Chalut les gens cha va bien, moi oui hoho.

Bon je ne vous accapare pas plus longtemps, d'abord les réponses aux reviews et ensuite le chapitre.

Brigitte 26 : C'est vrai XD, pour une fois que c'est Harry qui use de sa cervelle, pourtant il est pas idiot le garçon huhu. Merci pour ton commentaire. Koeur sur toi et bonne lecture.

Serpenta : Haha merci beaucoup. C'est vrai qu'il n'y a pas trente si milles solution concernant le passé. Je sais pas ce que j'ai avec les alternations de temps XD. C'est vraiment une histoire sans prétention un petit kiff que je me suis fait mais je suis contente que ça te plaise. A vendredi et Koeur sur toi.

Pouika : Mais de rien et merci à toi pour ta lecture.

Guest : je sais pas si ça se dit mais j'aime bien l'expression, du coup je la garder XD. Merci beaucoup pour tes compliments et ta lecture. Koeur sur toi et j'espère que la suite te plaira toujours autant.

Moony's Words : Tu es à l'affut des incohérences et je dois t'avouer que t'as raison. Ce vieux réflexe tout pourris vue que j'écris Retour en même temps et du coup Severus devient un automatisme foireux. Mais en vrai ça devrait être Rogue tout les temps. Sorry. Mais tu as l'œil ! Snirf Harry n'est pas stupide on ne lui a pas laissé le temps de développer ses capacités intellectuelles XD. Et puis toutes ces tentatives de meurtres ça à du lui mettre du plomb dans la cervelle qui sait. Merci à toi pour ta lecture et ton commentaire. Koeur sur toi.

Yume Resonnance : Merchi beaucoup ! J'espère que la suite te plaira toujours. Koeur sur toi.

Encore merci pour les favs, les follows et vos reviews et merci à Titou Douh pour sa correction.

Bonne lecture.

SALLE DES SECRETS

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Avril 1997

- A quoi tu penses ?

- A une salle pour cacher quelque chose.

Harry tira ce qui ressemblait à un coussin et s'assit dessus. Il se rendait compte que la fatigue était en train de l'achever mais Malfoy avait l'air encore en plus mauvais état que lui.

- Est-ce que tu dors bien ?

- Non.

Draco s'assit par terre et posa son dos contre l'armoire. Il bascula la tête et ferma les yeux.

- Pitié Potter, ne me dis pas que tu m'as fait venir pour jouer au docteur ?

- Je serais un piètre médecin avec toi... Je pense que je ne pourrais pas m'empêcher de te faire mal.

Draco ricana et Harry fut rassuré de retrouver un peu de l'ancien Serpentard.

- Tu me hais donc tant que ça ?

- Laisse-moi réfléchir… J'éprouve pour ta personne une certaine colère parfaitement justifiée par ton comportement imbuvable, tes idées rétrogrades et discriminantes ainsi que pour te tenue vestimentaire toujours impeccable que s'en est flippant.

Draco baissa immédiatement la tête pour fixer Harry.

- Ma tenue vestimentaire…

Le blond détailla Harry et se remit à sourire.

- C'est sur que comparé à toi...

- Tu n'as retenu que ça de tes divers défauts…

- Tu n'aurais pas dû refuser de me serrer la main.

- Je ne l'aurais pas fait si tu n'avais pas tenu un discours aussi horrible chez Guipure.

- Si quoi…

Harry scruta Draco dont le visage s'illumina sous la compréhension.

- Je n'ai fait que dire la vérité : ouvrir une école à des gens qui ne savaient rien de la magie avant d'avoir reçu leurs lettres, c'est stupide.

- Et tu dis ça à un garçon qui venait de découvrir quelques jours avant qu'il était un sorcier.

- Tu plaisantes, j'espère ?

- Ai-je l'air de faire de l'humour ?

Harry s'amusa du regard choqué de Draco.

- Tu veux dire que tu ne savais strictement rien du monde sorcier ? Comment as-tu fait pour découvrir que tu étais un sorcier ?

