Bonjour ! Je pointe le bout de mon nez pour vous offrir le chapitre 3 de Comment être un Parfait Connard.
Merci tout d'abord à vous qui lisez cette fiction et si vous laissez des reviews, doublement merci (je prendrai le temps de vous remercier personnellement dès que possible :)Guest : Merci infiniment de suivre mes fictions et de prendre le temps de laisser une review, ça me touche vraiment ! Je suis contente que tu ne trouves pas Kido OOC :)
Bref, pour en revenir à ce que je disais, les choses vont commencer à devenir compliquées pour nos deux stratèges préférés, mais je ne vous en dis pas plus :D Bonne lecture !
Il n'y avait pas un bruit, seulement le sifflement des respirations et les murmures de la ville qui se réveille au dehors. Fudo rouvrit les yeux lentement. Il faisait chaud, doux et sombre, et il sentait le corps nu de Kido contre le sien. Il tourna légèrement la tête pour s'assurer qu'il dormait encore. Il n'osait pas bouger, de peur de briser le calme qui régnait dans la pièce. Il baissa les yeux vers le torse de l'étudiant, l'observant se soulever au rythme de son souffle, délicieusement paisible: ses doigts frôlèrent ses pectoraux, et suivirent son abdomen, comme le vent épouse les feuilles des arbres. Le châtain grogna dans son sommeil et se tourna un peu, enlaçant le footballeur nonchalamment. Celui-ci ferma les yeux et soupira en posant sa main sur l'avant-bras du vis-à-vis pour le caresser: sa peau était douce, et ses bras si accueillants...
«.. Pas envie de me lever...» marmonna Kido, les yeux clos.
«Il faut bien...»
Kido soupira et se redressa paresseusement, alors que le brun faisait de même de son côté. C'était ça le réveil avec Kido. Pas le temps de traîner au lit.
«T'habille pas maintenant.» ordonna le châtain
Fudo savait ce que ça voulait dire alors il obéit, s'adossant au mur alors qu'il gardait la couverture sur ses jambes. Kido se leva en baillant et s'étira, faisant rouler ses muscles sous sa peau onctueuse.
«Je dois me lever aussi, Yuu.»
«Je m'en fous...»
Kido se pencha pour ramasser les vêtements qu'il avait jetés à terre la veille en embrassant le brun, et les jeta sur son lit à lui avant d'aller à la recherche d'habits propres. Il enfila son boxer sous le regard ensommeillé de son compagnon de chambre. Si délicieusement... Sensuel. Le brun passa sa langue sur ses lèvres, désireux de goûter encore à ce corps mielleux.
«Tu crois qu'on a le temps ?» demanda-t-il alors que le châtain le rejoignait, montant sur le matelas à quatre pattes.
L'héritier ignora sa remarque, se penchant simplement pour mordre les lèvres de son partenaire. Fudo ferma les yeux. Elles étaient si douces, et elles sentaient si bon... Et il posa sa main autour du cou de Kido, descendant progressivement vers le centre de son torse, alors que l'autre appuyait ses coudes sur le mur, de chaque côté de sa tête. Fudo sourit discrètement; il sentait son coeur battre.
«Fudo...»
Kido avait soufflé en happant ses lèvres quémandeuses. C'est qu'il était bavard le matin.
«Touche-toi.»
Le concerné releva un regard vicieux vers son colocataire, et dit d'une voix moqueuse:
«Pervers.»
Kido grogna, le faisant obéir. Il s'éloigna de lui pour le regarder se caresser, doucement, lentement, trop.
«Plus vite.»
Fudo obéit. Ses doigts se refermèrent sur son sexe, qui sous ses impulsions -et le regard du châtain- commençait à s'éveiller. Un soupir lui échappa alors qu'il commençait à sentir tous son corps frissonnant et sa peau se réchauffer. La machine était engrangée. Kido continuait de le regarder sans rien dire et le brun se demandait pourquoi il obéissait: l'étudiant n'avait pas dit s'il-te-plaît.
Il sentit ses yeux se fermer de plaisir alors que sous ses paupières, ses yeux se levaient peu à peu au ciel. Son souffle commençait à se saccader, alors que son bassin commençait à imprimer les mouvements. Il entrouvrit vaguement les yeux pour croiser les rubis de celui qui le surveillait. Il ne put retenir une légère plainte alors que sur ses rétines s'imprimait l'expression désireuse de son partenaire, celle qu'il lui lançait lorsqu'il se faisait habituellement sucer.
«Donne les... Mouchoirs...» haleta le brun en tendant la main vers sa table de chevet.
