Bonjour !
Voici le chapitre 3, comme d'hab', j'espère qu'il vous plaira, et que l'histoire original/la personnalité des personnages ont bien été respectés ! Et comme d'hab, un grand merci à ma bêta lolo pour ses conseils/ sa correction.
Redfoxiy : Merci beaucoup pour ta review ! Contente que le chapitre 2 t'ai plut, j'ai vraiment pris plaisir à écrire "en tant qu'Erza", bien que sa relation avec Jellal soit bien compliqué à exprimer ^^". Hélas ce n'est pas Gray pour ce chapitre ( ce qui ne nous empêchera pas de le mettre à poil :p), mais tout de même un de tes personnages préféré si je ne me trompe pas ;) ! Donc pression pour moi haha ! Pour ce qui est de Juvia, hélas j'ai beaucoup de mal à apprécier le personnage, alors j'espère qu'elle ne sera pas trop "hs" haha !
Les personnages appartiennent tous à Mashima Sensei, mais l'histoire est de moi ! Bonne lecture =) !
Chapitre 3 : Gajeel
**** Mardi 17 Septembre ****
Il avait passé une matinée de merde. Et encore, le mot était faible. Traversant les couloirs d'un pas vif et déterminé, il fulminait contre tout ce qui avait un jour pu voir le monde sur cette pauvre planète Terre.
Pour commencer, ce matin, il s'était rendormit après son réveil : il n'avait jamais était du matin de tout façon, mais il avait mis 30 minutes de plus que d'habitude à se réveiller, et il détestait être à la bourre. Plus exactement, il détestait les remarques désobligeante qu'on recevait lorsque l'on été en retard.
Par la suite, pendant qu'il se préparait le plus rapidement possible, mangeant un bout de pain tout en s'habillant, sa colocataire ne l'avait pas aidé à grappiller quelques minutes sur son retard déjà conséquent. Depuis quelques jours elle le bassinait pour qu'il fête son anniversaire avec tous ses nouveaux « amis ». Comme s'ils n'avaient que ça à faire.
Il aimait beaucoup sa colocataire, mais elle lui tapait parfois réellement sur les nerfs avec ses lubies farfelues. Alors quand elle avait remis cette histoire sur le tapis dès le matin, un matin qui commençait mal qui plus est, ils s'étaient bien pris la tête tous les deux. Il n'avait JAMAIS fêté son anniversaire depuis des années qu'ils se connaissaient, alors pourquoi commencer maintenant, à l'aube de ses 21 ans ?
Cette nouvelle crise ayant creusé son retard d'encore 10 bonnes minutes, il s'était pris une réprimande sévère de la part des responsables du projet de groupe lorsqu'il était rentré dans la classe presqu'une heure après le début des cours. Profitant de la situation, Gray n'avait pas manqué de lui renvoyé à la tête que, lui non plus, il ne voulait pas être gêné par des camarades incapables qui allaient le pénaliser pour réaliser son projet. En référence à ce qu'il leur avait dit lui-même la semaine précédente, c'est vrai que c'était très bien placé, et Gajeel s'était contenté de grogner en réponse à la moquerie de son camarade et à cette journée qui promettait d'être longue.
Et bien sûr, cela ne s'était pas arrêté là. Une dizaine de minutes à peine après son arrivé on était venu le chercher pour l'emmener chez le directeur : un vieux monsieur, vraiment tout petit, mais à l'air sympathique, bien qu'un peu loufoque. Vieux monsieur qui l'avait fait patienter pendant plus d'une heure dans la salle d'attente attenante à son bureau, sans la moindre explication. Quand, enfin, on l'avait cordialement invité à entrer dans ce bureau à la décoration onéreuse mais chaleureuse du petit directeur, il avait alors découvert avec stupeur que plusieurs vols s'était produits ces derniers jours, allant d'un simple stylo de grande marque il y avait 2 jours, à un ordinateur qu'un élève avait laissé sans surveillance le temps d'aller au toilette ce matin. Et bien sûr, le point commun à ces vols et raison de sa présence ici, c'était que tous les élèves attestaient l'avoir aperçu dans les parages peu avant ces crimes.
Avec son look, ce n'était pas la première fois qu'on le désignait comme coupable sans preuve tangible. Il avait d'ailleurs mal tourné pendant un moment, et toutes les accusations qu'on lui avait mis sur le dos ne l'avaient pas était sans raison. Mais maintenant qu'il n'avait plus grand-chose à se reprocher, ce genre de comportement l'énervait au plus haut point.
