beaucoup de mal à cacher son embarras, mais il espérait au moins être capable de masquer son envie meurtrière. Car à cette instant précis, il ne s'imaginait qu'une seule chose : prendre le couteau des mains de Derek, le lui planter dans la jugulaire et le regarder se vider de son sang. Fixer ses yeux émeraudes l'implorant d'épargner sa misérable vie. Mais il revint en un instant à la réalité. Réalité qui était tout bonnement ironique puisque Derek assis à ses côtés, si proche que leur genoux se touchaient. Il engagea la conversation.

« - Alors Stiles dis moi que fais-tu dans la vie ?

Le pauvre Stiles s'attendait si peu à ce qu'il lui parle qu'il resta hébété devant cette question pourtant simple. L'homme lui donna alors un coup de coude qui le réveilla de sa transe.

- Oui pardon vous disiez ?

- Voyons tu peux me tutoyer Stiles ! Nous n'avons que 5 ans d'écart après tout. Et je te demandais donc ce que tu faisais dans la vie ?

- Oh je suis en troisième année d'informatique. Et v- toi ?

- Haha je suis Capitaine dans la police de New York.

- Wow Capitaine sans déconner ? Vous êtes plus haut gradé que mon père.

- Ton père est policier ? Et bien quel coïncidence!

- Oui… sacré coïncidence.

- Et tu comptes suivre les traces de ton père ?

Stiles étouffa un rire cynique puis se rendit compte de sa réaction. Il toussa légèrement et répondit.

- Non lui et moi nous n'avons jamais eu une très bonne relation, je préférerai m'éloigner de ce corps de métier si tu vois ce que je veux dire.

- Je comprend. Et tu fais quel genre de sport ?

Ce fut au tour de Malia de rire. Rire qui mit très mal à l'aise Stiles. Elle attrapa une serviette et s'essuya le coin de la bouche avant de se justifier.

- Pardon mais Stiles n'est pas du tout du genre sportif oncle Derek, il est même tout le contraire ! Un jour, le professeur a puni Scott et Stiles parce qu'ils avaient mis de la colle sur la poignée de son bureau, et Stiles n'a même pas pu faire un tour il est tombé de fatigue ! Il ne pouvait même pas se relever !

Stiles toussa pour exprimer son malaise. Malia sourit bêtement et chuchota un « Désolée » qui n'était comme toujours absolument pas sincère.

- Hum tu es sûr ? J'ai pourtant l'impression qu'il m'a l'air plutôt musclé dans ce costard tu ne trouves pas ?

- Euh j'ai un sac de frappe chez moi ! Je joue souvent et il m'arrive assez souvent de m'énerver alors je me défoule !

Derek lui répondit par un simple sourire et le dîner se déroula dans une ambiance festive. Soit Derek jouait encore mieux la comédie que lui, soit il ne le reconnaissait absolument pas. Et Stiles espérait sincèrement se tromper à son sujet. Peut-être avait-il mal entendu ce soir-là, peut-être que Derek n'avait rien à voir avec cet incident. Puis le sujet fatidique arriva, porté par Malia.

- Alors oncle Derek tu es là pour trouver Void ?

Le regard de Stiles s'intensifia à la seconde où le surnom qui lui avait été attribué fut prononcé. Il ne fit rien, attendant simplement la réaction de Derek. Il sourit doucement et porta son verre de champagne à ses lèvres.

- Tu sais que je ne suis pas censé parler de mon travail, encore moins devant un inconnu.

- Mais Stiles ne dira rien ! Aller tu sais que j'adore quand tu me parles de tes enquêtes !

- Bon très bien, mais le strict minimum !

- Oui oui !

Stiles n'en croyait pas ses oreilles : Derek était bien là pour lui, et il était entrain de tout lui dire ! Il sourit intérieurement, sachant qu'il avait un coup d'avance sur lui. Derek raconta qu'après des mois de recherches il avait enfin réussi d'une source sûre à coincer Void. Il l'avait d'ailleurs rencontrer sur le toit d'un immeuble en Iran mais il expliqua en omettant la fusillade échangé que le tueur avait réussi à s'échapper. Malia était captivée par l'histoire de son oncle, comme tous les membres de la famille. Stiles lui ne savait plus où se mettre. Et pourtant une question lui brûlait la langue, il voulait voir si Derek avait compris le fond de ses agissements, de son comportement. Il voulait savoir s'il avait bien interprété ses actes. Alors il demanda.

