Bonjour à tous,
Je progresse doucement mais sûrement...
N'oubliez pas que vos commentaires font avancer (même négatif, enfin pas trop quand même !)
Espoir ou désespoir
- Mais enfin Arthur, je ne te comprends pas ! Cette situation est absolument scandaleuse ! Nous ne pouvons accepter de Minerva qu'elle nous tienne à l'écart ! Tu ne peux l'accepter ! Qu'attends-tu pour aller trouver Kingsley et exiger des explications ?
Molly Weasley s'agitait dans sa cuisine et les casseroles, au diapason de la mauvaise humeur de la maîtresse de maison, sautillaient et bouillonnaient avec grand fracas. M. Weasley se passa une main fatiguée sur son visage aux traits tirés. Depuis un mois qu'ils étaient rentrés au Terrier après la bataille décisive, ils avaient eu maintes et maintes fois la même discussion.
Il est vrai que le comportement de Minerva après la mort de Voldemort était resté incompréhensible pour tous. Bien sûr, tout le monde était tellement exalté que l'on ne s'était pas rendu compte tout de suite qu'Harry ne s'était pas relevé. Minerva avait été la première à réagir. Elle avait rapidement donné des ordres. Et le temps que chacun reprenne ses esprits, Hagrid avait déjà disparu, emportant Harry. S'en était suivi une grande confusion puis Kingsley Shacklebolt avait pris la parole :
- Mes chers amis, un peu de calme s'il vous plait !
Sa voix puissante résonnait dans la grande salle et peu à peu le brouhaha s'apaisa et chacun écouta avec attention le Ministre de la Magie.
- Nous venons de vivre un grand moment, peut-être le plus important de l'histoire de notre monde. Le Mal est vaincu ! Alors que beaucoup avaient perdu tout espoir, Harry Potter a réussi l'inconcevable. Mon vieil ami Albus Dumbledore doit être fier de lui. Il lui a toujours fait confiance tout au long de ces années passées à Poudlard et durant lesquelles les attaques répétées de Voldemort et de sa bande de Mangemorts vous ont fait douter de sa sincérité et de ses capacités. Mais aujourd'hui, le grand jour est arrivé, Harry est notre sauveur, il nous a débarrassé de la forme la plus noire, la plus abjecte, la plus puissante du Mal absolu. Grâce à lui, nous allons pouvoir recommencer à vivre, connaître le bonheur, faire des projets pour nos enfants.
Je sais que beaucoup d'entre vous ont souffert dans leur cœur et dans leur chair. Nous devons maintenant nous occuper de ceux qui se sont sacrifiés pour notre liberté, nous allons pouvoir pleurer nos êtres chers.
Son regard intense s'attarda un instant sur la famille Weasley, tous regroupés autour de Georges, hébété depuis la mort de Fred. Tonks et Lupin étaient aussi très présents dans son esprit et dans son cœur.
- Mais je vous dois aussi la vérité.
Sa voix, tremblante d'émotion, pénétrait le cœur de chacun. Tous attendaient la suite, remplis d'appréhension.
- Malheureusement, Harry Potter n'est pas sorti indemne de cette tragédie. Il n'est pas en état de répondre à vos sollicitations et il va lui falloir beaucoup de repos et de soins pour se remettre d'une pareille épreuve. Aussi, vous comprendrez pourquoi nous l'avons évacué vers un lieu tenu secret.
Des « Oh ! » de surprise et d'incompréhension parcoururent l'assemblée. Bien sûr, Harry Potter devait se reposait après les terribles maléfices qu'il avait subis mais on ne pouvait leur enlever leur héros en un jour pareille !
Ginny Weasley avait alors poussé un faible cri avant de s'effondrer sur le sol.
En écoutant les jérémiades de sa femme, Arthur Weasley songeait à cette fabuleuse et tragique journée qui avait changé leurs vies à jamais. Déjà un mois qu'ils avaient regagné le Terrier. Ils avaient immédiatement organisé les funérailles de Fred. Jamais Arthur n'aurait imaginé vivre un jour un tel moment de désespoir. Molly s'était effondrée et Georges n'était plus que l'ombre de lui-même. Nul homme n'est censé survivre à ses enfants ! Pourquoi devaient-ils affronter une telle épreuve ? Toutes les familles avaient souffert mais le Terrier des Weasley avait toujours était un refuge pour tous et aujourd'hui, Arthur assistait impuissant au naufrage des siens.
