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:: SÉPARATION ::
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#3

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Dean entra dans sa chambre, fou de rage, suivit de près par Dan. Une fois que celui-ci eu fermé la porte derrière lui, Dean lui refit face, bras croisé, rouge de colère, il fulminait.

- On peut savoir à quoi tu joues ?

- De quoi est-ce que tu parles ? s'étonna Dan.

- Tu ne vois vraiment pas ? Roucouler sous le nez de Cass, tu trouves que c'est mon genre ? Je me suis tapé une de ces hontes, et Sam qui se fout de ma gueule ! Merci bien !

- Du calme Dean, reprit Dan le plus doucement possible, espérant calmer son autre moitié. Je ne voulais absolument pas te mettre dans l'embarras, je suis juste... naturel. Je me laisse aller. Évidemment que ça te fait bizarre, c'est tout ce que tu retiens, tout ce que tu t'interdis. Mais au fond, tu rêverais d'oser faire pareil.

- Je n'ai absolument aucune envie de me la jouer fleur bleue avec Castiel, tu délires complètement !

- Non, c'est sûr, toi tu es d'un genre beaucoup plus direct si j'en crois ce qui te traversait la tête tout à l'heure... Le baiser farouche, la chemise déchirée, Castiel à genou devant toi pour...

- Stop ! OK, c'est bon, j'ai compris ! s'écria Dean, lui coupant la parole, n'osant même plus le regarder. Bordel... ! Et comment tu sais à quoi je pense ? Tu dis qu'on partage nos pensées, mais je ne vois pas les tiennes.

- C'est normal, tout ce à quoi je pense sont des choses que tu n'assumes pas, donc tu occultes complètement mes pensées et ne les perçois pas.

Dean resta silencieux, pensif et agacé suite à cette réponse.
Dan en profita pour reprendre :
- Je te rappelle que le but de ma présence n'est pas de te contrarier et que tu te renfermes davantage, au contraire. Bien sûr que c'est perturbant d'être attiré par un mec. Tu crois que ça ne me fait rien ? Je suis tout aussi troublé que toi parce que je n'aurais jamais pensé être gay, et encore aujourd'hui, je suis certain de ne pas l'être. Pourtant, Castiel m'attire et, quoi que je fasse, je n'arrive pas à changer ce fait. J'ai beau être la partie sensible de notre personnalité, je reste toi, j'aime le sexe, les femmes, les bagnoles, le rock et les burgers, j'aime casser la gueule à ces bestioles dégueulasses qu'on chasse... et Castiel m'attire... Que je le veuille ou non. C'est comme ça. Alors quoi ? Tu as peur parce que c'est un mec et que c'est physiquement inenvisageable ? Je te comprends parfaitement, mais dis-toi bien que Cass ne va pas se jeter sur toi. Il a vécu je ne sais combien de siècles sans jamais coucher avec personne, il saura attendre... Et au pire, tu as apparemment assez d'imagination pour trouver quoi lui faire faire que les femmes savent faire aussi...

Dean, qui avait écouté sans un mot, troublé par les propos de Dan, eut un hoquet d'embarras en entendant la dernière phrase, lui jetant un regard noir.

- Il faut que tu apprennes à te lâcher, reprit son sosie, à accepter ce que tu ressens. Tu n'es pas parfait, tu as le droit de flancher, d'avoir des doutes, de t'attacher à quelqu'un...

Dean finit par soupirer et déclara :
- Je n'y arrive pas... J'ai tellement cherché à être le grand frère fort et protecteur que j'ai fini par complètement masquer chacune de mes faiblesses, mes douleurs, tous mes problèmes... Et puis il y a eu Castiel... Bon sang ! Comment ça a pu arriver ?

- Toutes ces petites choses qui font de lui ce qu'il est ; ses maladresses, son courage, sa confiance... Lui n'a jamais hésité à te montrer son attachement, jusqu'à devenir parfois même complètement ridicule.

Dean pouffa, tant de souvenirs lui revenaient en tête en entendant Dan. Il était vrai que Castiel savait être adorable, parfois. Il se mordit la lèvre, mal à l'aise, honteux, coupable.

- Dis-le... souffla Dan.

- Dire quoi ?

- Ce à quoi tu penses, dis-le...

Dean plongea son regard dans celui de Dan, réalisant pour la première fois qu'il était face à lui-même, qu'il avait beau vouloir taire ce qu'il ressentait, cela ne servirait à rien. Dan savait exactement ce à quoi il pensait, il savait parfaitement que le dire ne changerait rien, que Dan savait déjà tout.

- Que je l'... Je l'aime... ? lâcha Dean d'une petite voix cassée, presque inaudible, incertain.

Dan sourit, acquiesçant comme pour confirmer, satisfait. Et fier.
Il s'approcha de Dean qui était resté immobile suite à son aveu et lui donna une tape sur l'épaule, histoire de le sortir de sa paralysie.

- Et je suis là pour t'aider à l'accepter. Ceci dit, je me doute que te déclarer à Castiel est peut-être trop demander pour le moment...

Dean se raidit, nerveux à cette idée.

- ... mais tu peux commencer par de petites choses simples, comme éviter de jouer les durs quand tu te coupes un feuilletant un Busty Asian Beauty, nettoyer la plaie et ainsi éviter de t'infecter bêtement, et te mettre en danger en pleine chasse pour une idiotie pareille.

