Chapitre 2 :
La Reine et la Sorcière
Lucy était inquiète de savoir son frère tout seul avec deux étrangers. Néanmoins, elle connaissait ses talents d'orateur. Mais elle aurait préféré être avec lui.
Soudain, son vœux fut exaucé : après deux heures enfermés dans cette salle, les portes s'ouvraient enfin. Sur son frère, sur les deux pirates, et sur des gardes armés. Lucy n'eut aucun mal à deviner qu'il s'agissait de la garde royale. Et à en juger par l'expression sur leurs visages, ils n'étaient pas là pour les escorter gentiment.
« Tout le monde debout et en rang ! » beugla un des hommes en armure dorée.
« Jack ! Qu'est-ce que ça veut dire ?! » s'insurgea Will alors qu'un soldat essayait de lui prendre le bras.
« Votre capitaine n'est pas un fin stratège, » répondit Edmund, les yeux noirs, retournant auprès de sa famille pour les rassurer et prendre Lucy dans ses bras.
« Ce n'est pas notre capitaine, » pestèrent Will et Barbossa, se laissant entraîner à contre cœur.
Mais les gardes emportaient déjà les étrangers dans le couloir avec plus ou moins de brutalité. Lucy remarqua que Tia et Elizabeth s'étaient défendues contre tout contact et marchaient dignement. Et quelques minutes plus tard, les pirates et les narniens étaient enfermés dans les cachots du palais royal.
Serrures bouclées, gardes postés : les nouveaux arrivants étaient prisonniers. Et bientôt, tous tournèrent leur regard noir vers Sparrow. Mais ce dernier, loin de tout cela, sortait déjà sa gourde de rhum. Était-il à ce point inconscient ? Ou avait-il un plan ? Cela, nul ne pouvait le dire. Toujours est-il que personne ne gaspilla d'énergie à lui crier dessus, ni même à parler, tous préférant s'économiser en vue d'une évasion déjà fantasmée. Seul Eustache parlait doucement à sa meilleure amie pour la rassurer : Jill était en pleurs. Elle qui n'était jamais sortie de Londres, tout cela lui était inconnu et effrayant.
Ils restèrent une journée entière dans les cachots, à réfléchir sur une possible évasion – tous leurs espoirs reposaient sur Will, en vérité. Mais le deuxième jour fut bien différent : énervés et affamés, une dispute éclata. Ils étaient faibles, mais pas assez pour s'épargner. Et à la fin de la journée, tous gisaient dans un bain de sang. Seule était restée, se balançant d'avant en arrière dans une flaque pourpre, Jill, les yeux écarquillés.
Non, je rigole.
Vraiment, arrêtez de paniquer : je rigole. J'ai encore besoin de mes héros.
Bref ! En vérité, ils n'eurent à attendre que jusqu'au soir avant de recevoir une première visite.
Blonde dans une robe bordeaux, elle se présenta comme étant la reine mère.
« J'ai ouïe dire qu'il y avait une sorcière parmi vous, » dit alors la blonde en s'approchant, les scrutant un par un.
Alors Tia se leva et vint contre la grille, juste en face de la reine. Elle passa ses doigts bruns sur le fer d'une façon hypnotique.
« Quel est ton nom, ma jolie ? »
« Est-ce vous, la sorcière ? » demanda-t-elle, étonnamment douce.
« Dis-moi ton nom. »
La voix s'était faite sensuelle et ferme.
« Cersei Lannister. »
« Enchantée Cersei. Je suis Tia – la sorcière. »
Cersei s'autorisa alors un sourire : elle ne doutait pas que cette femme lui dise la vérité. Alors, dans un ordre claquant et ferme, elle les fit délivrer.
« Veuillez excuser le comportement et la décision un peu hâtive de mon fils : il n'aime pas tellement tout ce qui est... magique. »
Puis tout furent conduits dans des chambres : ils étaient désormais les invités de la reine. Mais tout ça, à la seule condition que la sorcière la suive : Cersei avait de grands projets concernant la magie. Elle était curieuse, et fourbe.
Après avoir fait installer tout l'équipage dans des chambres (seuls les chinois avaient préféré retourner à bord), Cersei mena Tia à sa chambre. Cette dernière restait souriante et malicieuse, mais ceux qui la connaissaient bien pourrait voir la pointe d'inquiétude dans ses yeux. Heureusement, personne ici ne la connaissait bien.
Lorsqu'elles entrèrent dans la pièce, elles furent toutes deux surprises d'y voir un grand homme, blond comme les blés, le regard rempli de colère.
« Les rumeurs sont vraies : tu les as finalement libérés. »
« Parce que tu étais contre, Jaime ? »
Tia s'installa dans un coin, préférant observer pour l'instant et recueillir des informations : la dispute s'annonçait enrichissante. Par ailleurs, elle ne put que remarquer la ressemblance entre les deux êtres, tout autant que l'alchimie électrisant la distance entre eux.
« Bien sûr que non. Mais pas de cette manière. Tu aurais dû en parler à Joffrey. »
« Ce n'est qu'un enfant : je le convaincrai que c'était là la meilleure solution. »
« L'était-ce vraiment ? »
« Tu te méfies d'eux ? »
« Je me méfie d'elle en particulier, » répondit Jaime en désignant la sorcière de sa main de fer.
Cersei lança un regard entendu à son frère, et celui-ci n'ajouta rien. Il soupira, puis partit vers la sortie.
« Fais gaffe avec quoi tu joues. »
Et il s'en alla.
La reine sourit, comme si aucune menace ne pourrait jamais l'atteindre. Et enfin, elle se retourna vers son invitée.
« Jaime Lannister, mon frère jumeau et membre... ex-membre de la garde royale. »
Tia n'eut aucun mal à deviner la cause du statut d' « ancien ».
« La main ? »
« Oui. »
« Au combat ? »
« Non. Par vengeance. Mais un Lannister paie toujours ses dettes. »
La noire sourit : cette femme commençait vraiment à lui plaire. Elle avait hâte de voir jusqu'où elle était capable d'aller pour obtenir ce qu'elle désirait.
Désolée pour l'attente. J'espère que ça vous a plu !