Il aurait bien tabassé ces espèces de fils à papa sur le champ pour passer ses nerfs et leur apprendre à arrêter de juger les gens juste sur leur apparence. D'autant plus que, au lieu d'en faire tout une histoire, ils auraient juste pu racheter leurs affaires grâce à l'argent de leurs parents. Avec leurs attitudes de bourgeois pourris gâtés, et le dédain mêlé de peur qu'ils affichaient en le regardant, il était certain qu'ils n'avaient jamais connu la misère, eux. Respirant profondément pour se calmer, il se contenta de leur jeter un regard noir qui les fit tous reculer d'un pas. Voyant leur réaction apeuré, le visage de Gajeel s'assombris encore, et sa bouche se tordit en un grand sourire carnassier. Mais avant qu'il ne puisse faire quoique soit d'autre, le directeur était intervenu, et l'avait déclaré innocent. Juste comme ça, sans plus de question.
Il était donc un peu plus d'onze heure trente quand il franchit à nouveau la porte qui le ramènerait à la partie de l'école réservée aux cours et aux travaux pratiques. Officiellement, la matinée consacrée au projet qu'il menait avec Gray et Ezra allait bientôt se terminer, et il en avait manqué la quasi totalité, et la moitié pour une histoire qui ne le concernait même pas, et pour laquelle il n'avait même pas eu à défendre son innocence. Une vraie perte de temps en somme.
Même s'il pensait que ses coéquipiers avaient fait le travail nécessaire – bizarrement ils semblaient digne de confiance et surement plus intelligent que lui – il aurait préféré être avec eux pour cette séance afin de participer à l'avancée du projet. D'autant plus qu'ils avaient pris un peu de retard comme Gray était tombé malade la semaine dernière. Ce n'est donc pas vraiment qu'il pensait qu'ils n'avaient pas rattrapé ce retard sans lui, juste qu'il n'avait jamais vraiment fait pleinement confiance à quelqu'un. Sauf à Juvia. Mais elle c'était différent, ils se connaissaient depuis plus de 10 ans, et leur passé n'avait pas était tout rose. Il était même intégralement peint en noir.
Fulminant donc contre cette mâtinée de merde, il tourna au coin du couloir et sentit quelque chose le percuter de plein fouet. Normalement, quand il était dans un tel état de fureur personne ne s'approchait de lui à moins de 3 mètres, c'est pourquoi il n'était pas du tout concentré sur ce qui l'entourait. Perdant l'équilibre, il se ramassa en beauté dans le couloir : cette journée été donc définitivement pourris.
Se redressant rapidement, il regarda l'origine du cri qu'il avait entendu lors de la collision. C'était une fille, assez petite et toute fine, avec des drôles de cheveux bleus sur la tête tenus par un bandeau jaune canarie, et des lunettes ovales sur le nez. Un rat de bibliothèque perdu hors de son antre en somme. Et qui l'avait fait se rétamer parce qu'elle n'était pas foutu de décrocher son nez de son bouquin plus de cinq minutes.
- Je suis désolée, j'étais en train de mon lire, et je ne regardais pas devant moi et …
Gajeel franchit la distance qui les séparait d'une grande enjambée, et se pencha pour l'attraper par le col, la soulevant ainsi du sol de plusieurs centimètres en se redressant.
- Et tu crois que c'est une excuse suffisante ? Lui jetant un regard méprisant, il rajouta : Les rats de bibliothèque n'ont rien à faire par ici ! Si tu es incapable de regarder devant toi quand tu marches, tu n'as qu'à rester là où tu n'enmerdera personne ! Ce n'est pas parce que tu es minuscule que tu passes inaperçu, parce que là tu me fais vraiment chier ! Si tu crois qu'en plus je vais prendre le temps d'écouter tes pauvres excuses, tu fais vraiment de la peine à voir minus !
Sans ménagement, il la repoussa sur le sol sur lequel elle atterrit lourdement sur les fesses, et sans attendre de réplique, il tourna les talons pour se diriger vers sa salle de classe, sans plus un regard pour la jeune fille. Sortant son portable pour voir l'heure, il vit qu'il avait reçu un message
De « Gray » à « Gajeel », 11h38 :
Tout va bien ?