Le châtain l'ignora, se penchant sur lui d'un air prédateur, plus bas que ses lèvres, plus bas encore, encore... Il saisit les poignets du serveur, qui tenta de se défaire, surpris, avant de fondre littéralement sur place. Kido avait pris l'extrémité de son membre dans sa bouche, délicatement, pour commencer à jouer dessus avec sa langue. La cavité chaude et humide accueillit le sexe encore un peu plus loin, arrachant des gémissements de plus en plus bruyants à la victime, qui plaqua ses mains sur sa bouche. Aah, trop bon, vraiment trop bon...
«P-Plus vite...» gémit-il.
Le concerné lâcha le sexe pour répondre:
«Ne me donne pas d'ordre.»
Et il attendit que le brun ait formulé correctement sa question;
«J't'en prie... Plus... Vite...» se plaignit le brun en posant sa main sur le haut du crâne de son vis-à-vis.
«Je préfère ça.»
Il daigna enfin reprendre là où il avait terminé, laissant sa langue courir le long du membre, légèrement plus vite. Fudo ne parvenait désormais plus à retenir son bassin et donnait des coups de reins impulsifs, à bout de souffle, laissant des gémissements trop aigus lui échapper parfois. Un frisson de chaleur se répandit dans son corps alors que dans une ultime cambrure, il se déversait dans la bouche de Kido. Celui-ci avala en grimaçant, presque écoeuré alors qu'il essuyait ce qui avait eu l'audace de couler. Il avisa brièvement la semence sur ses doigts et les présenta au brun, qui sentait déjà les derniers frissons de plaisir quitter son corps engourdi. Il jeta un coup d'oeil rapide aux doigts et les prit dans sa bouche sans poser de question, lentement, profitant de la chaleur de son corps avant qu'elle ne se dissipe. Lorsqu'enfin l'héritier reprit ses doigts et lui ses esprits, il se redressa;
«Pourquoi tu m'as demandé de faire ça ?» voulut-il savoir alors que le châtain prenait des vêtements pour les mettre après la douche.
Kido lui lança un regard hautain, puis sourit d'un air amusé:
«Parce que je sais que tu penses à moi. Et ça me plaît.»
Fudo se sentit rougir violemment et cacha son visage dans son épaule. Comment pouvait-il savoir ? N'importe qui aurait pu défiler nu sous les paupières closes du brun, qui pouvait vraiment deviner ? N'empêche qu'il avait raison, c'est bien l'héritier qui avait hanté les fantasmes non-dits de Fudo. Il allait d'ailleurs rétorquer que ce n'était pas le cas lorsque quelqu'un frappa à la porte:
«Kido, Fudo, je peux ouvrir ?»
C'était la voix d'Endo.
«Attends j'arrive.» dit Kido en se dirigeant vers la porte.
Il ne fallait pas que leurs amis découvrent qu'ils couchaient ensemble, mieux valait éviter de se montrer presque nu. Fudo se cacha sous sa couverture et Kido enfila une chemise qui traînait, juste pour lever les soupçons. Puis il ouvrit la porte pour voir son colocataire, prêt à partir.
«Où tu vas ? On commence l'entraînement que dans 1h et demi.» questionna le brun depuis le lit, surpris.
«Je passe voir mon grand-père chez lui. Il veut que je lui achète des médocs, il a attrapé un rhum.»
«Ah.»
«Euhm... Akiko a sonné en bas... Je l'ai faite monter.»
«Quoi ?»
Kido se redressa en entendant l'annonce de Endo.
«Elle est là ?» chuchota-t-il.
«Ouais.. Dans le salon. Elle a dit qu'elle avait un truc important à te dire.»
Mais que faisait-elle ici ? Est-ce qu'Akiko avait quelque chose à dire par rapport au dîner de la veille ?
«Je dois aller prendre une douche, moi.» fit savoir l'héritier, embêté.
«Shuuya est déjà parti et moi je m'en vais tout de suite. Il faudrait peut-être que quelqu'un reste avec elle en attendant Kido. Vous savez, politesse, tout ça...»
Deux paires d'yeux accordés se tournèrent vers le brun. Celui-ci grimaça.
«Nan, je me coltine pas Miss Parfaite. Je peux pas la voir, avec ses manières de bourges.» maugréa le serveur.
«C'est bon. On sait tous ici que tu es très fort pour jouer l'hypocrite.» sourit Endo en lui donnant un coup de coude rieur.
«Fais-le s'il te plaît.» finit par dire le châtain.
Fudo essaya de ne pas se figer. S'il te plaît... Pff, bien sûr. Mais il se leva tout de même de son lit, attrapant un vêtement au passage pour cacher sa virilité en attendant de trouver un dessous. Il croisa le regard surpris de celui au bandeau, qui sembla chercher une explication seul avant de demander, incertain:
«Euh, tu dors tout nu ?»
