Alexiel974: la confirmation ou l'infirmation de tes doutes maintenant lol, merci pour ta review
- « J'ai besoin d'air » annonça t-elle en tournant les talons en direction de la porte.
John tenta de la retenir par le bras, avec un peu plus de force et de conviction, il y serait arrivé.
OoO
Elizabeth courait. Elle ne devait pas s'arrêter. Prendre le plus de distance. Peu importe où, elle courait à l'aveugle avec la seule volonté utopique d'oublier et de faire partir cette douleur au coeur.
Elle ne s'arrêta que lorsqu'une douleur se fit ressentir dans l'aine, un point de côté. Alors, elle s'adossa au mur et se laissa glisser jusqu'au sol. Elle replia les genoux et enfouit son visage pour pleurer toutes les larmes de son corps. Pleurer à en mourir. Pleurer d'amour.
Elle n'entendit pas une personne s'approchait d'elle, ni le fait que son prénom fut chuchoté à deux reprises. Ce n'est que lorsqu'une main se posa sur son dos, qu'elle remarqua une présence à ses côtés. Elle leva le menton et vit Ronon.
- « Docteur Weir »
Elle le regarda, ses sanglots se calmant un peu.
- « Qu'est ce qui ne va pas? »
- « Je... je... »
Elizabeth ne put continuer, ses sanglots refoulés le temps d'une fraction de seconde recommencèrent de plus bel, en s'intensifiant même.
- « Je vais appeler Carson »
- « Non! » hurla t-elle plus qu'elle ne parla.
Ronon hésita, puis se laissa lui aussi glisser le long du mur, et d'une main tremblante, il la posa sur les épaules de la jeune femme pour qu'elle se colle contre lui. Elizabeth accepta cette aide impromptue et s'agrippa fermement au tee shirt du runner comme si sa vie dépendait de lui. Et là, elle put pleurer contre une épaule, quelqu'un qui lui était presque un étranger. Elle se libéra de sa peine en pleurant, encore et encore, jusqu'à ce la douleur soit plus supportable.
Elizabeth laissa échapper un soupir et se dégagea de l'emprise de Ronon.
- « Merci » fit-elle en essuyant des sillons de larmes sur ses joues.
- « De quoi? »
- « De ne pas avoir cherché à comprendre » répondit-elle tout simplement.
Ronon se leva et tendit une main à la jeune femme qui l'accepta.
- « Je vous respecte trop pour vous forcer à quoi que ce soit » fit-il sans lâcher la main de la jeune femme.
Cette déclaration eut au moins l'effet de la faire sourire. Pas un vrai sourire, mais un rictus qui y ressemblait, c'était au moins un début pensa Ronon.
- « Je .. je vais aller me coucher » annonça t-elle en réalisant soudainement dans quelle partie de la cité elle se trouvait.
Ils étaient dans l'aile nord. La porte du gymnase se trouvant juste derrière le runner.
- « Je vais vous accompagner »
- « Non. Ne vous dérangez pas, vous deviez vous entrainer avant... avant que... »
- « Je vous entende pleurer dans le couloir? »
Elizabeth acquiesça.
- « Ca ira, vous êtes sûre? »
- « Oui, je vous assure »
Il l'observa alors que ses épaules se relâchaient légèrement, le regard lourd, s'accrochant à elle. Elizabeth était telle qu'une femme qui se noie et qui se raccroche à un morceau de bois à la dérive, essayant de rester au-dessus des vagues.
Elle allait mal. Elle tentait juste de prétendre le contraire. Elle n'était pas sûre de savoir si elle voulait reculer lentement, courir à travers le couloir en hurlant, ou lui dire que tout allait bien se passer. Probablement une combinaison des trois.
- « Elizabeth » appela Ronon, se permettant de se passer du habituel : docteur Weir.
- « Bonne nuit » coupa t-elle en l'embrassant sur la joue.
