Chapitre 3
Morgan mis ses gants dans sa poche et s'approcha du bar pour voir le collier de plus près.
Le tourbillon noir et blanc incrusté dans la pierre était le même qu'il avait vu un peu plus tôt, c'était définitivement bien celui d'Emily.
« Excusez-moi » dit-il à la barmaid.
Elle interrompit sa conversation et s'approcha de lui.
« Qu'est ce que je peux faire pour toi mon joli ? »
« Ce collier, ou l'avez-vous eu ? »
Elle pencha sa tête pour le regarder et haussa les épaules.
« Dans un magasin de cailloux et de pierres dans une ville proche, pourquoi ? »
« Non, c'est faux ! »
« Excusez-moi ? »
Elle se retourna les mains sur les hanches.
« Je suis à la recherche de la femme à qui appartient ce collier, et j'ai besoin de savoir ou vous l'avez eu »
Il essayait de rester calme en modérant le ton de sa voix.
« Je ne vois pas de quoi vous voulez parler ! »
« Punaise ! Elle peut être en danger ! Je dois savoir qui vous l'a donné. »
« Je vous l'ai déjà dit et… »
Il arracha le pendentif et lui planta sous ses yeux.
« Vous ne l'avez pas acheté dans un magasin, quelqu'un l'a pris à mon amie ! Je veux savoir qui ! »
Les patrons se rapprochèrent d'eux.
« Il y a un problème ? » demanda l'un des hommes les plus âgés.
« Mon amie est venue dans cette ville et elle a disparu. C'est son collier donc quelqu'un l'a enlevée. Je veux juste savoir d'où vient ce collier. »
L'homme leva une main.
« Mon garçon pourquoi ne pas vous calmer. Je suis sûr que votre petite amie est saine et sauve dans une maison en ville. Ne vous inquiétez pas »
Pratiquement la même phrase qu'avait dite la serveuse.
« Je ne suis pas votre fils » répondit Morgan qui bouillait de rage.
« Je suis un agent du FBI, tout comme la femme qui a disparu. Si vous ne me donnez pas de réponse je vais appeler mon patron et vous allez voir débarquer tout le bureau dans cette maudite ville.
Alors, quelqu'un de censé pourrait il me donner une réponse ?
OU EST EMILY ? »
Aucun d'eux ne parut troublé par cette révélation. Un jeune homme, le propriétaire s'avança vers Derek.
« Monsieur, je pense qu'il est temps que vous quittiez mon établissement. Il y a un hôtel à côté du restaurant, ils vous donneront une chambre ou vous pourrez vous reposer ou faire ce pourquoi vous êtes venu. »
« Je ne suis pas venu ici pour quoi que ce soit. Mer** ! Qu'est ce qui ne va pas chez vous ? Une femme a disparue ! ».
Les yeux grands ouverts, ils se regardaient face à face, tous semblaient fatigués et prêts à le jeter dehors.
« Je vais vous le demander à nouveau, monsieur, sortez de mon bar. »
Inquiet et furieux, il sortit du bar surveillant les alentours avant de se rendre au restaurant. Il marcha à l'intérieur et choisit une table qui donnait sur le bar, avec une fenêtre qui avait vue sur le parking. Il voulait voir, et attendre jusqu'à ce que la serveuse décide de s'en aller. Il la suivrait ou la coincerait quand elle serait seule.
Peu importe ou elle se trouvait, Emily avait de sérieux problèmes. Il devait la retrouver.
Il espérait seulement que ce ne serait pas trop tard.
La tempête sévissait toujours dehors, elle se déplaçait maintenant jusqu'à leur secteur, ce qui avait pour effet d'augmenter l'inquiétude de l'équipe. Leur enquête quant à elle, en était au point mort.
Si la tempête diminuait leurs recherches, il était probable que ce soit également le cas pour le tueur, ils n'étaient trop inquiet à ce sujet. Ce qui les embêtait le plus, c'était la réaction qu'il pourrait avoir une fois la tempête terminée.
Maintenant, ils étaient coincés au commissariat et Hotch regardait son équipe lutter pour rester concentrer sur l'affaire. Il ne pouvait pas les blâmer, il était lui-même terriblement inquiet. Il était plus de 9h et ils n'avaient toujours aucunes nouvelles de Morgan ou Prentiss.
Leur réseau téléphonique fonctionnait mal mais le sheriff avait déniché un vieux téléphone satellite qui fonctionnait malgré la tempête. Et internet fonctionnait tout juste. Il prit le portable sur la table prêt à décrocher et à donner l'alerte si quelqu'un répondait à l'APB.
« Est-ce vraiment utile ? » demandant Rossi en refermant le dossier qu'il n'avait même pas lu. « Personne n'a un jeu de cartes ? ».
Reid et JJ refermèrent tous deux leur dossier en secouant la tête. Reid regarda Rossi « Pourquoi pas un pendu ? »
Rossi regarda JJ qui haussa les épaules « ça marche, tu choisis le premier mot. »
Reid tourna les pages de son bloc juridique et sur une nouvelle page dessina la potence tout en cherchant un mot.
