Loooong délai de publication pour un riquiqui chapitre, avec pour seule excuse ... ma flemme ^__^

Donc si des lecteurs passent par là, laissez des petits mots pour m'encourager pour la suite !

Et comme d'hab, patamoi, étouétou.

On se retrouve en bas !


Harry était partagé. D'un côté, il était vraiment content de quitter le Terrier pour retrouver sa maison. Et l'idée de faire le voyage en balai lui donnait une immense impression de liberté. Mais en même temps, le souvenir du trajet entre Privet Drive et Square Grimmauld l'an passé lui revenait insidieusement en tête, avec tous les inconvénients : le froid terrible, les ordres de Maugrey... Et rien ne semblait vouloir être différent, notamment sa garde rapprochée : Tonks était prête, ainsi que Schaklebolt et Fol'Oeil.

Pourtant, celui-ci n'avait pas été, cette fois-ci, désigné comme chef de l'expédition. Il semblait à Harry que la question avait été longuement débattue, et qu'il avait finalement été décidé qu'il serait bon de ménager la susceptibilité de leur protégé irritable. C'est donc Bill qui avait hérité de la lourde tache de donner des ordres à Harry. Ils étaient tous réunis autour de la grande table de la cuisine, avant le départ pour Londres. Le départ se ferait dès la tombée de la nuit, pour effectuer le voyage de nuit. Ils étaient tous à la fois très anxieux, et très soucieux de le cacher. Mme Weasley se tordait les mains, des regards lourds s'échangeaient dans un silence pesant. Finalement, Bill prit la parole.

- Bon, Harry, je t'explique. Le voyage sera long, et on va survoler des régions habitées. Il est hors de question de faire un détour pour éviter les villes, ça rallongerait beaucoup trop le parcours. Donc on va tous se soumettre à un sortilège de Désillusion.

- Ah bon ? Mais comment on va faire pour tenir la formation ?

- Bonne question. En fait, pour ce genre de situation, l'Ordre a réussi à mettre au point une variante de sortilège qui permet aux personnes soumises au Sortilège de se voir entre elles, à conditions qu'il soit lancé par une seule personne. Ce sera donc moi. Le problème, c'est que si la personne responsable du sort est touchée par un maléfice, la Désillusion s'annule.

A ces mots, Molly gémit sans pouvoir contenir son affolement. Bill reprit comme s'il ne s'était rien passé.

- Donc en cas de pépin, c'est Alastor qui sera responsable pour relancer le sort à tous. Mais en principe, tout devrait bien se passer. Pour le reste, c'est comme la dernière fois : toi au milieu, et tu me suis.

- Ok, acquiesça simplement Harry.

Bill les soumit donc tout le groupe au sortilège, et ils passèrent la porte pour se retrouver dans le jardin du Terrier. Leurs balais les attendaient. Harry retrouva avec plaisir son Eclair de Feu et une nouvelle fois, l'idée du long vol qui s'annonçait – même encadré par l'escouade l'Ordre - lui donna des frissons d'anticipation. Il lui apparaissait comme la seule bonne chose qui pouvait lui arriver à ce moment.

Au signal de l'aîné des Weasley, il décolla pour se sentir immédiatement plus vivant. Le souffle du vent dans ses cheveux, son bruit à ses oreilles le rendaient euphorique.

Pourtant, quand il arriva en vue de Londres, il n'était pas mécontent de l'atterrissage à venir. Il était transi de froid. Il se demanda fugacement ce que serait un tel voyage en plein hiver et se réjouit de la température clémente qui régnait à cette époque de l'année.

Le groupe se posa en face du 12, Square Grimmauld et se dirigea immédiatement vers la porte de la maison. Harry comprit qu'ils ne devaient pas rester en terrain découvert plus longtemps que le strict nécessaire, et il avait hâte de pouvoir rentrer pour se réchauffer.

Mais il s'arrêta avant d'entrer. Les autres stoppèrent aussitôt autour de lui, et Bill chuchota :

- Bon sang, Harry, qu'est-ce que tu fais ? Ne reste pas planté là, c'est dangereux.

