Bonjour à tous!
Je vous remercie tous pour vos commentaires et encouragement, j'espère que ce nouveau chapitre va vous plaire tout autant que le reste de la fic. ^^
Bonne lecture!
~ Changement de genre ~
Partie III
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D'une manière générale, tous s'accordaient sans problème à dire que Lucius Malfoy était un bon professeur. Certains allaient même jusqu'à le qualifier de bénédiction pour l'école. En effet grâce à lui les élèves de Poudlard pouvaient enfin bénéficier de cours de potions dispensés dans le calme et la sérénité. Avec Lucius Malfoy, il n'y avait pas à craindre de se faire ramener plus bas que terre en cas d'échec, pas plus que se voir défavoriser par apport à d'autres suivant sa maison. Tout le contraire de son prédécesseur à ce poste, le professeur Snape.
Bien entendu, il y avait eu des craintes de la part des élèves sur le fait que le problème 'Snape' n'était que déplacé. Au début de l'année scolaire, les deux questions majeures qui avaient donné pendant un temps des sueurs froides à certains étaient: Lucius Malfoy va-t-il être une seconde terreur des cachots, totalement partial et favorisant la maison Serpentard? Et, Severus Snape va-t-il être aussi infernal en cours de défense contre les forces du mal que ce qu'il était en cours de potion?
La première question avait vite eu sa réponse. Lucius Malfoy était un professeur compétent et impartial. Pour la deuxième question, la réponse était un peu plus mitigée. Certes, croire que Severus Snape allait changer du tout au tout après la guerre et devenir un gentil professeur de DCFM tenait purement et simplement du délire, mais il y avait quand même eu du changement. Snape continuait à favoriser impunément la maison des verts et argents mais il semblait aussi plus détendu et engageant. À croire que d'avoir enfin pu obtenir ce poste tant espéré depuis des années avait quelque peu calmé ses nerfs, rendant la perspective de se rendre à ses cours moins cauchemardesque.
Ce changement de comportement, aussi subtil soit-il, fut aussitôt mis en relation avec le changement de poste. Hors si le professeur Snape s'occupait de la DCFM c'était parce que celui de potion était pris. Et le poste de maître des potions était occupé par nul autre que Lucius Malfoy. Lui-même amant du héros national Harry Potter. Et puis, si Harry Potter voulait faire sa vie avec cet homme c'était bien qu'au fonds c'était quelqu'un de bien. D'où la croyance profonde de certains que Lucius Malfoy était une bénédiction car, de fil en aiguille, lui seul avait pu réaliser l'exploit de rendre Snape moins désagréable à vivre.
Il était donc établi de manière générale que le professeur Malfoy était impartial et juste envers ses élèves. Hors, en ces jours tragiques où il était transformé en femme, la population de Poudlard eut la désagréable surprise de découvrir que sa colère était une plaie sur laquelle il ne valait mieux pas tomber. En deux semaines, Lucius avait donné tant de punition qu'il avait réussi à battre un record jusque là multi-centenaire à Poudlard. Plus personne n'osait plus se moquer des septième année de potion en sa présence sous peine de terribles représailles.
Le calme revenu dans sa salle de cours et les couloirs, on aurait pu croire que l'homme se serait calmé. Que nenni! Alors même que Poudlard retrouvait un semblant de sérénité, leur professeur trouvait le moyen de se disputer avec son compagnon, Harry Potter, faisant ainsi souffler un nouveau vent de terreur sur le cours de potion. Car il n'y avait aucun doute qu'une dispute de couple était à l'origine de changement radical d'humeur du blond. Lucius Malfoy était devenu aussi engageant que Severus Snape dans ses mauvais jours. Et Harry Potter, revenu depuis peu dormir dans la tour de Griffondor, avait l'air dans un tel état colère que des premières années de Poufsouffle s'étaient enfui en courant en le croisant un jour dans un couloir.
L'ambiance n'était clairement pas à la fête et les seuls à s'en réjouir étaient peut être les fans d'Harry Potter qui voyaient avec espoir la place se libérer auprès de leur héros.
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Ron touilla mollement son chocolat chaud avec sa cuillère. Depuis sa mésaventure avec Hermione quelques jours plus tôt, il n'avait plus envie de rien. Il s'était souvent repassé le déroulement de toute cette histoire dans la tête, se disant qu'il avait peut être mal fait quelque chose, qu'Hermione ne savait pas vraiment ce qu'elle faisait, qu'il aurait pu y mettre un peu plus du sien. Il cherchait n'importe quoi qui pourrait l'aider à relativiser cet évènement mais n'y arrivait pas.
Quelle que soit la manière dont il abordait le problème, cela ne faisait qu'amplifier sa colère et sa détresse. Il aimait Hermione. Il l'aimait vraiment. Ils s'étaient tournés autour pendant des mois avant de finalement s'avouer leurs sentiments et sortir ensemble. Et même là cela n'avait pas été facile, il avait fallu composer avec les défauts de chacun qui avaient tendance à taper sur les nerfs de l'autre, tout cela pendant une période trouble de guerre où chacun d'eux pouvait mourir à tout moment. Et pourtant, à force de persévérance, ils y étaient arrivé. Jusqu'à ce que tout parte en morceaux.
Hermione et lui avaient changé de sexe. Ce simple fait était déjà dur à accepter par Ron alors quand Hermione était venue le trouver pour faire l'amour il avait de suite refusé. Mais elle avait insisté, arguant que Ron n'avait pas confiance en elle, qu'il ne l'aimait pas. En fin de compte il avait accepté. En soit ça avait été une très mauvaise idée dès le départ. Il n'y avait rien pas grand chose à dire, ça avait été dans l'ensemble assez désagréable. À la fin le sourire d'Hermione lui avait fait comprendre qu'elle ne s'était rendu compte de rien alors il s'était tût.
Le lendemain, Hermione avait voulu recommencer. Cette fois il avait émit un refus catégorique. La colère avait pris le pas sur tout le reste et la demande de sa petite amie n'avait fait que mettre de l'huile sur le feu. Finalement, quand elle était revenue vers lui, elle s'était excusé pour son comportement, elle avait pleuré. Ron ne doutait pas que les regrets de la jeune fille soient sincères, mais il ne pouvait tout simplement pas pardonner. Peut être aussi parce qu'elle ne demandait pas pardon pour ce pourquoi il lui en voulait. Ron comprenait parfaitement qu'une première fois pouvait se révéler être une expérience assez douloureuse. Ce qui le mettait en colère, c'était qu'elle ne se soit rendue compte de rien. Il n'y en avait eu que pour elle et pas un instant elle ne s'était inquiétée de savoir s'il avait lui aussi pris du plaisir ou non.
