Résumé : Alors comment va se dérouler cette première opération…
Opération : Marions-le
Chapitre 3 : Opération : comment convaincre un Weasley
En cette froide matinée d'hiver, quelque part dans la campagne anglaise, dans une petite maison à l'aspect douteux, qui semblait tenir debout par une ruse ou un sortilège de magie particulièrement brillant, une discussion des plus animées résonnait dans la cuisine, enfin discussion pour quiconque se trouvait à plusieurs kilomètres de l'endroit en question, car si vous, observateur indiscret, vous vous trouviez à l'instant même dans cette charmante et accueillante pièce, à quelques mètres des cinq personnes présentes, vous auriez plutôt parlé d'hurlements et de vociférations enragés…
« QUOI ! NON MAIS, C'EST VRAIMENT N'IMPORTE QUOI !
- Calme-toi, Charlie, on a vraiment tout prévu. Ne t'inquiète pas.
- QUE JE ME CALME…
- Silencio. »
La brillante petite sorcière brune aux cheveux ébouriffés, très, mais très légèrement exaspérée, belle-sœur du dit Charlie qui hurlait à en crever les tympans de toute cette honorable assemblée, venait de régler, du moins temporairement, son problème, à savoir, un mal de tête persistant qui semblait s'accroître au fur et à mesure de la conversation particulièrement civilisée qui se tenait à l'abri des regards indiscrets dans le but de changer la face du monde des sorciers. L'opération marions-le s'avérait de plus en plus complexe et quelque part, l'intelligence et la perspicacité de la jeune femme lui faisaient craindre que ce n'était que le début des péripéties, trouver à son meilleur ami la personne parfaite pour partager sa vie et son lit, risquait d'être beaucoup plus complexe et problématique qu'elle ne l'aurait cru au premier abord, vraiment beaucoup plus compliqué. Et la dernière heure passée à entendre les récriminations de son beau-frère lui faisait quelque peu regretter son choix.
« Tu ne trouves pas que tu exagères quelque peu, ma Mione.
- Certainement pas Ron, laisse-moi parler, chéri. Bien, Charlie, je lèverai le sort de Silencio quand tu te seras un peu calmé et que l'on pourra parler plus posément avec toi. Nous allons t'expliquer notre plan et si après tu ne souhaites toujours ne pas te joindre à nous, nous trouverons une autre solution, mais réfléchis-y bien avant car nous pensons sincèrement que tu as tout à y gagner, et en l'occurrence, le tout, dont nous parlons présentement, c'est bien entendu un charmant jeune sorcier brun aux yeux verts, magnifique, brillant, gentil, adorable, sexy et intelligent. Alors je ne pense pas que tu serais bien à plaindre si notre plan aboutissait. Vraiment pas ! Il serait peut-être donc plus logique que tu nous remercies au lieu de t'égosiller comme cela !
- Elle n'a pas tort, Charlie. Et puis, quoi que tu en penses, c'est logique que nous ayons pensé à toi. Pas la peine de faire ses yeux là, je te jure que je le pense, c'est, on ne peut plus, évident. C'est même mon idée si tu veux tout savoir. D'abord, vous vous entendez très bien, vous êtes souvent sorti ensemble au cours de ces deux dernières années. Tu l'as vu à l'œuvre dans tous les sens du terme, tu sais très bien à quel point il en a assez de tous ces mensonges et simulacres de relations, de tous les bellâtres qui lui tournent continuellement autour. Il veut visiblement autre chose et c'est là que commence notre opération 'marions-le', Harry mérite vraiment d'être heureux. Tu le connais depuis très longtemps, tu l'as vu et aidé pendant le combat contre Voldemort. Nous pensons que quoiqu'il en soit, Harry a besoin d'une personne qui le connaît parfaitement, qui ne le prendra pas pour un héros mais qui le verra tel qu'il est réellement, qui ne le mettra pas sur un pseudo piédestal.
