Voilà le chapitre deux tant attendu ! Excusez-moi du retard et j'espère que vous apprécierez ce chapitre où nos chers blocards apparaissent enfin ! ( je n'en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise ). Vu que j'ai du retard, et chaque fois que j'en aurais, je dois mettre une phrase choisie par ma très chère conseillère sur ma fic, j'ai nommé ; celle-qui-a-inspiré-le-perso-de-Chris. Enfin, bref. " Stephen est génial ! ". Voilà. Aussi, malheureusement, le " Labyrinthe ne m'appartient pas mais est a James Dashner.
Les deux jeunes filles avaient parlé en même temps. Un nouveau silence s'installa une fois de plus entre elles tandis qu'elles se dévisagèrent, telles de parfaites inconnues. Ce qui était malheureusement devenu le cas.
Chris et Edel se souvenaient de rien, à part de leur prénoms. La plus âgée avait cependant de vagues souvenirs brumeux de personnes s'affairant atour d'elle mais elle n'aurait su déterminer si ça s'était réellement passé ou si ce n'était qu'un rêve qu'elle avait fait.
Elle regarda plus attentivement la personne en face d'elle, s'étant perdue dans ses pensées quelques instants. Celle-ci la regardait d'un air méfiant, ne bougeant pas le moindre muscle et ayant presque l'air de retenir sa respiration. Elle attendait sûrement que l'autre fasse quelque chose pour pouvoir réagir en conséquences. Chris avait l'impression qu'elle tentait de lire au fond d'elle, ce qui la fit un peu frémir mais elle ne baissa pas son regard. A la place, un sourire confiant apparut sur son visage. Ce n'allait pas être une simple fille qui ressemblait à un animal effarouché qui lui ferait peur et lui ferait perdre pieds.
Edel, quant à elle continua d'analyser les moindres mouvements de la fille devant elle. C'était quelque chose de naturel, qui l'avait un peu surprise, voire effrayée, au début quand elle avait commencé ça mais elle ne s'en formalisait désormais plus. A vrai dire, la jeune fille avait quelque peu peur. Lorsqu'elle s'était réveillée, elle avait pu en voir assez, avant que l'autre ne se réveille, pour comprendre qu'elle se trouvait dans une sorte de labyrinthe. Un sentiment de claustrophobie soudaine lui avait alors eu donné de suffoquer. Puis la fille à côté s'était réveillée. Edel n'avait aucune idée de qui cela pouvait bien être mais sa masse de cheveux bouclés lui avait fait penser à un mouton. Par contre, vu l'air que celle-ci affichait, la plus jeune n'eut aucun doute quant au fait que la seule ressemblance à cet animal s'arrêtait là. Elle attendit alors patiemment que l'autre fasse quelque chose.
Plusieurs minutes passèrent, toutes deux ne bougeant pas. Cependant, Edel commença à sentir des courbatures dans ses jambes qu'elle avait au préalable repliées en se réveillant et grimaça un peu. Tandis que la patience de Chris quant au fait de rester dans la même position, qui n'était pas bien longue vu qu'elle préférait tout le temps bouger, atteignit ses limites. Celle-ci fut d'ailleurs la première à se remuer et elle vit l'autre soupirer de soulagement, en changeant, elle aussi, de position. Chris se mit debout et s'étira longuement tandis que sa cadette resta assise, en tailleur, par terre. L'aînée lui jeta un regard par-dessus ses lunettes et elle vit la jeune fille attendre d'un calme olympien qu'elle ait fini de s'étirer. La plus âgée remit une mèche de cheveux bouclés qui lui cachait le visage en ordre et commença à parler, ayant l'impression que sa voix résonnait étrangement entre les murs du labyrinthe.
- Alors, pourrais-je enfin savoir qui est l'animal qui me fait le gros dos ?
Chris avait préféré commencer son introduction avec une pointe d'ironie, se protégeant et se réconfortant par celui-ci. Elle n'en avait pas l'air mais au fond d'elle, elle n'était absolument pas sûre de ce qu'elle faisait et tentait aussi bien qu'elle le pouvait de camoufler son stress.