Le brun parut gêné. C'était bizarre de dormir nu lorsqu'on partageait sa chambre avec un ami. Et assez peu pudique.
«Il a fait chaud.» se justifia-t-il en mettant la main sur un boxer.
Il contourna son ami, qui levait les yeux au ciel, soulagé, et récupéra un jogging et un hoodie qu'il enfila tout en sortant de la chambre. Il suivit l'autre footballeur dans le salon tandis que Kido rejoignait la salle d'eau discrètement.
«Bon j'y vais.» déclara Endo en arrivant dans la pièce de vie.
Il s'approcha de la fille pour lui faire la bise et salua rapidement son ami. Celui-ci le lui rendit d'un coup de tête avant de se servir un bol de céréales avec du lait; il entendit la porte de l'appartement s'ouvrir puis se refermer, indiquant que le gardien les avait quittés. Fudo s'assit nonchalamment à la table et entama son petit-déjeuner sans même lever les yeux vers la brune. Celle-ci fixait les murs, mal à l'aise, n'osant sans doute pas engager la conversation. Fudo avait quand même fini par la regarder et l'observait à présent discrètement. Qu'est-ce que Kido pouvait bien lui trouver ? Elle semblait si banale comme fille, avec son air rangé et ses cheveux longs soyeux. Lui, il préférait les filles un peu garçonnes, des filles qui rigolaient sans avoir l'air gênées, qui s'asseyaient sans croiser les jambes et qui se la jouaient cool tout en restant féminines un minimum. Les princesses du genre de Miss Parfaite, non merci. Mais pour que Kido sorte avec elle depuis déjà 2 ans, elle devait bien avoir quelque chose d'exceptionnel non ? Etre par exemple... Une bombe au lit. Voilà, ça devait être ça: une fille d'apparence soignée et de haute éducation, qui faisait bonne impression et en même temps pouvait jouer la vilaine fille dans l'intimité d'une chambre. Voilà donc peut-être son secret. Un sourire fleurit au coin des lèvres du brun alors qu'il avalait sa bouchée: pour que Kido s'intéresse à elle, elle devait être capable de faire bonne impression en société et faire l'amour comme une déesse.
«Qu'est-ce qui te fait sourire ?» demanda soudain la fille.
Fudo s'aperçut qu'il souriait en fixant Akiko et se redressa, amusé.
«Oh rien. Et toi, qu'est-ce qui t'amène ici ?»
«J'ai des choses à dire à Yuuto-chan.» se contenta-t-elle de répondre.
Yuuto-chan, gnagnagna... Quel surnom abject. Et le châtain laissait passer ça ? La grimace que fit le brun attira l'attention de l'étudiante, qui reprit d'un ton agacé:
«Si tu as quelque chose à dire, dis-le. Ne reste pas à discuter avec toi-même, c'est pitoyable.»
«Je préfère parler avec moi-même qu'avec toi, Miss Parfaite de Sainte-Ni-Touche. Mais si tu insistes.» marmonna le serveur. «Je me demandais pourquoi Kido sortait avec une fille comme toi.»
La concernée haussa un sourcil et répliqua:
«Avec qui d'autre pourrait-il sortir ?»
Fudo fit taire la voix dans les fins fonds de sa tête qui lui murmurait «moi». C'était idiot. Même si l'héritier Kido ne sortait pas avec la jolie et tendre Akiko, il sortirait avec une mignonne petite blonde ou une rousse élégante. Ou n'importe quelle autre fille jolie de bonne société et pas trop mauvaise en gâteries. C'était rageant d'imaginer que quelque soit les configurations de couples possibles, lui n'était jamais dans les choix. Il n'était même pas sur liste d'attente, il était juste rien, et devait s'estimer heureux d'être utilisé de temps en temps, sans rien pouvoir espérer de plus. C'est d'ailleurs ce qu'il faisait, même s'il cachait mal sa jalousie; il enviait toutes les caresses douces que devait lui faire le châtain, et les mots gentils auxquels elle avait droit... Même si lui pouvait se vanter de connaître le vrai visage du mystérieux Kido Yuuto, un homme stratégique, scientifique, ce type qui perdait pieds dans ses bras, qui mordait et griffait... Il réprima un frisson.
«Je le vois bien célibataire. Kido est un loup solitaire.»
«Un loup solitaire ? Je le vois plus comme un lion.»
Un lion, c'est vrai, c'est exactement ça. Mais Fudo n'aimait pas cette idée, même si elle collait parfaitement à son colocataire. Un lion menait une troupe de lionnes. Des lionnes. Un harem. Un lion ne finissait jamais avec un autre lion, car il n'y avait simplement pas de place pour ça dans sa vie.
