Bernard, der ungeheuerlich
Kapitel Drei
Chapitre 3Edward était plutôt intimidé de se retrouver seul face à la généralissime. La femme qui était venue le chercher était déjà assez intimidante à elle seule. Sarah avait ce problème de toujours porter le costume court proposé aux dames, contrairement à Hawkeye et Ross. Ce n'était pas facile pour un tout jeune homme comme lui de suivre une femme comme elle dans les couloirs du QG de l'armée sans laisser son regard suivre les déhanchements de la générale. Et le simple fait que Sara soit une des quatre généraux de la section bleue, section dont il faisait partie, le rendait malade dès qu'il se sentait gêné par le corps de cette demoiselle exubérante.
Mais, sachant se contrôler, Edward parvint à supporter son malaise et cette séance de voyeurisme juvénile pour se retrouver devant la femme la plus puissante que le pays ait compté sans s'être enfuit en courant avant d'avoir franchi le seuil de son bureau. Il était rouge pivoine sur toute la figure, mais gardait un air sérieux en pinçant les lèvres. Elsa sourit en comprenant l'ironie de la situation. Le pauvre alchimiste n'était encore qu'un adolescent. Elle le prit tout de suite en affection en devinant sa peur et le courage dont il avait dut faire preuve pour s'engager dans l'armée. Vouloir récupérer le corps de son frère pour réparer ses erreurs, c'était déjà reconnaître ses torts.
Il devait avoir vécu des choses terribles pour faire preuve d'une telle sagesse à un aussi bas âge. Mais ça n'empêchait pas que le jeune homme demeurait un tout jeune homme qui devait encore se laisser aller à faire quelques idioties de temps à autre. Cette addition de fait le lui rendit adorable et dès lors, elle ne pensa plus qu'à une chose, devenir l'alliée de cet adolescent. Sa petite taille le lui rendait d'autant plus attachant. Elsa se racla la gorge, pour chasser son envie de jouer la mère poule avec le jeune alchimiste d'état. Il n'aimerait sûrement pas se faire traiter comme un enfant.
-Eh bien, Edward, je peux t'appeler Edward?
-Oui, oui, bien sûr, bégaya-t-il, tout surpris qu'elle démontre autant de politesse. Ayant appris après tout le monde le changement de pouvoir et n'ayant pas pu assisté à sa présentation, il ne savait pas trop à quoi s'attendre.
-Je ne peux pas m'empêcher de penser que tu ressembles à un jeune homme de confiance. Pourtant… Elsa se tut et sembla se perdre dans ses pensées.
-Qu'est-ce que vous voulez dire? Je ne comprends pas. Pourquoi m'avez-vous fait venir? voulut savoir l'alchimiste. Il préférait savoir au plus vite, il s'imaginait déjà mille et un scénarios. Aucun n'avait de fin heureuse.
-Tu vois, j'ai toujours eu un petit faible pour les blonds et ils m'ont toujours fait faux bon. Pourtant j'ai l'impression que tu es différent. Peut-être est-ce à cause de… Ah et puis non, oublies ça, je ne t'ai pas fait venir pour te parler de ma vie, ni pour te dire que tu es mignon…
Edward rougit un peu plus, se demandant comment on pouvait répondre à ça. Cette femme était son supérieur. Tant mieux si elle le trouvait mignon, mais ce n'était pas une raison pour le lui dire. Il lui semblait qu'elle devait faire exprès de le complimenter pour le mettre dans sa poche. Et ça ne fonctionnerait certainement pas. Il n'était pas du genre à se faire acheter par de belles paroles. Mais alors, pourquoi confier qu'elle avait toujours eu des problèmes avec les blonds? Cette remarque n'avait rien à faire dans leur discussion. Enfin, c'était ce qui lui semblait. Le pauvre se sentait un peu perdu.
-Bon, d'abord, je constate que j'aurais dû te faire chercher par quelqu'un d'autre que Sara. Elle a quelque chose qui dérange tous les hommes. La prochaine fois, je ferais attention. Mais arrêtes donc de te faire du mouron Edward et viens t'asseoir en face de moi. Il obéit. Je t'ai fait cherché pour te donner une mission très importante et je tiens à ce que personne ne soit au courant sinon toi et ton frère. Je ne veux pas qu'il y est de fuite, alors, j'ai fait croire à une discussion banale avant de me lancer dans le vif du sujet, pour décourager les espions. Ce ne sera peut-être pas suffisant, mais c'est déjà un début, tu ne penses pas?
-Vous croyez qu'il y a des espions, ici, en ce moment?
-Non, mais on n'est jamais trop prudent. Maintenant, écoutes-moi bien. Un criminel était retenu dans les prisons de notre quartier général jusqu'à hier. Pas n'importe lequel de nos criminels. Il s'est évadé pendant mon combat avec Bradley, car la sécurité s'est un peu relâchée, à se demander pourquoi… Tu ne le connais sûrement pas, mais je tiens à te le dire quand même. Il s'agit de Bernard Stein. C'est un alchimiste de génie, un être malade qui a été pris par le génie des grandeurs. Il s'est allié avec une organisation secrète et dangereuse qui a déjà eu en sa possession la pierre philosophale.
Les yeux d'Edward s'écarquillèrent et il se demanda si elle ne lui racontait pas des salades. Il était très dur à croire ce qu'elle lui disait. Après tout le temps qu'il avait passé à faire des recherches, il avait eu l'audace de croire qu'il savait presque tout ce qu'il y avait à savoir sur l'historique de la pierre philosophale. Et il pensait que personne n'avait encore réussi à en créer une qui soit parfaite. Si une organisation secrète avait pu la synthétiser de façon à ce qu'elle soit parfaite, alors le nombre de personne qui avait dut mourir…
-Je suis au courant du secret du docteur Marcoh moi aussi et tu as raison d'avoir peur. Cette organisation a déjà été terriblement puissante et c'est à la chance seulement qu'on doit la disparition de la première pierre philosophale qu'elle possédait. Bernard Stein est un homme plein d'ambition et il est déjà mort une fois. On l'a ramené à la vie grâce à la pierre, il y a de ça environ 10 ans.