Harry lui avait dit qu'il dramatisait un peu les faits. Que le manque de prévenance d'Hermione n'était en aucun cas intentionnel. Au fond de lui, Ron savait que son ami avait raison mais accepter que sa petite amie ait si peu de considération envers ce qu'il pouvait ressentir n'était pas facile.
Un peu plus loin, à la table des rouge et or, Hermione regardait son petit ami, bien parti pour devenir son ex petit ami, avec tristesse. Pas une fois malgré ses tentatives elle n'avait réussi à avoir une conversation avec lui pour s'expliquer. Le jeune homme la fuyait comme la peste.
Elle avait bien sûr cherché du soutien auprès d'Harry, souhaitant qu'il fasse l'intermédiaire entre eux pour arranger les choses, mais ce dernier avait vite coupé court à cet espoir. Ron lui avait entre temps tout raconté et Harry ne voulait pas prendre parti entre ses deux plus vieux amis. Hermione n'avait pu qu'accepter son choix d'autant plus que le jeune homme était d'humeur massacrante depuis plusieurs jours.
Hermione savait qu'il allait falloir du temps avant que Ron puisse lui pardonner son comportement mais l'attente était dure. Elle n'avait personne a qui confier ses problèmes. Harry était d'hors et déjà à exclure. Pansy filait tellement le parfait amour avec Draco que ça la rendait malade à l'idée même de lui parler du désastre de son couple. Giny était elle aussi à exclure car étant la sœur de Ron cela poserait forcement des problèmes. Mais voilà, à part ce petit cercle d'amis, il n'y avait personne à qui elle pouvait se confier sans que l'histoire ne se répète dans tout Poudlard. Et si cela venait à arriver, elle pourrait dire définitivement adieu à tout avenir avec Ron.
C'est donc avec de profonds regrets qu'elle regarda le jeune homme se lever de table et quitter la grande salle pour aller en cours. Encore une fois elle remarquait que son petit ami pourtant si glouton en temps normal n'avait presque rien mangé.
- Harry, appela-t-elle sortant son ami de ses pensées. Tu viens?
- J'arrive.
Les deux amis se levèrent et se dirigèrent à leur tour vers leur cours de potion. À croire que le sort s'acharnait sur le fameux trio infernal de Griffondor. La mine d'Harry s'assombrissait un peu plus à chaque pas en direction de leur salle de cours. Quoi qu'il se soit passé entre Harry et Lucius, le brun avait tout sauf envie de se trouver en sa présence. Hermione était bien tentée de lui demander pourquoi mais, vu son humeur, elle préférait s'abstenir. Inutile pour elle de se mettre son meilleur ami à dos en plus du reste.
Après quelques minutes d'attente devant leur salle de cours, Lucius arriva ouvrant la porte à la volée et adjoignant d'un geste sec les élèves à entrer. Debout derrière son bureau, le blond tenta d'accrocher le regard de son amant mais ce dernier ne leva pas les yeux vers lui et s'installa au fond de la classe. Avec un soupir, il ne put que se résigner à commencer son cours.
Depuis ce fameux soir où il avait frappé Harry, il n'avait pas pu une seule fois s'excuser proprement. Harry était en colère et refusait de se retrouver seul avec lui. La seule fois où il avait réussi à coincer le jeune homme dans un couloir désert, Lucius s'était fait remettre assez sèchement à sa place par un Harry lui demandant de garder des relation d'élève - professeur à partir de maintenant. Autant dire que Lucius était déçu mais n'avait aucunement l'intention de baisser les bras.
Les deux heures de potions se déroulèrent dans un silence quasi-religieux. On aurait pu entendre les mouches voler si tant est que ces dernières aient pu survivre aux vapeurs étouffantes dégagées par la dizaine de chaudrons fumants dans la pièce. Lucius passaient dans les rangs, corrigeant un peu sèchement les erreurs de certains et se contentant d'un vague signe de tête lorsque les potions allaient bien. Pas un seul point ne fut accordé à qui que ce soit pendant ce cours mais personne ne s'en plaint.
La sonnerie de fin de cours fut accueillie avec soulagement, et après un devoir de cinq rouleaux de parchemin sur les effets de la poudre de serpent bicorne du Brésil dans les potions de soins pour le prochain cours, les élèves purent enfin quitter l'atmosphère oppressante des cachots.
- Mr Potter, appela Lucius d'une voix ferme. Veillez rester un moment, je dois vous parler.
Harry, qui s'apprêtait à sortir de la pièce, s'arrêta net. Il hésita un instant. Lucius avait pris le ton d'un professeur s'adressant à son élève mais il doutait fortement que ce dont l'autre homme voulait lui parler avait quoi que ce soit à voir avec les cours. Néanmoins, Harry savait qu'il ne pourrait pas fuir son amant éternellement, et le regard appuyé que lui lança Draco depuis le couloir finit de le convaincre de rester. Avec un soupir résigné, il referma la porte de la salle de classe et se retrouva seul avec Lucius.
- Mr Potter, je…
- Arrêtes avec tes Mr Potter, l'interrompit Harry agacé. Nous savons tout les deux de quoi tu veux me parler.
Lucius le regarda fixement. Son visage était indéchiffrable pour n'importe qui mais Harry avait appris à voir au-delà du masque de l'ainé des Malfoy, et ce qu'il vit fut de la tristesse et du doute. Honteux de déclencher ce genre d'émotions chez l'autre homme, Harry soupira légèrement avant de s'assoir et fit comprendre d'un geste à Lucius de venir s'assoir près de lui.
Au fond de lui, Harry savait qu'il n'était plus vraiment en colère contre le blond pour l'avoir frappé. La gifle en elle-même ne lui avait pas fait si mal physiquement mais c'était le simple fait que son homme ait levé la main sur lui qui l'avait blessé.
Lucius contourna lentement son bureau et alla s'assoir sur une chaise près de son amant. Maintenant qu'Harry était là face à lui, apparemment prêt à l'écouter, le blond ne savait plus par où commencer.
