Titre : Bite to All
Chapitres : 03/06
Auteur : Foxx
Genre : Yaoi/Lemon/AU
Disclaimer : Rien de ce que je leur fait subir ne leur arrive réellement, rassurez-vous.
Note : Cette histoire n'a rien à voir avec la vie réelle des Gazettos. (C'est le principe de l'AU .) Ils sont policiers et... bah, lisez. 8) J'avais envie d'essayer quelque chose d'un peu différent de d'habitude.
Aoi fut le premier à se réveiller, ce matin-là, après une longue nuit passée dans les bras du jeune homme blond rencontré au bar deux jours plus tôt. Il soupira puis s'adossa paresseusement contre la tête de lit, réfléchissant à ce qu'il convenait de faire maintenant qu'un bel androgyne entièrement nu dormait sous ses couvertures. Finalement, Aoi sembla se décider et il embrassa doucement la tempe d'Uruha pour le réveiller, l'air à la fois anxieux et résolu.
"Hm.. salut," murmura le blond d'une voix rendue plus rauque par le sommeil. Son amant d'un soir répondit par un sourire, visiblement un peu gêné, alors d'Uruha se redressait pour déposer sans la moindre timidité un baiser sur les lèvres d'Aoi.
"Je.. Tu sais, je suis pas sûr qu'on devrait se revoir," expliqua maladroitement ce dernier en le repoussant, comme s'il récitait abruptement son texte. "Je veux dire, je sais pas ce que ça représentait pour toi, hier soir, mais..." Le blond auprès de lui s'efforça d'afficher un air surpris puis il hocha la tête, semblant réfléchir à cette nouvelle donnée.
"T'en fais pas, ça me pose pas de problèmes," se força à affirmer Uruha en esquissant un sourire rassurant, bien plus à l'aise avec ce genre de discutions que ne l'était le brun. "J'ai passé une bonne soirée en tout cas, tu sais." Il s'assit et remercia Aoi pour la forme, s'efforçant de ne pas paraître trop réjouit à l'idée de se rendre chez Ruki le plus vite possible. Uruha quitta le lit pour se rhabiller, sous le regard gêné du brun, qui hésitait à ajouter quelque chose.
"Tu euh... Moi aussi j'ai passé une bonne soirée," avoua Aoi, sentant que le blond n'avait pas réagi avec franchise. "Mais j'ai déjà quelqu'un en théorie, et la dernière fois que je suis sorti avec un homme en dehors du travail, ça s'est très mal terminé, il y a trois ans..." Le visage d'Uruha blêmit et il s'immobilisa, saisit d'un affreux doute, laissant retomber sur le parquet de la chambre le pantalon qu'il tenait à la main.
"C-Comment ça ?" balbutia le blond en essayant malgré tout de paraître naturel. Aoi détourna le regard, une expression à la fois douloureuse et coupable sur le visage, ce qui ne fit qu'éveiller les soupçons de l'androgyne.
"Aoi... Tu veux m'en parler ?" murmura Uruha le plus doucement possible, pressé de connaître la vérité coûte que coûte, quitte à tenter de charmer le brun pour obtenir des réponses. "Je sais bien qu'on se connait pas beaucoup, mais tu sais... Je dois avouer que tu me plais bien... J'aimerais beaucoup qu'on puisse se revoir."
Quelques heures plus tard, à l'autre bout de la ville, Ruki ouvrait un oeil, confortablement installé entre les bras de son amant. Le brun sourit, repensant à la manière un peu étonnante dont s'était terminée la soirée de la veille, lorsque Reita, malgré la réticence dont il avait fait preuve au départ, lui avait littéralement sauté dessus dès le retour à l'appartement. Ruki ferma les yeux et s'étira longuement, prenant garde à ne pas troubler le blond dans son sommeil, puis il se redressa et étendit le bras pour attraper son téléphone portable, qui affichait depuis la veille un message non lu.
"J'ai le nom du salaud que tu cherches, c'est Akira Suzuki," indiquait le message, signé du nom d'Uruha. Ruki se figea brusquement, incapable de croire ce qu'il venait de lire, la gorge nouée par le dégoût et la colère qu'il ressentait à l'idée d'avoir passé une nuit pourtant si agréable dans les bras d'un assassin.