-Mais, comment êtes-vous au courant?
-Tu n'as pas besoin de le savoir. Ce que tu dois savoir, c'est que Bernard avait déjà aidé à la création de la pierre dans le passé et s'il retrouve cette organisation secrète, tout laisse à croire qu'il pourra la refaire. Cela coûterait des milliers de vie humaine. Si d'autres façons existent de synthétiser la pierre, il te faudra les trouver, mais empêcher un drame d'arriver. La querelle avec Ishbal remonte à beaucoup plus loin qu'on pourrait le croire. Autrefois, l'armée avait été corrompue par l'organisation dont faisait partie Bernard et utilisait des prisonniers de guerre Ishbaliens pour créer la pierre la plus parfaite qui soit. Les alchimistes ont failli décimer l'entièreté de la nation Ishbalienne au cours de ces expériences.
-C'est… c'est impossible… Le visage de l'adolescent se décomposait presque sur place. Une telle horreur ne pouvait pas être possible. Une nation presque entièrement détruite? La vraie raison de cette haine vouée aux alchimistes d'état par les Ishbaliens? Une organisation secrète qui travailleraient dans l'ombre dans le seul but de créer la pierre philosophale, celle qu'il cherchait depuis tout ce temps?
-Si, ça l'est, je sais que toutes ses informations te font un choc et tu aimerais bien savoir comment j'ai pu les obtenir, mais pour l'instant, il te suffit de connaître la gravité de la situation. À l'époque, les temps étaient durs pour l'armée, la corruption fourmillait dans tous les milieux, tu n'étais même pas né et Roy Mustang était encore un petit garçon tout ce qu'il y a de plus innocent. Bernard cherche la façon de rendre les hommes immortels et de se réserver se pouvoir. Ton devoir et ta mission, ce sont de l'arrêter. Je sais que cela peut te sembler colossale dit de cette façon, mais je n'ai pas de doutes, tu dois pouvoir réussir cette tâche avec l'aide de ton frère. En fait, officiellement, je chargerais le colonel Mustang du dossier, mais c'est toi et Alphonse Elrick qui devrez mener à bien cette mission. Mustang s'occupera de la paperasse. Je lui trouverais quelque chose de plus intéressant à faire plus tard. Au pire, si ça tourne mal, tu auras le droit à son aide et à celle de mes hommes. J'en connais deux ou trois qui ont besoin de se dégourdir.
-Je ne suis pas très sûr de comprendre, si j'ai bien suivi, vous voulez que je capture ce Bernard Stein avant qu'il ne soit trop loin et ne puisse tenter de recréer la pierre philosophale, c'est ça? Et avec Al, nous sommes censé pouvoir le ramener ici et l'enfermer de nouveau?
-Exactement, je vois que je ne me suis pas trompé sur ton compte. Tu es un brave garçon, Edward. Maintenant que tu as quelque chose à faire autre que de traîner dans la bibliothèque…
-C'est une blague, c'est ça? Vous vous moquez de moi? se fâcha Edward, ne pouvant croire à quelque chose d'aussi énorme. C'était beaucoup trop. Trop d'un seul coup. Il se sentait saturé, dépassé.
-Tu ne penses pas pouvoir réussir cette mission? Tu la trouves trop difficile? se moqua Elsa, sachant parfaitement comment faire pour obtenir de lui ce qu'elle voulait. Elle l'avait bien cerné. Une fois mis devant le fait qu'il avait peur, il ne pourrait faire autrement que d'accepter de se lancer dans cette mission de fou.
Piqué au vif, il s'empourpra et se levant de sa chaise, s'écria qu'il pourrait très bien rattraper ce débile de Bernard Stein sans l'aide de qui que ce soit. Elsa sourit, fière de l'avoir mené là où elle voulait.
-Ainsi, tu acceptes la mission. Merci Edward, tu m'enlèves toute une épine du pied. Saches que j'ai confiance en toi. Ce sera dur, mais tu réussiras.
Cette fois, toute la colère du jeune garçon retomba. Jamais le colonel Mustang ou le généralissime Bradley et un autre général ne lui aurait dit cela pour le convaincre.
-Comment as-tu trouvé le combat d'hier? Ennuyeux, un peu, n'est-ce pas?
-Eh bien, pas tant que ça. Peut-être un peu rapide. J'aurais aimé savoir comment vous avez fait pour…
-Cet éclair de lumière? Très efficace pour cacher ses talents. Je te montrerais peut-être ce genre d'alchimie là un jour, si tu me montres que tu le mérites.
Edward sourcilla, surpris de l'entendre lui faire ce genre de promesse. On aurait dit une grand-mère qui promettait quelque chose contre un bon comportement de son petit-fils.
-Allez, file si tu n'as plus de questions à me poser, fit-elle en se commençant à se lever de son fauteuil.
-Attendez, commença le jeune alchimiste, gêné par sa propre audace. Si vous voulez que moi et mon frère accomplissions cette mission, pourquoi ne pas l'avoir fait venir lui aussi?