«Et qu'est-ce que tu vas lui dire, à Yuuto-chan ?»
Il avait bien insisté sur le Yuuto-chan, un air moqueur étirant ses lèvres et le coin de ses yeux.
«Ça ne te regarde pas.»
«Si, ça me regarde. Je vis avec lui, je suis une partie de sa vie. J'ai le droit de savoir.» répliqua le brun avec arrogance.
Akiko prit un air désabusé.
«Et bien justement, je voulais lui parler de ça.»
Le sang du brun se figea dans ses veines. Il essaya de ne pas avoir l'air pris au dépourvu et maintint son calme: Akiko savait-elle quelque chose à propos de Kido et lui ?
«Tu pourrais être plus précise ?» maugréa-t-il. «Je suis pas devin.»
«Je suis la petite amie de Yuuto. Je compte lui demander d'emménager chez moi. La colocation, c'est pour les jeunes qui ont des problèmes d'argent. Pas pour quelqu'un comme Yuuto-chan.»
Fudo tiqua: quelqu'un comme Kido. Comme si. Et de toutes façons, elle aurait beau dire, il était persuadé que l'héritier n'accepterait jamais. Kido avait une indépendance qui lui était chère, il ne suivrait pas la brune sans rien dire, ça non.
«Vivre avec toi ? Ah ! Tu rêves ma petite.» se moqua le footballeur. «Si Kido vit avec nous depuis tout ce temps alors que, comme tu dis, il a aucun problème de thune, c'est que quelque part ça lui plaît de rester.»
«C'est parce qu'il n'a connu que ça. Kido n'a jamais vécu avec une fille n'est-ce pas ? Il ne sait pas ce que c'est.»
«Ça change rien, idiote.» maugréa-t-il.
«Qui tu traites d'idiote ?» intervint soudain une voix.
Kido entrait dans la salle, habillé d'une petite chemise blanche et d'un jean sombre. Ses cheveux attachés étaient encore mouillés et des gouttes d'eau coulaient encore le long de sa nuque. Il était rare que Kido s'attache les cheveux maintenant, et à chaque fois, ça rappelait à son colocataire quelques souvenirs. Mais actuellement, le châtain semblait en colère contre lui, probablement pour avoir qualifié sa copine d'«idiote».
«J'aime pas trop que tu parles comme ça à Akiko.» mit-il en garde.
«Pas ma faute si elle cherche la merde.» maugréa le brun.
«De quoi vous parliez au juste ?»
Les deux bruns se lancèrent un regard de défi et la jeune fille s'approcha de son petit ami pour lui expliquer.
«Je voulais venir te voir avant les cours parce que je devais te demander... Tu te souviens de ce qu'ont dit mes parents hier ? J'y ai réfléchi. On pourrait emménager chez moi tous les deux.»
«Houlà attends, quoi ? Emménager ?»
La jeune fille leva un regard déçu vers lui tandis que Fudo souriait avec arrogance.
«Alors tu ne veux pas vivre avec moi ?» demanda-t-elle, dépitée.
«Si, mais enfin c'est... Précipité non ?»
«Deux ans, ça me paraît raisonnable.» répondit-elle en haussant les épaules.
«Qu'est-ce que je disais ? Un loup solitaire notre Kido.» argua le brun depuis la table de la cuisine.
Le concerné haussa un sourcil et la brune se contenta de le fusiller du regard.
«De quoi il parle ?» marmonna l'étudiant.
«Fudo dit que tu es comme un loup solitaire et que tu refuserais de venir habiter avec moi. Mais je soutiens que Yuuto-chan est un lion.»
Elle interrogea son compagnon du regard.
«Est-ce que je me trompe ?» fit-elle en toute innocence.
«Tu ne te trompes jamais.» sourit le jeune homme.
Ils s'embrassèrent légèrement, avec douceur, tandis que le sourire goguenard du footballeur se fânait. Il détourna simplement le regard, écoeuré par toute cette tendresse moelleuse et douillette qui émanait du couple.
«On a qu'à faire un essai. On vit ensemble deux ou trois semaines pour voir si ça marche.»
Le brun ne voulait même plus en entendre parler. Il sentait d'ici le sourire de bonheur de la brune.
«Attends-moi en bas, j'arrive. Je vais chercher mes cours.» dit le châtain en accompagnant sa chérie à la porte, sa main descendant dans le creux de ses hanches marquées.
«D'accord. Je t'attends à la moto !»