- Harry, je… je suis vraiment désolé pour la façon dont je me suis comporté, commença-t-il incertain. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je… j'étais jaloux et furieux, et… j'avais peur de te perdre… J'ai perdu le contrôle de mes nerfs… Si tu savais à quel point je m'en veux…
Harry écoutait attentivement. Il sentait que Lucius regrettait amèrement son geste mais surtout il voyait quelque chose qu'il n'avait pas vu depuis très longtemps dans le regard de son amant. La peur. Lucius semblait terrifié à l'idée de le perdre. Harry en était décontenancé. La dernière fois qu'il avait vu cet homme si droit et solide se laisser aller à montrer sa peur c'était lorsqu'il était sorti du coma à Sainte Mangouste. Ce regard, il l'avait vu dans les yeux de Lucius pendant des semaines, chaque fois qu'Harry s'endormait le blond avait peur de ne plus le voir se réveiller.
Réalisant dans quelle situation ils avaient trouvé le moyen de s'embourber tout les deux, Harry comprit qu'il était plus que temps de pardonner. Le jeune homme se rendait compte à quel point, tout à sa colère, il avait été dur envers Lucius et l'avait fait souffrir inutilement.
- Je ne t'en veux plus, Lucius.
Lucius ne réagit pas tout de suite tant il était étonné. En demandant à Harry de rester après le cours, il s'était attendu à devoir batailler ferme pour obtenir que son amant accepte seulement de l'écouter. Son pardon lui était tout à coup accordé tellement vite qu'il en était décontenancé. Une fois la surprise passée, Lucius ne put réprimer un profond soupir de soulagement de s'échapper de ses lèvres. Face à lui, Harry baissa aussitôt la tête d'un air coupable. Lucius en fut très étonné et légèrement inquiet. Qu'avait bien pu faire Harry pour se sentir coupable envers lui? En quelques secondes sa jalousie revint au galop mais il se maitrisa. Les conséquences avaient été assez catastrophiques la dernière fois pour en retenir la leçon.
- Harry? Appela-t-il doucement.
Le jeune homme prit une profonde inspiration. Il devait à son tour faire son mea-culpa auprès de Lucius. Et ce, avant que le blond ne se pose trop de questions, se dit-il en voyant l'éclair de jalousie passer dans son regard.
- Je dois te faire moi aussi des excuses, dit-t-il.
- Pourquoi?
- Je me suis mal comporté avec toi. C'est vrai que j'était vraiment en colère contre toi lorsque tu m'as frappé mais… je n'aurais pas dû t'éviter ces derniers jours. J'ai été excessif et je sais que je t'ai fait du mal en me comportant comme je l'ai fait. Je te demande pardon pour tout ça.
Plus Lucius l'écoutait et plus son sourire s'élargissait. En fin de compte, Harry s'excusait pour quelque chose dont il ne lui en voulait pas.
- Ce n'est rien, Harry. Oublions tout ça s'il te plait.
- Mais à cause de mon attitude toute l'école a cru que nous avions rompu.
- Mais ce n'est pas le cas.
La phrase avait été dite sous le ton d'une affirmation mais Harry avait entendu le léger tremblement dans la voix de son amant. Il avait été si immature que même l'homme qu'il aime avait fini par douter de son engagement dans leur couple.
- Je t'aime Lucius, déclara Harry en attrapant les mains de Lucius dans les siennes. Je suis désolé si tu as cru que je ne voulais plus de toi, mais je te jure je n'ai pas traversé tout ce que j'ai traversé pour vivre pleinement ma vie avec toi, pour te laisser m'échapper à la moindre petite contrariété.
Sur ce, Harry attrapa fermement la nuque du blond pour l'attirer jusqu'à lui et l'embrassa avec fougue. Lucius se laissa de suite aller à ce baisé, poussant un profond gémissement de bien être. Une semaine. Cela faisait presque une semaine qu'il n'avait pu embrasser le jeune homme, le toucher. Et bien plus de temps encore qu'ils n'avaient fait l'amour ensemble. Tout ça à cause d'une potion ratée dont il avait toutes les difficultés du monde à accepter les effets.
- Harry, souffla-t-il entre deux baisés. Je t'aime. Je t'aime tellement.
Ces simples mots enflammèrent le sang d'Harry qui se releva en entrainant Lucius avec lui. Les deux chaises sur lesquelles ils étaient jusque là assis furent renversées par terre. Pris dans leur étreinte, les deux hommes ne s'en rendirent même pas compte. Ils étaient tant collés l'un à l'autre qu'on aurait pu croire qu'ils cherchaient à fusionner leur deux corps ensemble. En fin de compte, la séparation avait été dure autant pour l'un que pour l'autre.
À bout de souffle, Harry s'arracha à la bouche de son amant seulement pour plonger son visage dans le cou de ce dernier. Ses lèvres se posèrent sur la jugulaire de Lucius qui pencha la tête sur le coté pour lui faciliter l'accès.
Pendant que son jeune amant s'activait dans son cou Lucius ne resta pas inactif. Ses mains repartirent à la découverte du corps entre ses bras, s'aventurant sous la chemise d'Harry pour redessiner les moindre contour du torse qui s'offrait à lui.
'Toc, toc'
- Mais c'est pas vrai, pesta Harry mécontent d'être dérangé.
Lucius aussi était assez contrarié par cette interruption. Après des jours de séparation, voilà qu'on ne le laissait même pas profiter de ses retrouvailles avec son amant en paix. Ce dernier, apparemment décidé à faire comme s'il n'avait rien entendu dans l'espoir que ce visiteur importun ne se lasse et s'en aille, reprit la bouche de Lucius entre ses lèvres.
Cependant, les coups à la porte se réitérèrent, faisant ainsi comprendre au couple que qui que soit leur visiteur, il ne s'en irait pas tant qu'on ne lui aurait pas ouvert. À contre cœur, Lucius s'écarta du jeune homme en remettant un peu d'ordre dans ses habits. Une fois que les deux hommes furent un peu plus convenable, Lucius invita la personne derrière la porte à entrer.
- Lucius, lança le professeur Dumbledore en entrant. Et Harry, constata-t-il au passage les yeux plus pétillant que jamais. Bien, très bien, je voulais te voir aussi.