-Ton frère n'est pas un soldat ou un alchimiste d'état à ce que je sache. Je n'ai donc aucun pouvoir sur lui. Je sais que tu l'emmèneras avec toi dans n'importe quelle mission, ou tout du moins, qu'il te suivra peu importe ce que tu lui dis, pour te protéger, vous êtes frères et un lien très fort vous unie l'un à l'autre. Mais je ne peux pas donner l'ordre à Alphonse de faire une mission pour moi. Alors, à quoi bon l'épouvanter comme je l'ai fais avec toi? C'était dur pour toi d'assimiler tout ce que je t'ai dit d'un seul trait. Je préfère le ménager. Vous êtes encore très jeunes pour faire face à toutes les responsabilités d'un adulte.
" Toi-même, tu as beau t'être endurci, tu n'es encore qu'un adolescent. Mais je sais que ton frère est beaucoup moins dur que toi. Il est fragile. Alors je te laisserais lui dire ce qu'il a à savoir toi-même. Tu sauras lui annoncer les choses de la bonne manière. Je ne sais pas comment il aurait réagi en sachant que la pierre philosophale a déjà été créée et que quelqu'un compte la synthétiser de nouveau. Peut-être aurait-il voulu le laisser faire, sur le coup, pour pouvoir récupérer son corps plus vite. N'oublies pas que lui ne ressemble même plus à un être humain, il n'a que son âme. Ce n'est pas une question de matérialiste, mais à son âge, ce genre de perte n'est pas facile à supporter. Elle ne le serait pour personne. Surtout quand on sait qu'il nous reste une chance de redevenir ce qu'on était avant. "
Edward s'en voulu d'avoir posé cette question. Il n'aimait pas penser à ce genre de chose. Et entendre quelqu'un les lui dire rendait la situation pire encore. Il se faisait l'effet d'être un monstre d'avoir encore son corps alors que son frère n'était plus qu'une armure hantée par son âme. Il se sentait déjà assez coupable comme ça, pas besoin qu'on en rajoute. Il se leva de sa chaise, le cœur en pièce. C'était dur de supporter ce poids tous les jours. Et il avait l'impression que tout d'un coup, tout était plus lourd. Deux fois plus lourd. Une main sur son épaule lui fit relever la tête.
-Je sais que je suis dure avec toi, mais il faut que quelqu'un te secoue un peu. J'ai l'impression que tu en es rendu à te cacher dans les livres sans plus rien trouvé. Tu cherches sans ouvrir les yeux. Il faut que tu bouges, Edward, que tu fasses quelque chose. Tu peux faire une différence et tu dois le voir. Maintenant!
Edward eut un mouvement de recul, elle commençait à exagérer. Ça n'avait plus rien à voir avec l'armée. Elle parlait de lui, elle creusait dans ses sentiments, dans ses actions et ses réactions. Et elle voyait tout, toute sa vérité. Celle qu'il ne s'avouait pas à lui-même. Il se redressa complètement, comme s'il avait été électrisé à son contact et lui tourna le dos, pour sortir. Comme si quelqu'un avait lu dans ses pensées, la porte s'ouvrit devant lui et il gagna le couloir.
-Vous pouvez toujours vous imaginez ce que vous voulez, mais je n'ai pas besoin de votre aide, s'écria-t-il tout d'un trait avant de partir d'un bon pas, décidé de mettre autant de distance entre lui et cette Sciez.
Elle l'avait carrément accusé de ne penser qu'à lui-même et de ne pas voir que contrairement à son frère, il avait de la chance de toujours ressembler à un humain. Comme s'il n'y pensait pas!
Elsa s'appuya contre son mur, croisant les bras sur sa poitrine, se demandant si elle n'avait pas été trop loin pour une première rencontre. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher, elle avait cette manie de toujours dénicher le plus gros problème des gens et de leur jeter à la figure sans trop de manière. Stallion tenait la porte de son bureau ouverte et lui lança un regard plein d'interrogation. Avait-elle réussi la première étape de son plan?
Elle lui sourit, sans joie. Tout était en branle maintenant. Ne restait plus qu'à attendre les premiers résultats.
-Je me ferais bien un jeune lieutenant. Blond, dit-elle tout d'un coup, sans plus se forcer à jouer quelqu'un d'autre.
Black Stallion la foudroya du regard, choqué.
-Ne fais pas les jaloux, tu sais que je ne peux pas résister aux blonds. Puis, je pense que je vais avoir l'embarras du choix ici.
-Quand même, si tu t'en prends à un des hommes de Mustang, ça risque de ne pas trop arranger votre relation, tu ne crois pas.
-Au contraire, tu sais comme j'aime jouer avec le feu?
Clamp arriva à ce moment, et entendit cette dernière phrase. Il remarqua aussi que Black Stallion était sur le point d'entrer dans une colère noire et eut juste le temps de changer de cap avant d'entendre une porte claquée si fort qu'on aurait dit un ouragan. Elsa laissa échappé un cri de surprise et quand Clamp se retourna, il vit que Stallion avait carrément plaqué la jeune femme au mur. Le général se dit qu'il ferait mieux d'intervenir et changea à nouveau de direction pour se rapprocher de cet étrange couple.
-Si tu fais ça, je te jure qu'il ne te le pardonnera pas. Et moi non plus.
-Tu me dois bien ça. Et lui aussi. Alors je vais te dire deux choses. Je n'ai rien à faire de ce que tu penses et encore moins de ce qu'il pense. Je ne suis pas responsable de vous deux et vous n'êtes pas non plus responsable de moi. Alors, tu vas me lâcher, si tu ne veux pas que je te renvois.
