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Seule, enfermée dans la chambre froide, la jeune femme avait jusqu'alors contemplé anxieusement les profondeurs de l'océan depuis le hublot, admirant les quelques poissons passant devant de temps à autre. Mais, fort heureusement, la porte de la salle s'ouvrit enfin. Détournant son regard, la verte se rembrunit en voyant le capitaine du navire.
Elle songea un court instant à se calmer, reprendre contenance devant cet individu, mais chose bien compliquée comprit elle bien vite. Ce sourire en coin qu'il arborait l'agaçait ! Pardonne lui, pensa la verte tout en soufflant par le nez. Pardonne lui comme elle avait déjà pardonné à Shachi et Penguin. Mais encore, eux, avaient une excuse. Selon la prisonnière, ils ne faisaient qu'obéir aux ordres de leur « seigneur » pour éviter toute remontrance.
Ce fut bien seulement lorsque Law prit la parole que le fil des pensées de la verte fut coupé. Et quelle surprise ! Le ténébreux cherchait à communiquer avec elle. C'était-il lassé de la force brute ?
Qu'importe, au moins pourraient-ils enfin avancer, bien que...N'avait-il pas compris qu'elle ne saisissait pas un mot de sa langue ?
Fort heureusement si, car bien vite le cruel pirate accompagna ses paroles de gestes. Il se présentait, finit par conclure la jeune femme; il s'appelait « Lo ».
Travaillant ses abdos et bras, la prisonnière du toubib prit appui sur les crochets la retenant, se balança d'avant en arrière, et de la pointe de ses chaussures brunes en cuir repoussa « Lo » de quelque pas. C'était tout bonnement un supplice pour la jeune femme que cet homme reste aussi proche.
Et pourtant, se montrant pacifique, loin de vouloir gâcher les premiers signes de trêve entre eux, la verte revêtit un sourire, bien qu'elle se força un peu. Cet homme l'agaçait et mettait à mal sa patience. Malheureusement, elle devait s'en accommoder.
- Zakuya.
Un timbre doux aux oreilles, une petite voix semblant chanter sur les mots. Sans oublier ce petit accent appuyant sur les a. Décidément, cette miss n'était pas de la région. Aucune des dernières îles visitées n'avaient eut des habitants avec des accents du même type. Sans oublier de tels prénoms atypiques.
S'agitant de nouveau, Zakuya redirigea l'attention du médecin sur elle. Bon sang ! Restée si longtemps dans le froid, sans autre chose que des habits trempés sur le dos, n'étaient déjà que de la torture à la base, mais pour elle, bien pire. Il fallait qu'elle sorte de là au plus vite.
Malgré tout, pour autant, Law ne la délivra pas, mais abaissa les chaînes la retenant, permettant ainsi à Zakuya de retrouver la terre ferme. Agitant un peu ses membres endormis, la jeune femme apprécia que sa condition s'arrange. Peut-être arriverait-elle à s'en sortir avant de finir en glaçon ? Mais atteindre cette récompense demanda bien encore quelques efforts de coopération avec le chirurgien.
Le seigneur « Lo » s'approcha d'elle, un calepin dans une main, un stylo dans l'autre. Le pirate voulait visiblement s'assurer d'autre chose. Il les tendit à sa « patiente », qui regarda avec intérêt le stylo. Comme cette chose était étrange ! La miss posa l'extrémité de cette curieuse invention sur le dos de sa main, et fut surprise de voir un trait noir apparaître derrière le passage de la pointe.
La stoppant dans sa découverte exceptionnelle du stylo, le toubib redirigea la pointe vers le calepin qu'il pointa du doigt tout en disant :
-Zakuya.
Après quelques secondes, la miss comprit que le toubib désirait sans nul doute qu'elle écrive son prénom, et une fois chose faite, ce fut sans grande surprise que Law découvrit un tout autre alphabet que le sien. Les lettres étaient déférentes, ne ressemblant pas d'un iota à celles qu'il connaissait.
Et tandis que Law étudiait sa nouvelle découverte, soudainement, lâchant sans prévenir le stylo, Zakuya apporta à son regard sa main. Mince, elle avait passé trop de temps dans cet environnement glacial, et sans rien pour la protéger. Craquelant, comme un biscuit sec cassé en deux, sa peau s'ouvrit de son pouce au poignet tout en laissant son sang couler le long de son bras.
