Troisième partie

Au fil des semaines qui suivirent, les répétitions suivirent leur cour. Après le premier enchaînement non officiel, les éléments de costumes, d'éclairages et de décors furent intégrés au fur et à mesure pour le plus grand plaisir des comédiens. Le jeu de tous les acteurs sans exception s'étant grandement amélioré, William commença à se détendre et cessa tranquillement de prendre de notes.

Arriva enfin la première répétition générale, celle dans laquelle les musiciens et un chœur allaient être ajoutés. Comme Collins l'avait prévu, Élisabeth réussi à charmer tous le monde avec sa voix douce et émouvante. William fut particulièrement charmé et désormais convaincu de tenir un succès entre les mains.

Une semaine avant la première, il convoqua officiellement tous les acteurs et distribua le texte des trois fins possibles de la pièce. Il les mit rapidement en scène les unes après les autres et s'amusa énormément en entendant les commentaires des comédiens au sujet de la fin qui leur semblait la plus judicieuse ou plausible.

12 jours plus tard, c'est la catastrophe. En sortant de chez lui pour se rendre au théâtre, George fut victime d'un accident de voiture et se retrouva à l'hôpital avec vilaine fracture à la jambe droite.

-William! As-tu appris la nouvelle? S'enquit Charles en téléphonant à son ami tout de suite après avoir été prévenu par monsieur Chandler.

-Oui, je viens de laisser Caroline à l'instant. Ils en ont parlé à la radio.

-Il est confiné au lit. Il ne pourra pas jouer Medley.

-Qu'est-ce qu'il a au juste?

-Une vilaine fracture à la jambe droite.

-Justement ce dont nous avions besoin. Ironisa William en roulant des yeux. Il va falloir trouver quelqu'un pour le remplacer...

-Impossible de trouver quelqu'un à deux jours d'avis. Se découragea Charles.

-Je sais bien... Nous allons devoir retarder les représentations d'au moins une semaine...

-J'ai une idée qui pourrait nous épargner d'en passer par là...

-Elle a besoin d'être géniale ton idée.

- Et si tu le remplaçais le temps qu'on mette la main sur un autre acteur….

-Tu n'y songes pas sérieusement? Je ne suis pas monté sur scène depuis le collège... D'ailleurs je ne connais pas le texte…

-William, tu as bien assez de talent pour interpréter le rôle de Medley! Quant au texte, tu en connais déjà les deux tiers... Pour le reste, tu n'as qu'à demander aux acteurs de t'aider.

-Je critique, mais au fond, je sais bien que tu as raison. C'est de loin la meilleure solution. Je n'ai qu'à me consacrer au texte pour les deux prochains jours et je devrais être prêt pour la première.

-Sans aucun doute.

-Quant à toi, tu passes le bottin des acteurs au complet afin de nous dénicher la perle rare. Dès que tu auras trouvé l'acteur idéal, je le ferai répéter et nous l'intégrerons à la pièce aussitôt que possible. Bon, il faut immédiatement que je te laisse et que je convoque les acteurs au théâtre. Certains doivent déjà être au courant. Viendras-tu nous y rejoindre... Je pense que j'aurai besoin d'être dirigé et je ne fais confiance qu'à toi.

-J'arrive et je ramasse Caroline en passant.

-J'appelle les autres. À cet après-midi Charles.

Arrivé au théâtre à 10h00, c'est-à-dire bien avant les autres comédiens à qui William n'avait rien dit d'autre que de se pointer vers 13h00, le metteur en scène s'empressa de prendre sa copie du texte et de l'étudier attentivement. Il fut le premier étonné de constater qu'il connaissait déjà presque l'ensemble de son texte et que tout ce qui lui manquait se rapportait aux mouvements et aux déplacements de son personnage.

Vers 11h00, il se rendit au local des costumiers espérant que Jane Bennet serait encore là. Heureusement pour lui, cette dernière y travaillait encore et passait en revue l'ensemble des corrections que les couturières devaient encore réaliser avant la première. Une fois prévenue par William de l'accident de George et de son intention de remplacer temporairement l'acteur blessé, Jane s'empressa de prendre les mesures du metteur en scène et de les comparer avec celles de l'autre acteur afin d'évaluer l'ampleur des ajustements à faire.

-Vous êtes simplement plus grand que George, William. Corriger le tout sera facile. Ne vous en faites pas, je m'en occuperai personnellement.

Quittant le théâtre pour aller s'acheter un sandwich, William préféra aller manger dans le petit parc qui se trouvait en arrière du théâtre afin de se changer les idées.

«Dans quoi est-ce que je m'embarque?» Se questionna-t-il avant de réaliser que la seule chose qui le préoccupait vraiment, c'était la réaction d'Élisabeth Bennet.

Il avait beau avoir eu la confirmation qu'elle avait dormi chez George au début des répétitions lorsqu'elle avait aidé ce dernier à apprendre son texte, jamais par la suite, il n'avait été témoin d'échanges d'affection, ni de signes flagrant d'intimité autre que ceux que les deux acteurs eurent à reproduire sur scène et qui étaient prescrits par leurs rôles.