On a fini plus tôt, on se rejoint au Fairy à 13h00 ? J'avais réservé une salle hier
De « Gajeel » à « Gray », 11h43 :
Ok
Pas la peine de s'étendre sur la situation : au pire, il lui expliquerait lorsqu'il le verrait tout à l'heure. Il n'avait jamais aimé les textos. Impossible de ressentir correctement les émotions de la personne en face, d'analyser la situation : ça le mettait mal a l'aise.
Au vu de l'heure, autant aller se prendre quelque chose à manger directement à la cafet'. Il n'habitait qu'à 20 minutes à pied de l'école, donc 5 minutes en moto, mais il ne l'avait pas prise ce matin. Après avoir cherché ses clés pendant 5 précieuses minutes, il s'était convaincu qu'il perdrait plus de temps à continuer à les chercher qu'à courir jusqu'à l'école. Pour la énième fois, il maudit cette journée pourrie.
En croquant dans son sandwich au bœuf – il adorait le gout métallique du sang dans la viande rouge – il repensa à la fille qu'il avait percutée dans les couloirs. En réfléchissant, sa colère légèrement descendu, il devait bien admettre que lui non plus ne regardais pas devant lui quand il l'avait percuté. S'il n'avait pas été aussi déconnecté, une si petite secousse ne l'aurait d'ailleurs même pas vraiment secoué, la fillette devait peser à peine 50 kilos. Dommage pour elle, ce n'était pas la bonne journée pour l'ennuyer.
Il sortit ces affaires pour se concentrer sur un devoir d'anatomie qu'il devait rendre vendredi prochain et qu'il avait bientôt finit, mais qui méritait une bonne relecture, et quelques rajouts au niveau de la conclusion qui était encore un peu bancale. Si on lui avait dit, il y avait quelques années de ça, qu'il serait un élève sérieux, finissant ses devoirs à l'avance, prenant le temps de les relire, ou même qu'il irait à l'école dans le secondaire tous simplement, il aurait bien rit. S'il n'avait pas été dans un mauvais jour. Auquel cas cette simple insinuation aurais pu valoir un aller simple pour l'hôpital à qui aurais osé l'énoncée.
Mais il avait changé. Sa vie avait changé. Pour le mieux, ne cessait-il de se le répéter pour se convaincre.
Alors qu'il finissait la mise en page de son devoir après l'avoir retravaillé comme il le désirait, le réveil de son portable vibra, lui indiquant ainsi qu'il était temps pour lui de se rendre au Fairy bar. En rentrant dans le bâtiment quelques minute plus tard, il n'eut pas de mal à repérer ses camarades adossés au comptoir, en plein dans une discussion qui semblait animé avec la gérante et plusieurs autres personnes. S'approchant, il prit la conversation en route, et, grâce aux explications de Gray, il comprit rapidement qu'il y avait eu un problème lors de la réservation des box de travail : une même salle avait été réservée pour deux groupes différents, pour les mêmes heures. Et bien sûr, ça tombait sur eux. Journée de merde, quand tu nous tiens…
- Je suis vraiment désolée, je n'aurais pas dû confier la réservation des salles à Lana, mais j'étais complètement débordée, je pensais qu'elle pourrait assurer…
- C'est bon Mira, ce n'est pas si grave. Natsu m'a dit que sa sœur cherchait un petit emploie à mi-temps pour se faire un peu d'argent de poche, elle sera peut être plus efficace que cette Lana lorsque tu dois remplacer Cana pendant ses jours de congés. En attendant, on peut peut-être s'arranger et partager la salle ?
Gray avait rajouté cette dernière phrase en se tournant vers les deux autres personnes rassemblées près du comptoir.
La première personne était une jeune fille, avec des cheveux mi-long, d'un blond assez clair, et une forte poitrine. Comme la majorité des filles par cette saison, elle avait une jupe qui s'arrêtait à la moitié des cuisses, et un débardeur moulant. Elle était bien roulée, un peu comme le genre de fille qu'il avait côtoyé à l'époque où il trainait dans les bas-fonds de sa ville. Son opinion changea cependant radicalement lorsqu'il vit la lueur d'intelligence qui brillait dans ces grands yeux noisettes. Elle avait peut-être un style un peu bimbo, mais aucun doute que cette espèce de bunny girl avait un cerveau, et qu'elle s'en servait régulièrement.
Elle était accompagnée d'un homme, surement son copain, à peu près de la même taille que Gray, et avec des cheveux d'un blond beaucoup plus foncé, à la limite du châtain clair. Il était assez beau si l'on aimait le style coureur de jupon. Encore un énième couple qui devait vouloir faire semblant de réviser ensemble en somme.