- Tu penses quoi de ce type ?

- Ce que je pense ?

- Ouais pourquoi il tue que des terroristes et pas je sais pas moi la voisine du 3ème parce qu'elle fait chier Bernard du 2ème ?

- Je pense que c'est un homme qui voit bien plus loin que de simples meurtres. Il doit se croire supérieur aux autres, il se prend sûrement même pour un héros. Il débarrasse le monde des méchants. Il pense faire ce que personne d'autre ne veut faire. Mais avoir le droit de vie ou de mort sur les autres sous prétexte qu'ils ont fait du mal, ce n'est pas être un héros. C'est faire partie des méchants. Il aura beau se convaincre du contraire je pense qu'il sera vite rattrapé par la réalité. C'est un psychopathe comme un autre qui pense faire le bien en faisant le mal.

Stiles resta abattu. Il avait l'impression que ce discours lui était adressé personnellement. Bien sûr c'était le cas, puisqu'il était le tueur en question, mais il sentait le regard insistant de Derek sur lui. L'avait-il finalement reconnu ? Stiles balaya cette idée de sa tête. Il était impossible qu'il se souvienne de lui. Mais ce qu'il venait de dire, Derek avait tout faux. Enfin une partie était vraie. Stiles savait qu'il faisait des bonnes actions envers l'humanité en tuant ses terroristes. Qu'il devienne un martyr pour la population ne le gênait guère. S'il leur fallait un coupable, qu'il le désigne il s'en moquait. Tout ce que désirait Stiles c'était de débarrasser le monde de ses nombreuses tumeurs.

Lorsque Stiles décida qu'il était l'heure qu'il parte, il salua tous les membres de la famille puis embrassa amoureusement Malia. Il sortit de la maison et se retrouva seul sur le perron. Il était à bout de nerfs, comme s'il en voulait au monde entier. Et pourtant il remercia le bon Dieu qu'il existe ou non d'avoir placé Derek sur son chemin. La tâche semblait difficile mais pas impossible. Stiles allait se venger. De l'avoir blessé physiquement mais surtout mentalement. Derek n'avait rien compris et pour un spécialiste du crime il faisait honte à son métier. Stiles n'était pas un psychopathe.

Arrivé chez lui, il se précipita dans son bureau et arracha frénétiquement toutes photos, cartes et articles sur le mur. Il respirait si fort, comme s'il faisait une crise d'asthme. Et pourtant ce n'était rien de tel. Il fit les cent pas dans la pièce, animé par un désir si puissant qu'il n'arrivait plus à contrôler ses sentiments. Il devait se venger. Il le devait. Il prit place dans son fauteuil et débuta des recherches intensives sur la personne de Derek Hale. Il trouva un cliché de lui sur sa page Facebook, souriant en maillot de bain sur la plage. Il l'imprima et la colla sur le mur devenu vide.

« - Tu es ma prochaine cible, Derek Hale. Et tu seras le premier que je tuerai de mon propre chef. »

Il apprit énormément de choses sur Derek. Il avait perdu sa petite amie au lycée, tuée par un psychopathe qui avait décrété qu'elle était un monstre. D'où son désir de devenir policier. Quelques années plus tard c'est son père qui fut tué. 2 ans plus tard il obtint son diplôme en psychologie criminelle et entre dans la police de New York. Il gravit rapidement les échelons avant de devenir i an Capitaine. Derek semblait être un homme asocial, très secret et surtout violent. En cherchant dans les fichiers de la CIA, Stiles avait déniché plusieurs plaintes envers lui. Insubordination, excès de colère, troubles de conduite impulsive. Derek avait un beau casier. Stiles allait devoir jouer de tout cela.

Il devait mettre au point un plan et prendre un billet d'avion pour le rejoindre à New York. Alors il pourra se venger.