Elle déposa un petit baiser sur le nez de son compagnon et s'éloigna dans les escaliers. L'étudiant ferma la porte en soupirant et alla plaquer les mains sur la table de la cuisine, face à son colocataire.
«Ça t'amuse de dire à Akiko que je préfère vivre ici ?» lâcha-t-il, mécontent.
«Pourquoi, c'est faux ?»
La réponse ne sembla pas satisfaire le châtain puisqu'il se pencha, agrippant férocement la mâchoire du serveur pour le forcer à le regarder.
«C'est pas le sujet. Tu m'énerves vraiment à nous provoquer Akiko et moi tout le temps. Tu peux pas juste l'ignorer ? Un jour ça t'échappera si tu continues comme ça.»
«Qu'est-ce qui m'échappera ?» sourit effrontément le brun.
Kido fronça les sourcils, menaçant, et lâcha son vis-à-vis avec un geste de mépris qui ne manqua pas à Fudo. Il parlait de leur relation, il avait peur que le brun en dise trop. L'héritier alla récupérer son sac de cours et enfila ses chaussures dans l'entrée.
«Si je n'avais pas parié que tu resterais, est-ce que tu serais quand-même parti ?» lança juste le serveur à mi-temps alors que son interlocuteur ouvrait la porte.
Kido croisa le regard cru de son colocataire et se contenta de répondre:
«Non. Je serai probablement resté.»
Avant de sortir. C'est tout ce que Fudo avait besoin de savoir; encore une fois, Kido n'avait pas pu s'empêcher de lui donner tort. Il soupira. Le méprisait-il au point de le contredire quoiqu'il dise, même lorsqu'il avait raison ?
«C'est quoi ça ?»
Toma suivit les contours de la morsure du bout des doigts, juste avant que Fudo ne chasse sa main.
«Touche pas.»
Usui Toma était un des footballeurs professionnels du FC Tokyo, un jeune homme aux cheveux gris et aux yeux verts. Fudo et lui avaient fait connaissance par hasard lors d'une soirée, s'étaient amusés. Ce n'était que plus tard qu'ils s'étaient rendus compte qu'il s'entraînaient dans le même stade, le club de Fudo formant les joueurs pour devenir pros au FC Tokyo. Il avait finalement fait plus ample connaissance avec Toma, et avait découvert qu'ils venaient du même milieu défavorisé, et avaient à peu près les mêmes goûts.
«Celle qui t'a fait ça est une tigresse.»
«Même si c'était une tigresse, ça te regarde pas.»
«Si ça me regarde. Ce corps, c'est le mien.»
«C'est le mien tu veux dire.»
Le brun enfila un t-shirt propre; l'entraînement d'aujourd'hui avait été éreintant. Oui, Toma était un ami formidable, mais il avait tendance à se montrer très possessif. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à s'approprier son corps ?
«C'est ce Kido qui t'a fait ça ?»
«Je t'ai déjà dit de t'occuper de tes affaires.» marmonna le serveur à mi-temps.
«C'est un psychopathe, moi j'te l'dis.»
Fudo soupira et balaya les vestiaires du regard. Il vérifia que Endo n'écoutait pas et releva un regard exaspéré vers son équipier.
«On pourrait arrêter d'en parler ?»
«Pourquoi ? Tu as une morsure et un bleu. Ce type est un malade.»
«C'est pas sa faute. Et puis il est sexy quand il fait ça.»
Toma pinça ses lèvres d'un air envieux.
«Si c'est ça que tu aimes, je peux le faire aussi.»
Le brun lâcha un rire franc en refermant son sac de sport et se redressa en le prenant sur son épaule. Toma, qui était déjà prêt, se leva à son tour et le suivit hors du vestiaire.
«Tu trouves ça drôle ?» marmonna le gris.
«Plutôt oui.» rigola le brun.
«Et quand c'est Kido, tu trouves ça sexy ?»
Encore une fois, le jeune barman s'esclaffa.
«T'es jaloux ?!»
«Non !»
Mais ce non sonnait un peu faux. Le footballeur pro fit la moue et se contenta de marcher en fixant ses pieds. Fudo n'était pas idiot, il savait parfaitement que son ami était mort de jalousie, tout comme lui avait envie d'étrangler Akiko lorsque Kido lui parlait d'elle. Il savait que Toma commençait à voir en lui plus qu'un ami, qu'il tombait amoureux de lui. C'était une très mauvaise idée; ils ne sortiraient pas ensembles. Fudo avait besoin de Kido, il ne se contenterait jamais de «quelqu'un d'autre», fille ou garçon, il ne pourrait jamais substituer le châtain par une seule autre personne. Le jour où Kido se marierait et qu'il voudra cesser leur relation extra-conjugales, le brun trouverait refuge chez les aventures d'un soir, chez des garçons ou des filles qui lui ressemblaient. Il ne serait jamais capable de construire une relation sérieuse avec Toma alors qu'il n'aimait et n'aimerait que Kido. Foutus sentiments à la con.