Edel se mit debout lentement, prenant bien son temps pour faire rager l'autre devant elle. Quand elle avait entendu sa voix, l'angoisse qui la prenait avant s'était envolée, laissant place à un sentiment de réconfort. Elle ne savait pas trop pourquoi d'ailleurs, mais elle s'en fichait. Elle était certaine que la fille, ou plutôt le mouton pensa-t-elle, n'était pas une ennemie et qu'elle était dans la même situation merdique qu'elle. Cependant, elle avait l'envie soudaine de la pousser à bout, comme si ça avait été un jeu inscrit en elle depuis toujours. Comme si c'était une chose qu'elles avaient déjà faite toutes deux auparavant.
Elles se faisaient désormais face, Chris un air narquois sur son visage et Edel un léger sourire en coin.
- Je pense que c'est plutôt toi l'animal, mouton, lança Edel, cinglante.
La plus âgée eut un rictus d'agacement mais fut tout de même amusée. Cette gamine avait de la répartie et ça lui plaisait. Elle se prit même à penser que ce n'était pas la première fois que cette fille l'appelait mouton alors qu'elle ne se souvenait de rien à part de son prénom.
- Bien trouvé ! avoue Chris. Mais je ne pense pas que ce soit une gamine qui m'intimide.
Elle regarda la plus jeune de toute sa hauteur, la voyant lui lancer un regard noir. Son stress était parti et maintenant, ne comptait plus que le fait de savoir qui aurait le dernier mot.
Edel pinça ses lèvres de mécontentement mais décida de ne pas se laisser faire. Sauf qu'elle ne savait pas quoi répondre. Elle pesta contre elle-même et lança un regard encore plus noir à l'autre fille. Elle dut admettre sa défait bien qu'elle eut beaucoup de mal à le faire. Elle était un peu trop fière quelques fois et était une vraie tête de mule. Elle claqua sa langue contre son palais d'irritement puis se détendit et soupira. Elle s'approcha de son aînée et tendit sa main.
- Je m'appelle Edel. Ravie de te rencontrer, mouton.
Chris sourit franchement cette fois-ci. Elle l'aimait bien, cette gamine. Elle lui serra la main.
- C'est pas mouton mais Chris, petiote.
Edel lui tira la langue.
- Fais quelque chose pour lisser tes cheveux et peut-être que je ne t'appellerai plus mouton.
Le sourire de la plus âgée s'étira un peu plus. Vraiment, elle l'adorait celle-là. Edel, elle, pensait qu'elles allaient bien s'entendre. La répartie de Chris lui plaisait bien. Elle sentait qu'à coup les discutions allaient être animées.
L'aînée regarda autour d'elle, n'ayant pas eu beaucoup le temps de le faire auparavant. Elle remarqua au sol deux sacs, un avec plusieurs porte-clefs accrochés dessus et un autre assez sobre. Elle s'approcha de ce dernier et le prit en main. Un sentiment d'appartenance lui souffla que c'était le sien. Il était rempli à en craquer et la jeune fille, curieuse de savoir ce qu'elle avait mis dedans, peut-être trouverait-elle des choses qui lui ramènerait des souvenirs, l'ouvrit. Et trouva une masse de choses fourrées n'importe comment avec des vêtements en boule.
- Ca ne m'étonne pas de moi... pensa-t-elle tristement.
Elle avait, certes, plus de mémoire mais elle savait pertinemment qu'elle avait toujours été bordélique. Mais elle ne se souvenait plus d'aucun moment où cette sale manie de tout mettre n'importe comment lui avait joué des tours.
Edel attrapa le sac avec toutes les breloques attachées dessus et les laissa glisser entre ses doigts. Des petits personnages y étaient représentés, certains souriaient, d'autres semblaient prendre la pose. Sûrement tous venus de choses qu'elle avait aimé. Elle essaya de se remémorer certains noms des petits bonhommes mais n'y arriva pas. Elle remarqua même une cabine de police bleue mais encore une fois, elle ne sut dire d'où ça venait.
- Bon, on tente de sortir d'ici ? demanda Chris en mettant son sac sur son dos
- A part si tu veux poireauter à tout jamais ici, c'est une bonne idée, répondit posément Edel.
