Ce chapitre est dédié à drianna, comme cadeau de fête un peu tardif
Chapitre 3 : L'aube d'un ange
Le jour mourrait peu à peu, le soleil envoyait ses derniers rayons de chaleur rendus roses et orangés. La lune montait lentement dans le ciel, s'illuminant doucement au fur et à mesure que son opposé tombait vers le néant où il allait s'endormir. L'empyrée était strié de rose, d'orange, de mauve et de bleu, tandis qu'à l'horizon les couleurs se faisaient plus foncées et plus ténébreuses. Quelques étoiles apparaissaient déjà, brillant un peu, et seul un observateur des plus expérimentés pouvait détecter et nommer chacune des constellations, allant d'Orion à la Girafe, en passant par celle du Grand Chien et finissant par Poissons. Parmi elles l'étoile Polaire, certes la plus populaire, étincelait déjà, envoyant ses faibles rayons illuminer ses consœurs les plus proches.
Dans l'immeuble qui ressemblait à un hangar, proche du port principal de cette ville située proche de la mer, la lumière invitante et chaleureuse de la cuisine illuminait un petit groupe d'adolescents qui riaient et parlaient avec une animation renouvelée, attablés et grignotant des biscuits ou des légumes, sirotant une tasse de thé ou un café. Ils avaient parlé toute la journée, laissant une blague ici et là, prononçant des sous-entendus quelque peu douteux et des plaisanteries enfantines. Malgré cela, les cinq adolescents se sentaient détendus, à la grande différence de la matinée, où ils redoutaient de proférer une seule parole aux risques de se faire regarder d'un œil étrange.
Le blond, principal centre d'attraction de cette charmante soirée, semblait plus heureux que jamais. Ses yeux bleus qui paraissaient ternes et malades une journée plus tôt semblaient avoir passé du bleu pastel au bleu du Pacifique, signifiant une meilleure forme. Les quatre autres, dont le changement progressif de la santé du blond avait peu à peu évaporé l'atmosphère tendue qui régnait sur le groupe le matin même, avaient abandonné leur attitude défensive envers le malade et s'étaient calmés, reprenant leur attitude normale.
Malgré tout, si le centre d'attraction semblait heureux de retrouver ses amis, deux de ceux-ci souriaient mais cachaient leur réelle expression sous un masque de joie. Trowa ne comprenait pas comment Quatre pouvait sourire et rire après ces cinq mois et demi de souffrance et de solitude – car il se doutait que même si le pilote 04 disait le contraire, il avait dû se sentir affreusement seul. Il ne comprenait pas comment le blond pouvait faire pour vivre après ce qu'Oz lui avait fait. Il ne comprenait rien. Il avait l'impression de ne pouvoir comprendre absolument rien. Même s'il se forçait, même s'il tentait de se mettre dans la peau de l'héritier Winner, même s'il essayait de s'imaginer la sensation de douleur quand deux ailes blanches déchiraient sa peau, il n'y arrivait pas.
Il se sentait désespéré, voire totalement inutile, face à toute la douleur et la souffrance qui se cachait au fond des deux iris bleus de l'arabe. Il refusait de baisser les bras, mais il ne pouvait rien faire. Il avait été élevé pour ne rien ressentir et avoir un cœur de pierre, un cœur de glace incassable. Il ne pouvait rien ressentir. Il ne pouvait pas sentir la torture que son ami subissait, il ne pouvait pas savoir que celui-ci se culpabilisait de s'être fait capturé par le clan adverse et d'avoir servi de rat de laboratoire à ceux-ci. Même s'il en avait un doute, il avait grandi pour ne pas s'en soucier. Il s'en voulait de ne rien pouvoir ressentir de toute cette culpabilité, toute la peine, le tourment, les jours passés à contempler rêveusement l'éclat métallique d'un 357 Magnum qu'avait vécu le dernier né des Winner.
L'autre personne à porter un masque se sentait mal à l'aise sans être tendu. Il éprouvait une sensation étrange, alors qu'une petite voix dans sa tête lui soufflait le même mot d'une voix harcelante et aiguë « Jalousie. ». Il regardait le français fixer l'arabe avec une lueur qui ne lui était totalement pas inconnue dans le fond des yeux. Le brun était attiré par le moindre geste du maure, ses yeux émeraudes le regardaient d'un air bizarre. Comme s'il était partagé entre plusieurs sentiments…
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Je les regarde. Ils ont l'air tellement heureux. Surtout Quatre, c'est inévitable. Pourquoi est-ce que tu le regardes ainsi ? Tu ne peux pas me regarder, moi ? Suis-je donc si inutile pour ne plus avoir aucune considération de ta part ? Je sais que tu éprouves quelque chose pour lui. J'en suis sûr, car tu ne le regarderais pas ainsi. Tu ne serais pas en train de boire chacune de ses paroles, tu ne l'aurais pas ramené ici. Non pas que je ne sois pas content du fait qu'il soit de retour parmi nous. Mais bon Dieu, te rends-tu compte de comment tu agis, présentement ? Tu es totalement méconnaissable. Peut-être pas pour les autres, mais pour moi oui. Si tu savais…
Tu te rappelles sûrement cette nuit-là, lorsque Quatre nous a surpris, non ? Quand tu l'as vu, tu as paniqué, comme si tu ne voulais pas qu'il sache. Comme si tu avais l'impression de le tromper. Mais tu n'étais pas avec lui, ce n'était pas lui qui t'avait dit ces trois mots, ce n'est pas à lui que tu as répondu. C'est à moi, tu ne t'en souviens pas ? Tu vas te demander… si je ressentais encore quelque chose pour toi, alors, pourquoi ai-je coupé cette relation ? Tu veux vraiment le savoir ? Eh bien, je vais te le dire.