Black Stallion s'exécuta de mauvaise grâce en voyant Clamp arrivé. Elsa ne souriait plus. Elle comprenait la colère de son général. Mais elle ferait comme bon lui semblerait. C'était ça le plus important. Puis, cela faisait partie de son plan. Stallion n'était pas encore au courant. Il ne le serait sûrement pas. Clamp s'arrêta à quelques pas de distance de la jeune femme et de Black. Il n'avait pas l'air trop inquiet, sachant bien que la généralissime pouvait battre Stallion en quelques secondes, mais il n'aimait pas la voir déjà créer des tensions. S'il n'y avait eu que des hommes parmi les généraux et toujours Bradley, ce genre de chose n'arriverait pas.
-Madame Sciez, vous étiez obligé de le mettre en colère? Déjà qu'hier, il n'était pas de trop bon poil…
Black Stallion s'éloigna pendant ce temps là, pestant contre les femmes et leur manie. Il croisa Sara et se mit à grogner encore plus. La générale lui sourit et il beugla une salutation tel un ours mal léché.
-Je le connais bien, il agit souvent comme ça. Demain, il sera plus calme. Mais vous savez, laisser des colères grandirent entre les officiers n'est pas très bon. Mieux vaut les faire disparaître avant qu'elles ne s'enveniment. Sinon, cela deviendrait un véritable problème.
Clamp chercha de quoi répondre sans trouver et Sara les rejoignit, en quête d'explication sur l'air de bœuf de Stallion. Elle ne reçut qu'un haussement d'épaule.
-Petites querelles d'officiers, une divergence d'opinion, rien de plus, soupira Elsa avant de retourner dans son bureau. Ce n'est que lorsqu'elle ouvrit la porte et que cette dernière s'écroula par terre que la jeune femme comprit qu'elle avait peut-être exagéré.
-Moi, je dirais plutôt que vous avez trouvé la seule façon de faire sauter hors de ses gonds votre général ténébreux, plaisanta Sara devant l'air soudain inquiet de Clamp.
Si Stallion pouvait bousiller une porte en la fermant d'un coup quand il était en colère, quelles étaient ses limites de combattant?
-C'est très drôle, railla Sciez, qui paraissait embêtée pour la toute première fois.
Clamp espéra que ce serait les derniers évènements étranges qui se produiraient avant longtemps. Il commençait à détester son avancement. Avant, il était un simple soldat, aux stratégies prometteuses, il est vrai, mais toujours bien qu'un simple soldat. Si Elsa pouvait cesser de faire des changements dans tout et se décider à agir comme un généralissime normal. Tout irait certainement beaucoup mieux.
-Je te demande pardon! Tu dis qu'elle veut qu'on fasse une mission pour elle! Tu veux dire qu'elle nous a donné une mission, directement, comme ça.
-Ouais, répondit Ed devant la voix surprise d'Alphonse. J'imagine qu'elle n'avait pas envie que ça traîne. On doit retrouver un criminel évadé très dangereux, il s'appelle Bernard Stein. Tu le connais un peu?
-Tu veux rire? Mais il était mieux gardé que Scar.
-Euh, Al, Scar n'a jamais été enfermé.
-Non, mais si Scar avait été enfermé, ce Stein serait encore mieux surveillé que Scar.
-Je vois. Merci, ça m'encourage beaucoup.
-Oh, mais pas d'inquiétude frangin, ce mec, il peut rien contre moi, je te rappelle que je suis invincible.
Edward se retourna vers son frère et considéra sa silhouette d'armure un instant, en rappelant à ses souvenirs le petit garçon qu'il était autrefois. Il réalisa qu'il avait de la misère à l'imaginer au début. Il lui fallut un bon cinq minutes pour le revoir, avec ses yeux bleus et ses cheveux courts tirant tout juste sur le brun. Son propre frère ne lui inspirait plus que l'image d'une armure de fer. Une boule se forma dans sa gorge. Il déglutit avec difficulté. Ne pas y penser restait la seule solution possible. Ed se détourna en se forçant à sourire.
-Oui, tu as raison Alphonse, on n'en fera qu'une bouchée de ce pauvre mec.
Alphonse garda le silence, comprenant que son frère pensait à autre chose. Le jeune garçon fouilla parmi les livres qu'ils épluchaient depuis tout à l'heure, tout en parlant. Il lut l'un des titres et s'étonna.
-Ed, on a déjà lu ces livres là, non?
L'aîné se remit à lire les livres en question, sortant de ses pensées confuses. Il réalisa que c'était bien vrai.
-Mais oui, nous avons déjà lu ces… ARGH! Je suis en train de devenir dingue. On n'a qu'à laisser tomber ça et partir chercher ce débile de Bernard Stein tout de suite, ça nous changeras les idées. Ça fait trop longtemps qu'on chercher sur cette pierre sans rien trouver. On a besoin de faire autre chose.
Alphonse acquiesça. Personnellement, il aurait bien aimé se détendre et faire quelque chose qui n'aurait pas rapport avec l'armée ou quoi que ce soit du genre. Mais comment convaincre son frère? Il aurait aimé allé jouer au parc avec des enfants de son âge. Comme l'autre jour, pendant qu'Ed batifolerait avec Winry. Ça lui ferait du bien à lui aussi.
-Bon, eh bien, allons-y, décida Edward en se levant et repoussant tous les livres. Il avait pris son air déterminé et mis derrière lui ses remords et ses soucis. Ce n'était pas le moment ou la place pour de telles manifestations.
-Par où est ce qu'on va commencer?
-On va aller faire un tour à la boutique de Winry d'abord. Le type qui est allé la voir hier était plutôt louche.
-Dis plutôt que t'étais jaloux de la voir sourire autant à quelqu'un d'autre que toi, se moqua Alphonse. Et tu ne fais que te trouver une raison d'aller la voir.
-Mais non, c'est mon instinct qui me dit d'y aller, essaya de se défendre le jeune alchimiste.
