Bonsoir !
De retour pour un tout nouveau chapitre avec nos deux héros préférés ou devrais-je dire NOTRE héros préféré !
En effet dans ce chapitre il n'y aura qu'Adrien donc ne vous étonnez pas de ne pas encore voir Marinette, c'est tout à fait normal. :) Je démarre doucement dans l'après-catastrophe de la chose xD Ça va démarrer tout doucement, j'espère que ça ne vous ennuiera pas trop ! ^-^
Réponses aux reviews :
cmoa : En effet cette pauvre bibliothèque méritait un bien meilleur sort :( Mais peut-être survivra t-elle prochainement ? Pour ce qui de Luka et de jalousie... Attends un peu de voir la suite ;)) Et de toute façon c'est bien connu qu'Adrien soit complètement aveugle, de quoi bien nous faire rager x) Aller, bonne lecture !
CrazyAv : Ohhhh mais ce que tu as l'air de t'y connaître dis-moi ! Une vraie petite infirmière parmi mes lectrices x) Je dois dire que derrière tes mots ça faisait un peu psychopathe xD "DESTRUCTION. FEUUUU. PEAU BRÛLÉÉÉÉEEEE MUAHAHAHAHAHA." x) Je dois dire que ton "allumer le feu" m'a fait explosé de rire je m'en suis pas remis. J'ai un humour très open faut le dire xD Bonne lecture ! ^-^
Nezu Suzuya : Wow merci beaucoup ! Ça me fait très plaisir ! Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira ! Bisous. :)
OrchideeMissSunshine : Une petite fiction tranquille ? Ohhhh mais ça n'arrivera jamais si tu me lis ma chère, en vérité je suis une sacrée dramaturge dans l'âme :) xD Ne t'en fais pas tu auras des moments très mignons. En attendant j'espère que des petits moments dramatiques ne te dérangent pas trop mais d'après ce que j'ai compris tu aimes bien donc c'est cool, en tout cas merci beauuuucoup ! Ce que tu m'as écris m'a fait très plaisir ! J'aime beaucoup intégrer des touches de drama pour ce côté "plus mature" de l'univers que ça pourrait donner justement. Encore merci pour tes compliments, si tu as des questions n'hésite pas à m'envoyer des MP. :) Je te souhaite bonne lecture !
Woudy : Ahhhhh mais je suis sadique ! C'est un point important à savoir. x) Ahah tu auras les réponses à tes questions plus tard et tout ce que tu réclames... Tu l'auras sûrement aussi ;) PATIIIIIENCE. En tout cas merci pour ta review ! Bisous et bonne lecture !
Bon alors ! Question Luka, dans ce début il ne va pas forcément faire une apparition concrète. Il viendra s'incruster un peu plus tard. x) Tout ça pour vous dire que la véritable jalousie ce n'est pas pour maintenant ! ;) En tout cas merci à tous pour vos reviews et vos follows mon dieu je m'y attendais tellement pas ! Merci, merci, merci ! :)
Je vous souhaite à tous une agréable lecture ! À bientôt !
D.F.
Chapitre 3 : Le réveil
Lorsqu'Adrien ouvrit les yeux, il se crut à l'Eden. Tout autour de lui était blanc, lumineux. Sa vision était vitreuse, flou, et parsemée de points colorés mystérieux. Il sentait son corps aussi fragile que de la laine de verre, ses oreilles sifflaient légèrement, ses membres étaient engourdis comme s'il n'avait pas bougé depuis des jours.
Il se souvenait d'avoir rêvé d'une belle période de sa vie, de cette année au collège pour la première fois… SON année. Cette chance pour lui de faire ses preuves et de se faire des amis pour la première fois. Bien sûr, il s'était visualisé tous ces moments en classe : avec Nino lors de ses parties de jeux-vidéos ou de ses sorties ciné ou encore avec ses camarades lors de sorties scolaires, de projets commun ou de jeux qu'ils avaient fait tous ensemble. Même Chloé lui était revenue en mémoire. Certains souvenirs d'enfance avec elle étaient même passés en boucle pour revenir à toutes les méchancetés qu'elle avait pu faire à ses camarades.
Mais c'était Chloé. Il s'y était fait.
Puis, il avait repensé à toutes ces péripéties vécues au cours de l'année en tant que super-héros, avec Ladybug et à toutes les peines qu'il avait tâché de dissimuler chaque fois qu'elle l'avait repoussée. Et Marinette était apparue dans ses pensées.