Evidement, je ne serais jamais capable de te le dire tout haut. Je me contente de te le dire en le pensant. Car je ne veux pas voir cette expression dans ton visage, la même que lorsque notre numéro 4 avait « révélé » son secret. Douleur, tristesse, rage, peur… En fait, je ne sais même pas si tu aurais éprouvé quelque chose. Tu es tellement difficile d'accès, c'en est presque impossible de déchiffrer tes émotions.
Tu ne me regardais plus. Tu ne me parlais plus. Les seules choses que nous faisions ensembles, s'étaient nos nuits d'amour… Mais même là, après cet incident avec Quatre, tu te faisais distant. J'ai alors décidé de couper définitivement, comme ça, je n'aurais plus à supporter ton comportement, à te supporter. J'en ai souffert, mais pas longtemps.
« Tu es jaloux. »
Cette même phrase résonne dans ma tête depuis un but de temps, déjà. Pourtant, je ne vois pas en quoi je devrais l'être, si je suis jaloux, car c'est moi qui a coupé, je l'ai déjà dit…
« Ça ne t'empêche pas d'être horriblement jaloux de Quatre. »
Pourquoi serais-je jaloux de Quatre? Je ne serais jamais contre lui. Il a traversé tant d'épreuves, il a terriblement souffert… Il ne mériterait pas que j'éprouve de tels sentiments à son égard.
« Jaloux. Tu es jaloux. »
Non. Je ne suis pas jaloux. Je savais que ça arriverait. Je ne pouvais rien y faire, mais je préférais avoir mal une fois et que ça frapperait fort au lieu d'avoir mal, mais longtemps. Comme Quatre. Tu ne vois donc pas comment il te regarde, tous les gestes qu'il a envers toi, les efforts qu'il fait juste pour paraître de bonne humeur malgré la douleur qui l'élance ? Malgré le fait que c'est à cause de ce qu'il ressent pour toi qu'il est ainsi maintenant ? Oui, j'ai réussi à percer ses sentiments à jour. J'ai réussi à le comprendre. Pas comme toi, tu ne ressens jamais rien. Si tu savais comme ça peut être vexant. Et comme ça peut conduire dans des chemins inverses de ceux que tu aimerais pouvoir t'engager.
J'étouffe un bâillement avec ma main droite. Mes yeux se ferment d'eux-mêmes, ma tête retombe sur mes épaules… Fatigue extrême, aucun doute, j'ai passé la journée et une partie de cette nuit et de la nuit passée debout, à parler. Un autre bâillement. Je ne sais pas si quelqu'un l'a intercepté, mais je me lève et repousse ma chaise sous la table en souhaitant bonne nuit à tout le monde. Je regarde Quatre, lui envoyant un sourire bienveillant, qu'il me rendit, mais je sais qu'il a masqué une grimace de douleur… à moins que je sois totalement paranoïaque.
Puis je te regarde avec un air interdit. Je secoue doucement la tête puis revint à mon intention principale : aller me coucher et dormir. À ce moment-là, je me souvins d'un regard sombre se poser sur moi avec insistance… Mais je n'y porta pas la moindre attention, préférant laisser divaguer mon esprit vers les couvertures moelleuses et chaudes qui m'attendaient en haut. Je montai les marches d'un pas lourd, endormi. Pourtant, j'avais l'impression de marcher normalement… comme si le bruit de mes propres pas ne se synchronisaient pas avec les enjambées.
Bref, je parvins à ma chambre, dont j'ouvris la porte avec un soupir d'aise. Je me glissais à l'intérieur, me faufilant en douce vers mon lit si accueillant… Je ralentis ma respiration, la faisant la plus régulière possible. Mes paupières se fermaient lentement, mon corps se faisait de plus en plus détendu. Alors que je sentais – enfin ! – le sommeil me gagner, tout mon corps se réveilla d'un coup. Mes yeux s'ouvrirent grandement tandis que mes membres se tendaient. Bon, maintenant que j'étais dans mon lit, couché et prêt à dormir, il fallait que l'insomnie me gagne. Joie.
Il était peut-être passé une heure ou deux depuis que j'étais monté dans ma chambre. Je redescendis donc à la cuisine, voulant me servir un verre d'eau qui, je l'espère, chasserait cette insomnie que je ne portais pas dans mon cœur. Avec un regard à mi-chemin entre celui du somnambule et celui du mec parfaitement bien réveillé, je cherchais les verres dans une armoire que j'avais ouverte au hasard. Mais je dois dire que c'est assez difficile de trouver des verres dans l'armoire pour les assiettes…
C'est une voix ensommeillée qui me tira de mes réflexions. Je me retournais vers la provenance de la voix et je la fixai d'un air béat. Les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, le verre toujours dans les mains et une surprise toute autre étampée dans la figure.
« Pas la peine de me regarder comme ça… » avait dit la voix.
Ce n'était pas le fait que je ne m'attendais pas à voir quelqu'un debout à cette heure qui m'étonnait, mais c'était plutôt de voir les dizaines de bouteilles vides ou à moitié vides traînaient partout sur la table, des verres en vitre jonchaient littéralement aux côtés des carafons. Je me rendis compte à présent que la voix qui s'était faite entendre n'était pas ensommeillée, mais saoulée. Complètement ivre. Et la personne qui était assise de travers devant moi n'était pas du genre à s'enivrer. Vraiment pas. C'en était effrayant.