- Je ne pensais pas que ça prendrait de telles proportions ! se défendit Dean, contrarié et mal à l'aise d'évoquer cette histoire ridicule qui avait bien failli virer au drame.

- Ou arrêter de te foutre de la gueule de ton frère quand lui ose faire ce que tu rêverais de faire.

- Je... Je vais essayer, promit Dean. Mais de ton côté, essaie de te la jouer un peu plus... Comme moi. N'oublie pas que toi aussi tu as des trucs à apprendre, et à changer !

- Je n'attends que ça !

- Alors commence par arrêter de flirter avec Cass !

- J'arrête de le titiller si tu me promets de le faire à ma place.

- T'es pas dingue ?

- Sinon, j'en rajoute une couche...

- Tu n'oserais pas ?

- Je n'aurais aucun problème avec ça.

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Dean se retourna dans son lit, jetant un coup d'œil au vieux réveil qui trônait sur sa table de nuit. Il était à peine six heures du matin. Il faisait très sombre dans la pièce, mais il aperçut un lit de camp installé à côté du sien et Dan qui y dormait paisiblement.
Il grogna, il n'avait pas rêvé. Ou plutôt, il était réellement en plein cauchemar.
Les mots qu'il avait osé prononcer la veille lui revinrent en mémoire. Honteux, il attrapa sa tête entre ses mains, suppliant intérieurement que ça ne soit jamais arrivé.

- Pitié, pense moins fort...! bougonna Dan, la tête enfoncée dans son oreiller.

- Toi, ferme-la ! se contenta de lui répondre Dean tout en se redressant sur son matelas.

Dan fit de même, prenant appui sur son bras droit, afin de faire face à Dean.

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Je croyais que tu pouvais lire dans mes pensées...

- C'est vrai, mais j'ai pensé que tu aurais besoin d'en parler, t'exprimer ouvertement... Tu sais...

Dean soupira. Décidément, l'autre ne le lâcherait pas, voilà qui tentait de lui faire partager ses états d'âme.

- J'ai... C'est... C'est que... Je... tenta Dean.

- OK, je vois que ça a encore du mal à sortir, mais c'est bien, tu essaies.

- Fous-moi la paix !

Il lança son oreiller à la figure de Dan, qui se mit à rire, avant de se recoucher, ramenant vivement sa couverture sur ses épaules, contrarié.

- Je suis sérieux Dean, le fait que tu essaies est déjà un gros progrès, reprit Dan plus sérieusement.

Mais Dean ne répondit pas. Il n'en eut pas besoin. Dan sourit affectueusement avant de se recoucher à son tour.

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Milieu de matinée, Dean se décidait enfin à sortir de sa chambre afin de rejoindre les autres. Quand il arriva dans la cuisine, Sam sembla étonné et se tourna vers Dan en déclarant :
- Tu t'es foutu de nous !

Et Dan éclata de rire, rapidement imité par Castiel.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Dean.

- Il nous a dit qu'il était toi, expliqua Sam, avant de réaliser que sa phrase portait à confusion. Enfin, il a dit qu'il était Dean.

- Et tu arrives à nous différencier aussi facilement ? s'offusqua Dean.

- Disons que tu as ta façon à toi d'être... Toi, souffla Sam tout en se levant. Tu veux un café ?

Dean répondit par la positive, tout en s'installant à la table, face à Dan. Les deux semblaient se provoquer du regard. Dean était quelque peu irrité à l'idée que d'un coup d'œil, Sam ait réussi à le reconnaître. Cela prouvait qu'il était encore loin du rééquilibrage qu'il devait atteindre.
Il ne détourna les yeux que lorsque Sam déposa la tasse de café devant lui et annonça :
- On a une chasse...

- Quel genre ? demanda Dean, cachant sa contrariété.

- D'après mes renseignements, il semblerait qu'il s'agisse d'une sorcière, expliqua Castiel. Elle manipule les esprits au travers de petits artefacts qu'elle offre à ses victimes.

- Elle manipule les esprits ? Pourquoi ? s'intéressa Dan.

- C'est encore assez flou. Mais visiblement, c'est une quête d'âmes. On ignore dans quel but. Elle aurait déjà l'emprise sur une vingtaine de personnes, et il y a eu un décès.

- Et où est-ce qu'elle se passe, cette chasse aux sorcières ? lança Dean à son tour.

- Norfolk, dans le Nebraska. Jody m'a mis en contact avec une de ses collègues.

- Jody sera là ? demanda Dean un peu plus vivement qu'il ne l'aurait voulu, laissant percevoir sa panique.

- Du calme, dit alors Sam, main en avant pour l'apaiser. Non, elle ne sera pas là, c'est justement parce qu'elle n'a pas pu se déplacer qu'on rencontrera sa collègue, Louise Amilton.

- Mais... je suis calme... mentit Dean qui se détendait lentement, rassuré par les paroles de son frère.

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... à suivre...


Encore une fois, merci pour vos reviews !
Ça me fait tellement plaisir, c'est vraiment motivant de savoir que ce qu'on écrit est apprécié !
J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Il ne fait pas beaucoup avancer l'histoire, mais Dean fait des progrès...
Après tout, des chapitres courts ne peuvent pas trop en dire...
Mais il devrait y avoir un peu plus d'action (et de Castiel ! qui est encore relativement discret) dans les prochains chapitres !