«Tu as du temps ? On pourrait aller boire un verre.» proposa le gris d'un ton naturel. «Ou aller chez moi.»
«Je suis trop crevé, désolé mec.»
Le serveur tenta d'ignorer le soupir déçu de son ami; il se sentait un peu coupable, de faire subir à Toma ce que Kido lui faisait subir. Continuer de faire semblant alors qu'il n'y aurait jamais rien entre eux.
«Tu retournes faire le chien chien pour ton Kido ?» marmonna-t-il.
Le brun releva un regard outré vers son équipier. Il ne pouvait pas croire que Toma ait dit ça. Habituellement, il disait du mal sur Kido, c'était la première fois que le gris s'en prenait à lui en le comparant à un chien chien . M'enfin, il n'avait pas vraiment tort.
«Tu sais, il y a cette phrase bateau qui dit "tu mérites mieux"...» commença le pro. «Dire ça, c'est un peu prétentieux. Alors je vais te le dire différemment: il ne te mérite pas. Tu as droit à du respect et à de la tendresse, tu m'entends ? Tu mérites mieux qu'un type qui perd le contrôle de lui-même quand il couche avec toi.»
Perdre le contrôle de lui-même. Fudo n'avait jamais vu les choses sous cet angle. Il n'avait jamais pensé que si Kido était violent, c'était parce que quelque chose en lui le rendait aveugle, le rendait fou. Pourtant, tout concordait. Le fait qu'ils continuent de se voir alors que ça aurait dû être la dernière fois il y a déjà des mois. Le fait qu'il le provoque et le méprise. C'était parce que Fudo était le seul type au monde à pouvoir le rendre fou, à lui faire perdre et prendre son pied comme jamais. C'était parce que le brun avait une sorte de contrôle sur lui qu'il le méprisait autant. Le serveur à mi-temps resta figé. Il venait de comprendre le fonctionnement de Kido Yuuto, ce mystère universel, il venait de percer à jour le génie incontesté de la stratégie, avait découvert un de ses plus grands secrets: il avait un point faible.
«Fudo, tu m'écoutes ?» lança le footballeur pro.
«Oui.»
Non, il n'écoutait plus depuis longtemps. Il venait de trouver le point faible de son colocataire, son putain de point faible, et c'était lui-même. La raison pour laquelle Kido ne l'avait jamais vu comme un ami, la raison pour laquelle il le provoquait et lui prouvait sans cesse sa supériorité. C'était ça, c'était juste... Que le grand Kido Yuuto ne répondait plus de rien lorsqu'il s'agissait de lui.
«Alors tu... Rentres chez toi ?»
Le brun s'aperçut qu'ils arrivaient à l'arrêt de métro qui le ramenait chez lui.
«Ouais, je rentre chez moi.»
«Ah... Ok.»
Le gris sembla embarrassé un moment, comme s'il ne savait pas comment dire au revoir à son ami. Mais comme le brun ne lui donnait aucune indication, il finit par se pencher vers lui et déposa un baiser tendre sur sa joue. Fudo surprit son ventre se tordre, et il releva les yeux vers son ami. C'était agréable, un baiser tendre. Lui qui n'avait habituellement le droit qu'à des morsures ou des poignes féroces sur sa peau.
«Réfléchis à ce que je t'ai dit, d'accord ?» murmura le pro.
Fudo se contenta de hocher la tête, un peu trop étonné pour parler. Est-ce que ce baiser lui avait plu parce qu'il avait été doux, ou parce que c'est Toma qui le lui avait donné ? Il fixa son équipier partir alors que son train arrivait, et déglutit discrètement. Ce qui lui avait plu chez le gris, c'était ses yeux rieurs et marqués. Ils avaient un petit quelque chose de Kido, sans avoir la même couleur, ils avaient le même regard, la même petite étincelle. Mais là, à cet instant, sur ce quai bondé, Fudo ne voyait plus que son dos, et il le trouvait quand même très attirant.
Sans même croiser ce regard qui lui rappelait tant celui de Kido.
Fudo entra dans l'appartement en soupirant. C'était son tour de faire à manger ce soir, quelle corvée. Il se débarrassa de ses chaussures et allait poser son sac de sport dans sa chambre pour mettre ses affaires à laver lorsqu'il se figea. Dans sa chambre, celle qu'il partageait avec Kido, il n'y avait plus rien appartenant à son colocataire, ou presque. Il ne restait que le lit de l'étudiant dans sa partie de la chambre, sans housse de couette. Il n'y avait plus sa table de chevet ni aucun de ses livres. Son bureau aussi était vide, ses affaires de cours avaient toutes disparues. Le brun se dirigea à grands pas vers son armoire et l'ouvrit, constatant que les vêtements de Kido n'y étaient plus.