De son côté, la tête jusque là penchée sur l'orthographe de la jeune femme, voyant du liquide rouge tomber sur le sol, Law abandonna un tant soit peu le petit calepin pour découvrir la plaie de la jeune femme. Visiblement, elle était bien trop fragile face aux basses températures. Bon d'accord, il se devait de reconnaître que son état était principalement de sa faute. Oui, mais cette peste l'avait cherché et méritait une punition.
Silencieux, il rangea le calepin dans la poche arrière de son pantalon avant de considérer Zakuya. Il doutait qu'elle le laisse tranquillement approcher. Il avait noté à plusieurs reprises que sa présence semblait réellement l'indisposer sans qu'il n'en comprenne la raison. Cependant, ce détail n'était que secondaire et le temps qu'elle resterait, elle devrait s'en accommoder.
Bon, en tout cas, il ne pouvait guère la laisser plus longtemps ici et soigner cette blessure sans tarder. Mais avant toute chose, il allait devoir s'assurer qu'elle ne s'attaquerait à aucun d'entre eux. Les bains de sang dans le submersible, très peu pour lui. Détail qui amena aussitôt un doute dans son esprit. En effet, si elle avait réellement voulu s'en prendre à eux, elle n'aurait pas pris la peine de venir en aide à ses nakamas. Quoique, elle ait dû mal interpréter la situation...
Suivant donc sa nouvelle idée, Law lui désigna alors du doigt sa plaie et s'approcha d'un pas. La voyant se raidir, aussitôt sur ses gardes, une mine de dégoût sur le visage, il s'immobilisa et lui expliqua tout en sachant pertinemment qu'elle ne le comprenait pas:
- Je veux seulement te soigner.
Elle le fixait, son regard toujours aussi dur et transperçant. Elle était tout bonnement méfiante vis-à-vis de sa personne. Bon, ça serait bien plus compliqué qu'il ne le pensait. Poussant un long soupir, le chirurgien activa sa room avant de les téléporter tous les deux à l'infirmerie, solution bien plus rapide et facile que de devoir la traîner jusque-là. Il commençait sérieusement à s'impatienter. Toute cette histoire lui causait un affreux mal de crâne.
Toujours enchaînée, Law lui désigna un fauteuil où elle s'assit après une brève hésitation. Et ne pouvant guère toucher lui-même le granit marin, il appela Penguin avant de lui demander:
- Passe-lui, le magnifique bracelet sur le bureau et enlève lui ses entraves.
Se tournant vers la jeune femme, le jeune homme tiqua. Elle devait forcément lui en vouloir pour l'avoir menée jusqu'au capitaine. Néanmoins, il ne pouvait pas désobéir et marchant jusqu'au bureau dans un coin de la pièce, il se munit de l'adorable petite chose ronde avant de rejoindre la jeune femme toujours immobile.
Il lui montra le bracelet et après un premier mouvement de recul, coulant un regard vers Law, elle décida d'obtempérer afin de ne pas faire de vagues. Elle savait d'instinct que si elle voulait avoir une chance de fuir, il valait mieux endormir la méfiance de son ennemi. Lui prenant doucement la main, Penguin lui passa le bracelet et la débarrassa de ses chaînes qu'il emporta ensuite avec lui. Ce ne fut qu'à ce moment là que Law s'approcha avec du coton et du désinfectant en main. Elle remarqua que ses mains étaient recouvertes d'une protection plutôt étrange comme si son seul contact le répugnait.
Toutefois, ses intentions étaient claires cette fois, et elle se conforma malgré le grand malaise qui l'assaillait aux souhaits de cet homme.
Law s'assit sur son tabouret à roulettes et commença par imbiber le coton d'antiseptique, avant de l'appliquer en tamponnant la plaie qu'il examina avec attention. Puis après avoir appliqué un baume, la sentant frémir sous ses doigts et n'y prêtant aucunement attention, il la banda avant de se lever.
Sans doute était-elle surprise par le manque de vigilance qu'il lui témoignait en cet instant, mais il était curieux quant à son attitude. Allait-elle en profiter pour l'attaquer? Sans doute, rien n'était moins sûr. Un sourire sardonique aux lèvres, il marcha jusqu'à la porte qu'il ouvrit en grand et lui faisant signe de venir, il s'écarta de la voie avant de lâcher:
- Les deux crétins là-bas, venez ici.