Gajeel se renfrogna : ils ne voulaient pas d'eux dans leur box, ils allaient les déconcentrer à se faire des mamours et autre. Mais apparemment Erza avait déjà pris la décision inverse, et s'il avait bien appris quelque chose sur ce qui semblait être ses « nouveau amis », c'est qu'il valait mieux ne pas la contrarier sans une raison valable. Il l'avait d'ailleurs appris à ses dépens, et même s'il était habitué à recevoir des coups, sa mâchoire se souviendrait toujours du pain qu'elle lui avait mis à ce moment-là.
L'arrangement semblant convenir à tout le monde, lui excepté, comme aucun autre box n'étant disponible pour le moment, ils montèrent à l'étage afin de s'installer pour l'après-midi. Gajeel alla directement au fond de la petite pièce et s'assit lourdement sur la chaise la plus éloignée de l'entrée, bien décidé à faire comprendre qu'il n'était pas content du tout d'une telle situation, sans pour autant oser le dire à voix haute.
- Je m'appelle Loki, et voici Lucy, commença le coureur de jupon, surement pour engager la conversation, sociable individu qu'il avait l'air d'être. Et vous ?
- Gray. Et Erza continua-t-il en la désignant. Et celui qui fait peur en boudant, c'est Gajeel. Il a un côté un peu dragon mal léché parfois, mais il ne mord pas.
Gajeel se renfrogna encore plus à la suite de cette remarque qui fit rire tout le monde et il décida qu'il se vengerait d'une manière ou d'une autre.
- On est ici pour le projet en commun. Gajeel et moi sommes en STAPS, et Gray en chimie
- Gray hein ? Je crois que Lucy l'avais déjà remarqué ! On a un cours commun avec les chimies le vendredi, et les abdos ont tendance à la mettre dans un étaAIE !
Se faisant couper en plein milieu de sa phrase par un coup de coude bien placé dans les côtes par de la dite Lucy, rouge comme une pivoine, Loki rigola, rapidement accompagné par sa camarade aux cheveux rouges :
- Il faut dire que Gray a de quoi se faire remarquer, c'est un miracle s'il a encore son t-shirt à l'heure où nous parlons.
Contrairement à Lucy, Gray ne pouvait pas frapper Erza sans lourde représailles, il se contenta donc d'un regard mauvais, et tenta une veine justification.
Après quelques minutes à bouder dans son coin tout en écoutant la conversation qui se poursuivait, Gajeel finit par participer à la conversation lorsqu'il apprit que les deux nouveaux arrivants faisaient des études en astronomie. Il faudrait qu'il en parle à sa colloc'. Juvia avait longtemps hésité à emprunter ce cursus, mais elle avait finalement opté pour l'école spécialisé en météorologie qui se trouvait dans la même ville, mais à l'exact opposé. C'est pour cette raison qu'il n'avait pas pris un appartement à côté de son école à lui. Une sorte de compromis en somme.
Au fil de la conversation, le courant passant étonnamment bien – il se surprit même à leur raconter à tous la raison de sa convocation dans le bureau du proviseur le matin même – Gajeel dû revoir son jugement des deux inconnus à la hausse. Pour commencer, il ne formait apparemment pas un couple : ils le leur avaient confirmé après une question d'Erza, curieuse de nature. Cela avait d'ailleurs permis à la blonde de charrier son ami sur l'improbabilité d'une tel situation au vue de son caractère dragueur, confirmant par la même occasion qu'il avait bien la personnalité qui allait avec son look. Un séducteur. Mais un séducteur assez cool il devait bien l'admettre.
Ils étaient cependant un peu trop proches pour n'être que deux amis qui habitaient ensemble en tout bien tout honneur. Bien que le relationnel ne soit pas son fort, il avait appris à cerner les gens un minimum pour survivre lorsqu'il trainait avec des gens peu fréquentable. Et sa relation avec Juvia ne serait jamais aussi fusionnelle, quand bien même ils habitaient ensemble, et qu'ils étaient passés par des moments difficiles. Mais Erza n'avait pas insisté, et la discussion à ce sujet s'était arrêtée là, ne laissant à Gajeel que de simple spéculation sur leur véritable relation.