Le plus bizarre, c'est que son rêve ne s'était plus déroulé à travers lui-même à l'instant même où son esprit s'était focalisé sur elle. Il n'avait visualisé que son visage, toutes les fois où elle avait sourit ou rit, s'était maladroitement mise dans des situations embarrassantes ou tout simplement à ces moments qu'il avait pu passer avec elle –bien qu'ils soient peu nombreux-. Luka avait fini par intervenir dans ce rêve trop parfait et ses pensées s'étaient assombries pour en devenir presque cauchemardesques.
Même dans ses rêves il était présent, il était à maudire.
Adrien bougea doucement ses doigts. Un oxymètre pinçait son index et son majeur et mesurait les battements de son cœur qui s'avéraient être plutôt lents ; cet appareil mesurait également le taux d'oxygène que son sang pouvait transporter. Le masque d'oxygène qu'il avait eu dans l'ambulance n'était plus, à la place, une canule diffusait de l'air dans ses poumons par ses narines. Au final, le jeune garçon semblait être en bonne santé et plutôt bien en dépit du fait qu'il se sentait tout fragile et engourdi.
« Bonjour Adrien, comment te sens-tu ? »
Une femme était dans la pièce avec lui. Elle avait le dos tourné et semblait préparer quelque chose sur la petite table à roulette à côté de son lit.
C'est comme si Adrien prenait enfin conscience d'avoir atterrit à l'hôpital. Il venait de remarquer qu'il ne portait qu'une blouse pour patient et ça le rendait un peu mal à l'aise mais il ne pouvait pas faire autrement.
Il essaya de répondre à l'infirmière mais il dut forcer un peu sur sa voix enroué pour parvenir à lui répondre positivement que ça pouvait aller.
« Tu as dormi presque une journée, ne sois pas étonné si hier te paraît déjà loin.
- Qu'est-ce… (Il racla sa gorge) Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Tu te rappelles de l'incendie qui a ravagé une partie de ton école ? »
L'infirmière s'était retournée pour le regarder, une compresse à la main. Elle avait des cheveux bruns montés en chignon et son visage marqué par quelques rides lui donnait un air de maman aimable.
« Oui, mais… C'est.. Un peu flou.
- C'est normal, le choc est encore présent. Il te faudra un peu de temps pour t'en remettre, tu n'as pas vécu un instant facile. Tu es ressorti avec une fracture importante et des lésions profondes qui ont besoin d'être encore traitées, mais tout se passera bien nous allons nous occuper de toi. Tu permets ? »
Adrien hocha la tête et la femme s'avança vers lui pour abaisser la couverture. Elle mit une main derrière la nuque de celui-ci pour l'inciter à se redresser et il dut sincèrement le faire en serrant les dents car la douleur qu'il ressentait partout dans son corps n'était pas très encourageante. L'infirmière enleva le haut de la blouse d'Adrien (Ce fut un peu complexe car sa canule d'oxygène gênait un peu) puis elle passa du temps à examiner des plais totalement inconnus aux yeux de celui-ci qui ne sentait seulement que quelques picotements. Pourtant, en baissant les yeux sur son corps il remarqua qu'une partie de son ventre était anormalement rougie.
« J'ai été brûlé ?
- À certains endroits oui mais c'est moins grave que ce que pensaient les ambulanciers, ce sont plus des brûlures du premier degré, tu te soignes plutôt rapidement. Seulement, comme elles sont plutôt grandes, sache que ces blessures prendront du temps avant de disparaître entièrement et il faudra peut-être éviter de t'exposer au soleil.
- C'est si mauvais que ça ?
- Disons que ça risque d'abimer et de brûler d'autant plus l'épiderme… (Elle posa la compresse froide dans son dos et tamponna toutes les 5 secondes) Tu risquerais d'attraper des cloques et dans ce cas ça pourrait devenir plus urgent notamment avec des maladies plus incurables. »
Adrien grimaça en sentant la compresse se poser sur une blessure plus haute sur son omoplate et essaya de sortir quelques mots de plus de sa bouche mais sa gorge lui brûlait tellement qu'il se mit à tousser bruyamment.
« Cette canule t'aide à mieux respirer. Tu vas devoir la garder un moment pour reprendre le rythme, oh bien sûr tu peux respirer sans mais au bout d'un moment tu sentirais une gêne, comme une insuffisance d'air. Tu as aspiré un peu trop de fumée mais c'est raisonnable. Nous allons te faire une radio pulmonaire pour voir la réduction des dégâts causés et tu feras une suite d'examens d'électrocardiographies. Heureusement que ton amie était là. Tu peux t'en sortir rapidement. »
Marinette.