Et voilà qu'il allait devoir prendre la place de George concrètement, dans la réalité et non plus seulement dans ses fantasmes. Parce que des fantasmes, Élisabeth en avait éveillés tant et tant chez lui qu'il se demandait même aujourd'hui, comment il avait bien pu faire pour se retenir de faire les premiers pas en l'invitant à sortir.

Tout en terminant son sandwich, il ne put chasser de son cœur la joie qu'il éprouvait à l'idée de se retrouver sur scène avec elle alors qu'il allait pouvoir assumer par personnage interposé l'attirance qu'il éprouvait pour elle sans avoir à supporter les conséquences désastreuses qu'une réelle aventure entre eux susciterait nécessairement.

Son lunch terminé, il retourna s'asseoir dans la salle de théâtre et constata que plusieurs acteurs étaient déjà arrivés. Charlotte arriva la dernière en même temps Élisabeth.

Tout en sachant – après les avoir entendu chuchoter en eux - que la plupart des acteurs était déjà au courant pour l'accident de George, William monta sur scène et prit la parole : Bon, voilà, si je vous ai tous demandés de venir cet après-midi, c'est pour une raison bien spéciale. Je vais vous paraître brusque, mais je dois vous apprendre que l'un de vos collègues a eu un accident de voiture et qu'à cet effet, il ne pourra plus participer à la pièce. Il s'agit de George Wickham. Toutefois, rassurez-vous, sa vie n'est pas en danger. Il souffre à cause d'une vilaine fracture à la jambe.

Nous sommes présentement à la recherche d'une personne qui pourra le remplacer, mais en attendant que nous trouvions la perle rare, les producteurs et moi avons décidé que je devais assumer ce rôle tant et aussi longtemps que cela sera nécessaire. Je ne vous cacherai pas que j'ai la trouille, et qu'il me faudra obtenir votre aide à tous et à toutes. Je vous ai préparé un nouvel horaire en fonction des scènes qu'il me faut répéter. Nous y passerons l'après-midi, la soirée et toute la matinée de demain. La seule pause que je vous accorde est dans l'après-midi de demain. Profitez-en pour vous reposer en prévision de la première demain soir. Je suis bien conscient de l'effort supplémentaire que je vous demande, mais compte tenu de la situation, vous devez convenir avec moi que nous n'avons pas le choix.

-Personnellement, je considère comme un honneur de jouer avec toi William. Susurra Caroline en levant la main.

-Merci, Caroline. Bon alors, si vous n'avez pas d'objections, nous allons commencer la répétition. Charles sera notre metteur en scène et me fera reprendre les scènes dès qu'il jugera cela nécessaire.

Pendant le reste de l'après-midi, alors qu'il répète pour la première fois en compagnie des autres acteurs, William dut très souvent s'arrêter pour annoter son texte et reprendre ses répliques. Bizarrement, toutefois, chacune des scènes qu'il dut jouer avec Élisabeth coulèrent de source. Il constata alors qu'il n'avait aucun problème de texte, ni de déplacements lorsqu'il devait lui donner la réplique, alors qu'il éprouvait beaucoup de difficultés à se concentrer avec Caroline.

Ce fut d'ailleurs au moment où William pratiquait l'une des scènes cruciales avec Élisabeth que Charles les arrêta, incapable de mettre le doigt sur ce qui ne fonctionnait pas.

-William, tu veux bien descendre dans la salle et venir me trouver? Lui demanda-t-il, mal à l'aise.

Après avoir pris le temps de s'excuser auprès d'Élisabeth, William descendit les marches situées à l'avant scène au pas de course et s'approcha de Charles : Alors, qu'est-ce qui ne va pas?

-La fin doit être changée... Lui apprit-il avec gêne. Tu interprètes Medley comme George aurait dû le faire. C'est étrange à dire, mais la fin initiale doit être restituée.

-Hein. Tu es bien certain? Je ne sais pas si c'est une bonne idée... Admit-il en se brassant les cheveux avec impatience. Que ferons-nous si le remplaçant de Wickham, joue de la même façon que lui? En fait, explique-moi comment deux acteurs jouant le même rôle n'arrivent pas au même résultat?

-Je n'ai pas eu très souvent l'occasion de voir Élisabeth et George répéter ensemble, mais je crois tout de même que la dynamique entre elle et lui est bien différente que celle qui existe entre elle et toi.

-Comment est-ce possible?

-Je crois que c'est parce qu'il existe une «tension» entre vous deux. Je ne peux pas l'expliquer autrement.

- Donc ça ne tient à rien…

-Je l'ignore, toutefois il n'en reste pas moins que si jamais nous sommes malchanceux et que je n'arrive pas à mettre la main sur un nouvel acteur, tu n'auras qu'à tenir le rôle jusqu'à la fin. De toute façon, tu le rends mieux que Wickham alors...