- A quel sujet professeur? Demanda Lucius.
- Cornelius Fudge est dans mon bureau. Il désire vous parler.
- Ce connard!
- Harry, je t'en pris, un peu de tenue.
Le jeune homme se contenta de croiser les bras en pestant dans sa barbe. Fudge lui pourrissait la vie depuis la fin de la guerre, et même encore avant cela lorsqu'il ne croyait pas au retour de Voldemort. Loin de lui l'envie de lui faire des sourires et autres complaisances après tout le mal qu'il leur avait fait à lui et Lucius.
- Je comprend ton animosité à l'égard de notre ministre mais mieux vaut ne pas trop encourager son désir de vous causer des problèmes à tout deux.
- D'accord, consentit Harry.
- Que nous veut-il? Intervint Lucius.
- Je l'ignore. Mais l'enquête qui pèse sur vous, Lucius, touche à sa fin. Peut être que cette visite impromptue à un rapport avec cela.
- Je vois.
- Avant que vous ne le demandiez. J'ai avertit Cornelius de votre… transformation. Cela évitera sûrement de créer un malaise de plus dans la conversation.
- On est plus à ça près.
- Harry, s'il te plait, le réprimanda une fois de plus le directeur. Je sais que tu ne l'aime pas beaucoup mais fait un effort pour te montrer courtois lors de cet entretien. Cela pourrait bien avancer la fin de l'enquête contre Lucius et Draco.
- Je sais. Mais il n'est pas question que j'accepte un travail au ministère ou que je fasse je ne sais quelle conférence de presse à la gloire de ce crétin pour qu'il nous laisse tranquille.
- Personne ne te demande ça. Ne lui donne simplement pas de raison de s'en prendre à toi, légalement.
- Ne vous en faites pas, professeur, dit Lucius en mettant une main sur l'épaule d'Harry pour le calmer. Tout se passera aussi courtoisement que possible.
Ce n'était pas à proprement parlé une garantie pour le bon déroulement de cette entrevue avec Cornelius Fudge, mais Albus compris qu'il n'obtiendrait pas mieux et qu'il devrait s'en contenter.
- Bien. Dans ce cas, allons-y.
Les trois hommes se mirent en route pour le bureau directorial. Albus Dumbledore était en tête, suivit de Lucius et Harry marchant cote à cote. Pendant tout le trajet, Lucius s'évertua à calmer les nerfs du jeune homme qui, depuis que Fudge avait publiquement accusé son amant d'utiliser une potion de philtre d'amour pour garder le contrôle d'Harry, avait de la peine à cacher son animosité face au ministre.
Arrivés devant la statue gardant l'entrée du bureau, ils virent Draco qui les attendait patiemment, adossé contre le mur de pierre. En les voyant approcher, il se redressa le visage grave.
- Draco, salua le Pr Dumbledore. Je vois que Severus vous a bien averti de la situation.
- Oui, mais il ne m'a pas dit de quoi Fudge voulait nous parler.
- Je sais. C'est-ce que nous allons découvrir. Bon, puisque tout le monde est là, nous allons pouvoir monter. Eclair au café.
La statue en forme d'aigle pivota sur elle-même, libérant l'escalier en colimaçon. Lorsqu'ils arrivèrent tout les quatre dans le bureau, Cornelius Fudge les attendait installé dans un fauteuil en triturant nerveusement son chapeau melon. En les voyant, le ministre de la magie se leva et leur fit un geste de la tête en se tenant raide à coté de son siège attendant que les nouveaux arrivés s'assoient. Une fois tout le monde installé, il se rassit, tentant d'ignorer le physique résolument féminin de Malfoy père et fils.
- Très bien, monsieur le ministre. Voici messieurs Malfoy et Potter comme vous me l'avez demandé. Pouvons-nous à présent connaitre le raison de votre visite à Poudlard?
- Oui, je vous remercie, répondit l'homme d'un air pincé. Voilà, en l'occasion du premier anniversaire de la défaite du Vous-Savez-Qui, un hommage national va être rendu en l'honneur des combattants de la guerre et de toutes les victimes du mage noir.
Voyant que seul le silence lui répondait, Fudge se résolue à poursuivre sa tirade.
- En tant que vainqueur de Vous-Savez-Qui, Mr Potter, vous êtes bien entendu convié à participer à l'évènement.
Un nouveau silence pesant s'installa. Harry ne semblait pas du tout enclin à faciliter la tache de Fudge. Ce dernier se tortilla un moment dans son fauteuil mal à l'aise avant de pousser un soupir résigné.
- En tant qu'héros de guerre, les membres de l'Ordre du Phoenix sont eux aussi convié et…
Son regard dévia sur les deux blond qui le fixaient d'un regard de marbre. Regard qui se durcit encore plus pour Lucius lorsque les yeux du ministre glissèrent rapidement sur son corps.
- Et… heu… bien sûr vous en faites partie Messieurs.
- Malgré l'enquête complémentaire qui pèse toujours sur nous? Demanda Lucius narquois.
- Cette enquête… répondit le ministre très embêté. Je suis aussi venu vous annoncer que le ministère a décidé, après mûre réflexion, de mettre fin à cette enquête, votre innocence et votre rôle inestimable pendant la guerre ayant été clairement établie lors de votre procès.
Fudge n'attendait aucun remerciements et n'en reçu aucun. C'est tout juste s'il aperçu du soulagement sur le visage du plus jeune des Malfoy. Lucius pour sa part n'avait pas changé d'expression et Harry Potter le fixait toujours comme un rapace observe sa proie avant d'attaquer. Seul Albus Dumbledore semblait très satisfait de cette décision et arborait ce qui, pour Fudge, était un sourire très agaçant.
- Bien, lança le vieil homme apparemment enchanté par la nouvelle. Voilà un dénouement plus que sage et raisonné. Je suppose que l'annonce sera faite publiquement dans les prochains jours pour que tout malentendu sur Draco et Lucius soit définitivement levé.