- Et tant qu'à trouver quelqu'un pour lui, autant que ce soit quelqu'un de la famille, Georges est, on ne peut plus occupé avec son cher Lee, enfin quand il daignera l'en informer véritablement, et à ce que je sache, tu n'es pas indifférent, loin s'en faut au charme de notre petit survivant, n'est-ce pas Charlie ? »
Le pauvre Charlie, qui fulminait littéralement de s'être fait avoir comme un débutant par sa chère belle-sœur, si talentueuse soit-elle, secouait énergiquement sa tête de gauche à droite, niant farouchement la dernière affirmation de Fred… Comment cela il n'était pas insensible au charmant petit minois du nouveau et splendide professeur de Défense contre les Forces du Mal de Poudlard… Non, il n'avait pas pensé à l'instant qu'Harry était splendide, et puis d'abord, c'était un fait objectif, quiconque, homme comme femme, se trouvait devant ses magnifiques yeux émeraudes, ces cheveux bruns en bataille, cette petite taille fine mais musclée, ce teint légèrement hâlé, ne pouvait s'empêcher de baver littéralement sur l'Elu du monde des Sorciers, ce n'est pas pour autant qu'il éprouvait des sentiments pour le jeune homme, il n'était pas aveugle, c'était tout ! Et en parfaite possession de ses moyens, Merlin soit loué… Il aurait fallu être au moins aussi froid et austère que Snape pour ne rien éprouver et pour rester de marbre face à Harry. Oui, il n'y avait bien que leur ancien Professeur de potions pour regarder cette bombe de charisme comme s'il s'agissait de son pire cauchemar, en soulevant un sourcil sarcastique et ironique. Bref, son esprit s'égarait sans doute quelque peu. Ces trois frères et Hermione le regardaient attentivement, guettant une accalmie, ils pouvaient toujours attendre là.
« Oh, je t'en prie, Charlie, tu ne vas pas nier le fait qu'Harry est très exactement le genre de mec que tu apprécies, il est en plus brillant, adorable, sexy comme l'a dit Hermione, alors tu ne nous feras pas croire que tu n'éprouves pas un petit coup de cœur pour lui, surtout vu tout le temps que vous avez passé ensemble avant que tu ne retournes pour la Roumanie. Tu ne nous feras pas croire que cette idée ne t'est jamais venue en tête, on ne te croirait pas une seule seconde. Nous en avons parlé hier soir à Fleur et Angie, et elles sont toutes les deux d'accord avec notre plan. Quant à Bill, il a affirmé que l'on avait bien raison de te choisir. »
Charlie aurait volontiers hurlé, bien sûr il ne le pouvait pas. Est-ce qu'il avait un jour dit qu'il adorait sa chère belle-sœur, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, n'est-ce pas ? Autant pour lui, alors. Pour parfaire la situation, ces quatre petits rigolos n'avaient rien trouvé de plus judicieux que d'en informer tous les membres de la famille ? Perdu pour l'espoir de les faire changer d'avis... Pitié, faites qu'ils ne l'aient pas encore annoncé à leur mère ! Ou il était mort, définitivement mort, les faire-part de mariage devaient déjà être sur le point d'être envoyés la connaissant. Et pourquoi pas une annonce en Une de 'la Gazette des Sorciers' ou de 'Sorcier têtu', au moins ils auraient enfin eu un vrai scoop : « Charlie Weasley, très célèbre dresseur de Dragon, a déclaré hier soir vouloir s'envoyer en l'air avec notre cher Survivant, pour de plus amples informations, nous invitons nos chers lecteurs à lire en page 3, les interviews exclusives des proches de l'Elu, la réaction de Monsieur Potter, ordre de Merlin première classe, membre éminent du magenmagot, en page 2… »
Bon d'accord, que Fred le dise à Angelina n'était pas une franche surprise, mais qu'ils aient également prévenu Fleur et Bill. Là, ils avaient poussé le bouchon un peu trop loin ! Et comme de bien entendu, son grand frère n'avait rien trouvé de mieux que d'abonder dans leur sens. Des envies de meurtres se faisaient jour dans l'esprit du rouquin. Oui, il allait avadakedavriser Bill, notre cher dresseur de dragon répétait cette idée dans sa tête, se préparant d'ores et déjà à une terrible, mais juste revanche contre cet infâme complot. Et le hasard, le destin ou l'ironie du sort, comme vous voulez, avait toujours été quelque peu farceur avec lui, c'était donc alors qu'il maudissait à tout jamais sa soit disant famille qu'arrivaient dans la pièce Bill et sa chère et douce Fleur. Manquait plus qu'eux pour parachever le tableau, car il le savait pour en avoir suffisamment parlé avec son grand frère que ce dernier n'était pas dupe et ne lui avait jamais caché qu'il souhaitait un rapprochement plus concret entre lui et le sauveur du monde. Bill n'avait aucun doute sur l'inclination de notre rouquin et s'il se joignait au quatuor, il n'avait aucune chance de s'échapper.