Aussitôt, les deux éternels amis: Pen et Shachi apparurent, anxieux. Law avait deviné leur présence et risquait fort de leur faire regretter de fouiner ici au lieu de se charger de leurs corvées.
- Je vous la confie. Veillez à ce qu'elle ne fasse pas de conneries. Et surtout, l'entraînez pas dans vos plans foireux, où je vous le ferai regretter.
- Oui capitaine!
Puis, tandis que Law s'éloignait sans plus se préoccuper de la casse-pieds qu'était cette fille, Penguin et Shachi s'approchèrent de la miss toujours affaiblie par le granit marin. Et dans un même ensemble, ils s'inclinèrent devant elle tout en s'excusant:
- Nous sommes désolés!
Observant le duo s'incliner devant elle, les doutes de Zakuya revinrent aux galops. Ils étaient quoi bon sang ? Esclaves ? Disciples ? Serviteurs ?!
Les codes qu'elle connaissait jusqu'à présent ne lui servaient à rien, ce qui l'agaçait fortement. Comment ferait-elle pour côtoyer ce curieux univers et mener à bien ses projets si cette situation perdurait ?! Sans oublier, cet étrange bracelet à son poignet la privant de ses pouvoirs. La patiente de « lo » se mit alors à observer l'étrange bijou en question avec intérêt, ne se préoccupant qu'à moitié des deux zigotos en face d'elle.
Et aucun doute, le dit bracelet était fait de cette pierre si particulière la privant des capacités de son fruit céleste conclut elle sans mal.
Soufflant par la bouche, la jeune femme retrouva pieds avec le sol, d'un bond se redressa, alors que les deux pirates se redressèrent, et la suivirent des yeux...Réalisant qu'elle leur faussait compagnie, Pen et Shi se levèrent et la rattrapèrent.
Leur capitaine avait laissé à cette inconnue le loisir de se promener comme bon lui semblait, sans doute pour étudier tous ses faits et gestes. Mais...d'un regard échangé, les deux amis s'accordèrent à dire qu'à midi c'était l'heure de manger et point ! Tapotant l'épaule de la miss en face d'eux, analysant un placard à balais qu'elle avait ouvert, Penguin attira son attention.
Mimant de loin, mais de très loin, quelqu'un mangeant, ils finirent par tout simplement entraîner la demoiselle vers la salle à manger. Et à peine, le pas de la porte passé, les conversations s'arrêtèrent. L'équipage au grand complet fixa la curieuse naufragée, qui nullement gênée leur renvoyait leurs regards indiscrets.
Poussée dans le dos par le rouquin, Zakuya avança dans la salle, et se vit attabler entre Penguin et Shachi. Quant au silence, il s'était invité lui aussi. Pour le briser, un des pirates tenta un début de conversation avec leur curieuse invitée, et fut plus que choqué en apprenant qu'elle ne parlait pas un traître mot, du moins, de leur langue.
Tentant une autre approche, à la manière de leur capitaine, Pen se présenta tout en se pointant du doigt, puis fit le tour de la table, jusqu'à finir par s'arrêter sur la patiente de leur capitaine.
-Zakuya, répondit-elle avec le sourire.
Sourire camouflant suprêmement bien le choc agitant son esprit. Car, ils étaient tous réellement séreux ? Après l'avoir littéralement enfermée dans un lieu magique de glace, ces inconnus désiraient échanger quelques mots autour d'un bon repas ? Quels curieux personnages. Mais à la perspective d'un plat chaud, la jeune demoiselle s'adoucit et leur sourit. Il fallait se l'avouer, songea t'elle, elle n'était qu'un ventre sur pattes insatiable, ne disant jamais non pour avoir une louche supplémentaire.
Et à la vue des plats apportés par le cuistot, qu'elle ne quittait pas des yeux, la verte se retint difficilement de baver. Posant les plats tout chaud sur la table, Ban en parfait gentleman servit la dame en première. Et une fois tout le monde servit, personne ne toucha à son assiette, bien trop intéressé par la miss, tournant sous tous les angles possible sa fourchette et son couteau.
Curieux ustensiles, dont selon la demoiselle, l'un ressemblait bien plus à un peigne qu'autre chose. Se saisissant de son couteau, et des brochettes de viande dans son assiette, elle y glissa la viande sur tout le long de la pique en bois. Et une fois armée des piques à viande, deux baguettes de substitutions, Zakuya apporta un morceau à la bouche du rouquin. Qu'il mange en premier, elle se méfiait de ces individus ayant bien pu empoisonner son assiette.
