Tout d'abord merci à tous pour vos commentaires et votre soutient ! Je suis vraiment contente qu'elle vous plaise !

Et un grand merci à Makiri et Samtigrou pour leurs avis et leurs corrections ! Vous êtes géniales !

Il s'était éclipsé discrètement, prétextant une course à faire en ville mais le regard que lui avait jeté Petit Jean avait été non équivoque. Le Merry Men savait parfaitement où il allait et le voleur avait pu voir de la désapprobation dans son regard. Robin avait hésité pendant quelques secondes mais finalement il était parti. Il fallait qu'il la voie. Il fallait qu'il lui parle, qu'il s'assure qu'elle allait bien ou au moins pas trop mal. Il ne voulait pas la faire souffrir, il ne voulait pas qu'elle pense qu'il s'était joué d'elle, il ne voulait pas qu'elle se renferme à cause de lui.

Lorsqu'il était enfin arrivé devant sa porte il avait mis plusieurs minutes avant de trouver le courage de frapper. Il ne savait pas à quoi s'attendre et il ne savait pas non plus quoi lui dire. Il se sentait lui-même complètement perdu et l'idée de devoir faire un choix lui paraissait insurmontable. Il ne pouvait pas les abandonner, ni elle, ni Marianne et pourtant il devait arrêter de se voiler la face. Il devait choisir.

Il avait insisté encore et encore, tapant toujours un peu plus fort contre le chêne mais elle n'avait pas répondu. Elle était là à n'en pas douter. Sa voiture était garée dans l'allée et la clé qu'elle laissait habituellement cachée derrière le volet ne s'y trouvait pas. Il avait réfléchit quelques instants puis avait décidé de faire le tour de la maison. Il fallait qu'il trouve un moyen d'entrer, il fallait qu'il trouve un moyen de lui parler les yeux dans les yeux. En voyant l'immense arbre dont les branches touchaient le rebord d'une fenêtre entre-ouverte à l'étage, il n'avait pas hésité une seule seconde et il l'avait escaladé. Sans faire de bruit il s'était introduit dans ce qui devait sans aucun doute être la chambre d'Henry et il s'était dirigé vers le couloir.

L'appréhension qu'il ressentait avait grandi à mesure qu'il s'était avancé dans le couloir, guidé par son instinct, jusqu'à une porte fermée. Il pouvait sentir son parfum dans l'air. Il aimait cette odeur, il aimait plonger dans son cou et respirer jusqu'à en perdre la tête. Ce souvenir lui laissa un goût amer dans la bouche. Plus jamais il n'aurait le droit de profiter de cette chose qu'il aimait tant. Ce privilège lui avait été enlevé dès le moment où Marianne s'était jetée dans ses bras chez Granny.

Debout devant la porte, il prit une profonde inspiration et abaissa la poignée. L'image qui s'offrit à lui, lui brisa littéralement le cœur. Elle était là, assise sur son lit, les lèvres entrouvertes, les yeux rougis, une immense tristesse se reflétant sur son visage. Le ton de sa voix lorsqu'elle prononça son nom lui fit froid dans le dos. Elle semblait si fragile, si bouleversée, si perdue.

Après avoir surmonté le choc d'une telle apparition, Regina baissa les yeux et remonta la couverture sur sa poitrine. Elle ne voulait pas qu'il la voit comme ça. Elle ne voulait pas qu'il se sente coupable par rapport à elle. Elle ne voulait pas le regarder. Elle ne pouvait pas le regarder sans prendre le risque de s'effondrer de nouveau. Elle ne voulait pas qu'il voit toute sa peine, qu'il voit tout son désespoir. Elle aurait préféré qu'il se contente de l'ignorer. Elle aurait préféré qu'il oublie tous les moments qu'ils avaient passés ensemble. Elle ne voulait pas qu'il se blâme pour cette situation. Elle voulait juste qu'il aille de l'avant même si pour cela il devait la laisser derrière lui.