Un mois s'écoula pendant lequel Stiles avait remué ciel et terre pour trouver un plan. Mais rien. Pas même une minuscule idée. Pas d'éclair de génie. Juste un imbécile avec les photos d'un beau gosse de la CIA sur son mur. Parce que oui à force de regarder des clichés de Derek, Stiles avait bien dû admettre qu'il était bel homme. Le mur étaient rempli d'innombrables photos et articles des Hale. Une photo de Paige, la petite amie décédée de Derek était rayé d'une croix rouge tout comme une photo de son père. Stiles avait découvert que son père et Derek était déjà entré en contact, sûrement au sujet de Void. Il l'avait donc appelé pour prendre de ses nouvelles, et avait vite bifurqué sur le dîner qu'il avait eu avec la famille de Malia en évoquant Derek. Son père lui avait alors dit que Derek était un bon ami à lui, qu'il l'avait déjà aidé dans plusieurs de ses enquêtes et qu'il était indéniablement le meilleur de sa branche.

Stiles était donc pied au mur. Il n'avait accepté aucun contrat durant ce mois de recherches et son client le plus important commençait à perdre patience. Il devait faire vite. Son angoisse se répercutait sur le pauvre crayon rouge qu'il mordait frénétiquement depuis 5 minutes. Il sursauta lorsqu'il entendit la marche impérial retentir dans la pièce.

« - Yo Stiles ! Ça te dit de sortir ce soir ? Toi et moi au Fire Rock okay ?

- Tu veux encore aller dans ce bar ? Les cocktails sont vachement fort quand même..

- Aller Stiles fait pas ta chochotte viens t'amuser !

- Mouai okay je viens…

- Super à ce soir mec. »

Stiles s'effondra sur son fauteuil. Certes, il avait besoin de sortir et de se changer les idées. Il ne pensait qu'à Derek et à un moyen de le torturer mentalement qu'il en oubliait sa deuxième vie. Il était un étudiant. Et que faisait un étudiant le jeudi ? Il sortait faire la fête.

Il retrouva donc Scott devant le Fire Rock, habillé d'un T-shirt blanc imprimé d'un Stormtroopers, un jean bleu navy un peu trop serré quand il y repensait et des Nike Huarache kaki. De son point de vue, il avait fait un effort vestimentaire, même s'il aurait préféré ressortir ses vieilles Stan Smith bordeaux trouées. Scott ne tarda pas à arriver, habillé d'un jean noir slim et d'une chemise blanche. Stiles le tanna en pensant qu'il allait rendre jalouse Kira avant qu'il ne la voit arriver, habillée... de quelque chose. Il avait envie de frapper Scott, lui qui pensait qu'ils allaient passer une soirée entre mecs, et Scott lui répondit par un sourire désolé qui signifiait "pardon elle ne voulait pas que je sorte sans elle dans un bar". Et Stiles connaissait d'avance le programme de la soirée. Il allait tenir la chandelle. Et la nuit risquait d'être longue.

Deux heures déjà et Stiles crut qu'il allait finir par avouer à tout le monde qu'il était un tueur en série et qu'il était sur le point de commettre un génocide. Ses doigts tapaient frénétiquement sur la table pendant que Kira et Scott s'embrassaient sans vergogne. Stiles se fichait bien de passer une soirée avec Kira, mais là il avait la vague impression d'être seul, assis à une table avec deux inconnus qui ne faisaient absolument pas attention à lui. Exaspéré, il fit un signe à Scott et se dirigea vers le bar. Autant boire plutôt que de les regarder jouer les amoureux.

« - Donnez moi ce que vous avez de plus cher et de plus fort.

- Les étudiants ne sont pas censés être fauché ?

Stiles tourna son attention vers l'inconnu assis au bar qui venait de lui parler et constata avec stupéfaction que même lorsqu'il ne pensait plus à lui, il était tout de même là. Il afficha un sourire radieux et remercia une fois de plus le bon dieu de déposer sa cible sous son nez.

- Derek ! Je ne pensais pas te retrouver ici ! Et pour info le salaire de mon père paye assez bien alors je peux me permettre le cocktail le plus cher.

- Tu ne devrais pas profiter de l'argent de ton père ainsi.