Son regard s'accrocha au mien et ne me lâcha pas. Un long frisson me parcourut le dos. Son regard n'était vraiment pas normal. Quelques mèches lui tombaient devant les yeux, lui donnant un air désinvolte. Je dois dire qu'il me faisait un peu peur. Non, pas un peu, beaucoup et je dirais même trop peur. Je ne savais aucunement ce qui se passait dans sa tête grisée. Je ne possède pas le don de Quatre, moi.
« Tu peux t'asseoir, je vais pas te manger. »
Il avait parlé d'une voix assurante, mais je suis sûr qu'il ne se rendait pas compte de ce qu'il se disait. Bah, peut-être, mais ses yeux me fixaient, vides de toute émotion. Mais avec un peu plus d'attention, je vis qu'il ne regardait pas mes yeux, mais… ma bouche.
« Euh… non, je préfère rester debout. »
J'avais reculé vers le comptoir en le voyant se lever en titubant. Je ne savais vraiment pas comment réagir face à lui, surtout que son comportement était très anormal. Il s'avança vers moi lentement, en me fixant toujours avec ce regard… déterminé? Audacieux, peut-être? Je ne savais pas comment déchiffrer ces yeux… Ils m'ont toujours fascinés et apeurés, ces yeux… Mais maintenant, qu'est-ce que je peux éprouver face à ce qu'ils me démontraient? De l'insécurité. Et une chaleur au niveau du bas-ventre.
J'ignore pourquoi. Mais à présent, lorsque je le regarde dans les yeux, je me sens étrange. Complètement intimidé, à la fois rabaissé et vénéré. J'en perds mes moyens. J'ai chaud mais un frisson glacé me parcourt l'échine, j'ai le cœur au bord des lèvres mais je serais prêt à courir vingt milles en une fraction de seconde. J'ai besoin d'air mais je voudrais que l'on m'étouffe.
Une érubescence montait sur mes joues au fur et à mesure qu'il se rapprochait. Je n'hésitait qu'entre deux envies : remonter en courant dans ma chambre ou lui sauter dessus. Minute… lui sauter dessus? Mais qu'est-ce que j'ai, moi?
« Tu l'aimes, on dirait bien. »
Oups, non, pas encore cette sensation… La même qu'avec l'autre… Une folle envie de le plaquer contre le mur, de l'empêcher de respirer en l'embrassant… Non! Je ne dois pas, je ne peux pas, il va savoir la vérité… que je suis aux hommes… et c'est la dernière chose que je voudrais qu'il sache, je crois. Je me dérobais vers la porte en direction des escaliers menants à l'étage supérieur. Il arrêta son avancée et me dévisagea.
« Tu as peur de moi? »
Je stoppais et me retourna vers lui. Son visage semblait défait. Je le contempla pendant quelques instants, puis je m'approcha de lui prudemment. Je ne vis que l'esquisse d'un sourire vainqueur avant d'être brutalement projeté vers l'arrière tandis qu'il me sautait dessus…
Je ne savais aucunement ce qu'il essayait de faire. Cependant, quelque chose me disait qu'il me faisait exactement ce que j'avais envie de lui faire… c'est-à-dire : lui sauter dessus, l'embrasser et le violer sauvagement. Pourtant, il se contentait de me plaquer sur le sol, de me voir sous lui, de m'énerver… De m'exciter, plutôt?
Il frottait ses mains langoureusement sur tout mon corps, passant des cheveux aux jambes, des jambes au torse, du torse à une partie plus basse de mon anatomie… Et je me laissais faire. J'avais envie de lui plus que de n'importe qui, je le sentais, mon corps le ressentait. Je me rendis compte à ce moment-là que je n'avais rien à me reprocher d'avoir coupé avec l'autre… Je le désirais nettement plus que Trowa.
Une autre chose que je réalisa : les vêtements sont beaucoup faciles à enlever quand on est ivre que lorsqu'on est sobre. En dedans de deux minutes au gros maximum, mon T-shirt était à l'autre bout de la cuisine et mes pantalons n'allaient pas tarder à suivre. Bien que je sache parfaitement qu'il était en état d'ivresse et que probablement il ne savait pas ce qu'il faisait, je ne pouvais pas m'empêcher de consentir à ses désirs du moment, même si la situation pourrait se retourner contre moi plus tard.
Je ne sais pas non plus comment nous nous sommes rendus dans sa chambre, mais chose certaine, lorsque je me réveillais à peine deux heures plus tard, c'était pour me retrouver sous son corps chaud et dans son lit aux draps blancs. Je ne me souvenais de rien des instants précédants, sinon une chaleur bienfaisante se répandant dans mon corps, tandis que des mains baladeuses se promenaient dessus. Peut-être une grande douleur à un moment donné, mais sinon, rien de plus. J'allais me rendormir, quand je sentis une main recommencer à visiter mon anatomie complète.
Halètements, soupirs, petits cris. Ce fut se qui suivit. Des cheveux dans tous les sens, des mains caressantes, deux corps s'étreignant violemment… Pour une fois, ce fût quelqu'un d'autre que moi qui chevauchait, et je dois dire qu'il n'y allait pas de main morte… Incapable de respirer, incapable de penser, la seule chose qui apparaissait dans mon esprit à cet instant était de profiter de ce moment plus que tout autre chose au monde. Et c'est ce que je fis.