« Alors, vous lui avez dit ?
- Oui, Bill et comme tu nous avais prévenu hier, il n'a pas été d'un grand enthousiasme et fait preuve d'une coopération plus que modérée. Mione a dû user de magie pour le calmer et le faire taire.
- Ah, c'est pour cela que les hurlements ont cessé, je croyais que vous l'aviez déjà convaincu. Je me disais aussi que ça aurait été prodigieux. Je vous l'avais dit, c'est une excellente idée, mais vous aurez vraiment du mal à le persuader, enfin si ça peut vous confirmer que c'est un très bon choix, Fleur et moi avons croisé Gin et Dean, ils sont d'accord pour nous aider ce soir dans notre opération.
- Charlie, ça va ? Respire, bordel ! Tu es tout rouge… Verbum »
Charlie venait de retrouver l'usage de la parole, il faut dire que sa mine quelque peu déconfite quand Bill avait précisé que leur jeune sœur était elle aussi au courant de leur fichu plan, lui avait fait réaliser… OH PITIE, pas maman !
« Pitié, dites-moi que maman n'est pas au courant de votre plan…
- Euh… En fait, je l'ai dit à papa.
- Ronald Weasley, dire que je te considérais comme mon frère préféré.
- Mais, il m'a promis de ne rien dire à maman pour l'instant, histoire d'être sûr que cela se passe bien entre Harry et toi.
- ET TU L'AS CRU ? Bande d'abrutis ! Juste une chose, la date de mariage est pour quand ? Vendredi prochain ? Jeudi ? Allez soyons fou, laissez-moi juste le temps de revoir mon amour infini ce soir, au moins une seconde avant de prévenir toute la communauté sorcière.
- Ne sois pas sarcastique, Charlie, nous ne ferons rien sans ton accord.
- Trop aimable, heureux de découvrir que la date de mon mariage reste une de mes prérogatives, Granger, oui, vous ne ferez rien sans mon assentiment, comme le fait de prévenir toute la famille, c'est vrai que j'ai l'air, on ne peut plus d'accord avec cela, n'est-ce pas ?
- Bien, au lieu de râler, écoute-nous. Nous cherchons une personne qui pourrait convenir à Harry et au vu de ce que nous savons de lui, et après tout qui le connaît mieux ici que Ron et moi, tu pourrais parfaitement convenir, c'est pour cela que nous avons organisé ce soir une petite fête pour célébrer ton retour de Roumanie, Harry n'est pas au courant que tu es revenu et il sera ravi de te revoir.
- Mais sérieusement, vous délirez tous totalement. Alors, carte sur table ! Ok, Harry est exactement le genre de personne qui pourrait m'intéresser, mais comme vous l'avez judicieusement remarqué, nous nous sommes beaucoup rapprochés au cours des deux dernières années, et jamais, oh grand jamais, il ne m'a vu autrement que comme un grand frère. Et vous pouvez me croire, je lui ai lancé quelques perches, je ne suis même pas sûr qu'il s'en soit rendu compte. Il n'est pas intéressé par une vraie relation, je ne sais pas pourquoi mais il y a probablement quelque chose qu'on ignore qui l'empêche de s'engager dans une histoire trop sérieuse, en tout cas, tous ceux avec qui je l'ai vu fricoter, n'étaient guère pour lui que des passe-temps plus ou moins agréables et il me voyait même pas comme une de ces plaisantes possibilités.