«Fudo ?»
Le brun se tourna vers celui qui venait de l'appeler, à la porte de sa chambre : Endo.
«Ou est Kido ?»
«Il ne t'a rien dit ? Il emménage chez Akiko ce soir pour un mois.»
«Un mois ?! Il avait dit deux semaines, pas plus !»
«Ça posait problème pour le loyer.»
Fudo soupira. Oui bien sûr... Le loyer. Tant que Kido squattait chez Akiko, le loyer serait divisé en trois. Il grimaça.
«Ça nous ramène à combien ?»
«De quoi nous faire faire des heures sup.» marmonna le footballeur au bandeau.
«Genre... 10 000* ?» (*un peu plus de 70 euro)
«... Bahh... Plutôt 37 000*...» (*près de 270 euros)
«37 000¥ de plus que ce qu'on paye chacun d'habitude ?!»
Endo hocha la tête. Kido n'était pas sérieux de les laisser en plan un mois sans les prévenir. Ce mois qu'il passerait avec Miss Parfaite et où il ne paierait pas... Il n'avait même pas imaginé que sa part de loyer répartie sur les trois locataires restant risquait d'être une charge. Mais pourquoi y aurait-il pensé ? Il n'avait pas de problème d'argent lui, il ne pouvait pas savoir ce que c'était que de finir le mois en comptant le moindre yen, se refusant les soirées auxquelles tout le monde participe, achetant les aliments en promotion grâce à leurs dates de péremption proches.
«Je vais le tuer.» grogna le brun, complètement démotivé.
Il n'avait déjà pas envie de faire à manger ce soir, maintenant il voulait seulement aller se coucher et ne se réveiller que dans un mois. Mais comment allait-il trouver 37 000¥ ce mois-ci ? Pas sûr que des heures sup suffisent. Il en pouvait plus rien que d'y penser, ça lui paraissait au dessus de ses forces.
«J'en ai marre..!» lâcha-t-il, réellement épuisé.
Marre d'être en galère, marre de se défoncer pour avoir une infime chance de faire ce qu'il voulait de sa vie et être heureux. Comment un type comme lui était censé s'en sortir ? Fudo avait fait le choix de quelque chose qu'il aimait, quitte à payer des études, il préférait courir des heures sur un terrain que recopier docilement des cours d'il ne savait quoi. Il avait fait en sorte de se donner les moyens de réussir, cumulait deux putains de boulots pour joindre les deux bouts entre le loyer et le club de foot. Son seul espoir était de pouvoir passer professionnel mais là encore, rien n'était sûr à ce propos. Voyant que le brun semblait vraiment sombre, Endo posa sa main sur son épaule d'un geste amical:
«Tu as besoin de parler ?»
Le concerné releva vers son ami un regard hésitant. Endo n'était plus leur capitaine, seulement un colocataire, pourtant il continuait de vouloir prendre soin d'eux; il avait quelque chose de protecteur, un tout petit quelque chose qui le fit vaguement penser à sa mère. Fudo secoua la tête pour reprendre ses esprits et soupira alors qu'il se redressait.
«Non.» se contenta-t-il de répondre. «Mais merci.»
Son équipier hocha la tête et se contenta donc de sortir de la chambre. Fudo s'assit sur le lit de Kido, las. C'est vrai quoi ? Qui pouvait vraiment comprendre sa galère ? Endo pouvait se reposer sur ses parents lorsqu'il était à court d'argent, et Kido et Goenji avaient des comptes blindés depuis leurs naissances. Celui au bandeau ne pouvait pas comprendre sa profonde lassitude, juste à cet instant: il galèrait au niveau de l'argent, et galèrait au niveau de Kido. Endo avait encore la chance d'avoir des parents qui pouvaient se permettre de le dépanner, et il avait son petit ami avec lui. Un autre soupir lui échappa alors que son regard balayait la chambre désormais à moitié vide. Comme lui, à moitié vide. Est-ce que Kido savait qu'il était amoureux de lui ? Fudo ne retint pas un sourire narquois; non, Kido était un idiot concernant les sentiments. Il n'avait jamais rien soupçonné entre Endo et Goenji avant qu'ils ne le lui annoncent -et pourtant ça se sentait sur 3km à la ronde-, n'avait jamais cramé Sakuma du temps où ils étaient gamins, et n'avait probablement rien vu venir non plus pour Akiko. Alors non, il ne savait pas pour lui, c'était impossible.