Toutes deux allèrent se mettre en route quand elle entendirent des bruits de personne courant derrière elles. Elle se retournèrent et virent arriver un jeune asiatique qui devait plus ou moins avoir leur âge. Il s'arrêta à plusieurs mètres d'elles, sans doute surpris de les voir là vu l'expression qu'il affichait.
Edel leva un sourcil interrogateur alors que Chris bâillait d'ennui.
- A ton avis, lui aussi il s'est paumé ?
La plus jeune observa attentivement le jeune homme devant elles qui ne bougeait pas, les regardant lui aussi, sa surprise passée. Il semblait être équipé pour courir vu les chaussures qu'il portait. Elle remarqua encore quelques autres petits détails qui lui permit de conclure qu'il devait sans doute être là de son plein gré.
- Regarde-le, dit-elle, il semble trop bien préparé pour être ici involontairement.
L'aînée acquiesça silencieusement. Toute cette inactivité de la part d'Edel et du nouvel arrivant l'embêtait. Elle décida alors de prendre les choses en mains, mais malheureusement, pas avec des pincettes.
- Hey, toi ! interpella Chris
L'asiatique réagit directement. Il attrapa une sorte de machette et la pointa vers les deux filles, s'approchant prudemment d'elles.
- Euh... je rêve ou il est train de nous menacer, là ? demanda la plus âgée.
- Non, non, il est bien en train de nous menacer, le goujat...
- Ah... De mon temps, on prenait au moins le temps de se présenter... La politesse à bien changer de nos jours.
Le jeune homme n'était plus qu'à quelques pas d'elles, son arme toujours levée. Il semblait essayer de les analyser, comme si elles avaient une maladie ou quelque chose comme ça.
- Non mais, au lieu de nous reluquer comme ça, tu pourrais te présenter, c'est la moindre des politesses ! dit Chris quelque peu énervée, à son attention.
- Vu la situation, tu ferais mieux de la fermer, tocarde. Dites-moi plutôt ce que vous faites ici.
Le garçon s'arrêta à quelques pas d'elles, son arme les atteignant presque. Elles la jaugèrent du regard. La lame ne semblait pas trop abîmée et assez coupante. Elles se dirent toutes deux mentalement qu'elles n'aimeraient pas trop se retrouver avec une chose pareille sous la gorge. Mais elles se dirent aussi que si elles risquaient de mourir, elles préféraient quand même le faire à cause de leur humour pourri.
- A ton avis ? Ca ne se voit pas ? On cueille des pâquerettes, répondit Edel, d'une voix sans expression, qui commençait en avoir marre d'être menacée par une machette.
- Et si tu veux, on pourra même te faire une couronne de fleurs, si on en trouve assez, rajouta Chris qui commençait à sourire narquoisement. Elle allait bien s'amuser à l'emmerder celui-là, elle le sentait.
- Vous voulez mourir prématurément ou quoi ? demanda-t-il agacé par les deux filles
Chris et Edel pouffèrent.
- De toute façon, tu comptes nous tuer, non ? commença l'aînée
- Alors autant emmerder notre futur bourreau, termina la cadette en riant.
Le jeune homme baissa son arme et regarda les deux filles, qui souriaient goguenarment, d'un air blasé.
- Je sais vraiment pas ce qui me retient de vous laisser ici mais si je faisais ça, le grand manitou râlerait... dit-il plus pour lui que pour les filles à tendance suicidaires
Chris ne pût s'empêcher de répondre à ça.
- On est si importantes que ça ? Oh, je suis flattée.
L'asiatique leva les yeux au ciel.
- Fermez-là et ramenez-vous si vous voulez sortir d'ici, répondit-il sèchement en se tournant vers là où il était arrivé.
Edel et Chris se concertèrent d'un rapide coup d'oeil et décidèrent de suivre le garçon. Après tout, elles n'y perdaient rien et elles devaient bien avouer qu'elles s'amusaient beaucoup à l'emmerder. Si elles pouvaient continuer tout en atteignant la sortie, c'était plus que parfait pour elles. C'est tout sourire, surtout narquois comme sourire, qu'elles se mirent en route.