- C'est bien ce qu'on te dit, Harry ne t'a jamais envisagé comme une potentielle relation, charge à nous de faire en sorte qu'il te voit comme cela.
- Vous délirez complètement. Merlin, aidez-moi, ils sont tous fous !
- Charlie… »
Loin, très loin de cette discussion familiale animée où se jouait probablement l'avenir du monde sorcier, au fin fond de l'Ecosse, dans un parc encore sombre, le petit matin frais paraissait doucement à l'horizon. Dans la plus célèbre des institutions sorcières, la très prestigieuse école de sorcellerie de Poudlard, dans les cachots de ce château invisible aux yeux des moldus, se réveillait le terrible maître des Potions, cet homme était sans aucun doute l'enseignant le plus redouté et craint par des générations de petits sorciers et sorcières, sa légende était entretenue par les parents qui avaient pu découvrir, à leur plus grand désespoir, cet homme au cours de leur scolarité à Poudlard. Certaines mauvaises langues le comparaient souvent aux personnages de contes moldus qui faisaient frissonner d'effroi les petits enfants à la lecture de ces histoires légendaires, un mélange terrifiant entre le grand méchant loup et le père fouettard, toujours de noir vêtu. Peut-être que cette réputation était quelque peu surfaite mais cela lui valait une paix royale à ses cours alors il n'allait pas sans plaindre non plus. Enfin, une espèce de gryffondor, borné, le plus gryffondor de tous les gryffondors avait fait fi de cette légende, s'incrustant dans sa vie et surtout dans son lit. Le dit intrus remuait gentiment contre lui et se câlinait contre son corps, la tête enfouie dans le creux de son épaule.
« Debout Harry…
- Hmmm… Pas encore, s'il te plaît… Je suis fatigué, Sev.
- Potter !
- Hmmm… Moi aussi, je t'aime.
- Tu vas encore être en retard !
- Quel rabat-joie tu fais ! Je te signale que tu n'es pas prêt non plus, il me semble.
- Dois-je préciser que je n'ai pas besoin d'une heure pour me réveiller comme toi ? Allez ! A la douche !
- C'est une proposition, chéri ? »
Le bel endormi, les cheveux encore plus emmêlés regardait avec gourmandise son amant, se relevant légèrement, pour plonger dans les yeux sombres de son Maître des Potions, ses doigts glissaient en une caresse douce et aérienne sur le torse ferme et puissant de l'homme qui ne put retenir un haussement de sourcil sarcastique.
« Non, Potter, ce n'était pas une proposition. T'arrive-t-il de penser avec autre chose que ta libido ?
- Ben non, je te l'ai déjà dit, je ne suis pas comme toi, je suis jeune, plein de vie et je n'ai pas l'intention de me contenter de ma main alors que tu es là pour ça !
- Dis tout de suite que je suis vieux.
- Mais non tu n'es pas vieux, tu as juste l'âge d'être mon père.
- Refais cette remarque une seule autre fois et je te jure que tu t'en mordras vraiment les doigts, Potter.
- Et bien, c'est un simple constat, je suis là, à te caresser gentiment, je suis nu et tu ne fais pas grand-chose pour me démontrer quel jeune homme fringant tu es, pour me prouver ton entrain, Sev chéri.
- Te prouver mon 'entrain' ?
- Fais travailler ton imagination, Sev chéri, tu verras que je suis alors terriblement créatif quand on me lance des défis, personne ne s'est jamais plaint de mon 'enthousiasme' et il y a eu tout de même un certain nombre de…
- Je me passerais des précisions sur tes conquêtes passées, il me semble avoir été clair à ce sujet.
- Est-ce que je te reproche les amants que tu as eus pendant ces deux années d'absence ? Enfin, s'il y a eu des personnes aussi téméraires et courageuses que moi pour affronter le terrible Snape.
- Tu me fatigues, tellement, mon ange !
- Tu crois en plus que je vais te plaindre, dois-je te rappeler que plus des deux tiers du monde sorcier tueraient pour se trouver à ta place en ce moment.
- Que veux-tu ? Il faut de tout pour faire un monde, mais ne t'inquiète pas, je ne tuerais personne pour garder tes faveurs.