- Oui… Bien sûr. Le mangemagot enverra une note à la Gazette du Sorcier pour dissiper tout soupçon…
Le reniflement indigné d'Harry fut clairement perçu par chacun mais toutes les personnes présentes firent comme si elles ne l'avaient pas entendu. Seul Draco se permit un sourire narquois, partageant parfaitement le point de vue du brun. Fudge, même lorsqu'il se voyait contraint d'abandonner les charges contre eux, trouvait quand même le moyen de minimiser sa défaite et surtout d'éviter à tout prix que celle-ci soit révélée au grand public. Il n'y aura pas d'excuse publique de la part de leur cher ministre, juste une vulgaire note rédigée par quelqu'un d'autre. Nul doute que s'il avait pu l'éviter, Fudge aurait envoyé quelqu'un d'autre pour les informer de l'arrêt de l'enquête, voire une simple note, qui sait.
Harry n'était même pas surpris de ce comportement. Il avait compris depuis longtemps que Cornelius Fudge savait retourner sa veste plus vite que son ombre. Malgré sa stupidité et son incompétence en tant que ministre, il traversait les coups durs, trouvant toujours une quelconque parade pour revenir blanc comme neige au devant de la scène. Cela tapait vraiment sur les nerfs d'Harry mais il ne pouvait rien y faire.
- Pour ce qui est de la soirée de commémoration de la fin de la guerre, reprit Albus imperturbable. Je suppose que nous recevrons tous des invitations officielles de la part du ministère auxquelles nous répondrons positivement ou non dans les règles afin qu'aucun malentendu ne puisse s'immiscer dans cette importante cérémonie.
Quelle que soit la remarque qu'avait voulu faire Harry à ce moment là fut perdu lorsqu'au moment même où il ouvrait la bouche pour parler, il sentit la main de son amant se poser sur son bras pour le faire taire. Il retint de justesse le grognement mécontent qui menaçait de sortir de sa gorge en jetant un regard courroucé à Lucius. Cependant le jeune homme ne fit pas le moindre commentaire. S'il était énervé qu'on l'empêche de balancer ses quatre vérités à Fudge, Lucius quand à lui avait un regard qui le défiait clairement d'oser dire quoi que ce soit maintenant.
- Bon, finit par dire Cornelius sentant qu'un énième silence commençait à s'installer. J'ai dit tout ce que j'avais à dire… Je vais rentrer au ministère, j'ai du travail qui m'attend.
Une nouvelle remarque acerbe monta aux lèvres d'Harry en entendant cela mais il la retint. À ses oreilles, les mots « travail » et « Fudge » sonnaient très mal ensemble. Il garda le silence lorsque le ministre salua l'assemblée présente, salut uniquement rendu par le Pr Dumbledore. Lucius et Draco se contentèrent à nouveau d'un signe de tête alors qu'Harry se murait dans un mutisme borné.
- Pourquoi tu m'as empêché de lui dire ma façon de penser? Finit-il par demander, boudeur, une fois que Fudge eut quitté les lieux.
- Harry. Ça fait des mois que je subi les enquêtes du ministère. Je comprend que tu veuilles l'envoyer paitre, comme nous tous d'ailleurs, mais mieux vaut ne pas ré-attiser sa colère alors même que Draco et moi sommes enfin lavés de tous soupçons. Je t'assure que Fudge serait tout à fait capable de trouver un autre moyen pour nous causer du tord si tu le provoquais ouvertement.
Harry baissa la tête, pris de remord. Une fois encore, il se laisser dicter par ses émotions et oubliait un peu qu'il n'était pas le seul à pouvoir subir les conséquences de ses actes. Lucius avait raison, Fudge était tout à fait capable de trouver un nouveau moyen de leur pourrir la vie s'il ne se maitrisait pas un peu mieux
- Je suis désolé, dit-il penaud.
- Ce n'est rien. Maintenant que toute cette histoire est finie, nous allons pouvoir avoir une vie un peu plus normale.
- C'est vrai.
- Et puis on va enfin pouvoir avoir accès à nos propriétés et comptes en banque, ajouta Draco soulagé.
- Pourquoi? Répliqua Harry en souriant. Ça ne te plaisait pas de te faire entretenir par moi?
Depuis le début de l'enquête et la confiscation de tous les actifs des Malfoy, Lucius et Draco avait vécu à la charge d'Harry. Si ce dernier n'était absolument pas dérangé par ce fait, ayant lui-même un compte à Gringotts extrêmement bien rempli, les deux blonds avaient eu beaucoup plus de difficultés à l'accepter. Devoir se reposer financièrement sur quelqu'un était un sacré coup à la fierté des deux hommes, même si pour Lucius il s'agissait de son compagnon.
Au départ, Harry avait assez vexé par cette réticence de Lucius à le laisser lui venir en aide. Il avait pris cela comme si Lucius ne le considérait pas digne de lui. Il leur avait fallu plusieurs disputes et de longues explications pour finalement comprendre ce que ressentait chacun. La honte de Lucius a se retrouver sans rien, forcé de dépendre de son compagnon à son âge. Et l'impression d'Harry de ne pas être considéré comme l'égal de Lucius.
Le poste de maître des potions proposé par le professeur Dumbledore avait aussi grandement aidé à désamorcer la situation. Avec un emploi, Lucius s'était sentit moins dépendant. De plus il n'avait pas eu à passer ses journées seuls au Square Grimmaurd pendant que son compagnon et son fils finissaient leurs études. Parce qu'en toute honnêteté, qui aurait embauché un ancien mangemort toujours sous le coup d'une enquête du ministère?
- Si tu veux je peux te rembourser, répondit Draco sur un ton léger.
Il ne se souvenait que trop des hurlements colériques d'Harry lorsque son père lui avait signifié ne pas vouloir de sa pitié. Le terme, très mal choisi il fallait l'avouer, avait déclenché l'ouragan Potter - nom que chaque personnes présente ce jour là utilisait à présent pour se référer à cet épisode -, et Merlin savait à quel point Harry avait de la voix. On avait entendu ses vociférations résonner à travers tout le QG de l'Ordre et personne, pas même le professeur Dumbledore, n'avait osé intervenir. Son père avait dû subir, les yeux exorbités tant il était surpris par l'explosion de rage qu'il venait bien malencontreusement de provoquer.
- Si tu fais ça, Draco, répondit Harry d'une voix doucereuse qui fit avaler sa salive au blond. Je te jure que je te le ferai regretter.
- Bien, bien, bien, lança Albus qui lui aussi se souvenait parfaitement de l'ouragan Potter et ne voulait pas le voir se réitérer dans son bureau. L'arrêt de cette enquête doit être un grand soulagement, n'est-ce pas?
