Il était bien temps que le chapitre suivant arrive, non? Donc voilà enfin la suite des déboires de Vivis et Zel, les pauvres... Honnêtement, je ne suis pas tendre avec eux. Mais après tout, c'est ce qui vous plaît, hein? :p En tous cas, merci à Lumeha pour l'aide et le support qu'elle m'a fournis!
Le temps a passé. Il faut bien qu'il passe, non? Deux semaines. Deux semaines que toi et Azel êtes ensemble. Deux semaines qui t'ont rendu plus heureux que jamais. Tu ne t'es pas particulièrement affiché avec lui pendant ces deux semaines, mais tu ne nous l'as pas caché. Plutôt, Cyas, Yuria et moi t'avons cherché parce que nous voulions te parler, et nous avons débarqué en plein câlin... Tu n'as pas balbutié, tu n'as pas prétendu que celui que tu tenais dans tes bras venait de tomber et que tu l'avais rattrapé. Tu t'es contenté de sourire. Azel, par contre, a pris quasiment la même teinte que ses cheveux. Un véritable concours de tomates... Pas besoin de faire les présentations, puisque nous sommes dans la même classe, tous: Cyas, Yuria, moi-même et ton bien-aimé. Tu nous as simplement regardés, et cela suffisait...
Deux semaines, donc. Deux semaines où tu as pu voir tous les jours celui qui désormais fait battre ton coeur... Certains diront deux semaines de guimauve, mais ce sont deux semaines de tendresse qui t'ont aidées à guérir tes blessures et à retrouver tes ailes, pour à nouveau voler près du soleil... Deux semaines où tu l'as vu tous les jours. Une parenthèse de tranquillité pour toi.
Une parenthèse... c'est bien le mot... Elle s'est bien vite refermée, trop vite à ton goût. Tu sais ce qu'on dit, les bonnes choses ne durent jamais longtemps, et avec toi, leur durée de vie est singulièrement réduite... Comme il se doit dans les tragédies, les grandes, les tristes, celles qui font pleurer, nous étions tous là pour assister à la chute... Après l'un de tes cours, nous sommes restés pour discuter un peu avec vous deux, comme nous le faisions déjà avant que tu sois avec Azel. Nous étions assis sur les tables, toi appuyé contre le bureau et les bras passés autour de la taille de ton bien-aimé qui s'adossait à toi, à discuter de je ne sais même plus quoi. Cyas a remarqué qu'il était l'heure de partir, et Azel s'est souvenu qu'il avait des livres à prendre dans son casier. Il s'esquive, et nous sortons pour vous attendre. C'est là qu'entre en scène l'élément perturbateur. Quand tu n'es pas avec lui, Azel traîne toujours avec une fille, aussi rousse que lui, qui lui ressemble beaucoup. Elle n'est pas très facile à vivre, et elle n'aime pas la compagnie. En tous cas, elle ne passe guère de temps avec nous. Pourtant, cette fois-ci, elle entre dans la salle où tu es en train de ranger tes affaires. Nous sommes juste devant la porte, et nous entendons parfaitement ses paroles, alors que nous avions juré de ne rien te dire... Et elle ne prend pas de gants, elle va droit au but:
- Où est ton demi-frère?
Elle a l'air de se rendre alors compte qu'elle parle à un professeur, et elle rectifie:
- Où est votre demi-frère?
Dès que nous entendons ça, nous jetons un coup d'oeil par la porte pour voir ta réaction. Il est trop tard pour faire quoi que ce soit, la machine est lancée. Tu as l'air abasourdi. Non, le mot est trop faible. Tu as l'air de quelqu'un qui vient de se prendre quelque chose de très lourd sur le crâne et qui essaye de déterminer s'il va perdre connaissance ou s'il va rester éveillé. En d'autres temps, tu as la tête de quelqu'un sur qui viennent de tomber de sacrés ennuis... Elle - je crois qu'elle s'appelle Aud... Aud-quelque chose - ne semble pas se rendre compte qu'elle t'a assené l'équivalent verbal d'un knock-out, et elle insiste:
- Alors, vous l'avez vu ou pas? J'ai un livre à lui emprunter et c'est im-por-tant!