Ce fut à ce moment précis, de sa démarche lente, les mains dans les poches de son pantalon, qu'entra dans le réfectoire aux côtés de son second, Law. Ce dernier s'immobilisa dans l'entrée, quelque peu choqué par la scène qui se déroulait à quelques pas devant lui. Sérieusement, elle donnait la becquée à Shachi? Il aurait décidément tout vu. Un sourire railleur aux lèvres, il se dirigea vers sa table sans même plus accorder un regard à la miss.
A son entrée, ses hommes le saluèrent, du moins pour ceux qui ne l'avaient pas encore vu de la journée, avant de se replonger dans le contenu de leur assiette.
Et alors qu'il passait devant la miss, il lui attrapa la main et porta les baguettes improvisées à sa bouche, engloutissant ce qu'elle offrait à Shachi. Visiblement, elle s'inquiétait de savoir si cela était comestible, alors rien de mieux que le capitaine pour le prouver. Puis, posant la main sur le haut de son crâne, il lui ébouriffa les cheveux avant de rejoindre sa place suivi de près par Bepo.
Les yeux de la miss se changèrent en gros gigots alors même qu'elle apercevait l'animal. De la nourriture?! Prête à bondir, elle se fit tout de même violence pour ne pas s'attaquer à l'animal de compagnie du chirurgien. Elle était malgré tout médusée de le voir arborer une tenue plutôt bizarre, identique à celle des autres, sauf sans doute la couleur qui se révélait différente.
Bepo qui passait à côté d'elle la salua d'un signe de patte tout en énonçant un mot:
- Salut.
Choc! Pas possible?! Il venait de lui parler?! D'utiliser ce dialecte étrange connu et compréhensible uniquement d'eux... Elle regarda autour d'elle, pour constater que visiblement, ici, tout le monde trouvait cela normal...
Et tandis que tout le monde s'emplissait la panse, la miss jetait de brefs coups d'oeil vers le capitaine qui acceptait de manger en compagnie de son animal de compagnie, à la même table. Le pire étant sans aucun doute, qu'ils semblaient très proches.
En fin de journée, Law allongé dans la salle de repos, appuyé contre le ventre de son second somnolait, indifférent au brouhaha incessant des bavardages de Shachi et Penguin qui tentaient d'apprendre leur langue à la miss.
Exaspéré de ne pas parvenir à se détendre au milieu de ce bordel vivant, le toubib se leva et gagna la sortie et tandis qu'il posait la main sur la poignée, il grommela:
- Vous deux, commencez donc par lui enseigner l'alphabet.
Les yeux pleins d'étoiles et d'espoir, ils répliquèrent en coeur:
- Oh, merci capitaine! Excellente idée!
Un sourire sardonique aux lèvres, il quitta la pièce tout en songeant qu'ils risquaient fort vite de déchanter. Soit, ils y arrivaient et c'était tant mieux, soit ils échouaient et cela lui donnait une raison supplémentaire de les punir.
Tout en se grattant l'arrière de la nuque, la mine ensommeillée, il se rendit, non pas dans sa chambre ou à l'infirmerie. Non, cette fois, il se rendit dans un endroit reculé au plus profond des entrailles du submersible, une pièce dont lui seul avait accès.
C'était une pièce sombre dont des bocaux emplis d'organes humains et animaux tapissaient les étagères fixées au mur. Dans un coin, tout juste éclairé d'une faible lampe, Law plaçait une plaquette de sang dans son microscope et tout en observant ces molécules, il annotait quelques remarques dans un dossier.
Ce qu'il découvrit le laissa perplexe. Croisant les bras sur le torse, les yeux posés sur les documents épars devant lui, il méditait dessus lorsque tout à coup, des cris provenant de l'extérieur l'interpellèrent. Curieux, il sortit, prenant soin de verrouiller derrière lui et tandis qu'il approchait des cris, il ne fut pas le moins du monde étonné de voir Zakuya, couteau à la main, sur le point de trancher la gorge de son second.
Ni une ni deux, il bondit en avant et de sa main glacée et tatouée, il lui enserra le cou par derrière la soulevant de terre à la force d'un seul bras. Il serra violemment avant de gronder:
- Interdiction de toucher à mes hommes, miss!