- Sois pas rabat-joie voyons. Alors qu'est-ce qui t'amène ici ? Je pensais que tu serais rentré à New York après le dîner.

- J'ai… décidé de prendre quelques vacances et de profiter de mes sœurs.

- Oh c'est sympa ça !

Stiles savait qu'il mentait. Il avait récemment appris que Derek avait été suspendu une nouvelle fois pour insubordination. Il en avait donc conclu que l'homme l'avait suivi jusqu'en Iran sans l'accord de ses supérieurs. Une vraie tête de mule.

Stiles remarqua l'air perdu et absent du brun et sourit affectueusement.

- Tu te noies dans l'alcool pour une raison particulière ?

- Je ne me noies pas..

- Derek… je vois bien que tu n'en ai pas à ton premier verre. Et ni au deuxième. Tu devrais y aller mollo non ?

- Ah.. j'arrive pas à croire qu'un gamin qui ne tient pas une goutte d'alcool me fasse la morale !

- Qu-Comment tu sais ça ?

- Malia m'a raconté que tu sortais très peu avec elle en soirée puisque tu ne tiens pas l'alcool. Qu'est-ce qu'elle a dit déjà… Ah oui ! La dernière fois tu as volé un cône de signalisation, tu l'as mis sur ta tête et il t'a fallu deux heures pour le retirer. Elle se rappelle que tu pleurais énormément, que tu pensais que tu allais mourir avec le cône sur la tête et que les gens se moqueraient de toi à ton enterrement !

- C'est bon c'est bon pas besoin de me le rappeler… enfin je m'en souviens pas mais je veux pas savoir ! C'est petit de sa part de raconter mon côté obscure à sa famille…

- Elle voulait seulement appuyer ses paroles et je cite : Stiles est un garçon adorable, mignon, gentil, attentionné, quelque peu fragile, hyperactif mais surtout attendrissant.

- Je ne sais pas comment je dois le prendre… il n'y a rien de très masculin dans ses adjectifs…

- Je dois avouer qu'elle a raison.

- A propos ?

- Tu es très mignon.

Stiles s'étouffa avec sa Jacqueline*, s'essuya le coin de la bouche et fixa Derek, abasourdi. Il voulu répliquer mais il n'y arriva pas. Derek venait-il de lui dire qu'il était mignon ? Il n'avait très certainement pas rêvé. Stiles sourit malicieusement et fit tourner son doigt autour de son verre.

- Alors tu me trouves mignon ? Du genre mignon comme le serai je sais pas moi un hérisson ou un bébé éléphant ?

- Je vois pas la différence…

- Pourtant elle est de taille… t'as compris ? De taille ? Le hérisson est tout petit et l'éléphant est- Bref est-ce tu es entrain de dire que je te plais Derek ?

Ce fut au tour de Derek de s'étrangler avec sa bière. Il toussota pendant quelques secondes puis repris son sang-froid.

- Eh bien si je devais être totalement sincère..

- Ce que tu vas bien sûr faire.

- Et bien je dirai que oui.

Ce fut le coup de grâce pour Stiles. Derek venait de lui offrir sur un plateau le plan qu'il cherchait désespérément depuis un mois. Il allait le faire tomber amoureux de lui. Même si Stiles n'avait jamais penser à sortir avec un homme, Derek n'était pas si mal alors cela ne le gênait pas.

Ils continuèrent de boire, enfin surtout Derek qui enfilait bières sur bières devant le rire amusé de Stiles, qui lui était sobre comme un chameau. Il aurait pu l'attraper, l'emmener dans une ruelle sombre et l'égorger. Mais ce n'était pas ce qu'il voulait, il ne lui donnerai pas le plaisir d'une mort rapide. Il voulait le faire souffrir, le détruire psychologiquement.

Derek, avachi sur le bar tel un cadavre, se releva d'une traite balayant son verre au passage. Dans un élan rapide Stiles rattrapa le verre à la volée avant qu'il n'atteigne le sol.

- Héhé pas mal tu as… as… sauvé mon verre ! Moi, Derek Hale, grand capitaine te nomme second ! Va Stiles ! Apporte moi un autre verre !