Je l'embrassais, je le mordais, je le griffais; mais malgré tout, il m'étreignait avec douceur, son corps se calant un peu plus sur le mien au fur et à mesure que les minutes passaient. Ses hanches ondulaient à des mouvements réguliers tandis que je gémissais à rendre fou un sourd. Sa bouche retrouva la mienne dans une danse exaltée, passionnée et violente. Sa tête descendit dans mon cou, y déposant une série de baisers, léchant ma peau, puis suivit une ligne formée par un os pour s'arrêter au ventre, titillant mes sens, redessinant chaque lignes de sa langue, pour finir au nombril.
Cette fois-ci, il ne descendit pas plus bas, se contentant de me laisser sur ma faim. J'en voulais plus et il le savait, mais je saurais me contenter de ceci pour cette fois. Il s'étendit à mes côtés, m'enserrant la taille d'un geste possessif. Ses jambes jouèrent un peu avec les miennes avant de se trouver une position confortable. Sa tête se nicha dans mon cou et je sentais sa respiration brûlante souffler dans mes cheveux dénoués, tandis que l'une de ses mains s'emmêla avec l'une des miennes. Sa respiration se fit plus régulière, changeant de rythme de danse, passant de celle à la cadence rapide à celle d'une mélodie parfaite pour s'endormir. Et c'est également ce que je fis : je ferma les yeux et sombra dans le sommeil profond. Il me caressa l'épaule pendant quelques minutes, me faisant sourire. Je l'embrassais sur le front avant de lui murmurer :
« Bonne nuit, Wu Fei. »
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Il était une fois, un bon prince, gentil pour son peuple. Il connaissait le nom de chaque paysan, de chaque seigneur et de chaque vassal; il écoutait chaque plainte, chaque demande et chaque commentaire. Il faisait n'importe quoi pour venir en aide aux plus pauvres et sa fortune résidait dans son cœur. Mais un jour, l'un des seigneurs voisins, jaloux de son succès auprès de ses sujets, déclara la guerre au royaume du bon prince. Celui-ci ne combattit même pas, ne possédant aucune arme. Ses sujets voulurent se défendre à l'aide de fourches et de perches, mais leur bon prince les rassura en leur promettant que jamais il ne laisserait quelqu'un leur faire du mal. Il se rendit chez le seigneur voisin, se rendant et lui remettant son royaume, mais à une seule condition : de ne pas maltraiter les gens qui y habitaient. Le seigneur acquiesça et fit chasser le bon prince du royaume. Pendant des mois, personne ne le revit et le seigneur ne tînt pas sa promesse, fouettant et faisant pendre tous ceux qui s'opposaient à ces décisions, des enfants aux vieillards en passant par les nouveaux nés, les femmes enceintes et les hommes en pleine santé. Cependant, au cours d'une partie de chasse, le seigneur tomba de cheval et fût atteint d'une curieuse blessure. Son cœur saignait mais ne se refermait pas, le laissant souffrir de tout son être. Puis, soudainement, le bon prince apparut devant lui et d'un regard de glace incassable, dit d'une voix froide : « Vous m'avez tout pris, jusqu'à la vie de mes sujets. La douleur que vous ressentez est celle que moi-même je ressens, c'est celle d'avoir perdu des proches et des chers à mon cœur. Plus jamais vous ne pourrez ressentir quelconque sentiment, plus jamais vous ne pourrez fermer les yeux sans voir les terribles images d'hommes, de femmes et d'enfants égorgés et pendus, plus jamais vous ne pourrez respirer sans sentir le goût du sang dans votre bouche. Et jamais, mais jamais plus, vous ne pourrez prononcer aucune parole ni ne pourrez écrire quoi que ce soit. Les mots sont des choses aussi précieuses que de l'or, aussi abondants que de l'eau, aussi chers à nos cœurs et à nos mœurs que la plus ancienne des prophéties et le dernier mariage du village. Vous ne méritez pas d'en faire usage, tout comme vous ne méritez pas mon royaume. » Sur ses mots, le bon prince fixa une dernière fois avant que deux élytres aussi blanches que la plus pure des neige apparaissent dans son dos. Une lumière dorée éclaira son visage et ses cheveux blonds pendant quelques secondes, puis elle s'évanouit, ne laissant qu'une plume immaculée sur le sol.
Le seigneur se rendit compte, seulement après s'être aperçu que plus jamais il ne pourrait parler, plus jamais il ne pourrait écrire, plus jamais il ne pourrait fermer les yeux sans être tourmenté, que s'il avait envie de se procurer le royaume du bon prince, se n'était pas à cause de sa jalousie, mais à cause de son amour. En fait, il n'avait qu'envie de prendre le bon prince pour son fils, de l'aimer comme il n'avait été aimé de son père. Il ne voulait que quelqu'un le comprenant, que quelqu'un sachant lui parler. Mais cela, il ne le comprit qu'après avoir tout perdu.
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Le soleil réchauffait doucement le visage pâle de Quatre étendu sur son lit. Il regardait le plafond d'un air perdu, ses yeux bleus étant vidés de tout sentiment. Il se sentait à la fois fatigué et plein d'énergie, à la fois en train de mourir et de naître. Il se sentait étrange, comme si son âme ne s'était pas retrouvée dans le bon corps. Il leva la main vers son visage et l'arrêta à une quinzaine de centimètres de celui-ci pour la dévisager. Il nota chaque détail et chaque ligne, suivit des yeux le chemin que traçaient les veines du poignet. Il la referma en formant un poing, le serrant de toutes ses forces. Mais à son grand désespoir, il n'en fût pas capable, pliant seulement les doigts sur sa paume. Il laissa tomber sa main sur les draps et retourna à la contemplation du plafond.