Puis, comme pour conclure sa sentence, il la projeta contre le mur de l'autre côté de la pièce. Le regard noir de colère, il apporta son aide à Bepo pour l'aider à se remettre sur pieds avant de pivoter vers son invitée qui, à son tour, se levait le regard tout aussi furieux.
Voyant cela, Shachi et Penguin paniquèrent totalement, redoutant un affrontement pour le moins houleux.
Un regard noir adressé au pirate Trafalgar Law, dont la seule vue la faisait sortir de ses gonds, et l'invitée du capitaine changea ses plans.
Et dire qu'elle songeait à rester un minimum de temps en compagnie de ces hommes pour acquérir les bases de la langue. Enfin, tant qu'il ne montrait pas d'intentions belliqueuses à son égard.
Chose venant de se faire, il n'était plus question de séjourner gratis entre ses quatre murs. Malheureusement, Zakuya se doutait bien que le seigneur de pacotille des lieux ne la laisserait pas si facilement filer. Lui souriant par provocation, la jeune femme observa le bracelet à son poignet. Elle fronça les sourcils, elle devait s'en débarrasser coûte que coûte !
Sur cette pensée, elle tourna le dos aux pirates l'observant et sur leurs gardes. Décidément, cette invitée était dangereuse, et ils ne comprenaient pas comment leur capitaine pouvait la laisser arpenter le navire comme elle l'entendait.
La rattrapant, Shachi et Penguin durent assurer leurs rôles de surveillants, bien que désormais, rester seul avec cette miss affichant un sourire un peu trop similaire à celui de leur capitaine les inquiétaient.
La suivant tout en guettant tout faits et gestes de la miss, les deux acolytes déglutirent. Bon sang...Mais ?! Mais ?! Elle se dirigeait vers les quartiers du capitaine ! La retenant par la main, Pen se vit tordre le poignet avant même que l'information n'arrive à son cerveau.
A genoux, sa main droite tenant son poignet tordu, Penguin siffla entre ses dents à son ami Shachi, d'aller chercher le capitaine. Chose que Shachi s'empressa de faire.
Quand à Zakuya, sa lèvre inférieure pincée par ses dents, prise d'un petit remords pour avoir infligé ça à ce bon gars, elle retourna sur ses pas. Inquiet, le brun, seul, déglutit et recula, mais fut acculé jusqu'au mur. S'accroupissant, un sourire compatissant sur les lèvres, Zakuya retira le drôle de couvre chef de Pen, et lui laissa un baiser sur le front. Elle finit par murmurer un mot dans sa langue, sûrement des excuses, et reprit sa route. Elle était comme guidée.
Et une fois arrivée devant la porte de la cabine du pirate, elle ne se gêna pas un instant pour y entrer. Elle laissa ses yeux parcourir la chambre légèrement bordélique, avant de se diriger vers le bureau de la salle.
Zakuya tenta d'ouvrir l'un des tiroirs, mais ne fut nullement surprise de le trouver fermé. Une moue sur son visage, elle se contenta de récupérer son sabre reposant contre l'un des murs, et brisa de sa lame le verrou.
Désormais ouvert, la miss y récupéra ce qui lui appartenait. L'orbe grisâtre récupéré dans un caniveau, qui à son contact émit un peu de lumière, avant de rester inactif. Ne restait désormais plus qu'à trouver le moyen de se débarrasser du bracelet.
Soudainement, d'un tour de passe passe, devenu célèbre depuis bien longtemps à présent, l'orbe lui fut arrachée, se retrouvant entre les mains tatouées d'un homme dont l'expression de colère se voyait dissimulée par son bonnet.
Jouant avec cette sphère, chose fort précieuse pour cette femme, il hésita à la laisser tomber sur le sol et la briser. A moins, qu'il ne le fasse de lui-même juste pour savourer l'expression choquée de la jeune femme. Appelant, d'un simple mot kikoku dans sa main, il entra dans sa chambre.
Il détestait que l'on fouille dans ses affaires. Personne au seing de l'équipage n'avait le droit de venir ici, pas même Bepo et pourtant, il était son précieux ami... Non, il devait graver dans cette adorable caboche, ne semblant pas vouloir comprendre, qu'ici s'était lui le maître. Certes, elle n'avait guère demandé à se joindre à eux, mais pour sa part, il n'avait guère voulu d'une mégère à bord!