- Oui, je sais, répondit calmement Harry. Mais en fait je veux entrer seul dans la maison. Je ne veux pas que vous entriez ave moi.

- Comment ? s'écria Fol'Oeil. Je peux savoir ce qui te prend ? Il est hors de question que nous te laissions entrer seul là dedans. Surtout pas avec Remus.

- Pardon ? demanda aussitôt Harry. Remus ? Quel est le problème avec Remus ? Je croyais qu'il était seulement déprimé. Ou alors c'est que vous n'avez pas jugé utile, une fois de plus, de me dire quelque chose qui me concerne. Et plus ça va, moins j'ai envie que vous rentriez dans ma maison.

Alors Tonks prit la parole.

- Oui, Harry, il est déprimé. Mais c'est un loup garou. C'est pour ça qu'on ne voulait pas trop que tu viennes, et encore moins seul.

- Ca n'explique rien. Et de toute façon, ça ne change rien. Si vous m'aviez jugé capable de comprendre le problème, ce que je suis, je vous aurais sans doute écouté. Mais là, une fois de plus, vous me pensez inférieur à ce que ne suis réellement. Je pense que je pourrais affronter le problème seul. Je vais entrer seul dans cette maison, vous pouvez repartir, s'entêta Harry.

- Mais pourquoi ? demanda Tonks. Qu'est-ce que ça peut faire si on vient ?

- Je veux juste être seul. C'est une maison pleine de souvenirs pour moi, je ne veux partager ça avec personne et encore moins avec les membres d'un Ordre qui me prend pour un ahuri, qui refuse de m'expliquer les choses.

Les quatre adultes semblèrent accuser le coup et aucun ne trouva quoi répondre. Harry les regarda sans bouger. Il était très conscient que les aurors devaient être surpris de le voir se rebeller ainsi, mais il ne regrettait pas le moins du monde de leur avoir dit le fond de sa pensée. Il en tirait même une certaine satisfaction, à la pensée que ce serait transmis jusqu'à Dumbledore, et pour rien au monde il n'aurait manqué une occasion pareille de faire culpabiliser le directeur.

Et finalement, Bill reprit la parole.

- Bon, on ne te fera pas changer d'avis, à ce que je vois, et il vaut mieux ne pas traîner ici. Même si je suis persuadé que c'est une très mauvaise idée, on va repartir. J'espère que ce séjour à Londres te remettra quelques idées en place, tu sembles en avoir grand besoin.

Harry ne répondit pas à cette phrase mesquine dictée par le ressentiment, et les regarda partir sans un au revoir. Dès qu'ils eurent pris un peu d'altitude, il se tourna résolument vers la porte, et entra dans la maison.

Le hall était plongé dans une atmosphère glauque, et une tristesse absolue transpirait des murs. Une odeur de renfermé planait dans l'air. Harry, intrigué et une peu inquiet murmura un 'lumos', et ne put retenir un petit cri quand la lumière révéla l'état de l'entrée.

Tout était couvert de poussière, le sol était jonché de déchets et l'humidité suintait des murs, décollant le papier peint. Cependant, il lui semblait que cela correspondait, d'une certaine manière, à ce qu'il savait de cette maison. Sans la présence de Molly Weasley, certes étouffante mais néanmoins bénéfique pour l'hygiène et la propreté, la magie noire latente dans l'édifice reprenait ses droits. A la lumière vacillante de sa baguette, Harry ne put s'empêcher de comparer l'ensemble à une maison hantée. Mais hantée par qui ?

C'est à ce moment qu'Harry réalisa qu'il n'avait encore vu aucun indice pouvant prouver la présence de Remus. Il s'avança dans le hall, avec précaution et craignant à chaque instant de déclencher un piège ou un mauvais sort. Il redoutait également de faire tomber quelque chose, ce qui n'aurait pas manqué de réveiller Madame Black, et il préférait vraiment avertir Remus de sa présence autrement que par les hurlements stridents de cette harpie.