-Alors, ça non, Charles. Il n'en est pas question. Je ne veux pas tenir ce rôle là plus d'une semaine. S'emporta William sachant très bien qu'il ne pouvait pas expliquer à son ami à quel point le fait d'endosser le rôle d'un amoureux, le confinait à se languir de la jeune femme lorsqu'il se séparait d'elle ensuite.

Mettant fin à son échange avec Charles, William remonta sur scène et reprit la scène avec Élisabeth, là où ils s'étaient arrêtée. En les observant tandis qu'ils continuaient à enchaîner les scènes de séduction, Charles s'étonna de voir les deux comédiens éprouver de la gêne à se toucher sans savoir que cela contribuait justement à rendre les scènes plus crédibles. À la fin du premier acte, Charles se déclara absolument ravi de la performance des deux jeunes gens et ne se gêna pas – de son côté – pour le leur faire savoir.

-Vous faites vraiment un beau couple!

Après avoir réalisé quelques autres bonnes répétitions, William exigea tout de même qu'un dernier enchaînement soit réalisé durant la matinée de la première au grand dam des comédiens qui auraient vraiment préféré profiter de la journée pour se reposer et se préparer mentalement.

Lorsqu'ils furent tous réunis à 13h00 précises le jour tant attendu, William monta sur scène et prit la parole : Mes amis, je suis conscient que nous devrions tous être en train de nous reposer en prévision de la première, mais je vous demande un dernier effort. Vous aurez le reste de l'après-midi pour vaquer à vos occupations personnelles. Je vous remercie de votre collaboration et tiens à vous dire que je suis fier d'avoir travaillé avec chacun de vous.

Les acteurs applaudirent spontanément William. Tout en acceptant les acclamations de l'ensemble des membres de la production, William pointa en direction de Charles Bingley afin de faire comprendre à tous qu'il souhaitait que son ami soit inclus dans les remerciements.

-Merci à tous! Déclara Charles en se levant à son tour. Allez maintenant vous mettre en place. Vous avez cinq minutes avant le lever du rideau.

N'eut été du terrible «blanc de mémoire» qui terrassa William durant le premier acte, la générale fut une réussite parfaite. En effet, juste au moment où il était prévu qu'il embrasse Élisabeth en tant que Medley à la fin de la deuxième scène, William se contenta de rester debout devant elle à la dévisager bêtement. Comprenant qu'il avait besoin d'aide, Élisabeth essaya de lui faire comprendre en lui jetant un regard équivoque qu'il devait l'embrasser. Lorsqu'à son expression confuse elle comprit qu'il ne saisissait toujours pas, elle n'eut d'autre choix que de lui chuchoter: Embrassez-moi.

-Pardon? S'enquit-il à voix basse avant de revenir brusquement à la réalité et franchir la distance qui le séparait d'elle pour s'emparer de ses lèvres.

Charles qui assistait à ce troublant moment bien installé au centre de la salle se mit à sourire, comme s'il venait de mettre le doigt sur un détail amusant: «Il est en train de succomber à son charme...»

Le soir même, après la grande première, c'est le triomphe. Le public était euphorique. Les acteurs furent acclamés, le texte comparé à l'un des plus grandes pièces de la décennie alors que la mise en scène fut qualifiée comme étant à la fois audacieuse et ingénieuse.

Une fois que les spectateurs eurent quittés la salle, William rassembla les acteurs sur scène et les invita à prendre un vin d'honneur en présence des deux producteurs.

Dès qu'il en eut l'occasion, Charles attira William à l'écart pour lui mentionner qu'il avait peut être trouvé l'acteur idéal pour le remplacer : Que dirais-tu de Richard, ton cousin? J'ai vérifié auprès de lui et je sais qu'il est disponible présentement. S'il en est une qui peut jouer dans le même registre que toi, c'est bien Richard Fitzwilliam, non?

-Eh, mais c'est une excellente idée. Géniale même! Et tu dis qu'il est disponible? Voyant que l'auteur acquiesce, William s'empresse d'ajouter : Je vais l'appeler ce soir. Merci Charles.

-William chéri! L'agressa la voix hystérique de Caroline qui arrivait près d'eux en martelant rythmiquement la scène à l'aide de ses talons aiguilles. Tu as été extraordinaire ce soir. J'aime beaucoup te donner la réplique. Je disais justement aux producteurs qu'ils devraient te faire signer un contrat pour remplacer Wickham pour toutes les représentations.

-Je refuserais. Lui opposa William en faisant un signe discret à Charles afin que celui-ci s'occupât de sa sœur. Le metteur en scène ne comptait plus le nombre de fois qu'il avait dû se résoudre à utiliser le fameux signe qu'ils avaient choisi ensemble afin de faire comprendre à l'autre qu'il souhaitait se débarrasser d'une femme. Heureusement que Charles ne prenait pas mal de le voir se servir de leur signe secret alors qu'il s'agissait de sa sœur. Après tout, il n'ignorait pas à quel point celle-ci pouvait devenir envahissante et collante. Je n'ai pas été engagé comme acteur et ça ne m'intéresse pas…

-J'imagine que si tu avais plus de scènes avec moi, tu changerais d'idée…

-Qui sait...? Répondit évasivement William.