Adrien ouvrit grand les yeux en se rappelant de la jeune fille lui tendant sa veste pour l'empêcher de suffoquer sous la fumée toxique. À ce souvenir, il sursauta légèrement et articula difficilement :
« Où.. Est Marinette ? Elle va bien ?
- Reste tranquille Adrien, tu risques de compromettre les résultats de l'oxymètre. Ne t'en fais pas pour Marinette, elle est sous surveillance. »
Comment ça sous surveillance ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Elle va bien ? Est-ce qu'elle est aussi consciente que moi ?
Mais la douleur qui s'éveilla dans sa jambe le coupa dans son inquiétude et il grimaça, impuissant.
« Ça aussi c'est un autre détail. » Ajouta l'infirmière en souriant.
Elle avait stoppé de soigner ses plaies et avait posé une main sur son épaule pour le rassurer, sous entendant ouvertement qu'il ne pourrait pas bouger de nouveau comme avant, avant un long moment. À cette idée, une terrible panique envahit son esprit et il pensa à Chat Noir, à Plagg, à toute cette galère que devrait supporter Ladybug sans lui. Il se sentit terriblement mal.
Il put être rhabillé de sa blouse et recouché normalement mais cette situation accentuait son agacement. Sa place n'était pas ici, pas dans un hôpital et encore moins dans un lit où il devrait y passer ses journées, ses nuits à méditer sur sa vie maudite.
Et son père dans tout ça ? Avait-il conscience que son propre fils était sur un lit de malade ? Mais le pire de ses tracas actuellement ne se dirigeait même pas vers ça, mais plutôt vers Marinette ! Il ne savait même pas où elle était et surtout dans quel état elle était ! Il n'effaçait pas ce souvenir d'elle sur le brancard, dans l'inconscience tenant fermement son bracelet entre ses doigts… C'était une scène bien trop horrible à revoir à ses yeux. Et puis surtout, elle était venue le sauver ! Elle ne méritait pas d'être dans cet hôpital avec lui ! Elle aurait dut s'en être sortit avec les autres !
« En fait, je m'appelle Lucie, je serais ton infirmière jusqu'à ce que tu puisses sortir d'ici. Tu rencontreras prochainement ton médecin. »
Adrien hocha la tête et n'ajouta rien de plus lorsque Lucie sortit de la chambre avec un grand sourire.
« Je reviendrais dans une heure ou deux après tes visites.
- Mes visites ?
- Évidemment. Il y a des gens qui s'inquiètent depuis hier de ton état, ils n'attendent que ça ! »
En effet, quelques temps plus tard, Adrien fut plus qu'heureux de voir ses amis au pied de sa porte.
Nino entra dans la chambre de celui-ci en premier et marcha au plus rapide vers le lit de son pote, un grand sourire sur les lèvres. Il avait toujours son casque autour du cou et ses yeux respiraient une émotion certaine qui reflétait son apaisement.
« Hey mec, je suis ravi de te voir !
- Salut Nino. » Chuchota t-il.
Le jeune DJ enlaça Adrien sur son lit brièvement et tapa gentiment son bras, essuyant une larme au coin de ses yeux.
« Désolé, c'est juste que tu m'as fais une peur bleue.
- Ça me fait plaisir de te revoir mon pote… (Sa voix était faible) Si tu savais comme je m'ennuie déjà à mourir.
- Et toi si tu savais ce qui se passe dehors. Je te jure mec c'est…
- ADRICHOUUUUUUU ! »
Chloé avait débarqué dans la chambre d'Adrien si vite que les deux garçons en eurent presque peur. La blonde se jeta sur le lit de celui-ci sans prendre la peine de penser aux douleurs du jeune Agreste, l'enlaçant jusqu'à l'étouffement.
« Ohhh tout ce temps à penser à ta mort, j'avais si peur de te perdre bouuuhouuuuuu.
- Ch…Chlo…é…
- Chloé tu l'étouffes, recule-toi !
- Oh ! »
Miss Bourgeois se redressa mais sans prendre la peine de se lever du corps d'Adrien. Ce dernier eut tellement mal qu'il eut l'instinct de la pousser en dehors du lit ce qui valut à la blonde une chute hilarante de celui-ci. Nino dut lutter pour ne pas exploser de rire tandis que Sabrina, la meilleure amie de Chloé s'était ruée vers elle pour l'aider à se relever.
« Chloé ! Oh non, tu vas bien ? Demanda t-elle, inquiète.