Il comprenait Molly et son besoin de se rendre utile, de redonner du sens à leur vie. S'occuper d'Harry lui aurait permis de faire semblant d'oublier le malheur qui les avait frappés.
Mme Weasley ne supportait plus de voir deux de ses enfants, Georges et Ginny, s'enfoncer chaque jour un peu plus dans la détresse. Son cœur de mère était brisé mais elle ne se sentait pas le droit de se laisser aller, son devoir était de se lever tous les matins comme si la vie allait reprendre son cours, comme si Fred allait surgir derrière elle et la faire sursauter avec une de ses dernières inventions. Molly aurait tout donné pour que ses deux fils repartent pour ce maudit magasin de farces et attrapes qu'elle avait tant méprisé.
Mais Georges n'avait plus le cœur à se battre, plus la force d'agir. La vie semblait s'échapper peu à peu de ce grand corps dégingandé. Son regard s'était éteint. Il errait toute la journée autour du Terrier, parlant tout seul, se retournant brusquement comme si…
Mais il n'y aurait plus jamais d'éclats de rire, de farces, de cris. Le bonheur s'était enfui de la maison familiale.
Ginny, quant à elle, essayait en présence de ses parents de jouer à la jeune fille insouciante et pleine de vie qu'elle était avant les évènements. Mais en réalité, elle ne trompait personne. Ses parents la voyaient avec angoisse s'enfermer de plus en plus souvent dans le mutisme, les yeux perdus dans un monde qui leur était inaccessible. Elle ne dormait plus, chacun pouvait l'entendre déambuler une bonne partie de la nuit dans la maison. Elle ne mangeait plus guère, ses joues autrefois rebondies s'étaient creusées, ses cheveux étaient devenus ternes, ses gestes mêmes s'étaient ralentis. Personne au Terrier ne comprenait. Il y avait bien eu cette amourette entre Harry et elle mais c'était terminé depuis longtemps et Ginny avait semblé bien accepter la rupture, elle avait même continué à fréquenter d'autres garçons au cours de l'année écoulée à Poudlard.
Assis tous les deux dans l'escalier, comme souvent au cours du mois écoulé, Ron et Hermione essayaient eux aussi de donner un sens à cet inexplicable succession d'évènements. Hermione était naturellement rentrée au Terrier avec tous les Weasley, sa propre famille étant toujours en Australie, ne se doutant absolument pas qu'ils avaient une fille de l'autre côté de la planète, une fille qui avait risqué sa vie, une fille qui leur avait elle-même lancé un sortilège de Faux Souvenirs pour les mettre à l'abri des représailles de Voldemort.
- Il faut vraiment que nous fassions quelque-chose. C'est incroyable tout de même, avec quatre membres de la famille qui travaillent au Ministère, nous n'avons toujours aucune nouvelle d'Harry !
Ron était encore plus bougon qu'à l'accoutumée. Son ami lui manquait. Un mois entier sans aucune information, un mois de malheur avec toujours ce ciel noir qui lui mettait les nerfs à vif, un mois à voir sa famille s'effondrer…
- Tu sais Ron, ta mère a raison. Kingsley doit savoir ce qu'il se passe. C'est à lui que nous devons nous adresser. Après tout ce que nous avons vécu avec Harry, il ne peut nous empêcher de le voir !
Comme souvent, Hermione essayait de rationaliser. Il y avait forcément une explication logique à l'absence d'Harry.
- Mais comment veux-tu qu'on arrive à l'approcher ? Tu as entendu papa et Bill, le Ministère est bouclé, la sécurité est maximale, personne d'étranger au service ne peut y pénétrer. Si encore on avait la cape d'invisibilité d'Harry ! Oh Hermione ! ils n'ont pas le droit, Harry est notre ami ! Sa place est ici, au Terrier, entouré de ceux qui l'aiment. Avec nous à ses côtés, il reprendra vite des forces ! Il doit se demander pourquoi nous ne lui donnons aucune nouvelle ! J'ai bien essayé de lui faire parvenir un message par Coquecigrue, mais il est revenu complètement désorienté ! Je ne sais pas quel sortilège ils utilisent, mais Harry nous est totalement inaccessible !