-Dommage qu'il ait fallu changer la fin à nouveau? Je préférais celle où nous partions ensemble...

-Laisse-moi t'expliquer Caroline… L'interpella Charles créant ainsi sans effort l'opportunité que William attendait pour s'éclipser.

Passant d'un groupe à l'autre, William s'intéressa au plus haut point à ce que le directeur musical William Collins racontait à Élisabeth Bennet : Élisabeth mon choux, tu dois absolument chanter professionnellement... Tu verras demain matin... La presse sera entièrement de mon avis...

-Et pas seulement la presse... Ajouta William prenant la jeune femme par surprise. Alors, mademoiselle Bennet, pas trop fatiguée?

-Bien sûr que je suis éreintée... Et vous monsieur Darcy, avez-vous trouvé un remplaçant? S'enquit-elle d'une voix pleine d'espoir.

-En fait, pour dire vrai, je crois bien que Charles est sur une bonne piste... Alors ne vous en faites pas. De toute façon je n'aime pas assez jouer pour tenir le rôle jusqu'à la fin.

-Personnellement, je préfère votre jeu à celui de Wickham. S'interposa Collins. Quelque chose se passe entre vos deux personnages. Il s'agit de quelque chose qui n'existait pas lorsque Wickham jouait le rôle... J'en discutais justement avec Caroline et Charlotte hier soir. Nous nous disions que le personnage de Julie est beaucoup plus intéressant lorsqu'il est soutenu par votre Medley...

-C'est peut-être à cause de la ressemblance qui existe entre monsieur Darcy et Medley.

-Cette remarque ressemble à tout sauf à un compliment... Commenta William en dévisageant la jeune femme.

-Ne dit-on pas qu'un auteur prend toujours ses proches comme modèles? Insinua-t-elle avant d'ajouter en voyant William froncer les sourcils : Vous devez admettre que le rôle de Medley vous va comme un gant.

-Qu'êtes-vous en train de dire à propos de mon personnage préféré? L'interrogea Charles en s'imposant dans leur petit groupe.

-Mademoiselle Bennet prend un malin plaisir à le confondre avec moi... Lui expliqua William.

-Oh, c'est assez étonnant, puisque pour développer ce personnage je me suis plutôt inspiré d'une femme. Sentant tous les regards converger vers lui, Charles s'exclama : Oh non, ne me regardez pas ainsi, je suis un gentilhomme et à cet égard, je ne vous révélerai pas son nom.

-Vraiment? Vous vous êtes inspiré d'une femme? Je suis bouche-bée…

-Je la connais? S'enquit William.

-Je vous l'ai dit, sur ce sujet, je resterai muet! Se tournant finalement vers Élisabeth, Charles lui demanda : Alors mademoiselle Bennet, allez-vous être capable de résister à la tentation d'aller acheter le journal dès l'ouverture des kiosques?

-Moi, certainement... Mais j'ai beaucoup de sœurs... L'une d'elle l'achètera, une autre m'appellera et une troisième me dira si je peux sortir de chez moi ou non... Termina Élisabeth satisfaite du rire qu'elle venait de faire naître dans leur petit groupe.

La voix de monsieur Chandler interpellant les deux William, provoqua alors la dislocation de leur quatuor. Restée seule avec l'auteur, Élisabeth attendit qu'il lui posât la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu'elle avait évoqué ses sœurs.

-Jane ne devait-elle pas venir ce soir?

-Si, elle viendra plus tard. Elle avait une réunion ce soir...

-Ce n'est pas facile d'essayer de la voir... Lui confia le jeune homme avant de prendre congé d'elle pour aller retrouver un autre groupe.

Le lendemain, les journaux furent essentiellement unanimes... Les critiques y parlaient de révélation inattendue et de succès prodigieux. Le talent d'Élisabeth Bennet fut reconnu à l'unanimité. Celui de Caroline redécouvert. Certains critiques osèrent même mentionner la chimie particulièrement présente qui émergeait de la rencontre entre les deux personnages principaux. Les plus audacieux allèrent même jusqu'à émettre l'hypothèse que les deux acteurs formaient un couple dans la vie.

«Seule l'intimité dans la vie peut expliquer une telle chimie sur scène!» Titrait plusieurs articles.

On plaçait ensuite une photo de William immortalisant à jamais "le regard" que posait sur Julie, un Medley amoureux. Cette fameuse photo fit la manchette de plusieurs journaux en fait. Le répondeur d'Élisabeth se remplit de messages d'amis et de journalistes qui voulaient obtenir plus d'informations non seulement sur la pièce, mais également sur sa prétendue relation amoureuse avec William Darcy.