Il n'avait pas envie de se lever. Le blond se sentait tellement las qu'il pensait que s'il se levait, se serait seulement pour aller parler avec Duo, et ne rien faire d'autre. Celui-ci était peut-être le seul avec qui il était capable de prononcer un mot sans avoir l'impression de parler à un mur ou à un robot. Avec Heero, si les conversations duraient plus qu'une dizaine de seconde, tu étais dans le livre des records mondiaux. Avec Wu Fei, la glace était plus chaude et avec Trowa, si l'arabe réussissait à dire quelque chose d'intelligible, le pilote 03 le regardait étrangement.
Quatre savait qu'il avait aimé l'adolescent aux yeux émeraudes dans le passé. Mais à présent… Il ne savait même plus si Duo et Trowa étaient encore ensembles, il ne savait pas ce qui s'était passé lorsqu'il était enfermé dans son manoir. De toute façon, voir l'américain et le français ensembles avait fait débuter sa présumée maladie. S'il ressentait encore quelque chose pour le pilote 03, c'était beaucoup moins fort qu'avant. À présent, cela ne dépassait plus le stade d'une forte amitié. Sauf que… lorsqu'il pensait ceci, tout se retournait dans lui, une boule se formait dans sa gorge.
Un livre traînait sur un coin du lit. Un livre imagé, aux coins et aux pages abîmés, aux couleurs chatoyantes. Sur la page couverture était inscrit le titre en grosse lettres bleues et dorées : Le bon prince et le seigneur. En dessous du titre, il y avait une image d'une plume blanche sur le sol d'une forêt. Il le prit et l'examina d'un œil critique, pour le laisser retomber sur le sol.
« Ça n'existe pas, les anges… »
Il avait parlé d'une voix cassée et colérique, mélangée à de la tristesse et de la douleur. Si les anges n'existaient pas, alors pourquoi avait-il des ailes? Pourquoi était-ce lui qui devait souffrir comme cela? Une épreuve quelconque? Une vengeance personnelle d'un général d'Oz? Le méritait-il? S'il vivait cette « épreuve », c'est que probablement il l'avait mérité… Mais avait-il seulement mérité de sentir son cœur brisé en millions de morceaux? De souffrir, de faire souffrir ses amis? Ses pensées dérivèrent vers une scène du passée, celle où les autres avaient découvert son « anormalité »…
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Des bruits de vaisselle se faisaient entendre dans la cuisine. Le soir était tombé depuis peu et l'heure du souper s'était manifestée par l'odeur d'un rôti de bœuf et de pâtes à la sauce aux champignons. Quatre des cinq pilotes étaient attablés, bavardant ou du moins, monologuant, tandis que le dernier s'affairait à préparer les assiettes. Avec des gestes précautionneux, il déposa les pâtes dans les assiettes, entre la viande cuite au point et la salade verte. Sa tâche accomplie, il prit deux assiettes dans ses mains pour les déposer devant les pilotes à gauche de la table. Il repartit chercher les plats restants pour les déposer à leur tour devant les adolescents de droite, puis repartit chercher sa propre assiette, sans prononcer un mot. Sa peau était blême, ses cheveux d'une couleur terne et ses yeux avaient changé de couleur pour passer du bleu océan au gris maladif. Ses mains tremblaient, bien qu'il fasse de gros efforts pour empêcher les tremblotements. Un silence de mort s'était fait, tandis que Quatre gardait la tête baissée sur son plat et que les autres le regardait du coin de l'œil. Il leva sa fourchette à sa bouche, mais la déposa dans son assiette quelques secondes après. Les autres le regardèrent faire, puis, voyant qu'il ne mangeait pas, Duo décida de s'informer.
« Quatre… tu vas bien, dis-moi? »
L'interpellé ne leva pas le regard de son plateau et ne dit rien. Les autres, mal à l'aise, ne surent pas vraiment comment réagir et un autre silence s'installa. Tous fixaient le blond sans bouger, hésitants même à respirer. On pouvait même entendre les grillons chanter à l'extérieur. Le pilote arabe n'avait pas relevé encore la tête de son assiette, la fixant d'un air vague. Ses lèvres pâles tremblaient légèrement, laissant présumer qu'il avait froid. Après un court moment, Trowa décida de briser le silence embarrassant.
« Quatre, est-ce que ça va? »
Le blond soupira avant d'hocher doucement la tête. Il porta son verre d'eau à ses lèvres, mais le gobelet glissa de sa main pour s'écraser sur le sol. Personne ne bougea, mais lorsque Quatre se leva pour ramasser les morceaux de vitre, Duo le fit rasseoir en le rattrapant par la manche.
« Tu vas nous dire ce qui ne va pas. »
Trowa n'avait pas demandé des explications au blond, mais l'avait ordonné. Quatre ne se fit pas prier, mais n'entra pas dans les détails, ne prononçant que ces mots :
« Je quitte les Gundams. Je retourne à ma société. »
La réaction des autres fut volcanique. Tous s'exclamèrent en même temps, voulant des réponses et des explications plus claires que les précédantes. L'arabe ne dit aucun mot, se leva et monta à sa chambre, laissant un plat de nourriture froide et les autres pilotes dans un état d'inquiétude extrême.
« Il nous chante quoi, là? » fit l'américain, la voix angoissée.