- Mais oui je vais bien, au lieu de piaffer, sert à quelque chose et aide moi à me relever ! » Pesta la blonde.
Adrien eut envie de mener sa colère vers elle mais il n'en avait pas l'occasion avec sa voix un peu cassée alors il n'épuisa pas son énergie pour cela. Il fit quelques respirations et porta alors son regard plus loin comme s'il avait espéré voir quelqu'un d'autre.
« T'as l'air d'aller bien.
- Il en faut bien plus pour se débarrasser de moi, sourit Adrien.
- Ah oui mec, Alya n'est pas venue elle s'en excuse… Vraiment. Elle est juste pas bien depuis cet accident. Elle a tout filmé car elle avait espéré que Ladybug et Chat Noir apparaissent pour vous sauvez Marinette et toi mais…
- Ils ne sont pas venus.
- C'est ça. Depuis, elle se sent totalement déçue, en colère et surtout elle est morte d'inquiétude vis-à-vis de Mari. Tu as de ses nouvelles ?
- Peuh ! Cette boulangère doit sûrement être entrain de pleurer auprès des médecins, sans aucun doute. Tellement prévisible.
- Merci Chloé pour cette intervention, grogna Nino.
- Je suis venue pour voir Adrichou pas pour parler de ces deux clochardes !
- Au cas où tu l'aurais oubliée Alya est ma copine ! S'énerva Nino en serrant les poings.
- Pas ma faute si tu as mauvais goût.
- Et Chloé elle a toujours bon goût ! Affirma Sabrina.
- C'est vrai que j'en ai. Regarde qui es fou de moi ! » Dit-elle d'une voix mielleuse en se collant à Adrien.
Celui-ci recula légèrement la tête avec une mine de dégoût ou de simple réticence lorsque la fille du maire tenta de l'embrasser sur la joue. Adrien la repoussa alors gentiment, agacé ce qui frustra au plus haut point son amie d'enfance qui bouda de longues minutes les bras croisés.
« Non, je n'ai aucune nouvelle, c'est ça qui est inquiétant, répondit alors enfin 'le jeune blond.
- J'espère qu'elle va bien. Tout le monde s'inquiète pour elle depuis qu'on sait qu'elle est sortit de là inconsciente.
- Je ne demande qu'à savoir..
- T'as pas à t'en vouloir mec.
- Ça va Nino, je fais avec.
- Peut-on parler de choses plus importantes ?
- Lâche l'affaire Chloé. Bougonna Adrien.
- Tu verrais l'état du collège mec ! Le bâtiment le plus haut où se situait la bibliothèque est complètement effondrée !
- Tout se remue ménage a salit ma plus belle tenue, fit Chloé en regardant ses ongles.
- Ils ne savent pas si les cours vont tout de même reprendre, ils attendent le retour de Ladybug ! S'exclama Sabrina.
- Ouais… Le directeur voudrait reprendre les cours car il pense qu'à tout moment Ladybug viendra réparer le collège avec son pouvoir mais tous les profs ne sont pas de cet avis, beaucoup de gens ont la sensation d'avoir été… Abandonnés. »
Adrien baissa la tête. Cette révélation l'inquiéta un peu car que Chat Noir soit absent c'était parfaitement logique… Mais Ladybug ? Lui était-il arrivé quelque chose pour qu'elle loupe une occasion de sauver Paris ? C'est encore une chose qui inquiéta son esprit, il espérait profondément que la fille qu'il aimait plus que tout ne soit pas en danger mais vu la catastrophe récente, il ne pouvait pas en avoir la certitude.
Lorsque plus tard, Nino et les filles s'en allèrent, Adrien ressentit une peine immense au fond de lui comme s'il se sentait déjà bien loin. Mais heureusement pour lui, les visites s'enchainèrent sur ses camarades de classe qui vinrent le voir comme Mylène et Ivan, Juleka, Rose, Nathaniel, Max, Kim, Alix et… Tout le monde sauf Luka. Évidemment. Mais il était tellement heureux de tous les voir que cela réchauffa son cœur au point qu'il en oublia la douleur. C'était sûrement la première fois qu'il pouvait se sentir autant aimé et il ne pouvait pas s'en plaindre. Il avait autour de lui des gens formidables.
Lorsqu'ils partirent tous chez eux après avoir pris de ses nouvelles, Adrien eut envie de se reposer. En réfléchissant, il ne pensait pas que quiconque de plus allait venir, il n'avait pas beaucoup de famille et d'entourage. De plus, il avait longtemps arrêté d'espérer que son père vienne à son encontre, celui-ci oubliait sûrement qu'il avait un fils parfois alors… Cela ne l'étonnait même pas de ne pas recevoir sa visite.