Sauf qu'elles déchantèrent vite. Malheureusement, elles n'eurent pas le temps de lancer d'autres piques au jeune homme car, premièrement, celui-ci s'était mis à courir et il leur était difficile de parler en même temps qu'essayer de le rattraper, il courait à une allure qu'elles n'arrivaient pas du tout à suivre, et deuxièmement, le trajet ne fut pas tellement long que ce qu'elles pensaient de prime à bord. Parfois, quand ils traversaient certains couloirs du dédale, une impression de déjà vu s'emparait des deux filles, comme si elles étaient déjà passées par là mais elles mirent ça sur le compte que tout devait se ressembler dans un endroit pareil.
Edel estima qu'il devait s'être passé un quart d'heure, tout au plus, depuis le moment où ils s'étaient mis à courir et qu'elle s'était dite que ce labyrinthe était très mal entretenu vu tout le lierre qui s'accumulait sur les murs.
Le garçon courait bien plus vite qu'elles si bien qu'elles commencèrent à s'essouffler rapidement. Chris était, avec son sac qui commençait à peser sur don dos, légèrement derrière Edel dont le visage pâle était devenu rouge à cause de l'effort qui elle-même suivait tant bien que mal leur guide. Ce dernier ne semblait pas le moins du monde épuisé et semblait connaître le trajet par coeur, n'ayant pas la moindre hésitation quand différents choix de chemins s'ouvraient à eux. Il avançait parfois tellement vite que la plus jeune, irritée par le fait que celui-ci ne fasse même pas attention à les attendre, eut envie de lui faire un croche-pied. Mais Chris qui arriva à sa hauteur l'en en empêcha, lui faisant comprendre d'un regard qu'elles se vengeraient plus tard.
Ils tournèrent une nouvelle fois à droit et quand les deux filles virent ce qui se trouvait au détour de cet énième embranchement, elles soupirèrent de soulagement. Une grande ouverture dans les murs gigantesques laissaient apercevoir un endroit où des personnes et deux ou trois bâtiments se trouvaient. Motivées par cette vision de ce qu'elles pensaient être la sortie, elles piquèrent un sprint et rattrapèrent l'asiatique qui n'avait, encore une fois, pas pris la peine de regarder si elles le suivaient.
Elles arrivèrent tout juste à le rattraper tandis qu'ils franchirent tout trois l'ouverture. Alors que les deux filles pensaient être sorties du labyrinthe, elles durent se rendre à l'évidence qu'il en était tout autre. Ils se trouvaient dans un grand endroit avec, certes, d'autres personnes qui semblaient travailler et quelques bâtiments assez rudimentaires mais le lieu était encadré de murs gigantesques. Ceux du labyrinthe... Elles étaient plus enfermées qu'autre chose.
Les deux filles n'y croyaient pas. Elles pensaient se retrouver dehors mais au final, elles étaient emprisonnées. Chris rit nerveusement et Edel avait une nouvelle fois l'impression de suffoquer.
- C'est sympa cette " sortie "... souffla à peine audiblement l'aînée à sa cadette, d'une voix teintée d'angoisse.
La plus jeune répondit par un bruit semblable à un gémissement tout en grimaçant. Elle avait déjà compris que si on ne les avait pas conduites à la sortie, c'était qu'il n'y en avait pas. Cette déduction rendit ses mains moites et elle sentit ses membres tremblés. Elle avait une vraie peur bleue de se retrouver prise au piège quelque part.
Chris sembla remarquer son mal aise car elle essaya de la réconforter du mieux qu'elle put, alors qu'elle ne la connaissais pas depuis plus d'une heure, même si il fallait avouer qu'elle aussi ne se sentait pas très bien, une angoisse la rendant tendue.
Toutes deux n'avaient pas encore remarqué qu'elles s'étaient simplement arrêtées à l'entrée du labyrinthe et que l'asiatique qui les avait emmenés là les avait laissées seules. Elles n'avaient as non plus remarqué que plusieurs garçons avaient arrêté leur travail lorsqu'ils les avaient vu arrivées avec l'autre garçon. C'est seulement lorsque celui-ci revint vers elles accompagné de deux autres personnes, un garçon noir et un blond, qu'elles se rendirent compte qu'elles étaient au centre de l'attention. Chris devint vite agacée de sentir tout ces regards sur elle tandis qu'Edel ne savait pas où donner de la tête, ne supportant pas toute cette soudaine attention. La plus âgée eut l'impression que les garçons qui les observaient n'avaient jamais vu de filles de leur vie. Elle chercha dans l'assemblée une personne de sexe féminin mais n'en trouva pas. Elle compris alors mieux pourquoi ils les regardaient de cette façon-là. Elle prit le bras d'Edel pour l'attirer vers elle.