- Tu deviens vexant là, Sev chéri !
- Toi, vexé ? Laisse-moi rire… Bien je vais prendre ma douche, je te préviens si tu te rendors, je ne te réveillerais pas et tant pis pour toi si tu es en retard à tes cours, tu t'expliqueras avec Minerva mais je ne te couvrirais pas une autre fois.
- RABAT-JOIE…»
Alors que le grand et ténébreux brun se dégageait habilement de l'étreinte du plus petit et se dirigeait vers son armoire, Harry souriait largement et dévisageait le corps nu si parfait de son amant. Il se réinstalla confortablement dans les oreillers pour détailler plus précisément son Maître des Potions, sifflotant gentiment pendant que Severus saisissait une des ses innombrables robes noires, austères qui cachaient aux yeux de tous ce corps à damner un Saint, et il n'en était pas un, visiblement. Quelque part, les tenues de son amour lui évitaient de se faire trop de souci sur d'éventuels prétendants, il avait beau en plaisanter, ce n'était qu'une façade, il ne préférait pas savoir qui avaient pu partager ce lit pendant ces deux années où Sev l'avait repoussé hors de sa vie, car les personnes en question auraient inévitablement quelques petits problèmes avec lui s'il découvrait leur identité. Oui, il était plutôt jaloux, oui, Sev était à lui et il était hors de question qu'il le partage.
Alors que Severus entrait dans la salle de bain voisine, il entendit les grincements caractéristiques du matelas. Il ne donnait guère plus d'une minute à son cauchemar personnel pour le rejoindre pour…
Enfin, c'était sans compter sur des claquements de bec contre la fenêtre de la chambre de Snape qui alertèrent le jeune homme. Un petit hibou qu'Harry aurait pu reconnaître entre mille, répondant au surnom affectueux de Coq, tapotait sur les carreaux et sur ses frêles pattes était accrochée une missive, destinée au petit brun, comme quoi si ses amis ignoraient sa 'nouvelle' adresse la nuit, l'oiseau de ses meilleurs amis lui savait parfaitement où le Survivant passait ses moments délicieux. Coquecigrue que Ron prenait pour un hibou incapable de transmettre la moindre information convenablement, connaissait mieux Harry que ces deux meilleurs amis. A cette pensée, le petit brun eut un petit pincement au cœur mais d'ici peu, il aurait résolu ce petit problème, encore quelques semaines tout au plus et Sev serait à ses pieds, pour le demander en mariage devant tous ses amis, oui, cette fois, il ne lui échapperait pas, il avait tout prévu et si sa jeunesse et son impétuosité avait fait fuir son professeur autrefois, ce ne serait pas le cas maintenant, foi de Potter !
Harry récupéra prestement le message replié et indiqua au petit volatile une coupelle d'eau et quelques graines qu'il avait placées là sur le perchoir d'Hedwige ; il déroula le parchemin et reconnut aussitôt l'écriture de Ron :
« Harry,
Maman souhaitait organiser un repas avec tous ceux du Phénix, histoire de se retrouver comme avant. Bien sûr tu es invité ce soir au terrier à partir de vingt heures, il y aura presque tout le monde, la famille, Tonks, Remus, Fol œil, Kingsley et Luna… Georges devrait venir accompagné de son cher Lee. On ne sait pas encore si Blaise pourra se joindre à nous. Peux-tu inviter pour maman Snape et Minerva ?
Et puis, il y aura une surprise pour toi, une personne particulière, mais je ne t'en dis pas plus… Envoie moi ta réponse si possible avant midi, Mione me tuera si tu ne viens pas (pense à ton vieux frère sur ce coup).
Passe le bonjour aux autres professeurs, désolé pour la corvée d'invitation auprès de Snape, mais tu m'ôtes une grosse épine du pied car j'ai encore un millier de choses à faire et à préparer pour ce soir.
A ce soir, très affectueusement, Ron.