- Derek je pense que tu as beaucoup trop bu tu ne crois pas ?

- Hé Stiles…

Derek rapprocha son corps de celui de Stiles et posa sa tête dans le creux de son cou. Il posa ses mains sur les hanches de l'étudiant et chuchota langoureusement dans son oreille.

- Je… je…

- Tu ?

- Je me sens pas bien.

Stiles jura face à l'état et au comportement de Derek. Comment un agent de la CIA pouvait se laisser aller à ce point ? Mais il vit encore une fois un moyen de retourner la situation à son avantage.

- Tu as pris une chambre d'hôtel ?

- Hm.. oui le… le.. bleu quelque chose.

- Le Bleu Lavande en centre ville. Ok aller debout Big Guy je te ramène.

Stiles attrapa l'épave alcoolique qui balbutiait des insultes à son égard et le sortit du bar après avoir payé l'ardoise de Derek qui équivalait à 3 mois de bourse universitaire. Ils marchèrent difficilement jusqu'à la Jeep de Stiles, Derek s'arrêtant à chaque fois qu'ils croisaient quelqu'un en le menaçant de mieux le regarder. Si n'importe qui d'autre se serait amusé de cette situation, il n'en était pas le cas pour Stiles. Il était contraint de protéger et d'aider l'homme qui voulait sa mort. Cela n'enchanterai personne de censé.

Il l'installa à l'arrière de sa Jeep et attacha la ceinture comme on le ferai à un enfant. Mais une main ferme se referma sur son poignet, l'empêchant de s'installer.

- Je te tiens… haha… je te tiens…

Stiles le regarda, perplexe. Derek semblait totalement délirer, répétant inlassablement qu'il le tenait tout en rigolant grassement.

- Oui bien joué Derek tu me tiens tu m'as attrapé maintenant reste tranquille que je puisse aller m'asseoir et te conduire chez toi.

Après quelques secondes de lutte, Stiles réussit à se libérer de la prise du policier et prit place côté conducteur. Arrivé au bout d'un quart d'heure à l'hôtel, Stiles porta Derek sur son dos avec facilité cette fois-ci puisque le bougre dormait comme un loir. Il farfouilla dans les poches de la veste en cuir de Derek tout en prenant l'ascenseur. Sur les clés se trouvait le nombre 301, donc la chambre de Derek se trouvait au 3ème étage. Les couloirs de l'étage tranchaient entre le bleu clair et le bleu céruléen, les portes blanches étaient encadrées d'arabesques en or et les numéros de chambre eux étaient écrits en noir. Chargé de son énorme paquet, Stiles pénétra dans la chambre. Il largua son colis sans ménagement sur le lit majestueux et se laissa tomber sur un fauteuil. Il souffla quelques minutes avant d'observer Derek se tortiller comme un vers. Et son fidèle éclair de génie revint à sa rescousse. « Mais bien sûr ! ». Stiles se redressa précipitamment et entreprit de dénuder le bel officier. Il lui retira ses vêtements, tous ses vêtements, avant de l'installer confortablement sous les draps blanc. Il retira ensuite ses propres vêtements, et, de la porte d'entrée jusqu'au lit, il fabriqua un chemin de vêtements, d'abord leur T-shirt, puis le pantalon de Stiles suivit par son boxer, et enfin ceux de Derek. Il examina son œuvre et sourit triomphalement.

« - Avec ça s'il n'y croit pas c'est que… c'est un idiot. »

Stiles se glissa lentement sous les draps et se colla à Derek, s'il fallait lui faire croire qu'ils avaient couché ensemble autant y mettre le paquet. Il nicha son visage dans le cou du policier et distingua une forte odeur de Cologne, mélangé à des effluves de bières et de transpiration. Un parfait mélange qui n'empêcha pas Stiles de rejoindre Derek dans un profond sommeil.


Comme il s'y attendait, l'adolescent fut réveiller par un bruit sourd, comme si quelque chose, ou quelqu'un, venait de tomber sur le sol. Il ouvrit doucement ses yeux et se les frotta d'une manière qu'il espérait être adorable. Il fixa Derek et put apercevoir énormément de sentiments contradictoires. Il semblait perdu, gêné, et surtout à deux doigts de hurler. Il n'osait pas regarder Stiles et cela l'amusa beaucoup. Stiles savait qu'il devait engager la conversation pour que son plan démarre. « Que le spectacle commence ».