« Tu ne devrais pas être ici… » souffla -t-elle ses yeux rivés sur la fenêtre.

Malgré la douceur de sa voix, Robin eu l'impression de recevoir une gifle en plein visage. Il ne s'était pas attendu à ce genre de réaction. Si la situation avait été inversée, il aurait probablement éprouvé de la colère, de la jalousie. Et même si cela aurait pu sembler égoïste, il se serait battue pour elle, il l'aurait sans aucun doute suppliée de ne pas le laisser. Il l'observa quelques instants, incapable de dire quoi que ce soit. Elle semblait avoir fait le choix pour eux. Elle semblait penser qu'il se devait de choisir Marianne.

Sans un mot, il s'avança doucement vers le lit et s'y assit. Il pencha légèrement la tête, cherchant à accrocher son regard mais elle continuait de fixer un point imaginaire. Il déglutit difficilement et leva la main en direction de son visage.

« Ne… » tenta-t-elle de protester, mais le reste des mots moururent dans sa gorge lorsque sa main chaude se posa contre sa joue.

La reine ferma les yeux et se mordit intensément la lèvre pour empêcher les sanglots de s'échapper de sa gorge. Inconsciemment elle pencha également la tête, appréciant le contact de sa paume sur sa peau.

« Je suis désolé Regina…tellement désolé… » chuchota-t-il lui-même au bord des larmes.

La voir dans cet état le dévastait totalement. Il se détestait profondément. Il ne pouvait pas supporter l'idée qu'elle souffre par sa faute. Sans écouter sa raison, il s'approcha un peu plus d'elle jusqu'à ce que son front frôle le sien. Son pouce glissa tendrement sur sa pommette tandis que son autre main se crispait sur la couverture qui recouvrait ses jambes.

En le sentant si proche, Regina ouvrit les yeux et posa ses mains sur son torse pour l'empêcher de venir plus près. C'était une véritable torture pour elle. Elle dû lutter de toutes ses forces pour ne pas presser ses lèvres contre les siennes et pour ne pas se blottir contre lui.

« Ne le sois pas…Ce n'est pas ta faute…Tu dois faire ce qu'il y a de mieux pour ta famille…Roland a besoin de sa mère… » dit-elle à contrecœur mais le plus sincèrement du monde en plongeant son regard dans le sien.

« Oh Regina… » gémit-il en laissait sa main remonter dans ses cheveux, l'attirant vers lui pour lui déposer un long baiser sur le front.

Les mots qu'elle venait de prononcer lui avait littéralement transpercé le cœur. Contrairement à ce que les autres pouvaient bien raconter sur son compte, il savait que tout était faux. Elle avait changé. Elle était tellement merveilleuse. Lui seul était autorisé à voir sous le masque de mépris et d'indifférence. C'était cette Regina qu'il avait toujours vue, c'était avec cette Regina qu'il voulait passer ses journées et ses nuits. Il ferma les yeux et accentua la pression de ses lèvres sur sa peau. Il respira profondément l'odeur de ses cheveux et l'espace d'un instant il en oublia Marianne. Il laissa son visage glisser lentement contre le sien et lorsque ses lèvres frôlèrent les siennes, il fût brusquement ramené à la réalité par la main de Regina sur sa bouche.

« Ne rends pas les choses plus difficiles… » souffla t- elle baissant la tête, esquivant le baiser qu'elle désirait pourtant tellement, les larmes ruisselant sur ses joues .

Si proche d'elle, il n'arrivait plus à réfléchir. Il n'arrivait plus à raisonner en honnête homme. Son parfum l'enivrait totalement et le retour de Marianne ne semblait plus être qu'un rêve lointain. Il secoua la tête pour remettre un peu d'ordre dans ses pensées. Des deux, Regina était sans aucun doute la plus forte, lui se sentait incapable de gérer la situation.

« Je ne voulais pas que les choses se passent comme ça… » dit-il en lui relevant le menton afin de plonger son regard dans le sien.