- Viens, montons dans ta chambre, nous devons réfléchir à un plan de bataille.
Le nez froncé, un pli lui barrant le front, Hermione prenait encore une fois les choses en main. Ron la suivit en trainant les pieds. Il ne voyait aucune issue possible. L'ambiance au Terrier était devenue tellement pesante qu'il n'avait plus qu'une envie, c'était de fuir cette maison qui avait toujours été un refuge pour lui et ses amis ! Même Hermione lui semblait de plus en plus étrangère. Elle était souvent plongée dans ses pensées et il avait parfois le sentiment qu'elle le fuyait. Envolée la belle complicité de jadis, disparues les sempiternelles querelles qui se terminaient par de merveilleuses réconciliations ! Mais peut-être se faisait-il des idées. Tout le monde était chamboulé, la noirceur permanente de ce ciel d'été semblait avoir contaminé tous les cœurs ! Sans doute ses parents lui manquaient-ils plus qu'elle ne voulait bien l'avouer…
- Tu sais Hermione, attaqua-t-il dès qu'ils eurent refermé la porte de la chambre qu'il avait si souvent partagé avec Harry. Son lit était toujours en désordre et il poussa discrètement une chaussette sale dans le recoin derrière l'armoire. Tu devrais peut-être faire revenir tes parents maintenant que « Tu Sais Qui » est mort.
Encore aujourd'hui, alors qu'un long mois s'était écoulé, Ron avait du mal à prononcer le nom de lord Voldemort.
- Mais enfin, tu n'y songes pas ! Tu ne vois pas que rien n'est fini ? Regarde ce ciel, regarde ce que sont devenues nos vies, et Harry qui a disparu ! Ce n'est vraiment pas ainsi que j'imaginais la paix retrouvée ! Non Ron, le Mal est toujours là, autour de nous, et je suis persuadée qu'Harry est la clef du problème. C'est par là que nous devons commencer, nous devons le retrouver, par tous les moyens.
- Nous devons nous organiser. Donne-moi de quoi écrire, nous allons lister les actions les plus urgentes à entreprendre.
Tout penaud, Ron sortit de sous son lit un bloc de feuilles froissées et tachées par un pot d'encre à moitié renversé. La plume qui accompagnait le lot était en guère meilleur état !
- Euh ! tu comprends, je me suis un peu énervé et j'ai donné un coup de pied dans la première chose qui se trouvait là. Mais aussi, je ne supporte plus d'entrer dans cette chambre et de ne pas voir Harry qui me dit de ranger avant que maman ne me tombe dessus !
Hermione regardait Ron d'un air mi navré, mi compatissant.
- Enfin Ron, reprends-toi, nous avons plus important à faire que nous lamenter ! Je suis sûre qu'Harry attend de nous que nous agissions. Allons-y, la liste : premièrement, nous introduire au Ministère de la Magie,
- Je t'ai déjà dit que les mesures de sécurité étaient extrêmes. Personne, tu entends, personne ne peut y pénétrer sans accréditation !
- Bon, si tu m'interromps tout le temps, on n'y arrivera jamais ! Avec Harry, on l'a déjà fait et même beaucoup plus difficile et dangereux il me semble !
- Eh bien oui, voilà ! il est là le problème ! Tout ce qu'on a fait jusqu'à présent, c'était « avec » Harry !
- Tu me fatigues Ron avec tes lamentations, alors quoi ? tu veux qu'on devienne comme Georges et Ginny et qu'on laisse tomber Harry au moment où il a le plus besoin de nous ?
Hermione le regardait d'un air excédé.
- Si tu ne veux rien faire, je me débrouillerai toute seule lui lança-t-elle en se dirigeant vers la porte.
C'est ce moment-là que choisit Molly Weasley pour les appeler :
- Ron, Hermione, descendez les enfants, Bill et Fleur viennent dîner ce soir. Et ils amènent le petit Teddy. Enfin un peu de vie dans cette maison ! Je vais avoir besoin d'aide pour préparer le repas.
Encore une fois, Ron souffla et grimaça avant de répondre à sa mère :
- On arrive M'man ! et s'adressant à Hermione : Je déteste quand elle nous parle comme çà, « les enfants », comme si nous étions encore des bébés ! Et tu vas voir qu'on va encore se coltiner la corvée d'épluchage des légumes !
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