Élisabeth était donc de très mauvaise humeur lorsqu'elle se dirigea vers le théâtre le lendemain de la première. Dès qu'elle aperçut William, elle se précipita vers lui et lui coupa la parole.

-Avez-vous trouvé un acteur pour vous remplacer? J'en ai assez de devoir répéter à tous que nous ne sommes pas un couple! S'emporta-t-elle vivement.

-Eh, calmez-vous mademoiselle Bennet. Ce battage publicitaire n'a rien à voir avec moi... pas plus qu'avec vous d'ailleurs. George aurait tenu le rôle que vous auriez eu à faire face aux mêmes problèmes...

-Pfff!

-Et pour répondre à votre première question… Et bien oui, c'est fait! Nous avons trouvé un remplaçant Il s'agit de mon cousin, Richard Fitzwilliam. Il arrive d'Angleterre cet après-midi et possède déjà sa copie du texte. Vous allez donc devoir commencer à répéter avec lui dès demain après-midi. Si tout va bien, il se substituera à moi officiellement à la fin de la semaine. Alors, avez-vous d'autres questions?

-Non, je vous remercie ça me va très bien… Ajouta-t-elle avant de tourner les talons pour regagner sa loge.

Les dernières représentations auxquelles William participa en tant qu'acteur se passèrent bien. Richard était enfin arrivé et répétait activement les scènes qui le concernaient. Heureusement pour tout le monde, Élisabeth et lui s'entendaient comme larrons en foire. Lorsque celui-ci remplaça totalement William, Élisabeth fut soulagée. William, quant à lui, redécouvrit le plaisir de pouvoir s'installer parmi les spectateurs et regarder la pièce dans son ensemble. Assis avec le public, il s'amusait à écouter les commentaires des gens et constata que tous sans exception tombaient sous le charme d'Élisabeth et de son cousin Richard.

Un soir qu'il était assis seul dans la dernière rangée et qu'il écoutait l'air de rien les propos de ceux qui l'entouraient, William réalisa qu'il était directement installé une rangée derrière les mères de Charlotte et d'Élisabeth. Ces dernières venaient manifestement tout juste de se rencontrer grâce aux efforts de leurs deux filles.

William n'eut d'autre choix que d'écouter une conversation qui se révéla à la hauteur de la catégorie à laquelle appartenaient les deux femmes : Des commères.

-Vous ne devez pas connaître Jane, mon autre fille, qui a également participé à la production? Demanda madame Bennet à la seconde. C'est elle qui a fait les costumes.

-Non, mais Charlotte m'a beaucoup parlé d'elle. Elle est très occupée semble-t-il?

-Elle est très ambitieuse plutôt. Je crois qu'elle aime l'argent. Elle accepte constamment de nouveaux contrats...

-Charlotte me disait que l'auteur de la pièce s'intéressait à elle.

-Pas autant que je le voudrais, malheureusement. Je passe mon temps à dire à Jane de lui accorder plus d'attention. Cet homme est si prolifique qu'à lui seul, il pourrait la faire travailler sans arrêt. Il pourrait même écrire des rôles sur mesure pour Élisabeth. Maintenant qu'elle est lancée.

-Ah, si seulement les enfants écoutaient plus leurs parents.

-Comment Charlotte trouve-t-elle l'expérience?

-Elle est enchantée. Elle apprécie beaucoup le metteur en scène. Elle dit qu'il est très professionnel.

-C'est drôle, Élisabeth est plus réservée à son sujet. Elle m'a dit que c'était un excellent metteur en scène, mais que dans la vie, il lui était arrivé de tricher pour arriver à ses fins...

Ni l'une, ni l'autre ne fut en mesure de se rendre compte que William s'était figé dans son siège. Si elles avaient pu se retourner à ce moment là, elles auraient pu voir un homme devenir rouge si rapidement qu'elles auraient été tentées d'appeler l'assistance médicale du théâtre. Ne pouvant en supporter davantage, William se leva et se rendit dans le hall du théâtre là où il ne restait que quelques spectateurs. Il se pinça la joue, tenta de calmer sa respiration puis se mit à marcher de long en large.

«De quel droit! Comment ose-t-elle dire une chose pareille? Se demanda-t-il sans arrêt. George lui aurait-il raconté quelque chose? Se rembrunit-il à nouveau. Mais quoi? Il n'y a qu'une chose de sûre et c'est qu'il s'est donné le beau rôle, c'est évident!» Explosa-t-il en faisant surprenant Charles qui arrivait près de lui à ce moment là.

-William, qu'est-ce qui se passe? Voyant que celui-ci ne semblait pas être en mesure de parler encore, il s'enquit : Pourquoi n'es-tu pas en train de regarder le spectacle? Ça vient de commencer?

-J'avais besoin d'air… Je ne pouvais pas rester assis là. Bredouilla William après avoir exhalé un long soupir.

-Pourquoi?