Un sourire triste étira les lèvres de la reine. Il était sincère, terriblement sincère et elle le savait. Elle le sentait tellement tiraillé, tellement mal. C'était à elle de prendre cette décision. C'était à elle de tout faire pour qu'il retrouve le bonheur qui lui avait été enlevé des années auparavant, quitte à mettre elle-même un terme à leur histoire.

« Je sais… » souffla- t-elle en posant à son tour sa main sur sa joue.

« Ca va aller tu verras…Maintenant pars ! Va retrouver ta femme et ton fils ! C'est ta seconde chance, ne la laisse pas passer…» dit-elle finalement en le repoussant doucement.

Il n'arrivait pas à décrocher son regard du sien. Il n'arrivait pas à partir. C'était trop douloureux. Il esquissa un nouveau geste vers elle mais elle secoua négativement la tête. C'était trop tard, il l'avait perdue. Sans un mot il se redressa. Il recula le plus lentement possible pour profiter encore un peu de sa présence. Il n'était pas capable de détacher ses yeux de la jeune femme. Il savait au plus profond de lui-même qu'elle était celle qu'il aurait dû choisir. Mais Regina avait fait le choix pour lui, bien avant qu'il ne réalise qu'il devrait en faire un. Elle avait très certainement fait le choix pour lui, à l'instant même où elle avait vu Marianne. Il laissa son regard glisser une dernière fois sur elle tout en sachant que, plus jamais, elle ne l'autoriserait à voir la femme qui se cachait sous un masque de froideur.

Regina ne le quitta pas des yeux jusqu'à ce que la porte se referme définitivement derrière lui. Elle se mordit la lèvre et se laissa retomber en arrière sur le lit. C'était terminé. Tout était terminé.

OQOQ

Le lendemain, Regina ouvrit la porte d'entrée et fût immédiatement aveuglée par les rayons du soleil se reflétant sur une énorme couche de neige. En une seule nuit, il devait être tombé une vingtaine de centimètres à vue d'œil. Dans cette partie du monde, les hivers étaient réputés pour être particulièrement rigoureux ,mais en trente ans, la jeune femme n'avait jamais vu un changement de température aussi soudain. Une légère brise s'immisça dans son cou et elle eut l'impression d'être instantanément glacée jusqu'aux os. La reine frissonna de la tête aux pieds et fit un tour de plus avec son écharpe.

Étrangement, la discussion avec Robin semblait lui avoir fait du bien, même si le désespoir lui serrait toujours la gorge. Elle devait aller de l'avant, pour lui, pour Henry. Elle devait retrouver ses anciennes habitudes pour ne pas sombrer définitivement dans la folie. Rapidement elle se retrouva devant le Granny's et y pénétra. Immédiatement toutes les discussions s'arrêtèrent et elle put sentir tous les regards se tourner vers elle. Cet endroit la ramena instantanément à cette horrible soirée où tous ses espoirs avaient été anéantis. Mais elle s'efforça de garder un visage de marbre, les yeux rivés sur le comptoir.

« Un café serré ! », ordonna-t-elle froidement à la serveuse.

Les conversations reprirent dans son dos mais les éclats de voix avaient laissé place à des chuchotements. La jeune femme serra les dents. Elle savait parfaitement de quoi ils parlaient et elle fit un effort surhumain pour garder son calme.

« Regina… », souffla une voix derrière elle.

La reine ferma les yeux et inspira profondément pour ne pas laisser sa colère éclater.

« Mademoiselle Blanchard ! Le temps s'est un peu rafraichi vous ne trouvez pas ? », répondit elle innocemment en se retournant, un large sourire hypocrite étirant ses lèvres.

Mary-Margaretcligna plusieurs fois des yeux et sembla rester sans voix. La serveuse en face d'elle s'était comme figée, craignant sans doute le retour de l'Evil Queen.

« Qu'est-ce que vous attendez ? Ce café ne va pas se faire tout seul ! », cracha-t-elle cinglante.