« - Derek ? Il y a… un soucis ?

- OUI ! Un énorme soucis même ! Qu'est-ce que tu fais ici, dans mon lit, dans ma chambre et- Oh mon dieu met quelque chose !

Stiles baissa les yeux et vit que les draps l'avaient quitté pour laisser exposer sa masculinité. Il attrapa sèchement le tissu et se couvrit, rouge écarlate. Il avait complètement oublié ce détail : il était totalement nu pour la première fois devant quelqu'un. Et Stiles avait beau tué sans ciller des hommes, il donnait énormément d'importance à son intimité. Il baissa le regard de Derek jusqu'au sol, puis remonta aussitôt.

- Tu es nu aussi Derek, et ce n'est pas le fait que la vue me dérange puisque j'ai pu admirer ce bel engin toute la nuit et franchement des comme ça j'en ai pas vu des masses et pourtant j'ai déjà maté du porno mais là c'était au-delà de mon imagination et-

- Stiles, ferme-là, ou je te tue.

- Oui M'sieur.

Derek était plus que gêné, et ça il ne pouvait pas le cacher. Il pouvait aussi sentir sa culpabilité, il pensait sûrement à Malia, mais ce sentiment de culpabilité était si fort qu'il semblait à Stiles qu'il y avait autre chose. Il le vit se frotter durement le front avant de souffler.

- Est-ce qu'on a…

- Couché ensemble ? Super Derek tu vas pas me dire que tu ne te rappelles pas tout ce que tu as dis ?!

- Ce que j'ai dis ? Qu'est-ce que j'ai dis ?

- J'en reviens pas ! Tu- tu as dis que je te plaisais et que tu te fichais que je sortais avec Malia, que tu regrettais de ne pas m'avoir connu avant elle ! Merde Derek j'ai trompé Malia avec toi parce que tu m'as sorti des trucs que personne ne m'avait jamais dit avant toi !

- Mais- quoi ? Non c'est impossible j'ai pas pu dire ce genre de choses ! Je ne les pense même pas ! Et je peux savoir pourquoi tu n'as pas tout simplement refusé mes « avances » ?! Tu aimes Malia non ? Je peux savoir à quoi tu joues ?

Son cœur se comprima comme si Derek était entrain de le malaxer à sa guise. Ce n'était vraiment pas agréable d'entendre ce genre de paroles mais Stiles devait être parfait. Il prit une moue peinée et bégaya quelques débuts de phrases avant de sourire faussement.

- Tu regrettes à ce point ?

- Évidemment que je regrette Stiles tu es le petit ami de ma nièce et un homme de surcroît ! Écoute, on va oublier toute cette histoire, pour ton bien et surtout pour ma santé mentale d'accord ? Il ne s'est rien passé, on ne s'est pas croisé hier soir et nous n'avons rien fait OK ?

Stiles jaugea Derek, du défi dans le regard, avant de baisser les yeux fasse à sa défaite écrasante. Il sortit du lit, attrapa ses affaires et s'arrêta devant la porte.

- Autant que tu le saches, t'es la première personne pour qui j'ai ressenti autant de désir. Merci pour la soirée.

Sans se retourner, sans même un regard, Stiles sortit de la chambre et resta immobile devant la porte. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne saute sur place comme un enfant de 4 ans. Il était si fier de lui que s'il le pouvait il se ferait un high five à lui-même. Il était si absorbé dans sa fierté qu'il ne vit pas la femme de ménage passer à côté de lui et le juger. Ce n'est que lorsqu'elle fut à quelques mètres de lui qu'il se rendit compte de sa présence et surtout de son accoutrement. Il était toujours nu. Il jura et se rhabilla rapidement avant de se rendre jusqu'à sa Jeep qui l'attendait sur le parking.