Ensuite, ils accordaient tous les deux une grande importance aux études, et ils avaient fini tous deux dans les 5 premiers de leurs promo pendant leurs années de licence. Point important et rassurant quand il était fort possible, au vu de la tournure que prenait la conversation, qu'ils travaillent ensemble pour le deuxième projet en commun des étudiants de STAPS avec ceux d'astronomie. Il n'aimait pas travailler avec des boulets.
Il conservait un petit doute tout de même sur leur capacité physique : Bien qu'intelligents, ils avaient l'aire faible. Surtout la blonde.
- … mais je faisais du free-fight dans mon ancienne ville, mais j'ai du arrêter il y a trois mois lorsqu'on a déménagé ici.
Interpellé par la remarque de Loki, Gajeel se mêla au fil de la conversation qu'il avait lâchée lorsqu'il s'était perdu dans ses pensées. Lui aussi il n'avait pas encore pris le temps de chercher une bonne salle pour se remettre au free-fight. Avant de déménager, il allait dans une petite salle de quartier : tous les éléments n'y étaient pas neufs, bien au contraire, mais le proprio le connaissait depuis qu'il était gosse, et il pouvait s'entrainer tous seul dès qu'il le souhaitait, sans dépenser des sommes astronomique. Il ne voulait pas tomber dans un club ou les cours était obligatoire, alors pour le moment, il se contentait d'aller à la salle de sport juste en bas de chez lui pour se défouler dès qu'il avait un moment. Le sport, c'était un peu sa drogue à lui.
- Avec Erza et d'autres amis, on a l'habitude d'aller dans un club en centre-ville depuis quelques années. Si ça t'intéresse je pourrais te le montrer ? Le proprio n'est vraiment pas pénible, tu paies un abonnement par mois, et tu viens quand tu veux pour faire ce que tu veux. C'est pour ça qu'on a pris l'habitude d'y aller en groupe, comme ça on s'entraine tous ensemble.
- Ça m'intéresse, intervint Gajeel. J'étais moi aussi à la recherche d'un club, mais tous ceux que j'ai visités ici proposaient des cours à heure fixe et obligatoire, et ce n'est pas comme ça que je fonctionne.
- Effectivement ça à l'aire sympa. C'est un mode de fonctionnement que je ne connais pas, je prenais des cours moi avant, mais j'aimerais bien essayer.
- Tu risques de te faire rétamer en moins de deux, lui répondit Gajeel, un sourire carnassier et provocateur sur le visage, les cours sont bien gentillet comparé au combat réel. Ce n'est pas un sport pour les fillettes.
- Tu tenais à peine sur tes jambes que je mettais déjà au tapis des mecs dix fois plus fort que toi !
Orgueil de combattant oblige, les paris sur les prochains matchs arrivèrent bien vite et, entre deux provocations, un rendez-vous fut fixé pour le samedi suivant.
- Ok, on se dit 14h00 devant la fac ?
- Ça ne m'arrange pas, j'habite en centre-ville, je ne vais pas faire un détour.
- Dans quel quartier ?
- Vers ceinturon, en face de la salle de sport « FittandPlus », je crois qu'elle est assez connue.
- Ouais j'y allais avant, je vois ou c'est. C'est quasiment sur notre chemin, tu saurais nous retrouver au niveau de l'arrêt de métro Fiore ?
- Ouais je le situe, il est juste à côté de mon appart.
- Ok, je te préviens quand on arrive. Donne ton numéero à Loki, on se tiendra au courant.
Récupérant le portable de ce dernier, il inscrivit son numéro et s'enregistra directement. Son prénom n'était pas vraiment commun, et il avait horreur qu'on l'orthographie de façon hasardeuse. Il le tendit ensuite à Gray pour qu'il fasse de même et récupéra par la occasion celui de Lucy pour répéter l'opération, surtout en prévision du futur projet qu'ils allaient monter ensemble, plus que par affinité comme pour son colocataire. Elle n'était pas désagréable, mais ils n'avaient pas eu le temps de réellement d'échanger ensemble. A l'opposé du temps qu'elle avait passé à conversé avec son camarade à moitié à poil – quand diable avait-il ôté son t-shirt et ses chaussures ?
- Je crois qu'il est trop tard pour travailler correctement, je dois être à l'appart dans 45 minutes, Le livreur m'a dit qu'il pouvait arriver entre 18 et 18h30
- Effectivement on ne va pas travailler pour une demi-heure. Le moins qu'on puisse dire, ce que notre productivité n'a pas été à son maximum
- La nôtre non plus intervint Gray en rigolant. Au moins, vous avez pu vous rendre compte que Gajeel ne fait pas si peur que ça quand il se détend : Ça vous sera utile pour le projet lundi prochain !