-Bien oui, ton instinct mâle te dit d'y aller.
-Mais non, tu me prends pour Mustang ou quoi!
-Allez Ed, allons voir Winry, si ça peut te faire plaisir.
-Mais…!
Winry soupira en faisant tourner le dernier mécanisme de l'horloge dans le bon sens pour finir de régler les pièces. Les roues s'emboîtaient les une dans les autres et les aiguilles se remirent à tourner. Dehors, le temps était pluvieux et de monstrueux nuages dévoraient le ciel, comme pour se venger du beau temps de la veille.
Ce travail dans une boutique de mécanique changeait vraiment de l'ordinaire, c'était le moins qu'on puisse dire. Mais l'ennui, c'était quand personne ne venait. Seule derrière son comptoir, elle cirait un morceau de bois, revissait une vis dans un moteur, démontait l'horloge et la remontait n'importe comment exprès pour voir si elle pourrait la réparer. La pauvre s'ennuyait mortellement. Elle avait réparé tous les fusils que son patron avait laissés sur l'établi, dans l'arrière-boutique, il y en avait toute une pile, ça faisait peur. Mais maintenant, elle s'ennuyait ferme. Elle aurait bien fabriqué une machine tout en acier pour passer le temps, mais elle ne pouvait pas se le permettre, au cas où un miracle se réaliserait et qu'un client se décidait à franchir le seuil de la porte. Puis le métal ne lui appartenait pas.
Le carillon de la clochette sonna et Winry dut préparé son sourire pour la venue d'un autre client. Celui-ci se trouvait entre deux âges et n'avait pas l'air particulièrement pressé. Il avait des cheveux bruns, des yeux noirs et un nez très pointu et étrangement recourbé. Il avait dû être casser une fois. Elle remarqua les cicatrices qui couraient sur ses avant-bras et celles qui montaient de son cou, s'étendant très certainement sur son torse. La jeune fille l'observa alors qu'il regardait les étalages d'outils et les appareils suggérés. Il n'était pas un habitué de la boutique. Ça, c'était très clair. Des mèches blanches serpentaient dans ses favoris et sa chevelure lui descendait dans le dos, jusque sous les omoplates.
-Bonjour, lança l'adolescente, à tout hasard. Puis-je vous aider?
L'homme se retourna, comme surpris en flagrant délit. Il avait le regard d'une bête traqué. Ses yeux noirs volaient d'une direction à l'autre, se posant de temps à autre sur la jeune fille comme des papillons de nuits perdus devant trop de sources de lumière. Il lui faisait peur. Il sourit, rassuré, d'un sourire parfait qui n'allait pas avec le reste de son allure. Des dents blanches et dignes d'un dentier se cachaient sous des lèvres minces, pincés, grimaçantes. Son regard était froid, calculateur, inquiet. Quelque chose en lui le pressait, le poussait, il était plein de stress et tout en nerfs. On aurait cru qu'il criait : Vite! Vite! Le temps presse!
-Je crois que oui, mais je suis très pressé. J'ai un rendez-vous urgent.
-Bien sûr, fit Winry en détaillant l'homme de ses yeux les plus conciliants.
Elle aimait bien essayer de deviner la vie de ses clients en les observant. Celui-là ne devait pas s'être lavé très souvent. Son odeur le précédait de loin. C'était assez horrible. Il portait à un de ses doigts une bague noire marquée d'un symbole étrange. On aurait dit un symbole d'alchimie. Winry chassa ce détail, pour ne pas se laisser déconcentrer par le visage souriant d'Edward.
-Vous cherchez quelque chose en précis?
-Oui. Plusieurs. Voulez-vous faire une liste? Ou vous les sortirez au fur et à mesure?
C'était le deuxième client en deux jours qui lui faisaient faire une liste.
-Je vous écoute.
-Je voudrais des métaux surtout. Vous en avez?
-Oui.
Elle ne perdrait pas sa salive pour lui, puisque monsieur était pressé et qu'elle-même préférait être débarrasser de lui aussi vite que possible. Cet homme l'inquiétait. Elle n'avait pas le droit de se fier à son jugement pour chasser quelqu'un de la boutique, d'ailleurs, elle n'avait pas le droit de chasser quelqu'un de la boutique tout court, mais sinon, elle l'aurait fait. Avec ces cicatrices et son nez tordu, il l'effrayait.
-Je voudrais avoir deux grammes de fer, un kilo d'argent, trois grammes de potassium et du zinc aussi. Oui, du zinc. Vous avez ça?
-Un kilo d'argent? Sûrement pas! Des plaques de métaux, toute mélangé, mais rien d'aussi précis que ce que vous voulez.
-Bien, alors, dans ce cas, vous me sortirez 20 de vos plaques et trois brûleurs à l'alcool. Hum? Deux boîtes d'allumettes. De la corde aussi. Un bon trois mètres de corde. Des clous. Deux centaines de clous, de vis et d'écrous. Taille standard les écrous. Une clé à mollet. Vous en avez qui s'adapte au moins?
-Oui, oui, nous avons tous ça, mais pour faire quoi? Je veux dire, vous m'avez l'air d'un connaisseur en mécanique, mais, à quoi tout cela vous servira-t-il?
-Mais enfin, vous êtes là pour me vendre des outils et des clous, pas pour me demander ce que je vais faire avec, ça, c'est mon affaire, non?
-Oui, monsieur, c'est vrai, mais je me demande seulement…
Il leva sa main gauche et un index impérieux. Elle croisa son regard dur et n'insista pas. Le client est roi. Ce n'est que dans les boutiques d'armes à feu spécialisées qu'il faut montrer des permis pour acheter des trucs. Et puis, tant que son patron faisait de l'argent, il se fichait bien de ce qu'il pouvait vendre et de ce que ses acheteurs pouvaient faire avec ce qu'il leur vendait.