Dans quelques jours, Derek allait lui envoyer un message pour qu'ils se rencontrent. Stiles avait pu sentir le mensonge dans les paroles du policier. Il lui plaisait, mais quelque chose le poussait à le détester. Et pour cela Stiles devait accélérer les choses, faire comprendre à Derek ce qu'il voulait. Il n'avait pas prévu de faire ça mais c'était pour le mieux.

Il attendit trois jours durant lesquels il ne parla à personne et resta cloîtré entre ses quatre murs. Il reçu plusieurs messages de Scott, s'excusant de l'avoir abandonné pour la soirée, promettant de se racheter. Malia l'avait pour ainsi dire harcelé de messages, et Stiles savait qu'il était temps lorsqu'elle lui envoya ce message.

De Malia à 12h34 : « Stiles je m'inquiète pour toi… dis moi ce qu'il se passe… si j'ai fais quelque chose il faut qu'on en parle ! S'il te plaît répond-moi.. Je t'aime. »

La chute allait être rude et brutale. Il lui répondit.

A Malia à 12h36 : « 14h, au café rétro. On va parler. »

Il ne reçut aucune réponse mais il savait qu'elle viendrait. Il se rendit dans la salle de bain et sortit de son placard une petite trousse noire. Il en dégagea une palette de fards sombres et avec ses faibles talents de maquilleur il accentua légèrement ses cernes. Il devait lui montrer qu'il ne se sentait pas bien, et un Stiles qui ne dort pas pendant plusieurs jours ce n'est pas Stiles.


Il avait dix minutes d'avances mais cela ne le dérangea pas. Il était installé sur la terrasse, la plupart des clients s'étant assis à l'intérieur, il serait tranquille pour pouvoir parler avec Malia. Il prit une mine grave et déterminé lorsqu'il aperçu Malia arriver. Elle s'installa en face de lui, posa son sac par terre et posa sa main droite sur la sienne.

« - Stiles tu as vu ta tête ?! Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Écoute Malia… j'ai merdé.

- Comment ça t'as « merdé » ?

- Tu as très bien compris ce que je veux dire. Je suis sorti avec Scott et j'ai merdé. Alors j'ai réfléchi pendant ces trois jours et je suis plus sûr de ce que je ressens pour toi. Je veux dire ça fait un an qu'on est ensemble et j'ai jamais envisagé avoir une relation sexuelle avec toi. Je suis désolée mais je pense qu'il vaut mieux-

- Avec qui ?

- Quoi ?

- Avec qui tu m'as trompé ?

- Je sais pas je me rappelle pas son prénom.

- Et donc tu vas me quitter parce que tu m'as trompé une fois avec une inconnue ? Stiles… tu peux pas me laisser juste pour ça !

- Malia t'es censée être énervée contre moi pas me supplier de rester avec toi…

- Mais je m'en fiche de comment je devrai normalement réagir ! Je t'aime Stiles alors je te pardonne et ne parle plus jamais de me quitter d'accord ?

- Je peux pas Malia…

- Mais pourquoi ?! Stiles je t'ai présenté à ma famille il y a un mois ! Ils attendent tous de refaire un dîner avec toi et-

- C'était un homme.

La main de Malia vint rencontrer durement la joue de Stiles dans un sifflement perçant qui fendit l'air. Stiles ne bougea pas, toujours la tête sur le côté.

- Je la méritais celle-là.

Il sentit une nouvelle fois la main de Malia s'écraser sur visage, mais cette fois-ci de l'autre côté. Il se massa précautionneusement la mâchoire et réprima un gémissement de douleur.

- Pas sûr que je la méritais celle-ci.

Malia cria et s'apprêtait à lui en coller une troisième mais Stiles attrapa son poignet avant qu'elle ne le touche. Il ne fit pas attention à la force qu'il utilisa car elle se plia de souffrance sous la pression et se mit à pleurer. Secoué, Stiles abandonna le poignet de la jeune fille et remarqua qu'il devenait de plus en plus rouge. Exaspéré, il expira toute sa colère hors de lui.

- Je suis dés-

- Je ne te reconnais plus.

Stiles la regarda se lever, abasourdi par ses paroles.