Voyant que la miss suivait attentivement et anxieusement la boule des yeux, il se fendit d'un large sourire car il avait encore un moyen de la déposséder de son bien et l'empêcher de le retrouver. Et cette fois, elle ne saurait le trouver...
- Faites remonter le sous-marin, ordonna Trafalgar.
Et à peine quelques minutes plus tard, Law sortait sur le pont suivi de près par une Zakuya médusée. Non, ils n'avaient pas sombré sous les flots! Ils étaient même revenus à la surface! Quel curieux navire que celui-ci... Mais, ce qui l'inquiétait le plus en cet instant restait le fait que le grand brun tenait dans sa main droite son doux précieux...
D'un pas déterminé, il s'approcha du bastingage avant de laisser tout simplement tomber cette chose dans l'eau. Zakuya, les yeux ronds d'horreur, se rua vers la rampe qu'elle agrippa vivement. Elle eut tout juste le temps de voir l'objet de sa convoitise disparaître dans les flots, là où jamais aucun pouvoir de fruits du démon ne pourrait l'atteindre pour la remonter.
Puis, dardant son regard métallique et froid sur la jeune femme, il la toisa avec tout le mépris qu'il ressentait en cet instant avant de dire, tout en sachant pertinemment qu'elle ne comprenait pas un traître mot:
- La prochaine fois que tu t'attaques à l'un de mes hommes, je te tue!
Il lui fit le signe théâtral de quelqu'un à qui l'on tranche la gorge avant de se tourner vers ses hommes et d'enjoindre à nouveau:
- On plonge tout de suite, nous sommes dans les environs d'une base de la marine. L'amiral Kizaru serait dans le coin en ce moment. Faisons-nous discrets.
Les autres opinèrent du chef avant de retourner sans traîner à l'intérieur tout en lançant des regards intrigués vers Law, immobile sur le pont.
Elle le détesterait sans doute, il n'en doutait pas. Mais, il n'était point du genre à quémander l'affection d'autrui. Depuis bien trop longtemps, son coeur était comme pris dans la glace, incapable du moindre sentiment... Puis, ce fut avec un sourire nonchalant, un rien provocateur, qu'il désigna l'océan à la miss suivie de l'entrée du sous marin, lui faisant comprendre qu'elle avait le choix entre mourir ou le suivre. Et le suivre avait des conséquences qu'elle jugeait à n'en pas douter fâcheuses...
Un dernier regard vers Zakuya, il posa Kikoku sur son épaule et se dirigea d'un pas lent et dira-t-on calculé vers l'intérieur du sous-marin tandis que ce dernier avait entamé sa descente vers les profondeurs des mers. Voyant le niveau de l'eau s'approcher dangereusement, Zakuya s'éloigna du bord, s'approchant du capitaine qui pour sa part la regardait la main sur la poignée de la porte guettant sa prochaine réaction. Après tout, si elle choisissait la mort, il l'accepterait et la laisserait trépasser.
La jeune femme, en colère, vue avec horreur le niveau de l'eau augmenter. En faite non, c'était ce curieux navire qui retournait se terrer à l'abri des regards, dans les tréfonds obscurs des eaux calmes, lieu où il évoluait avec aisance.
Dans son dos, elle sentait le regard du tyran des lieux, attendant impatiemment qu'elle se décide entre le suivre ou la mort certaine qui l'attendait en cas de refus. Quand à Zakuya, ayant retrouvé son calme malgré la situation catastrophique, de la perte de ce si précieux orbe, elle se tourna vers le pirate. Un sourire de plastique sur les lèvres, et d'une démarche assurée et digne, la tête haute, elle approcha du pirate. Une fois à son niveau, le masque tomba. Elle planta son regard argenté, se consumant par la rage, dans les pupilles orageuses de son vis-à-vis, et saisit ce dernier par le col de son haut.
Elle le tira jusqu'à elle, approcha ses lèvres à l'une de ses oreilles, et lui murmura une phrase qui lui fut incompréhensible. Seul son prénom prononcé à la fin, avec comme un « r » roulant s'étant ajouté, fut comprit par le pirate. Quand au ton employé, il fut glacial. Fini la douce voix semblant chanter sur chaque syllabe.
Et une fois ces menaces, mise en garde, ou promesse de vengeance dites, Zakuya réafficha ses bons airs, fit un petit geste amical de la main à Law, puis accourut jusqu'à la rambarde du navire où elle sauta, tandis que la porte du navire se refermait sur Law.
