Note: Heureusement que je prends la peine de relire avant de publier. Malgré les nombreuses relectures déjà effectuées, je trouve encore des fautes d'inattention assez hallucinantes (bon, écrire ET relire tard le soir ne doit pas aider non plus XD)

Bonne lecture !


Chapitre 2 : La préparation

Le lendemain matin, comme James s'y attendait, l'événement fit la Une de la Gazette : « Un Mangemort parmi les Aurors ! ». Le récit officiel différait de très peu de celui qu'avait fait Bertha Jorkins la veille au soir. Un détail sordide lui avait pourtant échappé : l'unique trace qui subsistait de Peter sur le lieu du crime était un de ses doigts. Un doigt… comme pour prouver que le reste avait bien été anéanti…

Dès qu'il l'avait pu, James s'était empressé de se rendre au ministère de la Magie pour y glaner de plus amples informations. Il n'était malheureusement pas le seul, plusieurs connaissances des Maraudeurs s'y trouvaient déjà quand il arriva. Il ne put échapper aux condoléances et aux excuses, ce qui eut pour effet de l'exaspérer au plus haut point.

Bien sûr, quand ce n'était pas par pitié, la majorité de ces personnes faisaient cela par compassion et gentillesse. Cependant, à leurs épaules pour pleurer, il aurait largement préféré entendre plus de conviction dans leur voix quand elles lui disaient « Je n'arrive pas à croire ce qu'il s'est passé ». À quoi cela servait-il de prononcer de tels mots si elles n'avaient aucune intention d'enquêter, si la chose était déjà acquise pour elles ? En plus, elles lui faisaient perdre son temps…

Quand il trouva enfin quelqu'un apte à le renseigner, James apprit ce qu'il redoutait. Croupton, le directeur du Département de la justice magique, alors très préoccupé par son ascension politique, avait une fois de plus fait preuve de sa justice expéditive. Il avait envoyé Sirius en prison, sans jugement… et sans intention d'en faire. Les faits étaient parlants selon lui alors à quoi bon perdre du temps à tenter de prouver l'innocence d'un homme coupable pendant que d'autres courraient encore les rues…

James essaya en vain d'obtenir une entrevue avec lui. Lorsque l'on daigna finalement lui présenter un assistant chargé de prendre sa déposition, tous les éléments nouveaux qu'il apporta furent considérés comme des preuves supplémentaires de la culpabilité de Sirius : sa visite avec James n'était qu'un prétexte pour brouiller les pistes et vérifier si le « travail » avait été fait de même, le « suspense » qu'il avait laissé planer en quittant l'appartement de Remus était un moyen de détourner James de ses vraies intentions, lui laissant ainsi le champ libre pour supprimer sa deuxième victime (dont il avait clairement indiqué le nom)…

James avait vu rouge. Après avoir insisté pour faire entendre raison à cet incapable – les insultes ne fonctionnèrent pas non plus – il fut gentiment contraint de quitter le ministère (« Nous comprenons votre désarroi, Monsieur Potter, et sommes sincèrement désolés de ce qu'il vous arrive. Vous devriez aller à Sainte-Mangouste afin que l'on vous prescrive une potion pour les nerfs… »). Vous comprenez ? Laissez-moi rire ! Mais quelle bande de… Il avait longuement hésité avant de se décider à faire cette déposition. Il aurait mieux fait de suivre son instinct.

Évidemment, l'argument principal qui lui avait fait comprendre la vérité ne pouvait pas être divulgué : avouer au Département de la justice magique qu'on était un Animagus non déclaré en ces temps belliqueux, c'était demander un aller simple pour le quartier de haute sécurité d'Azkaban. Jamais, donc, James n'avait eu l'intention de révéler ce secret connu des seuls Maraudeurs. Mais il avait pensé que le récit de la soirée aurait pu disculper un peu son meilleur ami. Il y avait des éléments évidents pourtant. S'il avait réellement été un traître, pourquoi Sirius aurait-il risqué de tomber nez à nez avec l'agresseur de Remus, par exemple, lui qui était si pressé ?

À présent seul dans la rue, James s'adossa à un mur. Bon, il ne pouvait pas se dire surpris. Il était venu sans grand espoir, un plan A de formalité. Il s'était attendu dès le début à cette situation : seul, il devait maintenant mettre en route son plan B. Mais avant cela, une longue préparation l'attendait. À commencer par une aventure des plus dangereuses. Il devait être sûr, il devait savoir…

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Un mois, cela faisait un mois qu'il s'était coupé du monde pour parvenir à ses fins. Heureusement, cela avait porté ses fruits… Rassuré, il pouvait dès maintenant commencer à mettre son projet en marche. Il y avait réfléchi pendant son « excursion ». Ses retrouvailles avec Sirius étaient loin d'être pour demain. S'il voulait avoir une chance de le sortir de là, tout devait être préparé avec minutie. La moindre erreur leur serait fatale.

Poussant la porte de son appartement, il fut bloqué par une masse de lettres qui obstruait l'entrée. Il les fit voler d'un geste las de baguette magique sur sa table basse. Il avait d'abord besoin d'une douche.