- Fais attention à toi, ce sont sans doute tous des chiens en chaleurs.
En entendant ça, la plus jeune rigola franchement et se détendit. Sa peur n'était pas encore totalement partie et elle avait encore ce sentiment désagréable d'emprisonnement mais elle se sentait déjà mieux grâce à Chris. Cette dernière se détendit elle aussi. Le rire de la gamine, comme elle l'appelait, lui avait fait se sentir mieux. Elle voulut redire quelque chose à Edel mais l'asiatique accompagné des deux autres garçons vinrent se planter devant elles. Celui qui était noir devait être le chef étant donné que ses deux autres acolytes étaient légèrement en retrait par rapport à lui.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-il d'un air méfiant;
Tout un groupe de garçons s'était rassemblé autour d'eux pour ne rien rater de la conversation. Les deux jeunes filles voyaient qu'on les désignait du doigt et qu'on chuchotait en leur jetant des coups d'oeil. L'agacement de Chris atteignit son paroxysme. Ils commençaient vraiment à la pousser à bout. Tant pis pour eux, ils allaient subir ses foudres et elle vit Edel qui, elle aussi, en avait plus que marre de tout ce cirque. Ils allaient vraiment le regretter.
- Jean-Yves Delacroix, déclara-t-elle avec un grand sourire.
- Et Philiberte, continua la plus jeune en se désignant tout en les fusillant d'un regard noir, un sourire figé sur son visage.
Elles entendirent tout autour d'elles des rires, ce qui agrandit leur sourire face à cette réussite. Par contre, leur présentation n'eut pas l'air de plaire au supposé chef qui fronça les sourcils et grommela quelque chose dans sa barbe inexistante tandis que le garçon blond derrière lui riait franchement et que l'autre esquissa un sourire.
- Je vous avais prévenu que c'était des cas, celles-là, dit ce dernier.
Les derniers éclats de rire s'estompèrent vite et les deux jeunes filles sentirent la pression des regards leur retomber dessus. La bouche d'Edel lui sembla pâteuse, les regards incessants des autres la rendant nerveuse. Son sourire s'effaça, comme celui de Chris, et son visage reprit un semblant de sérieux. L'aînée, elle, fixait sans baisser le regard les trois garçons, essayant aussi bien qu'elle le pouvait de ne pas laisser son stress la submerger.
- Plus sérieusement, reprit le noir, après quelques instants, en croisant les bras, qui êtes-vous et qu'est-ce que vous foutiez là-dedans ?
Il désigna le labyrinthe d'un coup de tête sans les quitter du regard, son air renfrogné lui faisant toujours froncer les sourcils. Les deux filles se concertèrent d'un coup d'oeil.
- Bon, bon... Je m'appelle Chris...
Elle aurait bien voulu répondre une nouvelle fois par une pique mais elle se fit violence pour ne pas le faire, surtout dans un moment pareil où son angoisse grimpait en flèche.
- Et je suis Edel.
Elle se pinça les lèvres et vit Chris du coin de l'oeil qui tirait la moue. Elle décida alors de chuchoter rapidement aux garçons qu'elle était désolée pour la blague de tout à l'heure afin d'apaiser la légère tension présente.
- Vous n'avez toujours pas répondu à ma deuxième question.
Chris voulu dire qu'elle n'en savait absolument rien mais elle ne put pas émettre le moindre son que le garçon la coupa.
- En fait, il y a quelque chose de plus important que j'aimerais savoir, dit-il d'une voix que la jeune fille considéra comme orageuse, Comment. Comment est-ce que vous avez échapper aux Griffeurs sans y laisser votre peau.