Et c'est plus tard dans l'après midi, lorsqu'il commençait tout juste à s'endormir, qu'Adrien se surprit à observer une personne qui se tenait pas loin de son lit. Soit il rêvait –ce qui était fort probable-, soit cet homme était magicien car il ne se rappelait pas de l'avoir entendu ou vu ouvrir la porte de sa chambre. Le vieil homme était droit, en forme pour son âge bien qu'il prenait appui sur une canne, et il portait une chemise hawaïenne. Il regardait Adrien avec un sourire que ce dernier prenait pour malsain. Il ne comprenait pas trop ce que sa présence venait faire ici.
« Je suis Maître Fu. Ravi de te rencontrer personnellement Adrien, ou devrais-je dire, Chat Noir. »
Adrien se sentir rougir légèrement. La gêne était entrain de l'envahir puisqu'en vérité il ne savait pas du tout comment réagir. C'était bien la première fois qu'un inconnu le connaissait sous ses deux identités. Il ne se sentait pas tellement en sécurité. Au fond, il était heureux d'avoir retiré sa bague lors de l'incendie pour sauver Plagg, cela lui permettait de nier les faits.
« Non… Chuchota t-il.
- Inutile de te fatiguer plus longtemps. Il vaut mieux que tu laisses ta voix au repos. Et il est aussi inutile pour toi de nier ton identité secrète puisque c'est moi qui t'ai donné ton miraculous. »
Adrien garda le silence –après tout il n'avait pas trop le choix-. Il ne savait pas trop quoi penser, mais en tout cas il était totalement choqué de savoir que c'était cet homme qui lui avait légué son pouvoir !
« Je suis venu pour te parler de quelque chose d'important. Mais procédons d'abord par étape. »
Maître Fu s'avança doucement vers le lit d'Adrien et tendit une de ses mains qui étaient jusque là dans son dos pour venir y ouvrir la paume.
La bague du Chat Noir était présente.
« Reprends-la.
- Comment..
- Les médecins t'ont enlevé tes vêtements, elle n'était plus sur toi. Il a été facile de jouer de mon âge pour détourner l'attention, je t'en prie, reprends-la.
- Maître est-il vraiment en état de…
- Je pense être sûr de mon choix Wazz, je l'espère. »
Adrien venait juste de remarquer qu'une petite tête verte dépassait de la poche de la chemise de Fu. Il était complètement ébahi, la bouche entrouverte. Mais en fait, il trouvait ça tellement cool qu'il avait envie de lui poser trente-six milles questions, chose que malheureusement il ne pouvait pas se permettre de faire pour le moment.
« Je suis le dernier gardien héritier des miraculous encore vivant et cela depuis plus d'un siècle. Il était temps que nous fassions connaissance Chat Noir. Paris est en danger. »
Adrien était à la fois excité et inquiet de cette révélation. Il se redressa doucement en grimaçant puis il prit sa bague sans réfléchir, la regardant d'un air satisfait et heureux. Lorsqu'il mit sa bague à son doigt, Plagg apparut soudainement se révélant toujours aussi fatigué et blasé que d'habitude.
« Miaaaaaa, j'espère que la raison pour laquelle tu m'as fais revenir c'est pour un doux morceau de camembert…
- Plagg, grogna Adrien.
- Ô Misère… Soupira Wazz doucement.
- Ohhhh Maître, quel plaisir de vous revoir ! » assura le chaton en s'inclinant légèrement.
Son attitude surprit momentanément Adrien mais il n'était pas dupe, sous son attitude devait se cacher un plan malicieux pour obtenir du camembert. Évidemment. Ça ne pouvait être que ça. Maître Fu étira un sourire et s'assit par terre, au centre de la pièce comme si cela pouvait paraître normal.
« Euh… Maître, il y a des chaises. Dit timidement Adrien.
- Je suis bien trop habitué à m'asseoir de cette façon et cela facilite mes rituels ancestraux. »
Adrien n'en revenait pas. Il le prenait à la fois pour un fou mais aussi pour un homme très intéressant. Excité à l'idée d'en savoir plus, il se débarrassa de sa couette et sortit du lit malgré sa jambe dans le plâtre.
« Si j'étais toi je ne ferais pas ça. » Sourit Maître Fu.