- On joue au jeu des questions-réponses ?

- Laisse-moi savoir entre quelles mains je remets ma vie.

- Tu passes ton temps à dépendre des autres, Malfoy.

Draco grimaça.

- Potter…

- Je répondrais à tes questions, si tu réponds aux miennes.

- Parfait… Alors, comment ?

- Quand j'essayais d'éviter les coups de mon cousin, je me suis retrouvé sur le toit de la maison de ma tante. Et puis j'ai libéré un serpent après lui avoir parlé. Oh, et Hagrid a fait le déplacement quand il a vu que je ne répondais pas aux lettres.

Draco secoua la tête.

- Ton cousin ? Tu as encore de la famille, alors ?

- Je n'appellerais pas ça une famille... Ma tante est la sœur de ma mère, c'est une moldue.

- Comment se fait-il que ta tante soit une moldue ? Elle est cracmole, tu veux dire ?

- Non, Malfoy. Ma mère était ce que tu aimes si gentiment appeler une « sang-de-bourbe ». Tu as posé plus de questions que nécessaire, c'est à mon tour.

Draco fronça les sourcils.

- Bien, que veux-tu savoir ?

- Ta mère est-elle une partisane fidèle de Voldemort ?

- Tu me demandes si elle est marquée, c'est ça ? Non, Potter, elle ne l'est pas. Je crois aussi qu'elle n'est pas heureuse de me savoir aux ordres de Tu-sais-qui.

- Si on lui apprenait que tu as trahi Voldemort, se rangerait-elle de ton côté ou du côté de ton père, en imaginant qu'il soit toujours obnubilé par ses désirs de conquête ?

Harry vit que ses questions ne faisaient pas plaisir à Malfoy, ce dernier avait la bouche tordue par la colère.

- … Si mon père reste à Azkaban, elle me suivra, je pense, dit-il sèchement.

Harry ne s'en offusqua pas.

- Maintenant, ma question la plus importante, Malfoy. Qu'attends-tu de moi, exactement ?

- Que tu me sauves la vie, comme tu sais si bien le faire avec les gens…

- Je n'ai pas sauvé Cédric, je n'ai pas sauvé mon parrain, mes parents sont morts plutôt cruellement… Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis toujours le seul à ressortir vivant.

- Qu'essaies-tu de dire ?

- Que je ne te garantis rien de tout ça, Malfoy. Mais je vais essayer. Je vais faire de mon mieux pour qu'il ne t'arrive rien, et si possible à ta mère non plus.

- Je n'ai rien demandé pour ma mère…

- Mais elle fait obligatoirement partie de l'équation. C'est pour vous éviter, à toi et ta famille, la mort que tu as décidé de mener à bien une mission que tu sais totalement impossible. Ton père est protégé par les murs d'Azkaban mais pas elle.

Draco se tendit et se remit droit. Il ne quittait plus le visage d'Harry des yeux à présent.

- As-tu parlé à Granger ? Je t'ai vu disparaître avec elle.

- Je n'ai pas parlé de toi. Mais le sujet te concerne plus ou moins.

- Moi aussi, j'ai une question importante.

- Je t'écoute.

- Avez-vous un plan pour le tuer ?

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Avril 2003

- Ne t'endors pas dans ton assiette, Edward.

Le petit garçon, dont le visage commençait à se pencher dangereusement en avant, releva brusquement la tête.

- C'est bon, je ne dors pas, dit-il subitement.

- Tu es beaucoup trop stricte, Draco.

- Et toi, Nymphadora, trop peu exigeante.

- Ne m'appelle pas comme ça.

Draco éloigna l'assiette du visage de Teddy et fit un grand sourire à sa cousine.

- C'est un trop joli prénom pour que je le coupe.

- Draco !

Le blond se tourna vers le garçon qui secouait son bras.

- Oui, Ted ?

- Où est parrain ?

- Je te l'ai déjà dit : il est en mission secrète.

- Si c'est secret, comment tu le sais ?