Au lieu de se renfrogner une nouvelle fois, Gajeel lui sourit sauvagement, et grogna :
- Tu ne seras plus aussi sur de toi quand j'aurais défoncé ta petite gueule d'ange samedi !
- Allons Gajeel, mon charme opèrerait donc même sur toi ? …
Lorsqu'Erza les coupa dans leur dispute quelques minutes plus tard afin d'éviter qu'ils ne finissent par se battre ici même, Gray ajouta :
- Je dois m'en aller aussi ou je vais être en retard en l'entrainement.
- Je croyais que tu ne suivais pas de cours ?
- Je ne fais pas que de la boxe
- Qu'est-ce que tu fais d'autre ? Intervint Lucy
- Pas mal d'autre chose, mais en-là en l'occurrence je parle de patinage artistique
- Gihihihi ! Et ça pense pouvoir me battre ? Et pourquoi pas de la danse classique pendant qu'on y est ? C'est quoi ces sport de gonzesse ? Je vais peut-être finir par craqué pour toi en fait avec un côté féminin aussi développé !
- TU…
- Ça suffit ! L'interrompit Erza avant qu'une nouvelle dispute n'éclate. Je dois partir moi aussi, je n'ai pas le temps pour vos disputes. Ce n'est pas parce que Natsu n'est plus là que tu dois te trouver un nouveau compagnon de dispute Gray. Quant à toi, continua-t-elle avec un regard assassin, on verra bien samedi ce que valent « les gonzesses ».
Après cette douche froide, et malgré des regards plein de promesse de représailles, ils obéirent à Erza et rangèrent leurs affaires pour quitter le Fairy. Gajeel étant le seul qui repartait vers le centre de la ville, il salua rapidement ses camarades et pris la rue qui longeait tout le flanc gauche de l'école.
Objectivement, sa journée ne s'était pas mal finit. Mais il avait quand même perdu une après-midi ou ils auraient dû travailler. Et avec tous ces évènements, ils n'avaient même pas convenu d'un autre moment pour se retrouver plus tard dans la semaine afin de rattraper ce retard accumulé. Il verrait Erza le lendemain, et ils avaient le même emploie du temps, mais il ne savait pas quand Gray serait à nouveau disponible. Sortant son portable il envoya rapidement un texto pour définir d'un moment qui conviendrait à tout le monde.
De « Gajeel » à « Gray », 17h41 :
On fait quoi pour le projet ?
Il remarqua ainsi au passage que sa colloc' lui avait envoyé un message pour lui demander d'acheter du poulet en rentrant. Il était évidant qu'elle était encore en colère depuis leur dispute de ce matin. Il mangeait ensemble depuis longtemps, et elle savait très bien qu'il n'appréciait pas particulièrement la viande blanche du poulet. Surtout en comparaison d'une bonne viande rouge saignante. Il avait donc maintenant le choix entre obéir à sa colloc' et se nourrir de chips ce soir, ou acheter ce qu'il voulait, et subir les foudres de Juvia. Comme quoi une journée pourrie ne pouvait définitivement pas bien se finir. Déjà bien agacé, il décida qu'il ne voulait pas se disputer une nouvelle fois avec son amie aux cheveux bleus, qui pouvait vraiment être très têtue quand elle le voulait, et se pris, en plus du poulet, un gros paquet de chips avec du saucisson qu'il pourrait grignoter plus tard, à l'abris des regard indiscret.
En rentrant chez lui, le simple « bonjour » marmonné par son amie lui confirma qu'elle lui en voulait bien toujours. Elle s'était installé sur la table du salon, ses affaires éparpillées un peu partout, et semblait particulièrement concentrée sur ces leçons. Une autre façon de dire qu'elle ne s'occuperait pas du diner. Mais Gajeel avait passé une journée bien trop éreintante pour se laisser aller à ce petit jeu. Il rangea rapidement les courses, et prit ses provisions personnelles pour aller dans sa chambre.