-Bien, alors, voyons voir. Vous réparé des armes pour le compte de l'armée, n'est-ce pas?
Elle acquiesça, inquiétée par cette question. Où voulait-il en venir?
-C'est vous-même qui les réparé, n'est-ce pas? Vous êtes donc plutôt forte en mécanique, pour une fille.
-Comment! Mais c'est un mythe que les filles sont mauvaises en mécanique. Elles peuvent être bonnes dans tout, aussi bien que les hommes. C'est juste qu'il n'y en a pas beaucoup qui aime avoir les mains dans l'huile et tenir un marteau.
-Je suis bien d'accord, s'empressa de dire l'étranger en se grattant le poignet droit. Il fit la grimace, comme s'il avait mal.
Winry regarda sa peau pâle avec une impression bizarre. Cet homme n'avait pas été exposé au soleil depuis longtemps. Son épiderme était encore plus pâle que la sienne. Et pourtant, il était brun et elle était blonde. Tout le monde sait que les bruns sont toujours plus foncés de peau que les blonds. Et même Edward serait plus foncé que ce type!
-D'ailleurs, il me faudrait un marteau et un tournevis. Puis de l'huile. Et de l'essence. Vous avez très certainement quelques litres d'essence? Il m'en faudrait trois.
" Trois? "
-Oui, je peux vous avoir ça, mais je crains que vous ne puissiez pas partir avec tout cet attirail dans les bras, je pourrais vous préparer un paquet et vous reviendriez le chercher avec votre voiture plus tard ou un taxi. Qu'est-ce que vous en dites?
-Non, je peux y aller à la marche, je suis plus fort que j'en ai l'air, dites-moi d'abord combien ça coûterait?
-Eh bien, Winry dut jongler avec les chiffres devant cette complexe équations. Combien d'huile voulez-vous?
-Deux pots d'un litre.
Winry se surprit à penser qu'il ne dérogerait pas de cette quantité. Un seul pot de deux litres ne le satisferait pas, il lui en fallait deux d'un litre. Sinon, il n'aurait pas précisé. Sinon, il n'aurait pas gaspillé autant de salive. Mais il avait l'air de prendre goût à leur discussion. Parce qu'il avait compris que cette adolescente était brillante et qu'elle comprenait tout ce qu'il lui disait. Cet homme avait eu une idée. Cette fille pouvait lui servir.
-Eh bien, ça devrait monter dans les deux cent cinquante ou trois cents.
-Excellente évaluation, je n'aurais pas dit mieux. Va pour trois cents, déclara-t-il avant de poser l'argent sur le comptoir.
Winry sourit, l'air gênée. Elle n'avait pas eu le temps de sortir tout son attirail et il lui faudrait une bonne quinzaine de minute pour préparer cette commande. Il lui semblait qu'elle mériterait bien, rien qu'une fois, d'avoir à faire à un client sympathique qui serait venu pour acheter un marteau et deux pots de peintures blanches. Quelque chose de simple quoi.
-Laissez moi un instant, pour tout rassembler et vous pourrez partir.
-Pas de problème. Prenez votre temps, mademoiselle. Vous êtes payé de l'heure, pas pour la tâche.
Cette remarque la fit se retourner et le regarder de travers, il y avait quelque chose dans son ton qui la mis en garde plus que le reste. Cet homme était dangereux.
-Pour acheter du pétrole et des allumettes, surtout dans la quantité que vous demandé, il me faut garder vos coordonnés. Tout au moins votre nom et le numéro auquel je peux vous joindre.
-Bien sûr, mais, je n'ai pas le téléphone, je suis dans un hôtel, je peux me contenter de vous en donner l'adresse?
-Oui, oui, répondit la jeune fille qui s'était déjà mis à la recherche de ce que son client lui avait demandé.
Tandis qu'elle recueillait dans la boutique les articles composant cette étrange commande, elle se demanda encore à quoi pourrait servir tout ça. C'était beaucoup de choses suspectes. Comme ce que voulait l'homme de la veille.
Winry réussi à poser le tout sur le comptoir dans le laps de temps qu'elle s'était elle-même impartie, en plusieurs paquets plutôt acceptables. Elle était vite devenue la reine de l'empaquetage. Le service était des plus enviables et elle en tirait beaucoup de fierté. L'homme ne dit rien, attendant qu'elle lui dise poliment au revoir. Il trouvait cette fille charmante. Et depuis le temps qu'il n'avait pas vu d'aussi jolie bout de femme, il se régalait tout à loisir.
-Euh, bien, je crois vous pouvez y allez monsieur Stein, finit par souffler Winry en lisant le nom qu'il avait marqué sur la feuille de papier qu'elle lui avait donné à remplir.
À ce moment, Edward et Alphonse traversait la rue dans la direction de la boutique. Ils se chamaillaient à savoir qu'Edward était secrètement amoureux de Winry et qu'il serait temps qu'il l'admette et à dire que non, tout cela n'était qu'un ramassis d'idées saugrenues qu'Al pouvait s'enlever de la tête sans attendre. Bref, c'était comme d'habitude, ils étaient hyper concentré dans leur querelle puis soudain, ils aperçurent l'homme étrange à l'intérieur. Un homme qui inspirait tout, sauf la confiance et la pitié.
Écrit en lettres extravagantes sur le papier, débordant de l'espace réservé au nom, il avait écrit très clairement, avec fierté, Bernard Stein. Cet homme devait être fou.