L'auteur du message, quant à lui, était en train de réaliser son erreur. Aoi lui avait expliqué d'une voix tremblante le décès de son ancien petit-ami, après une bagarre dans un squat qui abritait des immigrés clandestin. Le brun s'était interrompu plusieurs fois, des larmes amères coulant sur ses joues, mais Uruha avait fini par comprendre que le frère de Ruki avait, trois ans plus tôt, pointé une arme sur son petit-ami de l'époque, ne lui laissant d'autre choix que de se défendre.
"Aoi..." murmura le blond d'une voix presque tendre, s'efforçant de ne pas laisser transparaître tout le dégoût qu'il éprouvait pour l'assassin du frère de son ami. "Calme-toi je t'en prie..."
"Le pire, c'est que personne ne sait que je suis responsable," l'interrompit le brun, incapable de retenir des avoeux qu'il avait dû taire pendant trois ans. "J'étais pas censé m'occuper de cette affaire à l'époque, je devais charger quelqu'un d'autre de cette opération... C'est mon co-équipier qui a dit avoir tiré à ce moment-là, tu sais, Suzuki... Et personne ne m'a rien demandé, à part pour citer mon nom dans les journaux en tant que commanditaire de l'opération. Personne ne sait."
Uruha ne répondit pas, trop occupé à essayer de trouver un prétexte pour fausser compagnie au brun, ses doigts jouant avec le téléphone portable qui se trouvait dans sa poche. Ruki avait toujours affirmé qu'il tuerait à la première occasion le meurtrier de son frère, si bien qu'Uruha espérait désormais de toutes ses forces que le petit brun n'avait pas lu son message.
"Dès que je trouve qui a fait le coup, je le tue," s'était en effet promis Ruki trois ans auparavant, lorsqu'il avait appris par sa mère que son frère était mort de la main même de son amant. Les journaux et les chaînes de télévision avaient ensuite précisé, reprenant l'événement comme une nouvelle polémique sur l'action parfois violente de la police, que le policier assassin avait été envoyé sur place par un homme du nom de Joyama Suguru. Une enquête avait bien sûr été menée mais Ruki n'avait pas suffisamment confiance en la justice pour y croire et effectivement, après des mois, on avait déclaré qu'il ne s'était agit que de légitime défense.
Le brun se mordit la lèvre, incapable de se retourner et d'affronter la vue du corps de Reita, nu sous les couvertures, dormant encore à poings fermés. Il n'avait jamais vu le petit-ami de son frère et s'était donc simplement basé sur ce que sa mère ou les journaux avaient pu lui apprendre pour tenter de retrouver l'assassin. Uruha l'avait aidé, tout aussi déterminé à venger la mort d'un ami ; il n'avait ensuite pas été difficile de mettre la main sur une photo de Joyama Suguru puis de le chercher à travers la ville, afin de pouvoir mettre un nom sur l'homme qui avait été envoyé au squatt trois ans plus tôt.
"Hey, salut..." murmura soudain la voix grave de Reita, faisant sursauter le jeune voleur. "Bien dormi ?" Ruki se leva brusquement, pour rester immobiles quelques secondes, paralysé par les doutes. Il était incapable de lever la main sur Reita, malgré sa promesse, et ce constat d'impuissance qu'il mettait sur le compte d'une horrible lâcheté le dégoûtait peut-être plus encore que la perspective d'avoir partagé son lit avec un meurtrier. Le brun se mordit la lèvre et attrapa son sweat, posé au pieds du lit, avant de s'enfuir dans le salon, des larmes de rage coulant le long de ses joues.
"Ruki ?" appela Reita se précipitant derrière lui, aussitôt arrêté par Kai qui se tenait dans le salon devant la porte de la chambre, le visage grave. L'homme d'affaire attrapa le blond par l'épaule, sans ménagement, pour le pousser vers la sortie de l'appartement, avant de le jeter brutalement dehors.
"Qu'est-ce que.." commença le policier, trop surpris pour se débattre. Kai s'immobilisa, les lèvres pincées en une expression méprisante qui semblait inhabituelle sur son visage, et il repoussa Reita en arrière sur le seuil de l'appartement.
"Il y a trois ans," répondit Kai d'une voix glaciale. "Personne n'oublie ceux qui ont brisé une famille." Le policier ouvrit la bouche pour protester mais la porte se claqua brutalement devant lui, le bruit d'un verrou qu'on fermait se faisant aussitôt entendre, avant que le silence ne revienne dans le couloir de l'immeuble.