Un frisson la parcourra au moment où elle posa ses lèvres sur la joue de Ronon. Quand elle recula, son regard croisa celui du runner... Si proche, elle pouvait sentir son souffle chaud sur elle. Et sans la moindre sommation, elle captura ses lèvres. Sans douceur. Sans tendresse. Sans amour. Juste une pulsion incontrôlable.
Juste un besoin de se sentir femme.
Ronon ne s'écarta pas d'elle. Non. Au contraire, il donna plus d'entrain à ce baiser en enserrant sa taille fermement pour la coller contre lui, et la plaqua contre le mur. Ils se dévoraient les lèvres, ne prenant même pas le temps de respirer. Les mains de Ronon ne tardèrent pas à chercher la poitrine de la jeune femme, la palpant au travers de son tee shirt rouge.
Elizabeth ne pensait à rien. Rien, sauf aux lèvres de Ronon qui s'aventuraient dangereusement dans son cou; sauf à ses mains qui se montraient plus entreprenantes, plus coquines sur son corps. Son corps qui réclamait de la tendresse, qui lançait un SOS de détresse.
Plus rien n'existait ou n'avait d'importance.
Ronon positionna ses mains sous les fesses de la jeune femme, qui, instinctivement, entoura de ses jambes les hanches du runner. Ce dernier recula comme il put, à l'aveuglette, et d'une main hasardeuse, actionna l'ouverture de la porte derrière lui.
C'est d'un pas chancelant que Ronon entra dans le gymnase avec son paquet dans les bras. Après l'avoir derechef plaquée contre le mur, il s'attela à découvrir son corps en lui enlevant son haut. Elizabeth jeta la tête en arrière lorsqu'il galba ses seins de ses mains, les malaxant ardemment bientôt rejointes par ses lèvres. Ses lèvres qui mordillèrent au travers du tissu de son soutien gorge ses pointes déjà dressées par le désir .
Elle laissa échapper un gémissement, son corps répondant automatiquement aux attentions qu'on lui procurait. Son gémissement fut bientôt étouffé par les lèvres de Ronon; alors que ses mains étaient descendus au sud, à la frontière de son pantalon, qu'il se hâta de lui enlever.
Un frison la parcourra lorsqu'elle se trouva ainsi dévêtue devant lui.
Avait-elle froid? Savait-elle qu'elle commettait une erreur?
A dire vrai, elle ne savait plus rien. Ses pensées s'embrouillaient. Sa raison l'avait abandonné.
Elle ne put se poser davantage de questions, Ronon ne lui laissant aucun répit. Il enleva de lui même son tee shirt avant de fondre de nouveau sur la jeune femme en l'embrassant fougueusement. Elizabeth se sentit glisser le long du mur, glisser jusqu'à atteindre le sol, où là, elle sut qu'il était trop tard pour revenir en arrière. Ronon la couvrit de son corps et lui tint d'une main ses poignets au dessus de la tête, alors qu'il descendait sur elle pour marquer de ses lèvres un chemin de baisers incandescent qui lui alluma le feux dans ses reins.
Qu'est-ce que je suis en train de faire?
Cette question fut sa dernière pensée cohérente avant que Ronon ne lui ôte le peu de vêtements qui lui restait.
Il avait la hargne et la fougue de tout bon guerrier qui se respecte. Dominé. Voilà son mot d'ordre et sa devise.
Ses mains étaient ici et là, partout à la fois. Elle pouvait ressentir sa virilité grossir contre elle. Et quand finalement, il l'autorisa à défaire les boutons de son pantalon, ce n'était que pour mieux reprendre le dessus en s'infiltrant dans son intimité avec deux doigts.
Elizabeth ferma les yeux, savourant les sensations dans son bas ventre, s'agrippant aux épaules fermes du runner qui accélérait ses mouvements en elle. Et sans crier garde, Ronon ôta ses doigts et enleva la dernière barrière de vêtement les empêchant de s'unir.
Elle ouvrit à moitié les yeux. Son coeur manquant un battement. Elle fut prise de sueur froide malgré les sensations qu'il venait de faire naître en elle.
Ronon?