- En effet, répondit Lucius soulagé par le changement de sujet.
- J'ose espérer que tous vos biens récupérés, vous garderez tout de même votre poste jusqu'à la fin de l'année scolaire.
- Bien entendu professeur. Je me suis engagé à enseigner les potions cette année et je le ferai. Mais je dois vous avouer que je ne sais pas encore si je désire ou non continuer dans cette voie par la suite.
- La politique serait plutôt votre fort en effet.
- Oui. Bien que mes relations avec Fudge, si on peut les nommer ainsi, ne m'encouragent pas vraiment à rechercher un travail au ministère.
- Je ne pense pas que cela poserait grand problème, Lucius. Cornelius verrait certainement le moyen d'augmenter sa popularité en vous embauchant.
- C'est bien ce qui me contrarie, répondit Lucius.
Albus cacha un soupir. Il espérait que Lucius déciderait de rester à Poudlard. Pour une fois qu'il avait un staff complet de professeurs compétents. Mais il était aussi vrai que le métier d'enseignant était loin, très loin, de correspondre à toutes les qualifications du blond.
- Prenez le temps d'y penser Lucius. Après tout il reste plusieurs mois avant la fin de l'année scolaire.
- Je le ferai.
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Harry monta quatre à quatre les marches le menant à son dortoir. Il s'était enfin réconcilié avec son compagnon, Lucius, et n'avait plus qu'une envie, le rejoindre. Depuis qu'ils avaient été interrompu par le professeur Dumbledore, ils n'avaient pas pu se retrouver seuls un seul instant. Après leur entrevue avec Fudge, Harry et Draco avaient dû retourner en cours. À midi, il avait été accaparé par Ron et Hermione, toujours aussi empêtrés dans leurs problèmes. Puis à nouveau les cours. Puis l'entrainement de Quiddich. Et enfin le repas du soir.
Malgré son impatience à retrouver son amant, Harry avait décidé de faire un détour par la tour Griffondor. Pendant sa dispute avec Lucius, il avait déménagé un certain nombre d'affaires dans son dortoir. Harry était conscient que cette attitude avait attisé les rumeurs de séparation entre eux et comptait bien y remédier en se réinstallant dans les appartements du blond.
Il était occupé à balancer à la volée ses affaires dans sa malle lorsque Ron arriva. En voyant Harry, complètement échevelé, faire ses valises à toute vitesse, le roux ne put retenir un sourire. Le premier depuis un bon moment.
- Je ne pense pas me tromper en disant que ton séjour parmi nous se termine ce soir.
- Tu penses bien, répondit Harry en souriant.
- Je suis content que ça aille mieux entre vous.
- Merci.
- Je le pense vraiment tu sais. Tu as l'air tellement heureux quand tu es avec lui.
Harry releva la tête vers son ami et cacha un soupir devant son visage à nouveau triste.
- Tu es toujours en colère contre Hermione? Demanda-t-il en abandonnant momentanément sa malle.
- Oui. Non. Je… je ne sais plus où j'en suis.
- Ron, ça ne peut pas durer éternellement cette histoire, soupira Harry.
- Je sais, mais c'est plus fort que moi. Je n'arrive pas à lui pardonner.
- Je peux comprendre que de t'avoir forcé la main t'ai blessé mais ce n'était tout de même pas un viol.
- Bien sûr que c'en était pas un. Et je sais aussi que tu me trouves excessif mais qu'est-ce que je peux y faire? Ce n'est pas la première fois que je ressent ça auprès d'Hermione. Que j'ai l'impression que mes désirs ou mes opinions passent en second plan pour elle. Ça date de bien avant ma transformation.
Harry comprenait parfaitement le point de vue de son ami. Il était indéniable qu'Hermione était une fille vraiment brillante qui avait la plupart du temps réponse à tout. Cela avait toujours été une de ses grandes qualités et en même temps un défaut. Harry s'était déjà sentit plus d'une fois offensé par les certitudes bien encrées de son amie. La fabuleuse intelligence d'Hermione la faisait parfois se comporter comme si elle détenait la vérité absolue. Si Harry pouvait s'en sentir frustré en étant son ami alors que dire de Ron qui sortait avec elle.
- Alors parles-lui. Comment veux-tu que les choses fonctionnent entre vous si vous ne parlez même pas de vos problèmes? Hermione ne peut tout de même pas deviner ce qui te blesse dans son comportement. Tu dois toi aussi prendre sur toi et lui expliquer ce qui ne te convient pas dans votre couple.
- Je sais… Je lui parlerai mais pour le moment je ne suis pas prêt.
Harry s'approcha de son ami et le prit dans ses bras. Cela ne dura que quelques secondes mais ce fut suffisant pour remettre un peu de baume au cœur de Ron.
- Tu devrais te dépêcher de finir ta valise et rejoindre blondi senior, lança Ron de meilleure humeur.
Harry sourit d'un air entendu qui fit lever les yeux au ciel à Ron. Harry termina s'entasser ses affaires dans la malle et la referma avant de la réduire d'un coup de baguette.
- Bon, j'y vais, finit-il par dire en rangeant la malle dans sa poche.
- D'accord. On se voit demain.
- Ron, s'interrompit Harry en passant près de son ami. J'espère vraiment que vous allez pouvoir régler vos problèmes avec Hermione. Ce se voit que vous vous aimez. Vous êtes faits l'un pour l'autre.
Sur ces mots, Harry quitta le dortoir laissant le roux réfléchir aux paroles qu'il venait de prononcer. Ron était touché par ce que venait de dire son ami mais ça ne l'empêchait pas de douter. Il savait bien qu'Hermione l'aimait et qu'il aimait Hermione. Mais l'amour était-il suffisant?
.oooO°Oooo.
Lucius regarda nerveusement la pendule accrochée au mur en se demandant une fois de plus si Harry allait venir. Il n'avait pas pu voir son amant de toute la journée après avoir quitté le bureau du professeur Dumbledore. Ce soir après le repas, Lucius avait supposé qu'Harry viendrait le rejoindre et était donc retourné dans ses appartements pour l'attendre. Mais faute est de constater que trois quart d'heures après le dîner, Harry n'arrivait toujours pas.