Leur appartement était disposé en un duplex bien particulier. La porte d'entrée donnait sur un large espace servant de salon-salle à manger, ouvert sur une cuisine bien aménagé. Quand elle n'était pas en colère, Juvia aimait beaucoup cuisiner – elle disait qu'elle s'entrainait pour devenir une épouse parfaite – aussi était-elle bien équipée. Deux escaliers, chacun dans un coin de la pièce, et diagonalement opposés, menaient à leurs chambres respectives, ainsi qu'à une salle de bain privative. C'était l'appartement parfait, et ils en payaient le prix, mais au moins, chacun pouvait avoir l'intimité qu'il désirait, tout en ayant les avantages d'une vie en colocation.
En grimpant les marches qui le conduiraient à sa chambre, il aperçut que son chat le regardait du haut de l'escalier. C'était un gros chat tout en muscle et au pelage court, d'un marron très sombre, presque noir, qui faisait ressortir l'unique tache beige claire qu'il possédait au niveau du museau. Depuis qu'il l'avait trouvé, il possédait une cicatrice claire en forme de croissant de lune qui encerclait la moitié de son œil gauche. Il ne l'avouait jamais ouvertement, mais il adorait son chat, bien plus que tous les pseudo-amis qu'il avait pu se faire pendant sa vie, et pourtant il ne l'avait que depuis une petite année. C'était un chat très indépendant, qui partait parfois plusieurs jours de l'appartement grâce à la chatière qu'il lui avait fait aménager à sa fenêtre, mais il finissait toujours par rentrer. Et comme s'il le comprenait, comme s'il avait le pouvoir de deviner ses états d'âmes, il restait toujours prêt de lui lorsqu'il était en colère, ou frustré par les évènements du moment.
Ainsi, quand il entra dans sa chambre, et qu'il se posa à son bureau pour travailler un peu après cette journée éreintante et éprouvante pour ces nerfs, il le suivit et s'installa sous la lampe de son bureau. Pas de façon envahissante, comme seul le chat savent le faire, et qui vous empêche de travailler correctement, mais juste devant lui, comme une présence réconfortante et apaisante. C'était le chat parfait pour lui. Son chat.
Décompressant progressivement grâce à lui, il put se concentrer sur les différents projets qu'il devait finir pour la fin de la semaine, et ne pensa plus à sa journée pendant plus d'une heure et demie. Un peu plus détendu après cette séance de travail, il caressa rapidement son félin, qu'il avait appelé Panther Lily, comme il ressemblait plus à une mini panthère qu'à un chat, et descendit pour cuisiner quelques choses, et tenter d'apaiser les choses avec Juvia.
Il n'était pas vraiment ce qu'on pourrait appeler un vrai cordon bleu, mais il se débrouillait assez bien pour que ses plats - basiques - soient agréables à manger. Acceptant son offre de paix tacite, Juvia le rejoignit même en cuisine quelques minutes plus tard et Gajeel pu enfin lui parler de sa rencontre avec les deux étudiants d'astronomie cet après-midi. La discussion engagée, cassant une fois pour toute le silence pesant qui s'était installé dans l'appartement depuis ce matin, elle se poursuivit tranquillement jusqu'à la fin du diner.
Mais comme l'expérience le lui avait appris, une journée pourrie, finira toujours mal, et lorsque Juvia remis son anniversaire sur le tapis prétextant vouloir rencontrer les deux astronomes en herbe, il prit à peine le temps d'essayer de la convaincre avant de s'énerver à nouveau, et de monter rageusement dans sa chambre, la laissant se débrouiller avec la vaisselle encore salle dans l'évier. Claquant violement la porte de sa chambre, il ôta son t-shirt en le balançant rageusement par terre, et se dirigea directement vers le sac de sable, qui pendait négligemment au milieu de la pièce. Sans prendre la peine de mettre ses bandes de protection, sans prendre le temps de s'échauffer correctement, il commença à le frapper. Aucune technique, aucune réflexion, juste pour se défouler, s'échapper de son quotidien, et oublier les évènements de cette interminable journée qui touchait maintenant à sa fin.
Il aimait sa colocataire : c'était le seul être humain avec qui il partageait une relation sincère, quelle qu'elle soit. Ça faisait des années qu'ils se côtoyaient, et avec des hauts et des bas, leur relation n'avait toujours était au beau fixe. Mais dans un monde ou tout n'était que violence, dépravation et traitrise, il n'avait pas eu besoin de s'entendre comme des siamois. Non. Ils s'étaient juste fait progressivement confiance. Peu importe l'état de leur relation sur le moment, qu'il soit fâchés ou non, si l'un avait un problème, il savait qu'il y avait au moins une personne sur qui compter. Et dans un monde comme le leur, cette confiance, ça changeait tout.