Il fondit de nouveau sur Elizabeth après avoir jeter son pantalon dans un coin de la pièce. Doucement, il lui écarta les cuisses et la pénétra avec force tout en scellant leurs lèvres. A partir de là, s'en suivit une danse frénétique, Ronon augmentant la cadence de ses coups de reins à mesure que Elizabeth gémissait, s'accrochant encore plus forts à ses épaules.
Aucun regards ne furent échangés. Aucun mots doux. Aucune attentions.
Ce n'était que deux corps pris dans l'action, dans le feu du désir; exécutant des mouvements par simple automatisme, sans la moindre fantaisie. Sans amour.
Un orgasme se profila, elle se mordit la lèvre inférieure, ne pouvant, ne voulant pas crier. Ronon ne tarda à pas à la rejoindre, la faisant sienne alors.
Le temps pour chacun de reprendre une respiration normale, de revenir à la réalité, et ils se relevèrent pour chercher leurs vêtements éparpillés dans la pièce. Ils s'habillèrent dans le silence le plus total, sans oser croiser le regard de l'autre.
- « Elizabeth » appela Ronon une fois qu'il eut mis son pantalon.
Elizabeth ne voulait pas parler de ce qu'il venait de se passer entre eux. Pour dire quoi d'ailleurs?
Mon dieu que venait-elle de faire? Elle venait de faire... non, elle venait de coucher avec Ronon, ce terme était plus exact pour qualifier leur étreinte si : bestiale!
Et sans un mot, sans un regard pour l'homme à qui elle venait de s'offrir, Elizabeth quitta précipitamment le gymnase. Une fois rentrée dans ses quartiers, elle se hâta de se débarrasser de ses vêtements et fila à la douche pour se laver de ses fautes, enlever toutes traces de souillure. Mais elle eut beau rester une éternité sous le jet d'eau chaude, rien n'y fait. Elle se sentait toujours aussi sale, aussi ignoble. Alors qu'elle se pensait dépourvue de larmes, elle pleura encore en se laissant glisser dans la douche avec la même question dans la tête.
Pourquoi? Pourquoi j'ai fais ça?
Elizabeth en avait presque oublier sa dispute avec John, les mots blessants qu'il lui avait dit. Et dire qu'il y avait toujours eu une partie d'elle même qui craignait que John ne la trompe un jour ou l'autre. Son passé pas vraiment blanc comme neige, son instinct de prédateur s'agissant des femmes avait toujours amenait la jeune à redouter le pire à son sujet. Or, ce fut elle qui commit l'adultère. L'acte immoral par excellence.
Elle passa le reste de la nuit éveillée; l'odeur de John sur un de ses oreillers, une grande partie de ses affaires en vue ne faisant que la culpabiliser davantage.
Il ne viendra pas cette nuit. Il doit certainement dormir dans ses quartiers comme à chaque fois qu'on se dispute, songea t-elle. Sauf qu'il ne reviendra, pas après ce que je viens de lui faire...
Le matin arriva, les premiers rayons illuminant le visage fatigué d'une femme qui venait de passer une nuit blanche sur un fauteuil dans un coin de la pièce. Les yeux rougis et cernés, elle regardait dehors l'océan en se demandant ce qu'elle devait faire.
Tout lui dire ou garder le silence? Vivre dans le mensonge pour le garder auprès d'elle ou se montrer honnête au risque de le perdre? Le mensonge n'avait jamais été son terrain de prédilection, tôt au tard tout se sait. Et d'ailleurs, elle se sentait incapable de lui mentir, de feindre que tout allait bien car ce serait se voler la face que de penser une seule seconde qu'elle pourrait oublier cette nuit. Cette nouvelle l'anéantira...
C'est ainsi que Elizabeth passa une bonne partie de la matinée terrée dans ses quartiers, se moquant parfaitement des « ce que l'on pourrait dire ». Lorsqu'une personne toqua à sa porte, son premier réflexe fut de penser à John.