- Je sais que c'est une mission secrète, je ne sais pas quel est le secret de la mission.

- Mais ce n'est pas un secret si parrain t'as parlé de la mission secrète.

- C'en est toujours un si toi, tu gardes ça secret.

Teddy mit ses mains dans ses cheveux qui devinrent rouge.

- C'est trop compliqué !

Draco rigola doucement puis se leva et Teddy écarta les bras pour se faire porter immédiatement.

- Tu me le ramènes à quelle heure?

- Ça dépendra d'Hermione et de Rose. Pourquoi ?

- Ramène-le-moi le plus tard possible, si tu le peux. Remus rentre tôt et je veux en profiter, si tu vois ce que je veux dire.

Draco leva les yeux au ciel.

- Je vois très bien... Tu veux peut-être que je le prenne pour la nuit ?

Tonks écarquilla les yeux et se jeta sur lui tirant un cri de colère de la bouche de Teddy.

- Si tu fais ça, je te serais éternellement reconnaissante.

- Tu sais que tu l'es pour tout un tas d'autres choses.

- C'est bon, j'étends ma dette sur mes générations futures !

- Bien, parfait. Ne t'étonnes pas si tu trouves ton fils condamné à tondre la pelouse de mon jardin.

- C'est un futur sorcier, il trouvera un moyen de garder l'herbe toujours naturellement coupée et verte.

Draco secoua la tête en signe de désapprobation. Un peu plus tard il transplana, les bras chargés des affaires de Teddy.

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Hermione Granger déposa deux verres à vin sur la petite table du salon et les remplit sous le regard fatigué de Draco.

- Ne fais pas cette tête, Draco, tu vas pouvoir t'étendre comme tu le veux.

- Je t'assure que quand Harry dort, il ne bouge pas d'un pouce. C'en est même effrayant, parfois. Combien de fois je me suis levé en pensant qu'il était mort...

- Tu exagères.

- Tu crois ?

Hermione prit un air concentré.

- Tu devrais trouver ça rassurant. Je l'ai toujours vu dormir d'un sommeil léger et agité. S'il ne bouge pas, c'est que son sommeil est parfait, tu devrais en être fier. Rappelle-toi des premières nuits...

Draco se souvenait très bien de toutes ces nuits, où il avait été réveillé par un Harry en sueur et hurlant dans son sommeil. Ça avait duré de longs mois après la fin de la guerre. A présent, Harry avait le sommeil lourd et quand Draco se réveillait la nuit, il se rassurait en posant sa main sur son torse, pour sentir sa poitrine se soulever et son cœur battre. C'était ce qui l'apaisait le plus : la respiration d'Harry.

Il s'empara de son verre et en but une gorgée.

- Pourquoi Ron n'est pas là ?

- Inventaire du magasin ce soir. As-tu pu parler à Harry de ce que tu voulais ?

- J'ai voulu le faire le jour où il m'a annoncé qu'il repartait en mission. Il ne se fatigue jamais.

- Non, en effet. Je pensais qu'il y réfléchirait un peu plus après la guerre mais ça n'a dû que confirmer ses intentions de devenir auror.

Hermione soupira.

- Je crois qu'il voulait me dire quelque chose avant de partir.

- Tu crois ?

- En fait, il m'a dit qu'on en parlerait quand il rentrera.

Hermione posa une main sur sa cuisse.

- Est-ce que ça se passe bien… Vous deux ?

Draco y réfléchit longuement.

- C'est calme. Ça faisait longtemps qu'il n'était pas parti et on avait débuté une petite routine. Peut-être…

Il fit une pause et fronça les sourcils.

- Peut-être que ça lui a fait peur et que c'est pour ça qu'il a accepté.

- Draco ?

- On est ensemble depuis la fin de la guerre. Ça fera six ans en septembre, et ça ne fait qu'un an qu'on vit ensemble. Je crois qu'Harry a peur.

- C'est idiot, vous viviez pratiquement l'un chez l'autre. Et Harry a accepté ta proposition de s'installer avec toi rapidement. Il est juste un peu long à la détente sentimentalement parlant.