Adrien se doutait bien que c'était une mauvaise idée, surtout vu la douleur qu'il ressentait dans sa jambe. Mais il ne pouvait pas rester dans son misérable lit alors que cet homme à moitié divin qui était apparu dans sa vie était assis au sol ; c'était presque insultant et surtout, il voulait lui parler comme il se doit.
Il posa alors au sol sa jambe en bonne santé et tenta de partir à cloche pied, seulement, les douleurs qui parcouraient son corps se réveillaient aussi et son pied toucha malencontreusement le sol ce qui lui fit pousser un petit cri de douleur alors qu'il se vautrait littéralement sur le sol.
« C'est ce que je disais. »
Adrien roula sur le dos et grimaça longuement, les dents serrées. Il sentait que le plâtre réduisait la douleur puisqu'elle bloquait les mouvements de sa jambe à partir du genoux, mais prendre appui au sol, il est clair que c'était carrément une très mauvaise idée.
« Tu devrais retourner dans ton lit.
- Je ne me suis pas fais mal pour rien. »
Adrien se redressa, toussa longuement et tendit sa jambe plâtrée sur le côté puis il s'assit en face de Maître Fu. Il remarqua un court instant que sa canule était au sol également, apparemment, il était trop loin de la bouteille d'oxygène et ne pouvait pas s'en servir pour le moment. Le jeune mannequin pria intérieurement que le manque d'air ne le prendra pas de court pendant sa discussion. Plagg de son côté, voltigeait près de la chemise de Maître Fu en cherchant malicieusement Wazz comme s'il cherchait à taquiner sa grande sagesse.
« Paris est à la recherche de Ladybug et Chat Noir. L'akumatisé n'est pas réapparu depuis hier mais les dégâts qu'il a causé dans la ville ont dut recueillir plusieurs équipes de secours au complet. La surprise la plus totale a été de ne pas voir apparaître les deux sauveurs de Paris. Certaines personnes sont déjà entrain de vous reniez. Et je crains le pire. L'akuma n'a pas été récupéré et l'akumatisé s'est volatilisé. Le Papillon semble avoir mis fin à son attaque dès qu'il a appris la destruction de l'école.
- Insinuez-vous que le Papillon soit… (Il marqua une pause, marqué par sa difficulté à s'exprimer) Le parent d'un élève ?
- Ou un professeur. »
Maître Fu étirait un drôle de sourire comme s'il sentait se rapprocher d'une piste.
« Mais rien n'est véritablement sûr et à vrai dire je m'inquiète plus pour vous deux et vos miraculous, l'identité du Papillon n'est pas la chose qui m'effraie le plus actuellement. Ce qui est inquiétant c'est qu'il réattaquera très prochainement pour une ultime attaque et sûrement en redonnant le pouvoir à ce pauvre pompier humilié.
- Mais Ladybug ? »
Maître Fu resta impassible.
« Où est-elle ? Je pensais…
- Personne ne sait où est Ladybug, pas même moi, mentit-il, si elle est dans ton collège il y a de fortes possibilités qu'elle soit encore marquée par le choc.
- Au point qu'elle laisse un akumatisé… dehors ? Ce n'est pas son genre.
- Je n'en doute pas. »
Adrien baissa la tête, rongé par l'inquiétude. Ladybug ne louperait aucune occasion de sauver Paris, c'était une mission qui lui tenait bien trop à cœur. Alors où était-elle ? Cet incident l'avait-il vraiment paralysé de peur ? Ou bien…
« Et si l'akumatisé s'en était pris à elle ? Si elle n'a pas eu le temps de se transformer…
- En effet, sa magie n'a pas encore fait effet, les dégâts sont presque apocalyptiques dans certains endroits, je ne douterais pas une seule seconde parmi les nombreux blessés qu'il devait y avoir qu'elle en fasse partie…
- Vous êtes le gardien, n'êtes-vous pas censé savoir…
- Savoir qui elle est véritablement ne fait pas de moi un magicien, je ne peux pas deviner sa position par la pensée. Chat Noir… Il est important pour toi de comprendre que pour le moment tu devras te débrouiller seul.
- Je ne comprends pas. Comment pourrais-je faire quoique ce soit ? Je suis incapable de marcher correctement et j'ai mal partout, alors à moins que Chat Noir puisse continuer de chat-courir sur les toits avec des béquilles…
- Là-dessus tu vas devoir me faire confiance. Pourquoi crois-tu que je sois là ? »
Adrien jeta un coup d'œil à sa jambe cassée.
« Vous pouvez… la soigner ? »
Il se remit à tousser bruyamment. Maitre Fu le regardait longuement sans rien dire, ayant reprit son air sérieux.