P.S. : j'espère que Coq t'aura trouvé assez facilement, j'ai essayé de te prévenir par ta cheminée, mais tu n'étais encore pas chez toi ! Ce n'est pas très sérieux, Harry, tu m'avais pourtant dit que c'était fini les bêtises. »
Il déposa le parchemin sur la table de nuit et souriait, alors comme ça, ses amis avaient prévu une surprise ! Il avait décidément bien manœuvré à leur dernière rencontre : « Non, ça ne va pas très fort, moi en ce moment, je ne sais pas, je voudrais, enfin… Vous êtes heureux ensemble, et puis Fred et Angie, Gin et Dean, Bill et Fleur, même d'une façon très particulière Georges et Lee, moi, je suis seul et… Bref, j'en sais rien… » Il aurait mérité un prix d'interprétation pour cette représentation du parfait cœur brisé, manquait plus que la petite larme écrasée, et il avait réussi ce petit exploit en se pinçant rudement sous la table… Absolument parfait et à peine vingt-quatre heures plus tard, la dernière étape de son plan s'enclenchait grâce à sa ruse magistrale, finalement, il devait reconnaître que le choixpeau avait peut-être en partie raison et qu'il aurait eu sa place chez les Serpentards. Voilà, le puzzle se formait parfaitement. Mais là en l'occurrence, un charmant maître des Potions au corps si tentant l'attendait sous la douche et il avait un besoin urgent de… Fêter sa réussite… Et puis pas besoin de lui parler tout de suite du repas chez les Weasley, il savait d'ores et déjà qu'il allait fulminer à l'idée d'une soirée entourée de tous ces parfaits Gryffi et encore, il n'avait aucune idée de ce qui se tramait… Merlin, la soirée serait passionnante, son cher Professeur pouvait compter sur lui pour que ce soit inoubliable, dans tous les sens du terme. Saisissant rapidement, un morceau de papier, il griffonna un court message pour ces meilleurs amis :
« Ron, Mione,
Je serai bien sûr là, j'ai hâte de découvrir votre surprise, j'ai croisé à l'instant Severus et il accepte de venir, je vous tiendrais au courant pour Minerva mais je crois qu'elle a une réunion ce soir au ministère.
A ce soir, Harry. »
Il accrocha le parchemin aux pattes du petit hibou qui s'envola aussitôt au travers des fenêtres des cachots. Harry regarda l'animal devenir un point à l'horizon avant de se retourner en direction de la salle de bain, il ouvrit délicatement la porte et se glissa derrière Sev, se hissant sur la pointe des pieds, déposant un tendre baiser sur l'omoplate du grand homme alors que l'eau chaude ruisselait sur leur corps :
« J'ai failli attendre Potter, qu'est-ce que tu fichais ?
- Rien d'important, rien d'important, mon cœur. »
Le plus grand n'attendit pas davantage et poussait assez brusquement le plus jeune contre la paroi de la douche, dévorant de baisers le cou, sa bouche remontant vers la mâchoire avant d'atteindre le lobe que Severus mordilla et suçota avidement. Harry se cambrait sous les caresses, sur les délicieuses attaques de ces lèvres. L'eau chaude glissait le long de son corps enfiévré par les attouchements sensuels, prodigués sur son torse et ses côtes. Il ne put retenir un gémissement plus prononcé quand son maître des Potions plaqua plus violemment son corps contre le sien, il sentait le sexe de Sev frapper contre son ventre lorsque cette bouche si talentueuse plongea finalement dans la sienne. Ce baiser était inouï, violent, passionné, inquisiteur, impérieux. La langue de Sev, épaisse, habile, humide, était dans sa bouche comme en terrain conquis, elle le fouillait et jouait avec son homologue avec délectation. Parfois, il se demandait comment il avait pu vivre sans toutes ces sensations pendant ces deux terribles années. La première fois qu'il avait franchi le pas et qu'il s'était jeté sur Severus au cours d'un entraînement très musclé où son maître avait été particulièrement odieux et mesquin, il avait su, une évidence, il n'y avait que lui et il n'y aurait jamais que lui, son odeur, son goût, son souffle contre sa peau, tout en lui l'électrisait. Un hoquet le fit revenir à la situation présente, deux doigts particulièrement habiles s'étaient glissés en lui et avaient frappé prodigieusement sa prostate, transformant son corps en une espèce de compote, il se liquéfiait au fur et à mesure des allers et venues de la main droite en lui alors que de son autre main, Sev caressait le sexe déjà douloureux en de doux mouvements. Harry ne pouvait s'empêcher de gémir et le sourire narquois que lui lança alors son amour, le frustra un peu plus.