-Figure toi que je me suis retrouvé assis derrière la mère d'Élisabeth et de Charlotte. Grimaça-t-il en reprenant son souffle. S'approchant ensuite de son ami, William lui mit les deux mains sur les épaules, le regarda gravement dans les yeux et s'enquit : Charles, quels sont tes sentiments envers Jane Bennet? Répond-moi franchement, veux-tu? Insista-t-il.

-Bien, je suis très attiré par elle, mais pour l'instant je ne peux rien te dire de plus puisque je n'arrive même pas à la voir. Lui apprit Charles tout penaud. Mais quel est le rapport entre mes sentiments et la présence de ces fem…

-Parce que c'est par ces deux commères que j'ai appris que Jane allait te mener en bateau Charles! Lui apprit William la bouche déformée par la colère. Madame Bennet se vantait à madame Lucas des nombreux engagements que Jane récoltera en étant officiellement avec toi. Et, insista-t-il de l'opportunité qu'elle gagnerait ainsi de t'influencer afin que tu écrives des rôles pour Élisabeth, entre autre…

-Je n'arrive pas à y croire... C'est impossible! Protesta Charles.

-Je ne te rapporte que ce que j'ai entendu de mes deux oreilles... Et ne t'en fais pas... Tu n'es pas le seul en cause, pour ma part, je sais enfin ce que mademoiselle Bennet pense de moi. Si elle m'apprécie sur le plan professionnel, c'est tout le contraire dans la vie.

-Ouais… C'est un coup dur... J'avoue avoir un peu de mal à avaler cela...

-Charles, sache que je suis désolé d'être le porteur d'une aussi mauvaise nouvelle, mais je m'en serais voulu très longtemps si j'avais gardé ça pour moi... D'ailleurs qui sait, sa mère se trompe peut-être sur la nature des sentiments de Jane à ton égard?

-Jane serait plus empressée à obtenir un rendez-vous avec moi si c'était le cas. Mais non, tu as bien entendu je crois. Après tout, je te l'ai déjà dit, nous n'arrivons pas à nous voir... Elle est toujours prise, en tout cas, c'est ce qu'elle dit...

-Allons, viens t'asseoir avec moi, allons regarder la pièce ensemble pour une fois. Nous en reparlerons après la représentation.

Les deux hommes pénétrèrent doucement dans le théâtre. William repéra leurs places, guida Charles vers celles-ci, puis se concentra sur ce qui se passait sur scène. Ils arrivèrent juste avant l'instant que William préférait entre tous, c'est-à-dire au moment où Élisabeth chantait pour la première fois. Au fil des représentations, son jeu et sa voix étaient devenus encore meilleurs. Comme pour lui donner raison, la salle entière était suspendue à ses lèvres et les quelques secondes de silence qui régnèrent au terme de la chanson vinrent témoigner du profond respect que l'actrice avait su susciter chez le public.

J'ai tout donné tout laissé pour arriver ici

J'ai joué, refoulé mon amour, mes envies

jusqu'à ce qu'il vienne

jusqu'à ce qu'il prenne

ce que je ne peux plus donner

ce que je ne veux plus garder

Gagné lui-même par l'émotion, William jeta un coup d'œil en direction de madame Bennet pour découvrir que celle-ci déployait beaucoup d'énergie dans le but de faire savoir à tous ses voisins que la merveilleuse actrice qui venait de les éblouir était sa propre fille. Exaspéré au plus haut point, William se tourna vers Charles.

-Madame Bennet? S'enquit celui-ci qui n'avait rien perdu non plus des efforts de la commère.

-Oui! Chuchota-t-il à son tour : Charmante hein? Mieux vaut que tu ne sois plus mêlé à cette famille-là, n'est-ce pas?

-Tu as raison...

Quelques semaines plus tard…

Les dernières semaines de représentations se passèrent bien et rares furent les occasions où les acteurs purent revoir le metteur en scène. Sa présence se limitant maintenant à assister uniquement à la dernière représentation de la semaine, se rendre en coulisse donner son "feed-back" aux acteurs puis de rentrer chez lui.

Le soir de la dernière, tous œuvraient au démontage puis, à la demande des deux producteurs, se présentèrent à la fête de clôture. Des fleurs furent offertes à toutes les comédiennes, une bouteille de vin de grand cru aux acteurs et un présent tout spécial fut remis tant au metteur en scène qu'à l'auteur. De leurs côté, tous les artistes à avoir travaillé dans l'ombre, furent également récompensés de leurs efforts. Après un long et pénible discours prononcé par le premier producteur, la musique prit la relève et une piste de danse improvisée s'organisa peu à peu.

Élisabeth accepta de danser avec William Collins sachant très bien qu'elle allait devoir accepter qu'il la tienne fermement puisque tout chez lui se résumait à faire pression sur les autres.

-Vous permettez que je vous appelle un de ces jours pour réitérer mon offre d'association?

-Inutile, je ne changerai pas d'idée...

-L'expérience pourrait vous rapporter beaucoup d'argent Élisabeth...