« Je crois bien… qu'il quitte les Preventers, » fit Heero, stoïque. Il avala une bouchée de pâtes, puis déposa sa fourchette dans son plat en murmurant : « C'est froid. »
Les autres le regardèrent étrangement, Duo tiquant de l'œil, Wu Fei soupirant de désespoir et Trowa restant le plus impassible de tous. La conversation s'anima, chacun discutant avec un enthousiasme plus ou moins joyeux de l'annonce que leur avait faite leur confrère d'armes. Le français les regardait, assis sur sa chaise. Après quelques minutes, il se leva brusquement pour se diriger vers l'étage avec pour seule explication : « Je vais essayer de comprendre. » Les autres hochèrent la tête lentement, le suivant des yeux.
De son côté, Quatre faisait ses valises avec des gestes fatigués. Il rangeait ses affaires méthodiquement, bouclant une malle avec difficulté. Il ne cessait de penser à la réaction des autres. Elle n'avait pas été aussi bien reçue qu'il ne l'avait souhaité. Il s'attendait à entendre l'un ou l'autre des pilotes venir cogner à sa porte pour réclamer des explications sur sa décision. En effet, quelqu'un vînt toquer à sa porte.
Il ne se retourna pas vers la source du bruit, continuant de faire ses valises avec des gestes lents. La personne s'approcha de lui, mais avant même qu'elle puisse le toucher, Quatre se retourna d'un geste brusque et avec un regard dur. Cependant, en reconnaissant la personne qui se tenait devant lui, ses yeux perdirent toute dureté pour adopter une tristesse et une douleur infinie. Le nouveau venu resta un moment à regarder le blond boucler et ranger vêtements et objets personnels, quand il se décida à parler.
« Quatre, qu'est-ce qui ne va pas? »
« Rien. »
Même si pour quelqu'un d'autre sa réponse eût été convainquante, pour la personne devant lui, ce n'était qu'un mensonge mal caché. L'individu se rapprocha de l'arabe, voulant le prendre dans ses bras, mais Quatre s'enfuit de l'étreinte en lui donnant un coup dans le ventre. L'autre perdit son souffle, et Quatre se précipita contre un mur.
« Qu'est-ce que tu comptais faire, Trowa? » demanda t'il d'une voix à mi-chemin entre la peine et la haine.
Le dit Trowa le regarda, se tenant le ventre et tentant de récupérer son souffle. Il rebaissa la tête en articulant une phrase.
« Te rassurer. »
« Me… rassurer? Parce que tu crois que j'ai besoin d'être rassuré? » À présent, la voix du blond frôlait l'hystérie.
Trowa releva la tête pour ancrer son regard dans celui du blond.
« Quatre, tu n'es pas dans ton état normal. »
La réaction du blond ne tarda pas, un rire proche de la folie éclatant dans la pièce. Le français se rapprocha de son ami pour entourer ses épaules de son bras gauche. Quatre se défit de son emprise, s'éloignant le plus possible du pilote aux yeux émeraudes.
« Ne me touches pas. »
Il toisait Trowa du regard, une sorte de lueur étrange brillant au fond de ses yeux.
« Mais qu'est-ce qui t'arrives, Quatre? »
Le français était inquiet, c'était facilement devinable. Mais pour l'héritier Winner, à cet instant, un rien pouvait être des plus difficiles à déchiffrer.
« Tu tentais de faire quoi, là? » demanda le blond, le ton un peu haussé et la voix calme mais colérique.
« Je te l'ai dit, de te rassurer… Quatre… si jamais il t'arrivait quelque chose… »
« Tu mens. Jamais tu ne t'es soucié de moi. »
Trowa écarquilla les yeux de surprise.
« Mais… pourquoi tu dis ça? »
Un petit ricanement de la part du pilote blond.
« Parce que sinon, tu ne serais pas ici en train de discuter avec moi sur quelque chose qui ne te concerne pas, mais plutôt en bas en train de parler de la prochaine mission. Je te connais, Trowa. Ce n'est pas en venant directement me demander ce qui ne vas pas que nécessairement tu te fais du soucis pour moi. »
Trowa ne répondit pas.
« Et à présent, vas t'en, j'ai des valises à finir. »
« Tu comptes vraiment partir? »
« Ça ne se voit pas? Non, alors, je fais mes bagages pour m'amuser! » répondit Quatre, ironique.
Trowa le regarda faire, mais ne répliqua rien. Quelques minutes plus tard, il décida de ranimer la conversation.
« En fait, je crois que c'est parce que tu nous as vu, Duo et moi. Non? Tu as peur de quelque chose? » demanda le pilote français.
Quatre s'immobilisa un moment. Sa respiration s'était faite saccadée, puis elle revint à la normale, signifiant qu'il tentait de cacher son trouble. Trowa fit un sourire en coin.
« Alors c'est ça, tu as peur? »
« Non. Je n'ai pas à avoir peur de toi, ni de Duo, d'ailleurs. »
« Pourtant, à ce que je me souvienne, tu pleurais le lendemain, après que je sois parti… »
Le blond se retourna vivement.
« Comment ça? Tu es resté devant ma porte, hein? Alors que je t'avais demandé de partir? Tu parles! Tu es l'être le plus hypocrite que j'aie rencontré! »
« Tu caches quelque chose. » Trowa s'était rapproché de Quatre lentement et le fixait de ses yeux verts. Celui-ci le regarda droit dans les yeux avant de se retourner et de murmurer :
« Néanmoins, je sais à présent que tu préfères être le dominé… »
« Pardon? J'ai pas bien compris, tu peux répéter? »
Quatre lui fit face, un léger sourire en coin.