« Est-ce que vous savez que la dernière pendaison aux Etats-Unis a eu lieue en 1996, Billy Bailey a été exécuté dans le Delaware, la première pendaison depuis les années 50. Avant lui, il y a eu deux hommes à Washington en 1993 et 1994. Le Delaware a vraiment recherché les conseils de Washington, parce qu'aucun d'eux n'avait jamais participé à une exécution. La dernière pendaison publique a eue lien en 1936 au Kentucky, présidée par la première femme sheriff. »
JJ sourit « t'as trouvé un mot Spence ? »
« Oh oui bien sûr » répondit il en dessinant les lignes.
« Et savez vous que le Michigan a été le premier état à abolir la peine de mort en 1846. »
« Non… Il y a 7 ou 8 espaces ? Rossi penchait la tête pour étudier les traits.
« Désolé, c'est huit »
« Nom, verbe ou adjectif » demanda JJ.
« Adjectif »
« E ? » proposa Hotch.
Tous le regardèrent surpris, ne s'attendant pas à ce qu'il participe. Il ignora ces regards.
Reid haussa les épaules et remplis deux espaces avec un E, le troisième et le septième.
« A ? » suggéra JJ.
Reid secoua la tête et dessina un cercle rattaché à la corde que tenait le bourreau.
« S ? » proposa Rossi.
« Non » il dessina un grand bâton pour le corps du pendu.
« L ? » la proposition incorrecte de Hotch leur fit gagner un bras.
« R ? »
Reid rempli le second blanc avec un R. JJ sourit ravie du provisoire arrêt de la pendaison.
« T ? »
Reid rempli alors le sixième blanc avec cette lettre.
Hotch étudia le puzzle un long moment. _RET_E_
« M ? »
Reid commençait à secouer la tête quand la lumière commença à vaciller.
Ils regardèrent tous en même temps au plafond, quelques secondes avant que la pièce soit brusquement plongée dans l'obscurité. Des jurons se firent entendre de la part des policiers.
« Et ben c'est merveilleux ! » soupira Rossi. « Est-ce qu'ils ont un générateur ? »
Une vieille lampe de poche les éclaira soudain, le sheriff était derrière cette lampe. « Voilà le générateur ! ».
« Connaissez-vous la cause de cette coupure, sheriff ? demanda Hotch.
« Bien sûr. La tempête a provoqué des chutes d'arbres toute la journée, la moitié du comté n'a déjà plus de courant. Mais je venais vous dire que les routes étaient trop dangereuses, on dirait que vous allez devoir camper ici avec nous ce soir. »
« Et la température ? » demanda Rossi.
« Il y a une cuisinière à bois dans le fond, nous allons camper là bas. Nous avons des couvertures, des radios et de l'eau. Ce n'est pas la première fois que nous sommes pris au piège comme ça. J'ai déjà demandé à mes hommes de recueillir les familles sans chauffage et je les aie fait installer à l'hôtel. »
Hotch acquiesça. « Nous nous joindrons à vous dans quelques instants. Merci. »
Le sheriff lui rendu son hochement et retourna vers ses hommes.
JJ composait déjà le numéro de Garcia puis la mit sur haut parleur.
Pénélope était dans le flou. « S'il vous plait dites moi qu'ils ont appelés ! »
« Pas encore. » Répondit JJ. « Nous venons juste de perdre le courant. La batterie portable peut tenir… » Elle jeta un coup d'œil à Hotch qui leva deux doigts. « …deux heures, donc nous voudrions que tu surveilles l'APB ce soir. D'après le sheriff nous serons sans courant toute la nuit. »
« Je le surveille déjà ainsi que chaque hôpital de ce pays. Personne n'a reconnut leur description jusqu'à présent, ce qui est à la fois bon et mauvais…Je suis inquiète. »
« Je sais, nous aussi. »
« Vous restez tous en sécurité, ok ? Je ne peux traiter qu'une seule crise à la fois ! »
JJ soupira. Ca ne devrait pas être un problème, nous n'allons nulle part pour le moment… ».
Emily frissonna violemment puis s'appuya contre le mur en béton.
Sa mâchoire était tendue bien qu'elle essayait d'arrêter de claquer des dents et ses cheveux humides gouttaient le long de son dos. Ses poignets étaient attachés avec un lacet en cuir. Ce lacet était trop épais pour l'arracher avec les dents et trop serré pour tenter de l'enlever.
Ils avaient pris son téléphone, sa carte d'identité, son arme, son manteau, ses chaussures, ses chaussettes, sa montre et son collier.
Ses pieds nus étaient écorchés par le sol.
Elle pouvait encore sentir l'acide de l'eau qu'elle avait à moitié toussé et à moitié vomi quelque temps plus tôt. Un peu de son petit déjeuner avait également suivi…
Prentiss n'avait aucune idée de l'heure qu'il était ou encore depuis combien de temps elle était là.
Elle n'était restée que peu de temps dans la cabine du camion pour voir autre chose que le visage de Chuck lui souriant.
Puis elle avait été « tazerisée » jusqu'à sombrer dans l'inconscience.