Mais quand il arriva devant le tableau, ce n'est pas la mère de Sirius qui cria mais bien lui. Madame Black ne serait plus jamais en mesure d'effrayer qui que ce soit, ni même de hurler ses imprécations contre les Sangs-Mêlés et autres traîtres à la noble maison de ses ancêtres. Le portrait n'était plus caché par les lourds rideaux de brocard rouge : ils pendaient de chaque côté, arrachés à la tringle elle-même branlante. Ils frottaient le sol, ramassant la poussière accumulée. Mais le pire était la toile elle-même. Pour la première fois, Harry le vit inanimé, comme une simple œuvre moldue.

Sa vision rappela à Harry des souvenirs de troisième année, quand le Grosse Dame avait été vandalisée par Padfoot. Madame Black était totalement lacérée, déchirée sur toute se surface par des griffures profondes. L'ensemble donnait une impression de violence extrême, comme une agression physique réelle, où la personne aurait été abandonnée après avoir été blessée. Celui qui avait fait ça en voulait mortellement à la mère de Sirius, au point de s'attaquer à ce qui la représentait. Harry ne put retenir un haut-le-cœur, même la détestable Madame Black ne méritait pas un tel sort.

Comme pour chasser le silence oppressant de la maison, il murmura :

« Mais qui a bien pu faire ça ? Ou...quoi ? »

Et le silence qui lui répondit ne fait que rappeler à Harry le fait que Remus était censé être dans la maison. Que se passait-il ici ? Etait-ce pour « ça », cette mystérieuse atmosphère, que les membres de l'Ordre ne voulaient pas le laisser venir ? Harry commençait ç se demander s'il avait eu raison de venir. Cette froideur ne faisait que lui rappeler avec plus d'acuité l'absence de Sirius, et l'impression générale donnée par la maison ne ferait que le conforter dans sa dépression. Même s'il cherchait la solitude, il ne voulait pas devenir complètement misanthrope pour autant ...

Néanmoins, il fallait avant tout qu'il retrouve Remus. Prenant son courage à deux mains, il décida d'explorer méthodiquement la maison, de la cuisine au salon, puis dans les étages. Et tout en progressant, il réfléchissait, ressassait les différentes hypothèses qui auraient pu expliquer le délabrement de la maison. Il semblait douteux que ce fut une tentative des membres de l'Ordre pour détruire les tableaux : bien que ce but ait effectivement été atteint, ce déchaînement de violence ne leur ressemblait pas. Et malgré cette même violence, Harry ne pouvait se résoudre à l'idée que ces dégradations aient été le fait de mangemorts. Dans ce cas, jamais l'Ordre ne l'aurait laissé venir, et encore moins seul. Il ne pouvait penser à une hypothèse satisfaisante.

Il y en avait bien une, mais elle semblait tellement cruelle à Harry qu'il ne pouvait se résoudre à l'envisager sérieusement.

Plus il avançait dans les étages, plus l'état de la maison devenait déplorable. La crasse était accumulée, de nombreux objets cassés jonchaient le sol, et toujours cette odeur de renfermé...

Mais arrivé au grenier, il n'avait toujours rien trouvé, aucune preuve de la présence de Remus.

« Bon sang, où est-il ? Ils ont finit par admettre au Terrier qu'il était ici, il ne peut pas être parti ! »

Finalement, il ne restait que la cave à vérifier. Harry décida d'y descendre, par acquis de conscience, bien décidé à lutter contre sa peur de cet endroit s'il le fallait pour retrouver Remus. Que pouvait-on trouver dans la cave d'une maison de Sangs Purs adeptes de magie noire ? Il n'y étais encore jamais allé, et aurait nettement préféré ne pas avoir à le faire.

Redescendant alors tous les escaliers, il traversa le salon et se planta devant la porte de la cave. Il respira finalement un grand coup, et poussa le battant avec toutes les précautions imaginables. La pièce était aussi sombre qu'il se l'était imaginée, l'escalier semblait se diluer petit à petit dans une eau noire et épaisse. Il tendit sa baguette en avant et, d'un lumos, s'assura qu'une bulle de lumière l'éclairerait suffisamment pour ne pas tomber. Il progressait lentement, de plus en plus anxieux à mesure qu'il descendait.

Et soudain, Remus était là.


Ok, la fin est vache. Que voulez-vous, la vie est une chienne :p

Bises à tous, et merci !