Sous son regard exaspéré, tu finis par retrouver un semblant de vie, et tu lui réponds en bégayant tellement que ça en devient presque incompréhensible:
- Q-Q-Quel d-demi-f-f-f-frère?
Je la vois presque de profil, suffisamment pour distinguer le regard tu-es-demeuré-ou-quoi qu'elle te lance. Après quelques secondes, elle réalise que tu n'as visiblement pas idée de qui elle parle. Sur un ton spécial demeurés parfaitement assorti à son regard, elle s'exclame:
- Ne me dites pas que vous n'êtes même pas au courant!
Non, d'après ton expression perdue, tu n'étais pas au courant. Nous avons fait ce que nous pouvions pour que tu ne le sois pas. Et comme des idiots, nous avons cru que ça durerait. Fous que nous sommes... Et comme un malheur n'arrive jamais seul, voici que le dernier acteur revient en scène... Azel nous voit plantés devant la salle, il doit penser que nous attendons simplement que tu aies fini de tout ranger, et il entre dans la salle. Il se doute de quelque chose quand la rouquine - Audhumla, elle s'appelle Audhumla - se tourne vers lui et assène:
- Tu vois bien, Azel! Ton demi-frère, quoi!
Azel s'est figé, comme si la foudre venait de lui tomber dessus. Visiblement, lui non plus n'avait pas l'air de le savoir... Audhumla vous regarde l'un après l'autre, nous regarde, puis de nouveau Azel, puis Yuria, puis toi... Le silence est aussi léger que du plomb fondu.
- Vous n'étiez pas au courant? Tout le monde le savait dans la famille, et pas vous?
Tu sembles retrouver un semblant de cohérence pour lui demander:
- Attends, de quelle famille tu parles?
Son signe de tête est si brutal que ses cheveux rouges comme les tiens mais beaucoup plus longs, s'envolent et giflent Azel, toujours pétrifié.
-Bah, la famille! Yurius, Yuria, tout ce petit monde, quoi!
Cette fois-ci, tout le monde est mal. Vous parce que votre relation est impossible, quelque soit l'angle sous laquelle on la regarde, et nous parce que personne ne vous a dit quoi que ce soit, pour vous protéger. Quand on y pense, maintenant, ça nous paraît stupide... Il aurait mieux valu te le dire tout de suite. Quoi qu'il en soit, c'est trop tard... Et c'est là qu'elle sort la phrase que je n'aurais jamais cru entendre, ni d'elle, ni de personne, surtout pas dans ce genre de situation:
-Enfin, moi, l'inceste, ça m'a jamais dérangé, mais bon, quand même, si t'es pas au courant...
Azel change de couleur et passe du rouge au blanc, puis au vert, et tu dois t'appuyer au bureau pour ne pas t'évanouir sur le champ.
Au final, il vous a fallu prendre la seule décision qui semblait possible. Bien qu'elle soit extrêmement douloureuse, il a bien fallu se décider. Il ne vous est plus possible de rester ensemble, et vous vous êtes séparés. Ce choix t'a laissé complètement sonné, sous le choc. A tel point que Cyas et moi avons dû te ramener chez toi. Tu n'arrivais plus à marcher, nous avons dû te soutenir. D'ailleurs, ce n'était pas si facile... Les voisins que nous avons croisé ont certainement pensé que tu étais ivre, et l'escalier lui-même nous a mis des bâtons dans les roues. Mais enfin, nous sommes arrivés.Nous t'avons installé sur ton canapé, couché, plutôt, puisque même assis, tu ne tenais pas. Cyas est reparti aux nouvelles, pour savoir si les filles ont ramené Azel chez lui. Personnellement, je préfère rester avec toi. Ce n'est pas conseillé de te laisser seul, après ça. Je veille sur toi. Cette fois-ci, ton coeur a été brisé, sans espoir de retour. Ton bien-aimé t'a été retiré à jamais, et tu ne pourras pas le retrouver cette fois. Pauvre Alvis... pauvre de toi...
Et voilà... il ne reste qu'un chapitre! Courage! Reviews! Confettis!