Un court instant, le brun se demanda ce que cela aurait changé, qu'il le sache. Comment réagirait-il en apprenant une telle chose ? Il hésitait: soit le châtain se moquerait de lui, soit il dénierait. A moins qu'il ne décide de bredouiller des excuses pour ce qu'il lui avait fait subir et tout ce qui va avec. Sincèrement, ce serait la pire situation possible, Fudo n'avait certainement pas besoin de pitié ! Tout ce qu'il voulait, c'est Kido, rien que pour lui, Kido qui l'aime aussi. Mais tomber amoureux, ce n'était pas vraiment son genre, au mec, il avait tellement la tête dans ses affaires et dans sa récente vie sociale qu'il n'avait certainement pas le temps de tomber amoureux. Le brun tiqua, énervé, et saisit son portable qui vibrait dans sa poche et qui commençait sérieusement à l'agacer; tiens, quand on parle du loup.
«Quoi ?» grogna-t-il en répondant à l'appel.
«On arrête.»
Le serveur resta muet quelques secondes, le temps de capter ce que voulait dire son colocataire.
«On arrête quoi ?» maugréa-t-il.
«De coucher ensemble.»
Fudo haussa les épaules: la dernière fois que Kido avait voulu arrêter, il avait tenu quatre jours sans lui. Et ce n'était pas de la frustration, il le savait, puisque l'étudiant avait vu Akiko durant ce laps de temps.
«D'accord.» dit-il juste.
«On va profiter de ce mois pour... Prendre nos distances ok ?»
«J'ai dit oui.»
Il y eut un petit silence et le jeune footeux se demanda si il devait raccrocher.
«...Tu vas aller voir ailleurs ?» demanda la voix grave du châtain au téléphone; il parlait comme s'il avait peur qu'on l'entende.
«Ça me semble évident oui.»
Quoi, il ne s'attendait pas à ce qu'il le supplit de continuer tout de même ? Et puis vu comment c'était parti, l'étudiant ne tiendrait pas longtemps.
«Dis Kido, j'ai une question.»
«Vas-y.» accorda le concerné.
«Est-ce que tu as d'autres plans cul que moi ?»
Kido répondit après un instant;
«... Non... Tu as toujours été le seul... Je veux dire, le seul pendant que je sors avec Akiko.»
«Qu'est-ce qui te plaît chez moi ?»
«Hey, on avait dit une question, pas dix.»
Un sourire amusé et amer à la fois vint teinter les lèvres du brun.
«Et toi ?» reprit le châtain.
«Oh oui.» rigola le brun. «Quelques rendez-vous d'un soir, où on m'invite après le bar et de vieux contacts-...»
«Oui ok c'est bon.»
Il y eut un nouveau silence irrité durant lequel Fudo savoura sa victoire sur l'étudiant.
«Je ne te suffisais pas ?» poursuivit Kido d'un ton frustré.
«Pas tout à fait.»
«...»
«...»
«... Et bien j'y vais. Bisous.»
Kido se rendit compte de sa gaffe juste à temps et soupira:
«Pardon... C'est l'habitude.»
«L'habitude de faire des bisous par téléphone ?» se moqua simplement le brun.
«L'habitude d'être avec toi et d'appeler Akiko... Pas l'inverse.» marmonna le concerné.
Quelque part, sa réponse toucha le jeune barman, qui se tut encore un peu avant de murmurer:
«Profite bien de ta copine, Yuu, maintenant que je ne serai plus là pour que tu passes tes nerfs.»
Court silence avant que le châtain ne reprenne, froidement:
«Je vais raccrocher.»
«Bisous Kido~~» se moqua une dernière fois le brun.
Et le châtain coupa la discussion, sans rien ajouter.
Hmm ? Et oui, ça se complique. x)
Kido qui s'éloigne et Toma qui attend le bon moment pour sauter sur Fudo... Je pense que ça sent le roussi. Autre petite remarque que je me suis faîte tout seule il y a peu, je dis que l'histoire se déroule à Tokyo; en fait, j'ai fait de Inazuma un quartier de cette ville, c'était plus simple pour tout ce qui est club de foot pro et tout le reste. Mais je ne considère pas cette histoire comme étant un AU, tout ce qui s'est passé dans leurs années de collège à bel et bien eu lieu !
Sur ce, j'espère que vous appréciez même s'il n'y a pas encore de la romance à proprement parler; ça va venir !
Je vous donne rendez-vous le week-end prochain pour le chapitre 4, et d'ici là, n'hésitez pas à laisser une petite review pour me donner votre avis..! Byebye :3