« Sev, s'il te plaît…
-Oui, mon ange ?
- Oh, je t'en prie, viens… Tout de suite… J'en… Peux plus…
- Pardon ? Que désires-tu ? Sois plus clair, mon ange ?
- PUTAIN Sev, arrête ton manège, j'ai… Bordel ! »
Sev se détacha alors du corps de son amant sans rien dire, laissant son ancien élève totalement perdu. Le plus vieux attrapa le gel douche et s'en mit une petite noisette dans le creux des mains et l'étala lentement, presque sadiquement sur son torse, en de légères caresses, avant de descendre langoureusement sur son membre érigé, faisant de longs va et vient. Les yeux d'Harry étaient hypnotisés par le spectacle de son Maître des potions se caressant de façon obscène et indécente. Harry était tellement subjugué qu'il n'avait pas un seul instant bougé, son corps était resté collé contre la paroi froide et humide de la cabine de douche, il ne parvenait pas à retrouver son souffle, une respiration calme, il haletait, soupirait. Après plusieurs minutes d'un silence absolu, Sev se rapprocha de nouveau d'Harry et lui murmura sensuellement, dans un souffle chaud au creux de son oreille.
« Es-tu prêt ?
- Et comment ! »
Sev souleva le petit brun, le prenant par la taille, le plus jeune noua ses jambes instinctivement derrière son dos. Sev s'enfonça en lui en une seule poussée, le jeune homme hurla profondément en un cri qui sembla mourir au fond de sa gorge, sa tête retomba en arrière, ses yeux s'étaient clos et son corps tremblait, répondait par soubresauts aux mouvements de plus en plus violents et frénétiques qu'imprimait Severus. Il sortait complètement et le pénétrait à nouveau plus fort, plus profond. C'était tout simplement trop, tout simplement parfait. Il se contracta autour du sexe qui le perforait, le déchirait, et se répandit sur le ventre, l'eau, la chaleur moite, la buée sur les vitres le laissaient dans une brume cotonneuse. L'autre continua ses mouvements, encore, encore et encore avant de se tendre et de l'envahir au plus profond de lui. Terrassé par cet orgasme, ils s'écroulèrent dans le bac de la douche, jambes et bras emmêlés inextricablement, leur respiration encore douloureuse et sifflante, un sourire doux et repus apparaissait sur le visage du jeune brun alors que son professeur déposait un dernier baiser contre son cou.
« Je… Whaoo… C'était vraiment pas mal, pour un vieux…
- Potter, la prochaine fois, tu te contenteras de ta main…
- Au fait, j'ai oublié de te dire, on est invité chez les Weasley ce soir, j'ai déjà répondu que tu venais.
- Et tu t'es bien gardé de me le dire quand je t'ai demandé ce que tu avais fabriqué.
- Simple oubli, mon cœur…
- Ne…
- Chut, on a encore une petite demi-heure, il me semble… »
Alors qu'un jeune homme brun réputait pour être une bombe de charisme et de sensualité se jetait une nouvelle fois au cou de son amant, quelque part dans une maison peuplée d'une famille de rouquins célèbres pour leur action auprès du Survivant au cours de la dernière guerre, une discussion opposait toujours un beau dresseur de dragon au corps des plus torrides à toute sa famille.
« Alors, tu es d'accord ?
- Est-ce que j'ai le choix ?
- Non, mais tu n'as surtout rien à perdre, on ne sait jamais.
- Vous vous trompez juste sur un point, il ne me verra pas autrement que comme son grand frère.
- L'avenir le dira, et de toute manière, nous n'abandonnerons pas ! L'opération 'marions-le' doit aboutir, tout le monde est d'accord ? »
Tous en chœur, la famille Wealsey presque au grand complet, acquiesça au propos de la plus brillante des sorcières de sa génération.
A suivre...