« Soigner les kwamis n'est pas ma seule capacité je dois le dire. Mais tu ne peux pas prendre ça à la légère.
- Maître… C'est bien trop dangereux.
- Pourquoi est-ce… ? (Adrien déglutissait difficilement) Y a t-il des répercussions ?
- Inutile que tu le saches. Fit Fu, en fermant les yeux.
- Maître… »
Plagg observait la scène le regard plissé en jetant par moment un regard à Adrien qui semblait ne pas comprendre.
« Dans quelques temps, il faudra que tu fasses face au danger qui t'attend. Tu seras seul. Mais je crois en toi, c'est pourquoi je sais que tu y arriveras, sourit-il.
- Je ne sais pas si je parviendrais à trouver le rythme de nouveau, cela veut dire que je reprendrai aussi le collège… Du moins si les cours ont été repris malgré la tour du bâtiment détruit. Et puis sans Ladybug… Les akumas… Et Marinette ? Je ne peux pas la laisser seule ici.
- J'ai vu ton amie dans l'hôpital. »
Adrien écarquilla les yeux, surprise par ses paroles. Comment Maître Fu pouvait t-il la connaître ?
« Ne sois pas surprit, ton amie est une connaissance qui m'avait déjà aidé à traverser un passage piéton par simple bienveillance, je l'ai tout de suite reconnue.
- Oh… »
Fu esquissait un sourire illisible, c'était une personne dont il était difficile de lire les émotions lorsqu'on l'observait. Le fait qu'il connaissait Marinette interpellait Adrien déjà pas mal mais ce sourire qu'il ajoutait à son sujet était d'autant plus curieux. Le jeune homme demanda alors dans la cadence et surtout l'inquiétude qui nouait son ventre de plus en plus si elle avait l'air d'aller bien, ce à quoi le vieux maître répondit sans mentir :
« Il ne vaut mieux pas que tu la vois pour le moment, elle est prise en charge. »
Adrien baissa les yeux.
« Je vois… Elle est mal en point. Bien plus que prévu.
- Je suis navré Adrien.
- Je ne vais pas m'abattre sur ce sort, je ferais de mon mieux pour l'accueillir et rester à ses côtés. C'est la moindre des choses après ce qu'elle a fait pour moi et puis… »
Le jeune garçon secouait la tête comme si de brèves images repassaient en boucle dans sa tête et cela semblait ne pas lui faire le plus grand bien. Fu sentait qu'il gardait précieusement au fond de lui de douleurs bien plus qu'il ne laissait paraître, Chat Noir le faisait aussi souvent et ce fait faisait de lui quelqu'un de très courageux.
« Tu as parcouru de rudes épreuves Chat Noir et je ne parle pas seulement de cet incident. Je ne doute pas de tes capacités. Mais toi en doutes-tu ?
- Je ne suis rien sans ladybug.
- Vous possédez tous les deux vos qualités et vos défauts. Si tu n'es rien sans Ladybug, Ladybug n'est rien sans toi. Mais ce n'est pas le cas, vous formez une équipe suprême mais vos capacités vous permettent aussi d'y parvenir seul lorsque l'autre n'est pas là.
- Alors que dois-je faire Maître ?
- Sois comme tu aimes être, sois Chat Noir. Bas-toi comme lui, libère les prochains akumatisés et garde en sureté les akumas le temps que Ladybug revienne. Mais sois prudent, le Papillon attendra surement une autre colère du pompier pour faire éclater de nouveau sa puissance.
- Pourquoi spécifiquement un pompier ? Il peut akumatisé n'importe qui.
- Parce que si Ladybug et Chat Noir ne se sont pas montrés, il doit penser que cet akumatisé est parfait pour nuire à leur perte. Il continuera de créer des akumatisés le temps de vous retrouvez, toi et ta partenaire et une fois fait, il lancera sûrement son attaque.
- Comment pouvez-vous être sûr de ce que vous avancez ?
- Je n'en ai aucune certitude malheureusement. »
Soudain, du mouvement dans le couloir de l'hôpital attisa leur attention et coupa leur conversation en cours. Adrien cru même entendre « Mr. Agreste » ce qui le fit paniquer.
« Les infirmières vont arriver ! »
Le maître se releva doucement de sa position et remis ses mains dans le dos. Wazz sortit de sa poche pour venir voltiger comme un sage à côté de sa tête.
« C'est le moment de nous quitter. Nous nous reverrons prochainement.
- Attendez ! Et comment je fais pour ma jambe ?