« De toute façon, je ne vois pas pourquoi tu perds ton temps ici, parce qu'à ma connaissance, c'est à cette heure que toi et Duo vous vous voyez, non? »
« Quoi? »
Le français s'était rapproché et avait pris le blond par les épaules, débordant de fureur et secouant sa prise. L'arabe riait aux éclats, d'un rire hystérique. Mais son rire se transforma bientôt en sanglots et en petits cris, et Trowa, réalisant ce qui se passait, relâcha le blond qui s'écroula sur le sol, à genoux. Les deux mains sur le cœur, la respiration redevenant à nouveau saccadée, il poussa un hurlement de douleur qui alarma les trois autres pilotes, toujours à la cuisine. Ceux-ci se dépêchèrent de monter en vitesse à l'étage, et ils virent Quatre sur le sol, hurlant de douleur et crachant du sang, puis Trowa debout devant le pilote aux yeux bleus, la mine stupéfaite. Leur regard allait de Quatre à Trowa, et de Trowa à Quatre, posant une question muette.
Ils n'eurent pas le temps d'entendre la réponse à leur question que Quatre hurla à nouveau de souffrance, pendant que deux longues ailes blanches lui déchiraient le dos dans un bruits horrible. Le hurlement en lui-même était déjà des plus horribles, mais entendre le son de la peau qui se déchirait était cent fois plus affreux à entendre. Le blond retomba lourdement sur le sol par en avant, sans connaissance et la tête frappant durement le plancher. Il avait la bouche et le cou en sang, tandis que des plumes voletaient partout dans la chambre, donnant à la pièce un air à mi-chemin entre le féerique et l'irréel.
« Je rêve ou Winner a des ailes? » fit Wu Fei, se frottant les yeux.
« C'est… impossible! » fit la voix de Duo, semblant ne pas y croire.
Trowa s'approcha précautionneusement de Quatre pour toucher aux plumes blanches. Il constata avec émerveillement que les plumes étaient bel et bien réelles, douces et chaudes. Après un moment, les élytres disparurent, laissant le blond sans connaissance sur le sol et semblant bien ne pas être en état de revenir dans les minutes qui suivaient. Le français le prit dans ses bras pour le déposer sur le lit, puis il essuya le sang qui commençait à sécher dans le cou de l'arabe. Sa seule pensée fût : « Qu'est-ce qui m'a pris… non mais qu'est ce qui m'a pris! »
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Trowa se réveilla, complètement dépaysé et sans aucune raison de l'être. Pourtant, il dormait dans cette chambre depuis longtemps, il aurait dû s'habituer à cette pièce, à cette atmosphère… Mais quelque chose faisait qu'à chaque fois qu'il se réveillait, il s'attendait à se réveiller autre part. Il s'aplatit les cheveux et étouffa un bâillement. Il se frotta les yeux dans l'espoir vain de se réveiller plus rapidement. Le jour commençait à peine à se lever, mais il alla tout de même se débarbouiller le visage, car il savait que même s'il essayait, il ne pourrait pas se rendormir. Il s'habilla et se peigna, puis descendit à la cuisine se faire un café.
À peine un pied dans la pièce aux murs blancs et éclairés, il faillit glisser sur un T-shirt au texte imprimé en anglais. Il ne se posa pas de question, mais lorsqu'il glissa pour de vrai – sur un chandail chinois en lin blanc, cette fois – il poussa un juron français digne d'injurier le plus grand des pasteurs gallo-roman. Il se précipita à l'étage et ouvrit la porte qu'il passait être la chambre de Duo, mais ouvrit celle… de la chambre de Quatre. Le pilote 03 s'immobilisa et regarda la scène qui se déroulait devant lui. Une scène plutôt calme et sereine, qui émanait une grande tranquillité et une paix d'âme. Le blond dormait paisiblement, les mains serrées contre sa poitrine et les jambes repliées sur elles-mêmes. Le brun sourit à cette vue, s'avança sans bruit vers le lit et s'y assit doucement.
Il tendit une main vers la joue du blond, la caressant du bout des doigts, effleurant quelques mèches dorées au passage. Quatre émit un faible grognement et se retourna, fuyant le contact pourtant tendre du brun. Celui-ci sourit de nouveau et déposa un petit baiser sur le front de l'endormi. Il se leva, mais lorsqu'il s'apprêtait à refermer la porte, quelque chose attira son attention. Une feuille de papier, sur laquelle y était inscrit un – et Trowa faillit s'étouffer quand il vit de quoi il s'agissait – poème? Sans plus attendre, il le lut.
« Une plume argentée
Descend doucement dans mes mains bandées
Du sang coulant lentement
Sur mon corps tremblant
De mes lèvres entrouvertes
S'échappe un petit râle
Assis sur l'herbe verte
La peau horriblement pâle
Mes yeux gris terne
Inondés d'une peine
Autrefois bleu Pacifique
Aujourd'hui gris ironiques
Mes cheveux tachés du liquide vermeil
Dans mon dos, une nouvelle douleur s'éveille
Deux longues élytres blanches s'étirant
S'allongeant, souffrant
Une noirceur m'entourant
Me plongeant dans un sommeil enivrant
Sûrement le jour tombant
Je n'arrive pas à voir clairement
Suis-je mort?
Suis-je vivant?
Existais-je encore?
Qu'est-ce cette impression qui parcoure mon corps en courant?