"J'ai tué personne !" cria le blond, persuadé que Ruki l'entendrait malgré la distance, puisqu'il pouvait, lui, distinguer les pleurs du petit brun. Reita n'obtint aucune réponse et il se dirigea vers l'ascenseur, résigné, au moment où Uruha effectuait le chemin en sens inverse depuis l'appartement d'Aoi, pressé de détromper Ruki qui ne répondait pas au téléphone.
Le premier réflexe du policier, qui avait été de tenter d'expliquer la situation, même à travers une porte close, n'avait pas forcément été le bon ; il en avait désormais conscience. Reita était peut-être certain de son innocence mais son histoire était peu crédible, après tout, les médias avaient tous récité en coeur la version officielle de l'affaire selon laquelle Aoi n'était pas coupable.
"Merde !" grogna rageusement le blond en frappant le mur de l'ascenseur qui poursuivit sa descente, imperturbable. Aoi lui causait décidémment beaucoup trop de problèmes, entre les infidélités du brun la veille et la mort d'un homme dont Reita avait assumé la culpabilité sans poser de questions. Il avait toujours respecté l'intimité de son co-équipier, ayant lui-même un passé trouble dans lequel il n'aurait pas aimé que l'on fouille, mais peut-être était-il temps pour le blond d'en apprendre davantage sur ce qui s'était réellement passé trois ans plus tôt.
Le véritable coupable, toujours assis sans son lit depuis le départ d'Uruha, était perplexe. Il n'était d'ordinaire pas très doué pour décrypter les sentiments des autres, à la manière dont Reita savait le faire, mais le comportement de son amant d'un soir avait été plus que curieux. Le blond l'avait écouté, se montrant d'abord doux et attentionné, mais il était ensuite devenu plus froid et Uruha avait finalement profité de l'absence du brun qui prenait sa douche pour s'éclipser sans même laisser un mot ou son numéro de téléphone.
Aoi se leva finalement, bien décidé à se reprendre et à cesser de se torturer pour un homme qu'il ne reverrait probablement jamais. La réaction du blond n'était peut-être qu'une punition pour avoir joué un double jeu et tenté de tromper Reita sans même discuter plus sérieusement avec celui-ci. Le brun s'étira longuement, sentant se détendre ses articulations engourdies par le sommeil, puis il jeta un regard distrait à son téléphone portable qui indiquait un appel manqué provenant du commissariat.
"Allô ?" répondit une voix féminine lorsqu'Aoi composa à nouveau le numéro. "Kimiko à l'appareil. C'est vous Aoi-san ? Reita n'est pas là pour le moment, mais je l'ai vu passer chercher des documents, il a essayé de vous appeler tout à l'heure. Il vient de partir, j'espère qu'il n'y a rien de grave ? Il avait l'air préoccupé."
"Qu'est-ce qu'il cherchait ?" demanda le brun, soucieux, ignorant la question de la jeune secrétaire. Celle-ci resta silencieuse quelques minutes, un bruit de pages que l'on tournait se faisant entendre, puis elle poussa un petit cri de surprise.
"I-Il est allé dans les archives," répondit évasivement la jeune femme. "Il a pris des vieux dossiers..." Aoi se mordit la lèvre puis il la remercia distraitement, et raccrocha aussitôt sans même laisser à Kimiko le temps d'ajouter quelque chose.
A quelques pas de là, Reita était presque de retour à son appartement, les bras chargés par d'encombrant dossiers, lorsque son téléphone portable vibra dans la poche arrière de son jean. Le blond déposa son fardeau sur le sol et décrocha, surpris de voir le nom d'Aoi s'afficher sur l'écran.
"Reita," fit aussitôt la voix du brun, plus rapide qu'à l'ordinaire. "Kimiko a dit que tu avais piqué des archives. Ce sont celles de... Je veux dire, il s'est passé quelque chose ?" Reita soupira, coinçant son téléphone entre son oreille et son épaule pour récupérer les dossiers restés à terre. Il jeta un regard à son immeuble, visible à quelques centaines de mètres de là, puis tourna les talons et se mit à marcher dans la direction opposée, vers l'appartement dans lequel se trouvait Aoi.
"Bon écoute, j'arrive, il faut qu'on s'explique," affirma Reita sur un ton décidé. A l'autre bout du fil, le brun hocha lentement la tête, rassuré malgré la perspective de devoir raconter une fois encore la douloureuse vérité vieille de trois ans déjà. Le brun avait lui aussi besoin d'explications, du moins en ce qui concernait leur relation et les sentiments que le blond avait ou non à son égard.