- « Ronon? »
- « Je peux entrer? »
Elle s'écarta afin de le laisser passer. De la confusion et de la honte se peignait sur le visage du Runner. Lui qui affichait d'ordinaire aucune émotions.
- « Vous êtes partie si vite hier soir et.. » exposa t-il avant de faire une pause.
Elizabeth s'assit sur le lit, et par un signe de la main elle l'invita à prendre place sur le fauteuil en face.
- « Ronon, je suis avec John » annonça t-elle sans préambule.
Il arqua des sourcils, sa bouche s'ouvrit mais ne se ferma pas. Il devait la prendre pour la pire des traînée. Mais contre tout attente, ce ne fut pas sa réaction.
- « J'aurai dû vous repousser, je ne savais pas... »
Voilà donc pourquoi elle pleurait, conclut-il. Ils ont dû se disputer.
- « Comment auriez vous pu? On se cache depuis un an » lui répondit-elle désolée.
Un an... Et il n'avait rien vu, même pas remarqué le moindre élément soupçonneux entre eux. Rien.
- « On s'est très bien caché » ajouta t-elle en comprenant à quoi il pensait.
Le silence s'installa de nouveau entre eux. De la gêne également. Ils avaient conscience d'avoir commis une erreur. Elle, de s'être consoler dans les bras d'un autre homme. Lui, d'avoir répondu à ses avances sans se poser de questions, à ses instincts en tout homme qui se respecte. Il ne pouvait nier le fait d'être attirée par cette femme - qui ne le serait pas? Pourtant, il n'éprouvait aucun sentiment hormis un profond respect.
- « Que fait-on maintenant? »
Elizabeth dévia son regard vers l'extérieur, comme si cela l'aidait à réfléchir.
- « Je n'ai pas le choix »
Elle devait tout lui dire.
Sa tête lui tournait rien que de penser à cette conversation. Elle pouvait déjà aisément imaginer sa réaction. De la déception. Du ressentiment. Du dégoût? Oui, il serait dégoûté par elle, par l'ignominie de son acte. Se consoler dans les bras d'un autre, jamais elle se serait cru capable d'une telle bassesse. Elle qui prônait toujours le dialogue au lieu de fuir les problèmes. Sauf que pour la première fois de sa vie, elle avait fui en oubliant sa peine dans les bras de Ronon.
Pourquoi avait-elle fui? Pourquoi avoir tenu à oublier de cette manière leur dispute? Pourquoi? Elizabeth avait la sensation que jamais elle n'aurait la réponse, et que celle-ci la poursuivra toute son existence.
- « Je comprends » fit Ronon.
Son ton de voix monocorde trahissait le fatalisme de la situation. Que pouvaient-ils faire d'autre? Lui non plus ne sentait pas capable d'affronter tous les jours le regard de John en lui mentant. Il ne s'agissait pas vraiment de mentir mais plutôt de d'omettre sa relation d'une nuit avec Elizabeth. Pourtant, au final cela revenait au même.
- « Quand comptez vous lui en parler? »
- « Je ne sais pas... je ne pourrai pas lui mentir très longtemps. »
- « On peut lui en parler ensemble si vous voulez.. » hasarda t-il à lui demander
- « Non. Je dois le faire seule. On a des chose à mettre au point ensemble... surtout après notre dispute de hier soir. »
Ronon aurait aimer lui demander de quoi il fut question, mais il n'en fit rien. Pour être bouleversée de la sorte, il était apparent que leur dispute avait était violente. Elizabeth avait besoin de soutien et non qu'on la harcèle de questions sur un événement, qui, au final, ne le regardait pas, bien que dans un sens cette dispute fut l'élément déclencheur du comportement de Elizabeth.
Doucement, avec la plus grande délicatesse dont il était capable, Ronon prit la main de la jeune femme dans la sienne. Un geste strictement amical.
Elle leva ses grands yeux verts sur cet homme qui fut son amant d'un soir. Dieu qu'il voudrait remonter le temps; le même souhait se reflétait dans son regard. Mais c'était impossible. Le mal était fait. Désormais, il s'agissait d'assumer.
à suivre...