Draco ne put que sourire à cette constatation. Harry avait mis bien plus de temps que lui à mettre un mot sur leurs sentiments et encore plus de temps à trouver le bon moment pour lui dire qu'il l'aimait. Mais Draco avait été patient parce qu'Harry méritait qu'il le soit.

- Je t'assure, Hermione. C'était devenu vraiment paisible : il se levait, allait au travail. Je faisais pareil et on rentrait ensemble.

- Et tu n'aimes pas ça.

- Au contraire : j'avais enfin l'impression qu'on avançait.

- Tu penses qu'Harry n'avance pas ?

- Je pense qu'il est effrayé. Pourtant, c'est moi qui me fais un sang d'encre à chaque fois qu'il part.

- Est-ce que tu lui en as parlé ?

- J'aimerais bien. Mais je n'ai aucune envie qu'il se braque... Il est chiant quand il est vexé ou en colère.

Hermione rigola un peu.

- En effet, il l'est. Parle-lui, Draco. Avant, vous le faisiez énormément. Tu te l'accaparais durant des heures et Harry disait que vous ne faisiez que discuter. Je me demande toujours ce que vous pouviez bien vous dire...

- Ce qu'on se disait ? Hermione, on faisait juste en sorte de rattraper six années de haine réciproque et de changer ça en quelque chose d'autre.

- Et c'est quelque chose de très bien.

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Avril 1997

- Avez-vous un plan pour le tuer ?

Draco observa attentivement la réaction d'Harry et elle n'avait rien d'éloquente. Le brun s'était contenté de gratter légèrement sa cicatrice et de rester silencieux. Lui avait besoin de savoir ce qu'il en était.

- Potter, je t'ai révélé le plan de Tu-sais-qui, tu pourrais faire un effort.

- Je réfléchis, dit-il sur un ton agacé.

Draco croisa les bras et attendit. Il voyait sur le visage du brun que ce dernier pesait le pour et le contre avec un sérieux non feint. Draco se doutait que Potter devait croire que c'était un piège, qu'il lui disait ce qu'il voulait entendre et en échange, Harry dévoilait lui aussi ses secrets. De cette façon, Draco pourrait tout raconter au Seigneur des Ténèbres. En somme, Harry ne lui faisait absolument pas confiance.

- Que faut-il que je te dise pour te prouver ma bonne foi ?

- Je t'ai déjà dit que je t'aiderai.

- Mais tu ne me fais pas confiance du tout.

- Ça t'étonne ? Ce n'est pas en une soirée que je vais me mettre à te déballer toute ma vie et tout ce qui s'est passé de mon côté en sachant que tu as plus ou moins vendu ton âme au diable. Je ne suis même pas sûr de pouvoir te faire confiance un jour alors épargne moi les « Potter, passons à autre chose ». Nous ne sommes pas amis, Malfoy, mais je ne me vois pas te cracher au visage.

- Tu es en train de le faire.

La mine de Draco s'assombrit. Harry ne mâchait pas ses mots. Draco aurait dû être rassuré en le voyant être aussi franc cela voulait dire qu'il n'était pas vu comme une petite chose sans défense. Mais ça le blessait plus qu'il ne le voulait. Sans même s'en rendre compte, il avait apprécié l'échange poli d'hier soir. Ça aurait pu beaucoup plus mal se passer.

- Ce que tu m'as dit, est-ce que Rogue le sait ?

Draco écarquilla les yeux.

- Rogue ?

- Tout le monde pense qu'il est du côté de l'Ordre.

- Et pas toi ?

- Il t'a parlé après la soirée de Slughorn. Il a dit qu'il pouvait t'aider et tu l'as renvoyé en prétextant que tu pouvais tout faire tout seul.

Draco grimaça et sentit son cœur fondre dans sa poitrine.

- Tu as vu ça aussi.

- Je t'ai dit que je te suivais à la trace, Malfoy.

Le blond se mit à rire.