-Oui, peut être, mais elle pourrait aussi ruiner mes chances d'obtenir de beaux rôles. Je ne tiens pas à être identifiée uniquement au chant et aux comédies musicales. Je désire interpréter des rôles dramatiques aussi.

-Avez-vous eu d'autres propositions jusqu'à maintenant?

- Mon agent m'a assuré que j'avais beaucoup d'auditions à passer dans les prochains jours. J'ai également été sélectionnée pour un projet de film... Mais rien n'est encore signé...

Élisabeth ne resta pas longtemps seule une fois cette danse terminée, puisque son partenaire de jeu, Richard Fitzwilliam lui en réclama une à son tour.

-C'est toujours triste de clore un spectacle n'est-ce pas? En tout cas, moi, je vais m'ennuyer de cette production... Vous êtes une grande actrice Élisabeth, le savez-vous?

-Euh, cinq pieds cinq, ce n'est pas si grand, je crois, Blagua-t-elle.

-Mon cousin vous a sûrement dit que plusieurs d'entre-nous seront en nomination pour les prix du théâtre. Mais je suis convaincue que vous seule irez sur scène chercher un prix... Bien que monsieur Darcy et Charles le méritent aussi...

-On voit bien que vous n'êtes pas allé au théâtre pendant votre séjour ici. Pour gagner, il faudrait être les seuls en nomination…

-Ça me peine de devoir partir si tôt, j'aurais bien aimé être à la soirée de remise des prix dans deux mois...

-J'irai chercher votre prix en votre nom si vous me le permettez...

-Vous me manquerez... Dites-moi Élisabeth, si vous venez en Angleterre un jour, promettez-moi de venir me rendre visite. Je serais heureux de vous faire visiter la région. Je demeure avec mon frère Fitzwilliam. William vous a sûrement déjà parlé de lui?

-Non. Je ne savais pas que vous aviez un frère... Est-il également du métier?

-Non, il est dans la comptabilité... Il jongle avec des millions.

-Et bien... qui sait... alors, oui, j'accepte, si comme vous dites, un jour je me retrouve dans votre pays, j'irai frapper à votre porte.

Le reste de la soirée s'écoula lentement et paisiblement. Élisabeth s'amusa à papillonner d'un groupe à l'autre, glanant des danses, des confidences, mais ramassant plusieurs numéros de téléphone. Elle remarqua toutefois, comme tous et chacun, que Charles et William quittèrent tôt. Lorsque Jane arriva enfin, peu après leur départ, elle s'attrista d'apprendre que l'auteur fut déjà parti.

Les semaines qui suivirent la fin de cette belle aventure s'écoulèrent plus lentement. Élisabeth passa une panoplie d'auditions, rendit visite à George Wickham avec sa sœur Lydia alors que celui-ci venait tout juste de réintégrer son appartement. Elles y retournèrent même à quelques reprises pour aider le jeune homme avec ses séances de physiothérapie et constatèrent avec joie qu'il faisait des progrès étonnants. Au bout de deux semaines, il put enfin laisser aller ses béquilles et recommencer à se déplacer normalement. Entre temps, Élisabeth dut refuser un ou deux contrats douteux qu'on lui offrait suite à certaines auditions qui lui avaient également semblé anormales.

Son avenir lui sembla alors tout sauf certain, jusqu'à ce qu'un beau matin, un producteur de film la contacte directement afin de lui offrir un rôle en or qu'elle s'empressa qu'accepter. Parallèlement à ce nouveau projet excitant, Charlotte et Élisabeth qui n'avaient jamais cessé de se voir, commencèrent à parler de la possibilité de créer un spectacle musical.

Deux jours avant la soirée de remise des prix du théâtre, qu'Élisabeth avait presque oubliée, elle reçu une convocation officielle de la part de l'académie à titre de nominée. Elle y apprit alors en jetant un œil sur le plan de la salle qui était envoyé en même temps que le carton d'invitation qu'il était prévu qu'elle soit assise entre William Darcy et Caroline Bingley. Son œil fut ensuite attiré par le nom de Charles Bingley qui était inscrit directement entre William Colins et Charlotte Lucas. Tenant le plan et le carton d'invitation dans ses mains, Élisabeth sursauta lorsque son portable vibra dans sa poche.

-Oui allô… Répondit-elle quelques secondes plus tard.

-Mademoiselle Bennet?

-Oui, qui parle? S'enquit-elle, n'ayant aucune idée de l'identité de son interlocuteur.

-William...

-Collins? Lui demanda-t-elle ensuite.

-Non. William Darcy.

-Oh, pardon, je ne vous ai pas reconnu..

-Comptez-vous assister à la cérémonie de remise des prix?

-Comme si j'avais le choix! Se contenta-t-elle de répondre.

-En effet... moi non plus.

Après un silence beaucoup trop long au goût d'Élisabeth.

-Vous vouliez me demander quelque chose? L'encouragea-t-elle, sentant qu'il hésitait.