Les deux hommes n'étaient plus en froid, mais Harry et lui n'avaient pas beaucoup parlé après que son comportement lui ait été pardonné. Lucius commençait sérieusement à se demander si Harry ne souhaitait pas reprendre doucement sa relation avec lui. Peut être ne voulait-il pas se précipiter et avait-il décidé de rester dormir à la tour Griffondor cette nuit encore. La porte des appartements s'ouvrant sur Harry fit taire ses inquiétudes.
- Quelque chose ne va pas? Demanda Harry en remarquant l'air soulagé de Lucius à son arrivée.
- Je commençait seulement à me demander si tu allais venir.
- Désolé, sourit Harry. Je suis passé par mon dortoir récupérer mes affaires, expliqua-t-il en sortant sa malle réduite de sa poche.
Lucius se releva du canapé en secouant légèrement la tête. Encore une fois il s'inquiétait pour un rien. Il s'approcha d'Harry et l'embrassa doucement avant de s'écarter provoquant un grognement mécontent chez Harry.
- Vil tentateur, marmonna le brun.
Lucius se contenta de sourire avant de se diriger vers la chambre le cœur battant. Il se sentait nerveux sur la suite des évènements ne sachant comment Harry allait réagir. Du coin de l'œil, il vit le jeune homme le suivre ramenant sa malle à sa taille normale. Pendant toute la journée, il y avait pensé et avait finalement décidé à laisser sa gène et ses appréhensions de coté.
Harry rangea sa baguette dans sa poche et attrapa sa malle avant de la lâcher brutalement sous le coup de la surprise en entrant dans la chambre. Il ne prêta pas attention au bruit fracassant produit tant il était stupéfait par ce qu'il voyait. Lucius se tenait debout devant le lit. Lucius qui venait de retirer sa robe de chambre. Lucius qui ne portait rien sous sa robe de chambre.
- Lucius? Que…?
- J'ai envi de toi, répondit-il simplement.
Harry laissa son regard dériver sur le corps nu qui lui faisait face et eut soudain très chaud. Depuis sa transformation, Lucius ne l'avait jamais laissé le voir nu. Harry avait la confirmation de ce qu'il avait toujours su, son amant était magnifique. De longues jambes, une taille fine, une poitrine généreuse. Le jeune homme ne voulait plus qu'une chose, toucher son amant, avec ses mains, ses lèvres, son corps. À présent à l'étroit dans son pantalon, Harry s'avança doucement.
Lucius avait subit le regard d'Harry sur son corps sans rien dire. Il était un peu troublé par le regard de prédateur de son amant mais les réactions plus que visibles du corps du jeune homme lui donnait des frissons.
- Tu es sûr de toi? Demanda Harry ne pouvant détacher ses yeux de Lucius.
- Oui. Viens.
Harry s'approcha en quelques pas rapides et entoura son amant de ses bras. Leur bouche se trouvèrent dans un baiser passionné qui les laissa à bout de souffle. Harry sentait le désir monter en lui et déjà son membre se gonflait douloureusement, pris au piège dans son pantalon. Cela faisait trois longues semaines qu'il n'avait pas fait l'amour. Il ne voulait plus qu'une chose, se jeter sur Lucius et le prendre sur le champs. Mais il se retint. Il savait que Lucius prenait sur lui pour le laisser le toucher dans ce corps. Si Harry voulait éviter quelque chose, c'était bien faire la même erreur qu'Hermione avec Ron.
- Tu es vraiment sûr que tu veux…?
- Si tu me reposes cette question Harry, souffla dangereusement Lucius, je te ferai faire abstinence pendant les trois prochains mois.
- Tu n'oserais pas.
- Tu crois ça?
Lucius sourit et s'éloigna d'Harry pour s'allonger sur le lit. Il prit une profonde inspiration pour se calmer et invita son amant à le rejoindre d'un geste. Harry s'approcha doucement, s'allongeant à ses cotés sans un mot.
Comme s'il s'agissait de la toute première fois, les gestes d'Harry se firent presque révérencieux en caressant son amant sous lui. Ses mains tremblaient comme au début de leur relation, lorsque tout est nouveau et que le corps de l'autre est inconnu. Entre excitation et appréhension, Harry et Lucius se redécouvraient, retrouvant les bons gestes.
- Harry…
La tête basculée en arrière, Lucius avait l'impression que son corps était en feu. Au dessus de lui, Harry finissait de retirer ses derniers habits, les laissant tout deux entièrement nus. En se rallongeant l'un contre l'autre, un long gémissement s'échappa de leurs lèvres.
Lentement, Harry commença à déposer de légers baisers le long de la mâchoire du blond jusqu'à atteindre le lobe de l'oreille qu'il mordilla doucement. De sa langue, il traça un sillon brulant le long de la jugulaire de Lucius qui commençait à se tordre de désir sous lui. Arrivé à la base du cou, Harry déposa ses lèvres sur la peau fragile, léchant et embrassant jusqu'à laisser la trace violette de son passage. Satisfait de son œuvre, le jeune homme reprit sa descente et se redressa au niveau de la poitrine.
Lucius observait, gêné, son amant. Ce dernier semblait hésiter sur la suite des évènements. Prenant sur lui, Lucius attrapa doucement la main d'Harry et la posa sur un des seins. Au dessus de lui, le jeune homme avait soudain retenu sa respiration. Finalement, du bout des doigts, Harry se mit à caresser cette poitrine, appréciant la douceur et la finesse de la peau. Lucius sentit des frissons le parcourir de part en part et se cambra de plaisir lorsque des lèvres virent rejoindre la main sur lui.
- Harry, souffla-t-il.
- Est-ce que je fais les choses comme il faut? Demanda le jeune homme un peu inquiet.
- Oui, c'est parfait.
Rasséréné, Harry continua ses caresses, descendant plus bas, flattant les flancs sensibles. Arrivé au niveau du sexe de son amant, Harry sentit son inexpérience lui revenir en pleine figure. Si lui et Lucius avaient appris ensemble le sexe homosexuel, Harry ne connaissait rien, si ce n'est la théorie, de la marche à suivre avec une femme. Ne voulant pas mettre Lucius plus dans l'embarras en lui posant des questions assez malvenues, Harry préféra se laisser guider à l'instinct. Il posa ses mains sur les cuisses de son amant et les écarta avec douceur. Sous ses paumes, il sentit très nettement Lucius se tendre d'appréhension.