- C'est un juste retour des choses pour t'avoir harcelé durant toutes ces années. Non, Rogue ne sait rien. Il sait peut-être que je dois tuer Dumbledore mais il ne sait pas pour ça.

Il pointa du pouce l'armoire derrière lui.

- Donc Rogue est bien un mangemort.

- Un mangemort prêt à tuer Dumbledore si j'échoue, apparemment. Pour s'attirer toute la gloire.

- Étrange que Voldemort soit celui qui ne veuille pas de cette gloire...

Draco serra les poings et baissa la tête. Il y avait pensé, à cette phrase. N'importe quel sorcier se serait fait un plaisir de tenter cette folie... N'importe quel sorcier au fanatisme profond comme sa tante, par exemple. Draco y avait réfléchi et c'était une grande partie de sa crainte. Si même Voldemort avait échoué plusieurs fois devant Dumbledore, lui n'avait strictement aucune chance.

- Si Rogue apprend que tu l'as trahi, que se passera-t-il ?

Le visage de Draco se figea d'horreur.

- Ne lui dis pas !

- Je n'en ai pas l'intention, Malfoy. Mais il semble qu'il ait fait un serment inviolable, ce qui veut dire qu'il ne peut pas attenter à ta vie et doit s'assurer de ta protection.

- Rogue a le bon rôle, il est bien caché à côté de Dumbledore. Tout ce qu'il a à faire, c'est dévoiler les plans de Dumbledore et recevoir les médailles. Mon père s'est mouillé totalement dans cette histoire et regarde où il termine ! Rogue ne fait rien d'exceptionnel !

Harry se pencha un peu et le regarda le plus sérieusement du monde.

- Pourtant il a accepté. Il accepté de mourir si tu venais à mourir aussi. Même si c'est égoïste, il fera sûrement tout ce qu'il faut pour te protéger. Et si Rogue était en fait un véritable membre de l'Ordre ?

- Impossible ! C'est le bras droit du Lord.

- Tom.

Draco ouvrit la bouche surpris.

- Quoi ?

- Appelle-le Tom. Si tu n'arrives pas à dire autre chose que « Tu-sais-qui, le Lord, Seigneur des Ténèbres ou Maître. », appelle-le Tom, parce que c'est son prénom.

- Comment tu sais ça ?

- C'est une question idiote, pose en une autre.

Draco cilla légèrement mais reprit un air sérieux.

- Qu'est ce que tu sais sur… Tom ?

- Assez de choses pour le cerner un peu.

- Pourquoi… Pourquoi tu ne peux pas toucher ma marque ?

Harry détourna immédiatement le regard et Draco trouva ce geste affligeant. Harry se redressa et reposa son regard sur lui.

- Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que ça ne serait pas une bonne idée, ni pour moi… Ni pour toi. Il se fait tard, Malfoy. J'ai besoin d'éclaircir certaines choses et j'ai besoin de temps pour évaluer ta situation. Sans Hermione, c'est un peu compliqué. Je ne suis pas un cerveau.

Harry avait dit ça avec un petit sourire et Draco fut incapable de répondre quelque chose de désobligeant. Parce qu'Harry respectait sa parole. Il n'avait rien dit.

Tard dans la nuit, alors qu'il était toujours incapable de dormir, il eut un éclair de génie. Il savait ce qu'il devait faire pour prouver à Harry qu'il ne mentait pas. Il le ferait dès le lendemain parce qu'il n'avait pas de temps à perdre. Il prenait du retard sur la réparation de l'armoire et Greyback allait bientôt faire sa ronde habituelle. Il fallait d'ici là qu'il ait une solution. Il ferma les yeux et repensa à la sollicitude d'Harry pour sa mère. Il n'en avait rien dit mais ça l'avait énormément touché. Comme si Harry englobait le problème d'une autre façon. Draco pensa alors que, malgré ce qu'il disait, il avait un cerveau.