Elle avait deux marques sur son cou qui ressemblaient à une morsure de vampire, toujours douloureuses.
A part ça, ils ne lui avaient rien fait qui laisserait des traces. Elle tira sur les lacets en cuir avec force mais cela lui provoqua une violente quinte de toux.
Et Morgan qui était toujours dans le 4X4, probablement en train de mourir de froid.
Elle ne pouvait pas l'aider, elle ne pouvait même pas lui dire à quel point elle était désolée de ne pas pouvoir lui envoyer de l'aide. Et pour la première fois depuis des heures, elle ressentait de la chaleur procurée par les chaudes larmes qui coulaient le long de ses joues.
Elle aurait pu utiliser tout ce que ces kidnappeurs lui avaient lancé mais ils n'avaient aucun pouvoir pour l'aider.
Elle entendit une clé tournée dans la porte, et essuya vite l'humidité de son visage. Les lumières s'allumèrent et elle fut un moment aveuglée, elle cligna plusieurs fois des yeux pour s'habituer.
Leurs pas lourds sur les marches provoquèrent plus de tension dans son corps déjà bien affaiblit. Elle se tourna vers ses kidnappeurs, l'un deux était un homme très musclé avec un cou presque aussi large que sa tête alors que le second pouvait être considéré comme un métro-sexuel. Il était bien habillé, les cheveux plaqués avec du gel et lissés en arrière, taillés avec soin.
Il sentait également l'eau de cologne, alors que « Monsieur muscle » aurait du utiliser un bon anti transpirant.
« Monsieur muscle » la saisit par les épaules et la retint immobile, pendant que « monsieur eau de cologne » se penchait sur les liens de ses poignets. Il glissa les lacets de ses poignets, tout en reculant contre le mur, il prit ses poignets dans ses mains en les massant délicatement avec ses pouces.
Emily essayait de s'écarter de lui en se plaquant contre le mur, mais elle était maintenue fermement.
Il essaya ensuite de lui cacher les yeux mais Emily résistait en tournant sa tête d'un côté puis de l'autre, mais sans grand résultat face à monsieur « muscle ».
« Eau de cologne » saisit le menton de Prentiss et la força à le regarder.
« Je t'ai déjà dit que tu devais me regarder quand je te parle ! »
Le ton de sa voix était condescendant, comme s'il grondait un enfant qui venait de faire une bêtise.
« Enlevez vos mains de mon corps ! »
Elle luttait contre les deux hommes qui continuaient de la tenir fermement.
« Ne rends pas ça plus difficile ! »
Elle le regardait avec défiance. Il soupira.
« Quel est ton nom ? »
Encore cette foutue question qu'ils ne cessaient de lui poser depuis qu'elle était là. Ses réponses avaient été variées, refusant de leur dire ce qu'ils voulaient entendre.
Elle leur donna la même réponse qu'il y a une heure : « Emily »
Il la pinça très fort.
« Non, ce n'est pas ça ! Dis-moi maintenant, quel est ton nom ? »
Emily plongea son regard dans les yeux noisette avec des tâches marron, ces yeux étaient aussi blancs et froids que ceux de n'importe quel psychopathe.
Elle lui cracha au visage.
Il se pencha en arrière et lâcha son menton avant d'essuyer la salive. Il fit un signe de tête à monsieur « muscle » et Emily su tout de suite ce qui allait se passer.
Ce dernier la saisit brutalement par les épaules et la traina jusqu'à un grand bassin d'eau dans un coin du sous sol. Il la força à s'agenouiller. Elle atterrit durement sur le sol, son corps étant affaiblit par le froid, le taser et les sessions précédentes.
« Dernière chance, quel est ton nom ! »
Elle le regarda à nouveau.
« Emily et ce n'est pas près de changer ! »
« C'est faux ! Ton nom est Briar. Tu vas finir par l'apprendre tôt ou tard ! »
Il fit un nouveau signe de tête à son collègue.
Et comme les fois précédentes, il plongea la tête de la jeune femme dans l'eau en la maintenant. Elle résista aussi longtemps qu'elle pu jusqu'à ce que ses poumons commencent à brûler. Elle ouvrit alors sa bouche et commença à suffoquer. Soudain, elle fut tirée hors de l'eau quelques secondes avant qu'il ne recommence.
Elle s'étouffa un peu plus au fur et à mesure que l'eau envahissait ses poumons.
Monsieur muscles la tira à nouveau de l'eau.
« Ton nom ? » cracha « eau de cologne ».
Emily avait le souffle coupé, elle toussa jusqu'à ce qu'elle puisse à nouveau respirer et répondre « Emily ».
Un nouveau signe de tête. Elle se trouva à nouveau plongée dans l'eau. Puis tout recommença. Il la releva, lui laissa quelques secondes pour retrouver sa respiration et la replongea dans l'eau. Il la sortit à nouveau.
« Ton nom ? »
Sa poitrine la faisait souffrir à forcer de lutter. Elle cracha à nouveau la même chose.
« Emily »
Un nouveau signe de tête.