Elle était forte. Vraiment. Et pour elle, comme pour lui, ils avaient essayé de s'entrainer progressivement vers le haut. Ils avaient vraiment essayé, mais dans ce monde d'adulte ou personne ne se soucie de vous, ou, au mieux, vous ignore, ils avaient lamentablement chuté un bon nombre de fois. Se relevant malgré tout toujours, comptant l'un sur l'autre. Jusqu'à la chute de trop. Celle qui fait prendre conscience que la mort reste, malgré tous les efforts, bien trop omniprésente dans votre vie. Celle qui ne vous laisse que deux options : continuer et mourir, ou changer du tout au tout pour essayer de commencer à vivre.
Le changement radical avait été pénible, compliqué, et long. Très long. Mais ils avaient réussi progressivement, en repartant quasiment à zéro. Et aujourd'hui, bien que tout ne soit pas rose, il été fier d'eux deux. Alors quand bien même Juvia lui tapait parfois sur les nerfs, il supportait leurs disputes et relativisait.
Enfin, il se dirait surement ça dans quelques heures. Mais pour l'instant, tout sauf rationnel, il frappa une série d'uppercuts rapide, déchargeant sa haine sur son sac gris métallisé. Il passa ainsi le reste de la soirée à enchainer les divers coups possible que l'on pouvait donner à un sac de frappe, et se fit même la réflexion à un moment que s'il ne se calmait pas, le sac allait finir par se décrocher ou se casser. C'était un vieux sac qu'il avait depuis plus de dix, et sur lequel il avait tant frappé, qu'il été étonnant qu'il ne se soit pas déjà rompu. Mais à sa grande surprise, ce dernier encaissa ses coups sans flancher d'une façon ou d'une autre.
Deux heures et demie plus tard, Gajeel se laissa choir sur le sol froid de sa chambre et y resta allongé quelques minutes, haletant et entièrement recouvert de sueur, vidé de toute énergie. C'était une sensation grisante, et il se sentait vingt fois mieux que quelques heures auparavant. Une fois son souffle revenu, il se redressa pour se diriger vers la salle de bain et prendre une longue douche brulante, profitant de la caresse relaxante de l'eau qui tombait sur sa peau.
Lorsqu'il se décida enfin à arrêter l'eau pour sortir de la salle de bain, il était complétement calme et apaisé, comme après toute bonne séance de sport qui se respecte. Ne voulant rien faire d'autre que dormir il s'affala sur son lit en évitant d'écrasé Panther Lily, déjà posé sur son coussin préféré dans le coin supérieur droit, comme tous les soirs lorsqu'il dormait à l'appartement. En consultant son portable, il constata qu'il avait des messages non-lus de Gray, surement en réponse à celui qu'il lui avait envoyé plus tôt dans la journée.
De « Gray » à « Gajeel », 20h03 :
Je sors de l'entrainement, on peut partir sur jeudi après-midi ? Je fini vers 15h00
De « Gray » à « Gajeel », 22h47 :
J'ai vu avec Erza votre EdT, du coup Jeudi à 16h au Fairy c'est bon pour toi ou t'as des trucks perso à faire ?
De « Gajeel » à « Gray » et « Erza », 23h54 :
Ok pour Jeudi, mais il faut que sois de retour à mon appart pour 18H30 max
Il éteignit l'écran de son téléphone et étendit le bras pour le poser sur son bureau ou il chargerait pendant la nuit. Enfouissant sa tête dans son coussin, il ferma les yeux et poussa un profond soupir, se vidant l'esprit des évènements de la journée. Avec le recul, il eut une nouvelle fois une petite pensée de compassion pour la jeune fille qui s'était pris sa colère en pleine face sans vraiment le mériter. A part ses cheveux bleus, il était cependant bien incapable de se souvenir de l'apparence de la crevette qu'il avait bousculée. En même temps, pour l'utilité que cela aurait : il n'avait pas l'intention de s'excuser. Gajeel ne s'excusait jamais, question de fierté. Un trait de caractère déjà bien prononcé chez lui, que son passé dans les rues n'avait fait qu'affûter. Surement même un peu trop.
Baillant à s'en décrocher la mâchoire, il réajusta sa position une dernière fois, et s'enfonçât en moins de cinq minutes dans un sommeil bienfaiteur et sans rêves. Demain serait un autre jour.