OoooooooooOooooooooooO

Draco fixait Harry, Harry regardait Severus et Severus ne regardait personne. Le blond se rendait bien compte qu'il devait se douter de quelque chose. Il remarqua alors qu'Hermione Granger le fixait lui. Il planta ses yeux dans les siens et elle soutint son regard sans ciller. Draco finit par se lever et elle reporta son attention sur Harry qui riait à une blague de Ron. Le blond sentit une drôle de sensation au fond de lui, un peu comme si une aiguille venait de s'enfoncer dans son ventre. Il s'empressa de sortir de la grande salle.

Harry se sentait-il vraiment aussi seul que lui ? Draco en doutait ; tout ce que Dumbledore devait lui confier, il le disait sûrement à Weasley et Granger. Pourtant, c'était à Mimi Geignarde qu'il avait confié ses peurs. C'était à elle qu'il parlait du manque de sa famille. Peut-être que ce qu'ils avaient en commun, c'était le fait de ne pas avoir le loisir de montrer leurs faiblesses... Mais Draco devrait faire une exception, aujourd'hui. Il fallait qu'il ait le brun totalement de son coté. Pour sa vie et pour celle de sa mère, mais aussi…

Draco n'arrivait pas à mettre le doigt dessus mais se révéler à Potter avait ouvert une porte qu'il pensait à jamais fermée. Il partageait un secret avec lui et une partie de lui était euphorique à cette idée.

Au fil des jours, cependant, il dut se rendre à l'évidence. Toutes les barrières qu'ils avaient construites entre eux ne facilitaient rien. Harry se promenait rarement seul : s'il n'était pas avec Granger, il était avec Weasley et si ce n'était pas lui, c'était sa sœur. Il ne pouvait pas s'approcher l'air de rien et tenter un « Potter tu as un moment ? ». Comme l'avait dit Harry, ils n'étaient pas amis, lui-même ne savait pas ce qu'ils étaient en ce moment. Quand Draco regardait Harry, il essayait de se souvenir de sa haine. Il tentait de la faire revenir mais à présent, ça semblait stupide. Stupide parce que Potter souffrait de cette situation autant qu'il en souffrait. Stupide parce qu'ils étaient tous les deux au bord du précipice chacun d'un coté du ravin et qu'ils n'avaient qu'un pas à faire pour tomber. Stupide parce qu'ils étaient deux oiseaux.

Deux oiseaux en cage.

Toute sa colère semblait désuète, inutile et infondée. Qu'est ce qui avait causé ça ? Le simple refus d'une poignée de main, les privilèges qu'on accordait à Potter parce qu'il était le sauveur. Draco avait voulu ces mêmes privilèges. Il voulait exister aux yeux des gens comme existait Potter. C'était pour cette raison qu'il avait accepté de servir le Lord : parce qu'il y existait d'autres gloires que d'être celui qui avait survécu. Il pouvait être celui qui avait vaincu. Mais si Potter n'avait en réalité rien voulu de tout ça ? S'il n'avait fait qu'accepté parce que trop bête pour comprendre l'ampleur des choses ? Parce que personne ne lui avait parlé des réels enjeux ? Si c'était le cas, alors Draco s'était juste fait des films sur la soit-disant arrogance du brun et de sa fierté d'être celui qui a vaincu Voldemort bébé.

C'était juste une histoire d'ego mal placé.

Draco rigola pour lui-même. S'il avait su que les quelques sanglots d'un Harry Potter en détresse lui feraient revoir toute sa façon de penser, il l'aurait frappé jusqu'à le faire pleurer. Mais il semblait que les larmes de Potter étaient comme celle d'un phénix : rares et précieuses.

Il finit par trouver une ouverture après les entraînements de Quidditch. Il regarda l'équipe des Gryffondor redescendre et ça lui serra le cœur. Il avait fini par se désintéresser du jeu au vu des nombreuses choses qu'il avait à faire mais ça lui manquait cruellement. Même s'il perdait souvent et que c'était frustrant, c'était de rares moments où il s'amusait un peu. Il patienta le temps que cette stupide Weasley finisse par lâcher Potter qui rangeait les équipements. Quand il fut sûr que c'était fait, il se dirigea vers les vestiaires.