Mes yeux se ferment doucement
J'aimerais ne plus jamais avoir à les ouvrir
Rester dans ce sommeil tentant
Arrêter de vivre, finir
Ne plus jamais te revoir
Ne plus jamais attendre l'espoir
Ne plus jamais souffrir
Ne plus jamais vivre
Laisse-moi ici
Vas-t'en, je t'en prie
Laisse-moi mourir
Les deux longues ailes en sont la preuve
Je suis damné
Mes jours sont comptés
Que je meure aujourd'hui ou demain
Ce n'est que le même chemin
Je ne t'attendrai pas
Je suis trop impur pour ça
Je ne me suis pas battu
Même pas défendu
Je n'ai aucune chance
De t'entendre prononcer cette phrase
De sentir le frôlement de ta peau
Le doux son de tes mots
Tout ce dont j'ai rêvé
N'était qu'utopie
Un rêve insensé
Sans aucune sortie
J'en rêve toujours
J'en souffre à tous les jours
Et tu ne t'en rends même pas compte
Ce n'est cependant pas ma plus grande honte
C'est de savoir qu'ils ont pu me toucher
Mais pas toi
Je ne puis même pas me permettre de pleurer
À mon grand désarroi
Je ne veux plus exister
Alors tue-moi
Je te demande de me tuer
Je ne veux pas mourir de la main d'un autre que toi
Sauf que jamais tu n'accepteras
Je suis trop précieux pour les missions
Mais moi j'en ai marre des conflits entre les nations
Kidnappings, chantages, et cetera
Alors, une dernière fois
Tue-moi
Je ne mérite que ça
La vie, pour moi elle est finie
Je ne mérite plus une existence aussi privilégiée
Ma vie ne se résumait qu'ainsi :
Tuer, assassiner
Mais également par une autre phrase
Pour toujours et à jamais, aimer n'est que souffrance… »
Trowa n'en revenait pas. Que Quatre aie pensé à écrire ce… poème, c'est qu'il devait vraiment être déprimé. En plus, il parle d'amour… Quatre, amoureux de quelqu'un? Impossible! Il était trop… trop… pur – malgré le fait que le blond lui-même se considère comme le contraire – pour aimer quelqu'un. Et il en souffrirait?
Savoir que l'arabe était amoureux de quelqu'un rendait le français étrange. Quelque chose en lui se retournait, lui donnait mal à la tête et l'incitait à se poser des questions. Que ressentait-il pour Quatre? Il l'aimait, ou non? Lorsque le blond était tombé sans connaissance sur le plancher, après qu'il ait annoncé qu'il retournait à sa société, Trowa s'était sentit horriblement coupable. Il le savait que l'héritier Winner n'était pas dans son assiette ce jour-là, et lui, il s'était mis en colère et l'avait secoué de toutes ses forces, rien que pour une phrase insignifiante que le blond avait dite. Il n'avait qu'énoncé un fait, et le brun s'était fâché.
Maintenant… Quatre souffrait de douleur et d'amour. Le pilote 03 avait fini par reconnaître le sentiment qu'il éprouvait quand il pensait à Quatre amoureux : la jalousie. Qui que cette personne soit, elle ne le méritait pas. Mais est-ce que lui avait le droit de dire qu'il en était digne?
Un bâillement le tira de ses réflexions. Il se retourna vers le lit pour voir un Quatre complètement bien réveillé, qui le fixait d'un drôle d'air. Trowa se sentit mal à l'aise, car après tout, il était entré dans la chambre du blond sans la permission de celui-ci, et en plus, il avait fouillé dans ses affaires.
« Que fais-tu ici? » lui demanda Quatre, la voix calme, mais irritée.
Réponses aux reviews :
Abeille : Salut! Je suis heureuse que cette fic te plaise! En effet, moi aussi les 1x2 j'en ai marre et je ne suis pas la seule à penser ainsi ' Bref, j'espère que ce chapitre 3 t'as plu, car j'ai mis énormément de temps avant de le finir! En plus, Trowa est vraiment difficile à écrire… Enfin… c'est de mon avis personnel…
Wish : Ah mais ma grande, vois-tu, je réponds toujours à aux reviews! C'est en partie toi qui m'a fait continuer ce chapitre et le poster au plus vite Et le fait que tu viennes vérifier chaque jour si j'ai poster u nouveau chapitre me rend tellement contente, tu peux pas savoir! J'attends ta review pour ce chapitre avec impatience!
Hime : Nan, je te boudes! Loll, t'inquiète, tu es le tiers de la raison pour laquelle j'ai posté le chapitre 3! Le premier tiers étant wish ! llol, t'oublies pas la review pour ce chapitre, neh ?
Drianna : Eh bien ! Voilà le dernier tiers de la raison pour laquelle j'ai posté ce chapitre ! Oui ma tite dri d'amuur, comment t'as trouvé ton 2ieme cadeau de fête (un peu tardif, mais bon -\' ) donc, voualou ! Oublie pas la review, plz ! Arigatô !
Supervovo : Salut ! Eh bien, t'aurais-je convertie à Quatrichoupinet d'amuuuuuur ? Nan ? Bah, pas grave ! En espérant que ce chapitre t'aie plu !
Yuki-chan : Yop ! t'as posté juste à temps avant que je poste mon chapitre 3 Et oui, j'adore le principe que Quatre est un ange, j'ai un gros sourire quand je lis des fics avec ça ! Alors, merci pour ta review, j'attends ton commentaire pour ce chapitre avec impatience !
