-Mec, regarde toi. T'a fait quoi hier soir? répéta Kyle

-J'avoue que t'a des putins de cernes. renchérit Stan

-Seriez vous mes deux mères lesbiennes adoptive ?

Le blond remit son casque orange sur ses oreilles. Il écoutait de la musique de vieux. Ho, vous savez, quand ses potes lui demande ce qu'il écoute il change rapidement et met souvent du rap. Mais la plupart du temps. Il écoute des chansons... de la musique qui tien au cœur, celle qu'on écoute du soir au matin sans s'en lasser, de la musique qui fait du bien. Pas de la bouillis de supermarché. De la musique qui remonte le morale et qui vous réchauffe. En ce moment c'est du Jacques Brel, une valse à mille temps. Soit dit en passant, selon lui Jacques Brel avait un rythme bien plus fou que n'importe quel rappeur. Quand il le regardait chanter, pris à fond dans sa tirade il restait subjugué. Tout ça pour dire qu'en ce moment il était au self avec ses potes. Au moins un endroit où il pouvait manger un repas entier.

-Kenny ! Hé, l'asocial j'te cause ! Putin, Kenny !

Cartman criait tellement fort que même un troupeau de vache serait passé inaperçue à côté de lui. Kenny remit calmement sa capuche, prit son plateau et parti. Ses amis surpris se turent. Même Cartman avait tiqué. Finalement, il haussa les épaules et grogna quelque chose comme:

-nanmaispff tarlouze...

À la fin des cours, dans le bus, Kyle n'insista pas pour que son ami dépréssif s'asoie à côté de lui. Il n'avait pas vu de visage plus triste que le sien. Ses traits pourtant souvent teintés d'un sourire narquois n'était aujour'hui que tristesse. Sous ses si jolies yeux bleu, des cernes se dessinaient. Et dans son cou... Attendez, dans son cou... un suçon était posé là, oui. Putin de merde. Le rouquin bouillonnait de colère. Il était jaloux bien sûr, mais il n'allait pas aller voir son pote en lui demandant avec qu'il avait couché hier soir. Tandis qu'il réfléchissait intensément le bus se stoppa. Et il vit le blond descendre lentement. Ni une ni deux il se mit à sa poursuite. Il sortit du bus en catastrophe et le suivit discrètement jusque chez lui. Il se planqua rapidement derrière un arbre et regarda son blond galéré à monter par la gouttière en s'aidant d'un muret. Il entra par la fenêtre de sa propre chambre et redescendit quelques minutes plus tard avec son sac sur les épaules, un couteau entre les dents. Kyle continua son petit jeu et suivi Kenny jusqu'à la plage. Le rouquin se sentait de plus en plus mal pour son ami. En route il s'était enfilé un sandwich qu'il avait volé dans une supérette. Il regarda autour de lui, enfonça sa capuche et s'assit sur un banc. Il était allé loin de chez lui pour ne croiser personne du lycée supposa il. Dommage... Il s'approcha du banc.

-Mec, si t'a besoin de bouffe ou de quoi que ce soit t'aurait dù me demander.

-Qu'est ce que tu fou là ? Ses yeux bleus accusateurs s'était posés sur lui

Le rouquin décida de jouer la carte de la sincérité.

-Je t'es suivi.

-Q... Quoi ? completement perdu il regardait partout autour de lui. Tu fais souvent ça, suivre des gens ?

-Non seulement les blonds qui ont des problèmes... et qui s'apelle Kenny.

-Ecoute, je sais pas ce que t'a vu mais...

-Je t'es vu entrer chez toi par la fenêtre de ta chambre ce qui signifie que tu ne peux plus rentrer chez toi et je t'ai aussi vu voler de la bouffe au super U ce qui veux dire que t'a plus de quoi bouffer non plus.

Kenny soupira.

-Explique moi, s'il te plait.

Kyle s'assit à côté de lui. Il prit la main de son ami qui rougit et se retira brusquement. Après un long silence il daigna ouvrir la bouche.

-Mon père... enfin, comment expliquer ? On s'est embrouillés et il avait bu. Il devient violent dans ces cas-là et... bon c'est parti en couille, il m'a frappé. Je me suis barré. Je lui ai dit qu'il ne me reverra plus jamais. J'ai pas vraiment dormis hier soir.

-Ça explique les cernes, mais pas le suçon.

Kenny se toucha le cou, il était maintenant rouge pivoine. Les larmes lui montaient aux yeux.

-Ha heum j... je... c'est... ses paroles étaient devenues des sanglots il se grattait la tête et évitait le regard de Kyle.

-prend ton temps, respire. Le rassura le rouquin

-C'est Craig, je suis tombé sur lui, j'avais nulle part où aller et j'avais bu...

Il éclata en sanglot et répondit à l'étreinte que lui proposait son ami. Il se maudit intérieurement de parler aussi facilement. Il ne voulait pas qu'il sache, il ne voulait que personne ne sache tout ça. Et en même temps il avait désespérément de quelqu'un pour en parler. Il aurait aimé aller voir un psy mais c'était trop cher pour lui.

-Je veux pas qu'on pense "ho regarde c'est le pauvre Kenny".

-Je ne pense pas ça de toi ! T'es courageu et tout sauf un pauvre gras ! C'est... C'est fou je ne peux pas te l'expliquer, il y a quelque chose en toi. T'est beau, tu es juste. Tu es toi.

Kenny releva la tête. Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Les yeux dans les yeux...

-C'est vraiment gay hein dit il dans un faux rire.

-Si Cartman nous voyait il dirait qu'on est des grosses tarlouzes.

Le blond ricana rapidement et plongea son regard dans celui de son rouquin. Se rapprocha, lentement et Kyle scella le baisé. C'était doux et sucré. C'était beau. Désesprérément beau. Ils se regardèrent, puis le silence se brisa.

-Je veux que ce moment dure toujours.