La jeune femme s'empourpra et bégaya quelque chose d'incompréhensible avant de se diriger au pas de course vers la cuisine. Regina grimaça et garda les yeux rivés droit devant elle. Elle pria intérieurement pour que le princesseait saisi le message et retourne d'où elle venait. Elle n'avait aucune envie de parler avec elle. Elle n'avait plus aucune envie d'avoir affaire à cette famille et le seul moyen qu'elle avait trouvé pour éviter de leur arracher tour à tour le cœur, était de les ignorer complètement. De les garder à distance comme elle aurait dû le faire depuis le début.

« Regina tu es sûr que tu vas bien ? », demanda la princesse en fronçant les sourcils.

La reine tourna doucement la tête vers elle, le visage de marbre.

« Si tu veux profiter de cette larve que tu viens de mettre au monde, je te conseille de déguerpir dans la seconde ! », la menaça-t-elle froidement.

Mary-Margaret devint livide et recula de quelques pas. Au même instant, Tink sortit des toilettes et un large sourire éclaira son visage lorsqu'elle aperçut Regina. Avec sa fraicheur habituelle, elle les rejoignit mais son expression s'assombrit dès qu'elle perçut le malaise entre les deux femmes.

« Quelque chose ne va pas ? », demanda-t-elle en les regardant tour à tour.

« Ne fais pas ça Regina… », supplia Mary-Margaret en secouant négativement la tête.

« Regina ? », s'inquiéta la fée en posant une main sur son bras.

Immédiatement la reine la repoussa violemment, un air de dégout sur le visage.

« Ne me touches plus jamais ! », persifla-t-elle en serrant les dents. La fureur se lisant clairement dans ses yeux.

« Comment ai-je pu être assez stupide pour vous croire ? Pour vous écouter toutes les deux ?! », ajouta-t-elle en levant les yeux au ciel tandis qu'ils s'emplissaient à nouveau de larmes.

La reine serra les poings avec tant de force qu'elle sentit ses ongles s'enfoncer au creux de sa paume malgré l'épaisseur de ses gants de cuir. Elle ne voulait pas craquer à nouveau. Elle ne voulait surtout pas craquer devant tous ceuxqui avaient prétendus être de son côté. Elle voulait simplement reprendre la vie qu'elle menait avant qu'Emma Swan ne débarque à Storybrooke. Elle voulait retrouver ces années où tout paraissait si simple. Ces années où il n'y avait qu'elle et Henry, et personne d'autre.

« Regina je suis tellement désolée…Il faut qu'on en parle, tu ne peux pas simplement faire comme si rien ne s'était passé…souviens-toi de ce qui s'est passé après Daniel… », dit Mary-Margaret ses yeux s'embuant également de larmes.

« Je t'interdis de prononcer son nom ! », tonna-t-elle en pointant un doigt menaçant vers elle.

La reine la fusilla du regard pendant de longues secondes, puis un sourire sans joie étira ses lèvres. Bien sûr ! La princesse ne s'inquiétait pas pour elle, la seule chose qu'elle craignait réellement, c'était de devoir à nouveau subir les foudres de l'Evil Queen rien de plus.

« Rassures toi, je n'ai pas l'intention de toucher à ta petite famille si c'est cela qui t'inquiète ! Saches simplement qu'à partir de maintenant il n'y a plus de Regina ! », déclara-t-elle glaciale.

« Pour vous tous ça sera désormais Madame Mills, et si j'étais à votre place, je m'en tiendrais strictement aux règles de savoir-vivre à l'avenir ! », conseilla-t-elle froidement aux deux femmes avant de lancer un regard vers la table où se trouvaient David et Hook.

La serveuse déposa le café ainsi que la note sur le comptoir. Regina prit le gobelet et fit glisser l'addition en direction de Mary-Margaret.

« C'est pour elle ! », dit-elle en adressant un sourire forcé à la princesse avant de tourner les talons et de faire claquer la porte du restaurant derrière elle.