Troisième chapitre. En pensant bien fort à vous. (Firesey, t'en pense quoi ? Pas trop de suspens pour toi Abby-Z ?) Un gros bisou à Inès et Shaumi (héhé^^) Bonne lecture.

Magnum n'était pas venu. Magnum n'allait pas venir. Il l'avait compris maintenant : Magnum ne viendrait pas. C'était à lui de trouver une solution. C'était à lui de les sortir de là. La petite fille était assise à côté de lui, et elle regardait le noir. Elle avait l'air calme, par rapport à d'habitude. Elle ne disait rien, ni avec sa bouche, ni avec ses mains. Elle devait être fatiguée de toujours essayer de bouger. Lui savait que ça ne servait à rien de bouger. Ils avaient des menottes de policiers, comme dans les films. Et dans les films, quand le gentil il veut s'évader, il presse très fort sur sa main et hop ! il la sort de la menotte. Après, il casse la tête à tous les méchants et il s'en va avec son amoureuse et puis après même que c'est fini.

Le petit garçon ferma les yeux et là, il eut une illumination. Magnum ne l'avait pas abandonné ! Magnum lui avait montré comment on enlevait les menottes ! Un immense élan d'affection pour son héros s'empara de lui, et il se mit à tirer de toutes ses forces sur ses petits bras. Au bout d'un moment et après de nombreux efforts, une petite main s'extirpa de la poigne métallique, suivit peu après par la seconde. Le petit croyait dur comme fer avoir réussi l'exploit de son héros, ignorant que pour cela, il aurait dû se déboiter le pouce. Il avait juste la chance d'être encore petit, et que les cartilages de ses poignets soient encore souples. Tout fier de lui, il regarda sa main et, même si le poignet menotté était écorché, il était content.

-Hé !

Il poussa doucement l'épaule de la petite fille qui se tourna vers lui, surprise.

-Faut pas que tu bouges.

Elle ne bougea pas, mais il lui fallu un bon moment pour détacher la petite fille, et encore : il ne réussit pas à lui enlever l'entrave, mais il la fit marcher tout le long du tuyau jusqu'à ce que celui-ci s'affine assez pour qu'un coup de pied ne le casse. Il exultait. Il se sentait fort tout à coup, un peu comme un agent secret qui serait en mission. Comme James Bond. Sauf que la petite fille qui était avec lui était habillée et qu'elle était trop petite pour être une amoureuse. En plus, les amoureuses, c'est nul parce que ça fait des bisous qui collent sur la joue et ça veut tout le temps des fleurs.

-Viens.

La petite fille le regardait sans trop savoir si elle voulait le suivre ou pas. Alors, il fit ce qu'il faisait toujours quand il voulait que les gens l'aiment bien : il lui fit un grand sourire, un tellement grand que ça fait mal aux joues. Et cela fonctionna à merveille. Elle accepta de prendre la main qu'il lui tendait et il l'emmena un peu plus loin. Lui était ici depuis un bon moment. Assez longtemps pour ne plus savoir quel âge il avait exactement, et surtout, assez longtemps pour avoir déjà tenté de s'enfuir. Il savait qu'il y avait un trou dans le mur, mais un trou trop petit pour que les Autres puissent y aller. Un trou que, quand on était dedans, plus rien ne pouvait nous arriver. Alors il poussa la petite fille dans le trou. Elle se roula en boule et disparut derrière le mur. Personne ne la verrait, là où elle était. Et puis, comme ça, il pourrait voler les clefs au premier méchant qui viendrait et ils partiraient. Oui, il allait faire comme ça. Parce que c'était un bon plan.

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Le NIS avait accepté de collaborer avec le FBI pour cette enquête. Même Franks, surtout depuis qu'il savait qu'il était possible qu'une petite fille soit séquestrée en pleine zone secret défense. Ca faisait un choc. Un sacré choc. Le directeur avait donné son accord pour l'assaut, qui avait été planifié assez rapidement, grâce à la collaboration complète entre les deux agences et aux hommes choisis pour l'opération : uniquement les meilleurs. Bien sûr, Gibbs était du lot. Ils portaient tous un gilet pare-balle et étaient armés jusqu'aux dents : on ne rigolait pas avec la sécurité nationale, et encore moins avec la vie d'un enfant.

-On est bien d'accord : vous attendez le signal pour entrer ?

-Oui monsieur.

-Bien monsieur.

-Entendu.

Les troupes avaient été réparties un peu partout aux alentours, et des militaires avaient été réquisitionné pour l'occasion : on ne faisait pas les choses à moitié dans les Services. Des snipers étaient sur les toits les plus hauts, prêts à descendre les cibles ennemies. Hors de question de leur laisser ne seraient-ce qu'un pouce de terrain. Ils ne s'évaderaient pas.

Gibbs, lui, faisait partie de la seconde équipe d'intervention directe : ceux qui entrerait dans le bâtiment pour prêter main forte à la première vague d'assaut. Autrement dit, ceux qui arrivaient quand tout était fini pour ramasser les cadavres. Cela ne l'enchantait pas, mais les Autorités responsables avaient souligné l'importance pour la petite Abigail d'avoir quelqu'un de rassurant, qu'elle connaissait, auprès d'elle. Il respira à fond et patienta tandis que le responsable de l'opération envoyait la première équipe. Très vite, l'endroit se transforma en véritable champs de bataille.

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Il y eut un d'abord un énorme « boom ! », puis des cris et le martèlement des pas sur le sol. Et enfin, le bruit d'une fusillade. Le petit garçon fut tétanisé par ce soudain changement dans son environnement. Tétanisé, mais seulement pendant quelques secondes. Magnum était venu ! Il se précipita vers le trou et rampa pour rejoindre la petite fille qui se balançait d'avant en arrière. Il la prit par le bras et commença à tirer de toutes ses forces pour la faire sortir. Au bout de quelques dizaines de secondes, elle comprit le message et rampa hors de la cavité.

-C'est où qu'on va ?

Sa petite voix anxieuse était presque effrayante.

-Dehors.

Le problème, c'est qu'il n'y avait aucune issue. Et que le bruit s'était arrêté. La porte s'ouvrit à la volée et les deux petits durent cligner des yeux un moment avant de supporter la lumière. La petite fille cacha son visage dans le cou de son compagnon d'infortune et, quand celui-ci fut capable d'observer les nouveaux venus, il repéra un grand sec moustachu. Surpris, il tendit un index accusateur vers l'homme.

-Mais, t'es pas Magnum toi !