- Je m'en chargerais personnellement, n'ai aucune crainte. Tu seras sur pied dès demain. En attendant, prends soin de toi et ne néglige pas tes soins. Tu en auras besoin dans les prochains mois. À bientôt Adrien. »
Maître Fu continuait de sourire comme s'il savait exactement ce qu'il faisait mais aussitôt la porte de la chambre s'ouvrit lentement, laissant apparaître la tête de l'infirmière qui était le matin même déjà là.
« Adrien ? Qu'est-ce que vous… »
En voyant le jeune garçon par terre et un inconnu, bien que vieux dans la chambre, l'infirmière ressentit une terrible inquiétude et surtout une assez grande colère.
« Je vais vous demandez de sortir d'ici Monsieur, dit-elle fermement.
- Pardonnez-moi mademoiselle, je ne voulais pas déranger. Fit Monsieur Fu, d'une voix de vieillard qu'il imitait parfaitement en courbant le dos.
- Ne soyez pas en colère Lucie, je connais cet homme, il souhaitait simplement prendre de mes nouvelles.
- Je suis désolée Adrien mais te sortir du lit n'était pas autorisé.
- Je l'ai fais de mon plein gré, je vous le promets, il n'a rien à se reprocher.
- Soit, je vais quand même demander à cet homme de partir.
- C'était un plaisir Adrien. » Ajouta le maître avant de passer la porte en compagnie de Lucie qui le tenait par le bras pour l'aider à '''''marcher'''''.
L'infirmière appela alors deux de ses collègues pour qu'ils remettent Adrien en place sur son lit sans lui faire mal. Puis, avant de sortir entièrement, celle-ci lui annonça d'un petit sourire :
« Vous avez de la compagnie. »
Encore ?! Pensa Adrien. En vérité, il voulait surtout se reposer mais si cette personne était déjà là, les excuses ne valaient plus la peine. Il se demandait seulement qui cela pouvait bien être. Les deux jeunes infirmiers avaient porté le jeune mannequin sur son lit sans lui faire mal ce que celui-ci trouvait assez miraculeux.
Il soupira à son aise et enfonça sa tête dans l'oreiller une fois que sa canule fut remise dans ses narines. Avoir constamment ces douleurs dans et sur son corps le fatiguait bien plus qu'il ne le pensait. Il contempla le plafond un instant et posa une main sur son ventre pour tenter d'apaiser au rythme de son souffle cette boule qui l'angoissait au plus profond de lui. Il avait du mal à s'en remettre, c'était bien plus terrible que l'on pense de vivre un moment aussi dangereux et difficile, surtout quand quelqu'un prend plus cher que vous. Adrien en prenait bien conscience et ressentait une crainte vis-à-vis de l'état de Marinette. Il espérait qu'elle puisse s'en sortir rapidement mais Ladybug… Il se demandait sincèrement où elle était. La voir disparaître ça ne pouvait rien signifier de très bon et ça ne faisait que l'angoisser à mesure que les minutes passaient !
Le grincement de la porte le sortit de ses pensées et il dut prendre appui sur ses coudes pour se redresser sans avoir mal. Les cheveux en bataille et un air curieux sur le visage, Adrien tenta d'apercevoir qui était venu le voir. Lucie avait ouvert la porte et les pas d'un homme se mirent à retentir sur le sol.
« Tout va bien Monsieur, prenez votre temps. »
Lorsque l'homme en question entra entièrement dans la chambre, Adrien eut un hoquet de surprise.
C'était son père et à sa tête, il semblait complètement abattu. Mr. Agreste murmura son prénom et avança à grands pas jusqu'au lit de son fils qu'il prit dans ses bras. Nathalie était postée devant la porte, le dos droit, les mains derrière le dos et surtout toujours aussi avide d'expression.
« Je suis tellement désolé… Souffla Mr. Agreste.
- Père je…
- Désolé de ne pas avoir été là pour te sortir de là.
- Où étiez-vous depuis hier ? Je ne pensais pas que vous viendriez…
- Occupé avec les affaires, je n'ai pu être au courant que ce matin. »
Adrien était un peu interloqué, son père était tellement incapable de prendre soin au quotidien de lui à cause du travail qu'il avait fini par oublier de s'inquiéter lorsque son fils n'était pas à la maison ? Lui qui était tellement à cheval sur les règles, c'était totalement burlesque comme situation mais cette affection qu'il lui donnait actuellement semblait lui montrer que parfois il pouvait lui arriver quand même de s'inquiéter et de penser à lui. Enfin Adrien espérait que ce soit bien ça…