L'eau chaude lui procura une agréable sensation de réconfort. Ignorant les picotements qu'il ressentait au niveau de ses blessures, il se décontracta complètement en se laissant masser par le jet. Très vite cependant, son esprit fut occupé par ses projets. Il voulait perdre le moins de temps possible. Sirius était fort mais, plus tôt il pourrait le sortir de là, mieux cela vaudrait. Il en avait probablement pour des semaines de recherches encore. Il sortit, se rhabilla et se dirigea dans son salon.

Par souci de conscience, il survola les lettres qui auraient pu contenir des informations importantes. Rien d'essentiel. Il commença dès lors à réunir les livres qui pourraient lui être utiles. Bien sûr, ils ne seraient pas suffisants, il devrait aller en chercher chez Sirius, chez son patron, Ollivander, et même à la Bibliothèque nationale de magie. Mais toutes ces recherches ne lui faisaient pas peur.

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Son appartement était jonché d'objets de toutes sortes. Des livres se trouvaient pêle-mêle par terre et sur les meubles, quelques vêtements épars gisaient dans l'attente d'être lavés, plusieurs baguettes se trouvaient sur son grand bureau, ou à ses pieds, au milieu d'ingrédients divers et de nombreux parchemins, couverts de dessins, de symboles et d'annotations, parfois froissés, parfois soigneusement fixés au mur.

Assis sur sa chaise de bureau, il rejeta sa tête en arrière. Ça y était, il était prêt. Demain, il passerait à l'acte et sa vie basculerait. Il se leva, jeta un regard circulaire autour de lui et sourit. Ce désordre lui rappelait tellement le dortoir de Poudlard qu'il partageait avec ses trois amis. Son cœur se serra à cette pensée. Il remit rapidement de l'ordre grâce à quelques sorts et alla se préparer. Une étape importante se jouait ce soir.

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Quelqu'un frappa à la porte. Il alla ouvrir et accueillit Gladys avec un sourire timide. Elle lui en voulait probablement de ne pas avoir donné signe de vie pendant presque deux mois. Il s'en inquiéta un peu à présent qu'il avait besoin d'elle. Peut-être n'accepterait-elle pas? Cela serait compréhensible…

Gladys Stanford était une fille bien. Il sortait avec elle depuis leur septième année à Poudlard maintenant mais, à vrai dire, il se demandait souvent pourquoi. C'était elle qui lui avait pratiquement sauté dessus, affirmant devant son scepticisme qu'elle parviendrait à lui prouver qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. James ne lui avait rien promis. Il était bien avec elle, mais sans plus. Il s'était laissé prendre par la routine et avait cédé à Gladys chaque fois qu'il avait voulu mettre un terme à leur relation. À quoi bon rester ensemble puisqu'il n'était pas amoureux ? Pour Gladys, la question ne se posait pas : il n'était pas malheureux, elle était folle de lui, où était le problème ? Il finirait par l'aimer, c'était certain. Ou, au moins, qu'il la laisse se faire à l'idée d'une séparation, qu'il lui laisse quelques jours encore… quelques jours transformés en quelques années au bout du compte !

James avait souvent réfléchi à cette situation. Il ne la jugeait pas très saine ni très propice à la rencontre de sa vie, à lui. Mais il reportait toujours le débat à plus tard, un peu découragé quand il repensait à son premier béguin qu'il n'avait pas vu depuis la fin de ses études.

Gladys entra en trombe dans l'appartement et se jeta au cou de James.

- Oh, mon pauvre James ! Comment ça va ? Pourquoi tu ne m'as pas laissé te voir avant ? Je t'aurais soutenu, voyons ! Je n'arrive pas à croire que Sir…

- Gladys, s'il te plaît, la fit-il taire gentiment en l'invitant à s'asseoir. J'avais besoin de réfléchir… et je n'y crois pas non plus…

- Mais…

- Non. Laisse-moi te parler, s'il te plaît. Il est grand temps qu'on le fasse, tu ne crois pas ? lui demanda-t-il sérieusement en la regardant dans les yeux.

Elle ne pouvait pas dire qu'elle ne s'y était pas attendue. Il remettait toujours le sujet sur le tapis chaque fois qu'un événement valait la peine de le faire réfléchir. Jusque-là, elle avait réussi à repousser l'échéance mais… elle savait qu'elle n'y arriverait pas toujours. Et, lorsqu'elle avait appris la nouvelle – l'arrestation de Sirius –, elle avait senti que c'était la fin.

- Nous deux, tu le sais bien, ça ne rime à rien, hein ? lui dit-il doucement.

- Je sais, soupira-t-elle, soulageant James par la même occasion. J'y ai vraiment cru au début mais… je ne suis apparemment pas celle qu'il te faut.

- Je suis content que tu t'en sois rendu compte.

- Ça fait un petit moment que je m'y prépare, tu sais. La dernière fois déjà, j'ai senti que j'avais perdu du terrain, sourit-elle tristement.

- Bien, alors, si les choses sont claires, tant mieux. Mais… j'ai un dernier service à te demander Gladys, dit-il plus hésitant.

- Tout ce que tu voudras, James. Tu as tellement fait pour moi, c'est normal que je te rende la pareille…

- Épouse-moi !


Hé, hé ! Pas de panique pour ceux qui n'ont pas suivi Prison Break ou qui ne comprennent pas, vous aurez une explication. Mais pas tout de suite (attendez, je compte… pas avant trois chapitres au moins). Des impressions ? Des conseils ? Des défauts ? Merci de me dire ce que vous en pensez.