Lucius garda les yeux fixés au plafond alors que son amant se trouvait au niveau de cette intimité dont il avait tellement honte. Soudain un cri aigu s'échappa de ses lèvres en sentait la langue d'Harry se poser sur son sexe.
- Non, ne fais pas… Ha!
Lucius rejeta violement la tête en arrière en sentant cette langue entrer doucement en lui. Son amant commença à faire de lents mouvements en lui. La sensation, très étrange, le fit trembler de plaisir de la tête aux pieds. Petit à petit, ses muscles se détendirent laissant ses sensations le traverser.
Harry releva la tête et sourit en voyant son amant abandonné dans les draps. Sa petite attention semblait avoir l'effet escompté. Posant un léger baiser au niveau du nombril, Harry remonta doucement le long du corps alangui jusqu'il soit face à face avec son amant. Leur bouche se trouvèrent instantanément dans un baisé fiévreux. Les deux hommes se séparèrent à bout de souffle.
Harry porta deux doigts à sa bouche et commença à les humidifier sous le regard brulant de Lucius. Une fois fait il redescendit sa main et inséra un premier doigt dans l'intimité chaude. Sous lui, Lucius avait retenu sa respiration sous l'intrusion avant de se relaxer lentement. Le jeune homme entama un lent mouvement de va et viens, encouragé par les soupirs du blond. Quelques minutes plus tard un second doigt vint rejoindre le premier. Lucius se crispa légèrement un instant d'inconfort avant de se détendre sous les caresses de son amant. Bientôt la chambre fut emplie de cris de plaisir à demi étouffés par Lucius, gêné par les sons suraigus qu'il parvenait à produire bien malgré lui.
- Harry! S-stop, je ne peux plus… Ha!
Le jeune homme retira rapidement ses doigts. Lui aussi sentait qu'il ne tiendrait plus longtemps. D'un geste vif, il attrapa le tube de lubrifiant et enduisit son membre gorgé de sang. Il se rallongea ensuite sur Lucius qui passa ses bras autour de ses épaules.
- Tu es prêt? Demanda Harry d'une voix rendue roque par l'excitation.
- Oui, viens…
Tout doucement, Harry commença à pénétrer son amant et sentit aussitôt les ongles de ce dernier s'enfoncer avec force dans son dos. Stoppant tout mouvement, il se redressa légèrement pour regarder le visage crispé de douleur de Lucius.
- Vas plus doucement, siffla Lucius en tentent de refouler la douleur.
- Désolé.
Harry attendit un moment jusqu'à ce le blond ne se détende et lui fasse signe de continuer. Plus lentement encore, Harry reprit ses mouvement, s'enfonçant avec douceur dans l'intimité de son amant, s'arrêtant à chaque crispations de l'homme. Finalement il se retrouva complètement à l'intérieur de Lucius et poussa un profond gémissement de plaisir. Sous lui, Lucius avait la respiration laborieuse, il ne s'était pas attendu à avoir aussi mal que lors de sa première fois avec Harry en tant qu'homme.
- Est-ce que ça va, mon amour?
- Oui, ça va… Tu peux continuer…
Avec précautions, Harry se retira presque entièrement avant de se renfoncer en poussant un grognement de plaisir. De lents mouvements de va et viens s'installèrent. Lucius sentait la douleur s'effacer un peu plus à chaque poussée en lui. Des vagues de plaisir le traversaient l'aidant à accepter le membre de son amant dans ce sexe étranger.
Petit à petit, les mouvements s'accélérèrent jusqu'à devenir erratiques. Les deux hommes étaient en sueur, sentant leur libération approcher rapidement. À ce point pris dans le plaisir, Harry ne se formalisa plus de notions de douceur et prévenance. Il pilonnait son amant avec force, encouragé par les cris extatiques qu'il obtenait en retour.
- Lucius… Han! J-je ne tiens plus!
- Alors viens, mon amour…
- Je t'aime!
Sur ce dernier cri, Harry fut prit par un orgasme fulgurant. Lucius sentit le jeune homme se tendre et sentit un liquide chaud se rependre dans son intimité. Cette sensation l'amena lui aussi à l'orgasme. Son corps s'arcbouta à l'extrême, les cuises et bras fermement resserrés autour d'Harry.
- Harry!
Le corps satisfait, ils retombèrent tout deux épuisés sur le matelas. Harry réunit ses dernières forces pour se maintenir sur ses avant-bras et ne pas écraser son amant sous son poids. Il retira doucement son membre et se laissa rouler sur le coté, reprenant son souffle.
- C'était plutôt bien, non? Lança-t-il, un sourire de contentement plaqué sur les lèvres.
- Oui, répondit Lucius en se passant une main sur son front en sueur. Un peu étrange mais c'était bien.
Harry se redressa sur le coté et embrassa langoureusement son amant. Son regard dériva tranquillement sur Lucius avant de se figer de surprise.
- Qu'est-ce que…? Tu saignes!
Lucius se releva rapidement et rabattit vivement les draps sur ses jambes. Il s'en voulait un peu de ne pas avoir prévu ça.
- Harry, ce n'est rien, tenta-t-il de le rassurer.
- Tu plaisantes, tu…
- Stop! Harry… Je… C'est tout à fait normal, c'était la première fois….
- Oh…
Un éclair de compréhension venait de le frapper. Il avait totalement oublié que le corps féminin de Lucius était vierge malgré qu'il soient ensemble depuis plus d'un an. Un peu gêné , Harry lança un sourire d'excuse à son amant.
- Ce n'est rien, le rassura Lucius. Moi non plus je n'y pensais pas.
Vraiment embarrassé par la tournure de la conversation, Lucius attrapa rapidement sa baguette et lança un sortilège de nettoyage sur les draps. Finalement il se laissa glisser contre le corps d'Harry et posa sa tête sur l'épaule de son amant.
- Je t'aime Harry.
- Moi aussi.
À suivre…
Bon tout d'abord, toute mes excuses pour le retard, un mois et demi… C'est plus long que ce que j'avais imaginé au départ. Pour une étrange raison, j'ai eu du mal à écrire la dernière scène entre Harry et Lucius. Je ne me souviens pas avoir déjà eu de telles difficultés avec un lemon normal.
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu ^^
Merci d'avance pour vos review!
À bientôt.