Toutes deux ne surent quoi répondre, regardant avec leur yeux écarquillés le garçon. Elles ne comprenaient absolument pas de quoi il parlait et se demandait réellement qu'est-ce qu'était un Griffeur vu le silence de mort qui s'était soudainement abattu sur l'assemblée à la prononciation de ce mot.
- Euh... un.. un quoi ? balbutia Edel encore trop abasourdie par la question posée assez sèchement et le silence pesant.
- Ne faites pas les ignorantes ! s'énerva-t-il. Vous savez très de quoi je veux parler et vous auriez plutôt intérêt à nous dire comment vous avez survécues si vous ne voulez pas qu'on vous balance de la Falaise.
Le garçon ne rigolait pas. Il fit un pas menaçant vers elles, sans doute à cause de son énervement, pensa la plus jeune qui sentit son aînée se tendir à ses côtés. Heureusement pour toutes les deux, la garçon blond posa une main apaisante sur l'épaule de son ami.
- Laisse-les un peu souffler. Tu ne crois pas qu'elles sont déjà effrayées comme ça pour que tu leur fasse encore plus peur ?
Le supposé chef se calma bien que son air renfrogné soit toujours constant. Chris se demanda si il pouvait se dérider.
- En plus, je ne crois pas que ce soit le bon endroit pour parler de tout ça, rajouta-t-il en lançant un regard vers la foule de garçons rassemblés.
Des protestations se firent entendre un peu de tout les côtés. Les deux filles pouvaient entendre que certains voulaient savoir ce qu'on ferait d'elles. D'autres, qui devaient sans doute ne pas pouvoir les voir, demandèrent à regarder à quoi elles ressemblaient et à savoir si c'était réellement des filles et d'autres encore dirent qu'il n'y en avait que pour des matons, mot que les deux filles ne comprirent pas.
- Vous n'avez pas d'autres choses à faire que de rester planter là, bande de tocards ?! héla l'asiatique
Quelques derniers légers grognements leur parvinrent aux oreilles tandis que l'assemblée se dispersa, chacun retournant à son activité respective. Edel sentit un poids en moins sur ses épaules, elle s'était enfin calmée. Même si il restait encore les trois autres garçons, son stress était parti, bien qu'elle ne sache comment agir avec ceux-ci. Chris, elle, ressentait tout à fait l'inverse. Elle était plus angoissée qu'autre chose. Quant tout les autres dans la foule les observaient, elle se sentait capable d'user de sa répartie, ne voulant pas paraître ridicule aux yeux de tous. Après tout, ce n'est pas parce qu'elle était une fille qu'elle était faible et sans défenses. Elle pensa même qu'elle devait être plus virile que tout les mecs présents, sans trop savoir pourquoi. Mais tout en gardant une belle part de féminité. Se lancer de temps en temps des fleurs est bon pour le moral, non ? pensa-t-elle.
Enfin bref, maintenant qu'ils étaient tout les cinq, elle ne savait plus trop quoi faire. Elle se doutait bien que l'heure des réponses était arrivée mais elle avait comme un ressentiment par rapport à ça. Un blanc se fit sans que les deux jeunes filles se sachent quoi dire.
- Euh... fut la seule chose intelligible qu'elles sortirent de leur bouche.
Edel regarda tout autour d'elle, recommençant à être mal-à-l'aise à cause du silence perturbant. Elle vit les trois garçons chuchoter à voix basse entre eux, devant elles. Alors que la plus jeune avait enfin trouvé quelque chose à dire et ouvrit sa bouche pour parler, le noir l'interrompit avant même qu'elle n'ait parlé, une sale manie chez lui pensa-t-elle.
- On discutera de votre cas demain, les portes vont bientôt se fermer.
L'aînée haussa un sourcil interrogateur en entendant ça. Elle n'avait vu aucune portes en arrivant.
- Pour l'instant, dit-il à l'attention des deux autres garçons, emmenez-les au gnouf.
Quand elle entendit ce mot, Edel ne sut pas très bien pourquoi mais elle sentait qu'elle n'allait pas aimer cet endroit.
J'espère que vous avez aimez ! N'hésitez pas à dire si vous avez aimé ou détesté, si vous haïssez Chris ou Edel ou au contraire, les adorez. J'essayerai de poster le prochain chapitre ce week-end.