Il entendit le raclement des balais que Potter rangeait sans baguette. Draco leva les yeux au ciel. Il arriva par derrière et le trouva torse nu, son équipement de joueur jeté nonchalamment sur le banc. Draco resta figé quelques secondes. Il se souvenait du corps maigre de Potter lorsqu'il avait participé à l'épreuve du lac. Il s'était demandé comment ce gosse maigrichon pouvait avoir survécu à quoi que ce soit de dangereux... A présent, Harry avait pris quelques centimètres mais il était toujours plus petit que lui et Draco constatait qu'il n'était peut-être plus aussi gringalet même s'il restait invariablement mince, à tel point qu'il pouvait voir la trace de ses vertèbres et la ligne de ses côtes sous sa peau. Draco toussa et Harry fit volte-face rapidement, baguette en main.

- Qu'est ce que tu fais ici ?

Le brun regarda autour de lui pour voir s'ils étaient seuls. A croire que c'était lui qui craignait le plus qu'on sache qu'ils partageaient quelque chose... Cela énerva le blond.

- Pourquoi n'utilises-tu pas la magie ?

Draco agita sa baguette et rangea les balais. Harry ramassa ses vêtements et les jeta dans le panier à linge de l'équipe.

- J'avais la tête ailleurs.

- Rassure-moi : tu ne l'auras pas quand tu de…

- De quoi veux-tu me parler exactement ? le coupa Harry.

- On dirait que ma présence t'irrite vraiment...

- C'est le cas.

Draco s'approcha un peu plus sans répondre. Un banc les séparait mais il pouvait voir sa poitrine se baisser et se soulever rapidement. Puis le brun passa une main dans ses cheveux et baissa les yeux.

- C'est n'importe quoi, ce qu'il se passe. Comment est-ce que ça - il agita la main entre eux - comment c'est devenu du vent d'un coup. Il suffisait juste que tu viennes, que tu me dises que tu aies été un vrai connard pour que cinq années s'envolent comme ça ?

Draco grogna.

- Je n'ai jamais dit que j'étais un vrai connard, comme tu dis. De mon point de vue, c'était toi le pire de nous deux.

- Je ne passais pas ma vie à te harceler avec des stratagèmes stupides pour me faire remarquer.

- Bien, je t'accorde ça. J'étais un imbécile notoire, un con arrogant. Un fils a papa stupide incapable de réfléchir par lui-même. Un Serpentard buté, vil et nocif comme tous les Serpentard et je mérite amplement ton mépris. Ça te va ?

Draco avait parlé sèchement il n'avait pas le temps de subir les doutes et les questions existentielles d'Harry, même s'il avait eu les mêmes.

- Tu te rends compte, dit Harry, qu'il n'y a pas que ta vie en jeu ?

Le blond se renfrogna immédiatement.

- Il n'y a pas que la tienne non plus.

Harry soupira.

- Je ne parlais pas de moi.

Draco hésita.

- Elles ne se sont pas envolées…

-Quoi ?

- Ces cinq années, elles ne sont pas envolées. On a juste vu le pire côté de l'autre.

Harry haussa un sourcil.

- Tu sais que tu étais pire que moi, tout de même ?

- Je le sais. Le fait est, Potter, que j'ai besoin de toi. Et je ne lâcherai pas l'affaire. S'il faut que j'embrasse Granger pour te prouver que je ne mens pas, je le ferais.

- Il n'y a rien de mal à embrasser Hermione ! s'offusqua Harry, ce qui fit rire Draco.

- Ce que je voulais dire, c'est que je suis prêt à tout et que j'aimerais te le montrer. As-tu ta cape d'invisibilité ?

- Oui, je l'ai.

- Alors suis-moi.

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A suivre

Vuala, c'est tout pour aujourd'hui. J'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à laisser un ptit message. Pour ceux qui suivent Retour je vous dis à vendredi, pour les autres on se retrouve mercredi prochain ! Koeur sur vous.