-Oui. Enfin, j'aimerais vous inviter pour le lunch demain, si vous n'avez rien d'autre au programme… bien entendu.

-Demain midi? Hum, attendez. Laissez-moi consulter mon agenda. Euh, non, ça va. Je n'ai rien au programme... Enfin, rien avant deux heures trente. Je vous rejoins quelque part?

-Je peux également passer vous prendre si vous préférez?

-Non, ce ne sera pas nécessaire puisque je serai au centre ville dans la matinée... il vaut mieux que moi je vous rejoigne quelque part...

-Très bien. Je réserverai une table à l'express. Ça vous convient?

-Ça me va très bien, je vous y rejoindrai vers midi...

-Très bien. À demain midi alors.

-À demain.

Après avoir raccroché, Élisabeth ne savait plus quoi penser.

«Pourquoi m'invite-t-il à dîner?» S'interrogea-t-elle sans attendre de réponse évidemment. Elle s'écrasa sur le petit fauteuil qu'elle avait placé dans son entrée, mais encore une fois sursauta lorsque la sonnerie de la porte se fait entendre. Elle ouvrit la porte après avoir regardé à travers le judas pour s'assurer de l'identité de son visiteur et accepta la boite allongée qu'un livreur lui remettait en souriant. Une fois seule, elle ouvrit la boite et constata que celle-ci contenait une douzaine de belles roses rouges. Elle ramassa la carte qui était collée sur le couvercle et déchiffra le curieux message qu'on lui adressait.

"Pour connaître l'identité de votre précieux donateur, branchez-vous au site dont l'adresse figure au bas de cette carte et cherchez le nom des fleurs que vous venez de recevoir... À huit heures ce soir, un bouquet de …. vous attendra.

Dans la soirée, comme suggéré par son généreux donateur, Élisabeth se brancha et entra l'adresse url suggérée. Elle aboutit sur un site de discussion instantanée où les participants semblaient venir de partout à travers le monde. Jetant un œil sur la liste des participants actuels, elle constata que l'un d'eux avait comme pseudonyme RR pour Rose-Rouge. Elle s'inscrivit à son tour choisissant Éliza comme pseudonyme et envoya un message personnel au mystérieux Rose-Rouge

-Merci pour les fleurs Richard. Écrivit-elle d'entrée de jeu presque certaine qu'il s'agissait de lui.

-De rien, Éliza. Toutefois, je ne suis pas celui que vous pensez.

-Êtes-vous l'un de ses amis?

-Je dirais plutôt son émissaire.

-Je vous connais?

-Non!

-Mais vous connaissez Richard?

-Il le faut bien puisque c'est mon frère.

-Oh, votre nom commence donc par un F…

-Foui! Écrivit-il après quelques secondes. Richard joue au théâtre présentement. Il m'a demandé de vous souhaiter bonne chance pour demain.

-C'est gentil de votre part à tous les deux.

-Mon cousin sera présent à cette soirée?

-Oui, WD est également nominé.

-D'après mon frère, WD ne gagnera pas. Pas assez connu. Pas américain!

-Connaissez-vous son ami? L'auteur CB?

-Je ne l'ai vu qu'une fois! Mais je sais que mon cousin est toujours avec lui.

-Ils veillent l'un sur l'autre…

-WD est le plus protecteur des deux, je crois...

-Pourquoi? CB a besoin qu'on surveille ses fréquentations?

-Oui, justement. WD a récemment aidé CB à se débarrasser d'une jeune fille qui n'en voulait qu'à son argent.

-Oh…

-Personne n'est à l'abri…

-Savez-vous si elle faisait partie de l'équipe de production? Écrivit Élisabeth presque certaine que le frère lui parlait de sa propre sœur Jane sans le savoir.

-Je crois, oui. Mais ce n'était pas une actrice. Elle a crée les costumes... ou quelque chose comme ça.

-Comment votre cousin a-t-il découvert la supercherie?

-Il ne me l'a pas dit...

Se demandant comment mettre fin à cette embarrassante conversation, Élisabeth n'écrit rien pendant quelques secondes.

-Je vous ai offensée? Vous la connaissez peut être?

-Non, je réfléchissais. J'essayais de trouver de qui il s'agit, mais je me rends bien compte que je n'y arriverai pas...

-Avez-vous un message pour Richard?

-Oui, dites-lui que je pense souvent à lui et qu'il sera avec moi en pensée ce soir.

-D'accord.

-Veuillez m'excuser maintenant. Je dois aller voir une amie. Je vous laisse mon adresse courriel à tout hasard. Écrivez-moi de temps en temps pour me donner des nouvelles de vous deux.

-D'accord, merci et encore bonne chance.

-Merci. Écrivit-elle en tout dernier lieu avant de se débrancher.

«Il n'a pas idée à quel point il m'en faudra de la chance» Songea-t-elle avant de se rendre dans sa chambre où elle éclata en sanglots en pensant à Jane.

À suivre...

Alors, qu'en pensez-vous? Miriamme