Avant que le client n'ait eu le temps de ramasser tous ses paquets (ce qui lui aurait certainement pris une bonne vingtaine de minutes), les deux frères étaient entrés dans la petite boutique comme de vraies furies. Edward s'était presque fracassé le crâne contre le comptoir, mais il n'était quand même pas assez petit pour ça, alors, il s'en était réchappé de justesse. Il aperçut le papier à côté de Winry et le nom marqué dessus. Son sang ne fit qu'un tour et il se retourna vers Al, qui bloquait l'entrée de son corps imposant.
-C'est lui Al! C'est lui!
L'homme n'eut pas besoin d'en entendre plus pour comprendre que ses deux drôles de jeunes étaient des chiens de l'armée. Winry voulut dire quelque chose, mais Ed lui fit signe de se mettre en sécurité. Bernard secoua la tête, embêté de devoir se battre déjà.
-Ils recrutent de plus en plus jeunes maintenant, soupira-t-il entre ses dents parfaites.
-Penses ce que tu veux, ce sont encore les plus vieux arbres qui sont pourris.
-Merci de la comparaison! Mais je pense que tu mérites plus encore qu'un simple merci espèce de gringalet.
Edward se relevait, mais s'arrêta net à l'insulte. Winry s'était caché derrière le comptoir et priait pour qu'ils ne se battent pas dans la boutique. Parce que s'ils faisaient ça, elle ne pourrait jamais avoir assez d'argent pour acheter de quoi guérir sa grand-mère. Parce que s'ils se battaient comme ils aimaient tant le faire, il réduirait certainement la boutique en morceau. Ed ne devait pas y avoir penser seulement.
-Est-ce qu'il vient de me dire que j'étais un minus ratatiné pas plus gros qu'un écrevisse rikiki sortit d'une flaque d'eau minuscule. Est-ce qu'il a dit que j'étais un genre de modèle miniature ou un…?
-Ed, il a dit que tu étais un gringalet, et c'est pas le moment de te vexer pour si peu.
-Je te demande bien pardon Al? Pour si peu? Si peu!
-Bon, excusez-moi, mais j'ai un train à prendre, lança Bernard en cherchant à s'esquiver discrètement.
Malheureusement pour lui, il fallait plus de subtilité pour échapper à Alphonse. Surtout que l'espace que son corps de métal laissait pour sortir se réduisait à une toute petite fente, juste assez grande pour laisser passer de l'air et quelques insectes. Les nuages devinrent noir dans le ciel, dehors. La porte avait été brisée par l'entrée fracassante des deux frères. L'armure attrapa le criminel par le collet de sa chemise jaunie par les années. Il était à l'ombre depuis longtemps, mais il y retournerait fort bientôt.
-Monsieur Stein, vous avez commis assez de crimes comme ça. Vous ne prendrez pas de train ce soir.
Les yeux de Bernard se noircirent et se rétrécirent à deux fentes. Edward n'eut pas le temps de voir ce qu'il faisait. Il avait poussé Alphonse dans la rue d'une simple détente de ses jambes. Pour l'empêcher d'agir, l'alchimiste d'acier aurait dut le soulever dans les airs. Mais c'était trop tard. Le tonnerre gronda dans le lointain et des éclairs déchirèrent le ciel. Al se relevait de la rue où il s'était retrouvé étalé d'un seul coup.
-Restes ici, tout devrait bien aller, mais surtout, ne sors pas, ordonna Ed avant de sortir.
Winry se releva, tremblante. Maintenant c'était sûr. Ils allaient se battre. Et juste devant la boutique où elle travaillait en plus! Quelle idée! Edward se précipita dehors, prêt pour la bagarre. Les deux frères se mirent chacun d'un côté de leur adversaire. Il y avait quelques personnes sur les trottoirs, mais dès qu'ils reconnurent l'armure et la veste rouge, ils détalèrent. Des voitures changeaient brusquement de chemin en apercevant l'éclat argenté d'Al au milieu de la route. Ils étaient inquiétants.
-Ainsi, nous n'aurons pas le choix, les jeunes, nous allons devoir nous battre, soupira Bernard en observant l'armure, qu'il jugeait comme étant son ennemi le plus redoutable.
Edward sourit, avant de joindre ses mains pour synthétiser son bras de métal en une lame des plus dangereuses. Winry rouspéta en voyant ce qu'il faisait de son superbe automail. Il avait jeté son gant droit, pour bien se servir de son bras. Sa veste flotta dans un souffle d'air derrière lui et quand Bernard se retourna pour voir l'autre adolescent, le blond était tout en noir, petit, mais magnifique. L'homme dut le reconnaître. La taille ne lui enlevait rien de sa puissance et de son pouvoir. Cet enfant était très fort. Mais pas encore assez pour l'égaler. Il ne le serait jamais assez… Qui saurait jamais égaler un immortel?
-Messieurs, je crains que vous ne sachiez pas ce à quoi vous vous attaquez.
-Au contraire, nous le savons très bien, monsieur Stein, sourit Edward, avec un air machiavélique qui fit frissonner Winry de terreur. Son ami ne se ressemblait plus du tout. Ou du moins, il ressemblait à une facette de lui-même qu'elle n'avait pas vu assez souvent.
Après cet échange de parole, une pluie d'abord fine, puis diluvienne se mit à tomber. Ed ne s'inquiétait pas trop pour son frère. Il l'avait huilé dernièrement et son armure ne risquait pas de rouiller suite à cette douche forcée. Mais ils devraient faire quelque chose pour garder le fer en bon état et c'était un problème. Winry y pensa pendant qu'Edward se tenait prêt à recevoir la première attaque de Bernard. Il n'osait pas porter son coup en premier. Ils avaient un avantage, étant deux. C'était déloyal. Mais avait-il le choix? Et puis, quand est-ce qu'on avait fait preuve de la moindre loyauté envers eux lors d'un combat?