- Tu n'es pas le Stiles que je connais. »

Sur ces mots elle partit, laissant un Stiles médusé sur la terrasse du café. Elle avait raison. Il ne s'était pas comporté comme il aurait dû le faire. Il avait été mesquin et cynique. Il avait été lui-même quelques minutes et il avait réussi à se faire détester pendant ce laps de temps. Voilà aussi l'une des raisons pour lesquelles il portait ce masque du geek drôle et gentil. Personne ne serait devenu l'ami d'un garçon arrogant et antipathique.


Comme si Stiles était l'auteur de sa propre vie, il reçut un message de Derek deux jours après sa rupture avec Malia. Il lui donnait rendez-vous chez lui, un loft en centre-ville. L'annonce de la fin de son couple avait dû avoir l'effet d'une bombe pour Derek. Stiles avait confiance en ses capacités de comédien et son charme. Il l'avait touché, et maintenant Derek allait lui manger dans la main. Il conduisit donc jusqu'à l'adresse donné par Derek, pas peu fier de lui.

Devant l'immense porte coulissante en ferraille, Stiles prit le contrôle de sa respiration et fit disparaître son sourire victorieux. Il frappa trois coups sur la porte, et bientôt Derek se retrouva devant lui, le visage fermé. Il l'invita à entrer et Stiles ne se fit pas prier. Le loft était tout comme la maison de Malia dans un style industriel, si industriel que Stiles se crut dans un immeuble abandonné réaménager avec un grand canapé noir d'angle en plein milieu. A sa gauche se trouvait une petite mezzanine caché par un mur en verre flouté.

Après avoir fait la découverte des lieux, Derek lui proposa de s'asseoir.

« - Écoute Stiles je suis au courant pour toi et Malia, et je sais que c'est ma faute mais je vais te demander de reconsidérer ton choix.

- Je ne reviendrai pas sur ma décision.

Le ton de Stiles n'appelait pas à l'argumentation, et pourtant Derek s'y tenta tout de même.

- Stiles toi et moi ce n'était qu'une erreur ! Oublies et retourne auprès de Malia. Elle est dans un état catastrophique depuis que tu lui as tout dit !

- Mais je ne veux pas oublier ! Je n'ai pas envie d'oublier cette nuit avec toi, parce que ça a été la plus belle de ma vie, et putain je dis pas ce genre de trucs à tous le monde ! Tu me retournes le cerveau tu le sais ça ? Ça fait cinq jours que je suis incapable de dormir paisiblement sans rêver de toi et me réveiller seul ! Quand je m'attache à quelqu'un il y a pas de retour possible ! Maintenant je vais rester accroché à toi comme une sangsue et tu vas prendre tes responsabilités Derek Hale !

Stiles avait crié si fort qu'il avait maintenant du mal à respirer. Derek se rapprocha lentement, s'arrêta devant lui comme s'il semblait hésiter, puis l'attira contre son torse. Stiles se raidit au contact du corps chaud du policier et tenta de s'en séparer, mais la prise de l'homme l'en dissuada. Il pouvait sentir son souffle contre sa peau et son nez chatouillait son cou. Il pouvait entendre leur cœur battre à tout rompre tel un concert de percussions.

- Et Malia ?

Stiles répondit positivement à l'étreinte de Derek, nouant ses bras dans son dos. Il avait gagné. Tout était trop simple !

- Elle et moi c'est fini, c'est toi que je veux Derek.

Il sentit les bras musclés de Derek se raffermir autour de ses épaules, et si Stiles n'était pas un minimum bien bâti, il aurait pu se briser en deux face à cette emprise. Tout était bien trop simple…

- Derek ? Tu-tu me fais mal.

- Tu vas beaucoup trop loin Stiles.

- Quoi ?

- Beaucoup trop loin… »

Derek poussa légèrement Stiles, mettant fin à leur embrassade. Puis le regard de Derek changea et il sentit deux coups le frapper de part et d'autre de son cou, puis tout devint noir.


*La Jacqueline est un cocktail alcoolisé contenant du vin blanc, de la limonade et de la grenadine.

Alors alors? Qu'en pensez-vous? Ai-je su vous surprendre? Etes-vous impatients de connaître la suite? Moi je suis impatiente... parce que les choses intéressantes vont commencer!

Bonne journée à tous et à toutes! :*