L'homme aux cheveux bruns se passa une main sur le visage, avant de se gratter le poignet droit. Il grimaça, comme s'il avait mal. Une barbe de quelques jours lui mangeaient la figure. Il ne s'était évadé que la veille. Pourtant on aurait dit qu'il ne soignait pas du tout sa personne, du temps de son emprisonnement comme du temps de sa fuite. Il n'y eut rien qui prédit qu'il allait agir. Il fonça comme une flèche sur Edward. Alphonse ne pourrait pas intervenir, étant trop lent. Sa masse était un handicap dans ce cas.
Edward dévia le coup avec son bras. Il dut s'accroupir, car Stein avait cherché à atteindre son ventre. Alors, il se trouvait dans un équilibre précaire pour riposter. Pourtant, il n'attendait que cette ouverture pour agir. Alors, il ne la laissa pas passer. Bernard n'eut pas le temps de reculer. Il avait sous-estimé les deux alchimistes. Ed fut sur lui en quelques fractions de seconde. Il lui donna un coup dans les côtes, puis un autre au visage, essayant seulement de gagner du temps pour qu'Al vienne assommer ce criminel par derrière et pouvoir l'emprisonner de nouveau en toute sécurité.
Bernard remarqua que le jeune homme n'utilisait pas sa main droite. Comme pour ne pas le blesser gravement. Il comprit que ses deux chiens de l'armée étaient là pour l'arrêter et le ramener dans sa cage. Le pire, c'est qu'ils n'étaient pas aussi mauvais qu'il l'avait d'abord cru. Il faudrait bien qu'il se fasse une raison. Il ne pourrait s'en sortir avec de simple magouille pour amateur. Puisque ces deux-là n'était pas des amateurs. Malgré tout, il demeurait de loin supérieur à ses deux bambins. Il ne lui faudrait pas trop de temps pour s'en débarrasser. Enfin, il l'espérait, puisqu'il n'aurait pas le droit de s'éterniser. Si l'armée débarquait, il aurait perdu une belle occasion de s'enfuir pour de bon.
-Tu veux te battre pour de vrai ou pas? Je vais te servir mon petit. Tu vas voir ce qu'un expert sait faire.
Winry devina que tout risquait de devenir très sérieux, alors, elle se décida à intervenir dans tout ça. Elle attrapa le téléphone et composa le numéro du bureau de Roy Mustang, le seul qu'elle avait pour rejoindre Edward ou Alphonse. Si des renforts arrivaient assez vite, il n'y aurait pas trop de dégâts. Mais arriveraient-ils assez vite?
-Allo, oh bon sang, colonel, répondez…
-Oui, Colonel Roy Mustang à l'appareil, que…
-Monsieur Mustang, Ed et Al ont trouvé un type que l'armée recherchait, un certain Bernard Stein, ils sont en train de se battre devant ma boutique. Ah, euh, c'est Winry à l'appareil.
-La petite copine du nabot? Eh ben ça alors… Où est votre boutique? Nous arrivons tout de suite.
-Vous feriez mieux, cet homme n'a pas l'air de plaisanté, il a soulevé Alphonse comme une plume et l'a balancé dans la rue en ce jetant sur lui, tout simplement.
-Winry, je veux le nom de la rue où ils se bagarrent! exigea Roy, qui n'avait aucune envie de perdre son temps. S'il devait sortir par un tel temps, autant faire vite pour rentrer dès que possible.
-Oui, c'est la rue …
Elle l'avait presque nommé entièrement quand un éclair foudroya la ligne téléphonique la plus proche, coupant court à la communication. Winry lâcha l'appareil, ne sachant plus quoi faire. Comment faire pour demander de l'aide maintenant?
De son côté, Roy pesta contre l'orage et le mauvais temps. Il se tourna ensuite vers Hawkeye, qui attendait ses instructions, leur manteaux dans les bras, prête à partir.
-Le full metal est dans le trouble, nous devons aller le trouver. Il a rencontré Stein et ils sont en train de se battre au moment où je vous parle.
-Bien, allons-y.
-Lieutenant, nous avons un problème, l'arrêta Roy tout en venant prendre son manteau et l'enfiler. J'ignore où ils se trouvent.
-Je vous demande pardon?
-La communication a été coupée par l'orage. Ou par je ne sais quoi. Normalement, je ne voudrais pas bouger d'ici et je les laisserai régler ça entre eux, mais il n'y a pas que les frères Elrick en jeu. C'est tout Central qui sera en danger si Stein nous échappe. Vous le savez tout comme moi.
-Bien sûr que je le sais. Colonel, avez-vous ne serait-ce qu'une petite idée d'où ils se trouvent?
Roy la considéra un instant avant de se dire que s'il y avait quelqu'un qui pouvait les retrouver, c'était bien Hawkeye, elle saurait découvrir une aiguille dans une botte de foin. Elle le ferait chercher et il finirait bien par se piquer…
-Vous savez que des fois, je vous adore Hawkeye!
Elle tressaillit en l'entendant dire une telle chose. Pourquoi est-ce qu'il…? Mais il perdait leur temps, comme d'habitude.
-Colonel, donnez-moi un indice et je les déniche, mais arrêtez de dire des idioties, nous n'avons pas de temps pour ça.
" À croire que nous n'en aurons jamais, " soupira-t-il intérieurement.
-Vous ne voulez pas sortir sous le pluie, je le sais, mais dépêchez-vous un peu.
Mustang attacha son manteau et la suivit en-dehors de son bureau. Havoc releva la tête en les voyant sortir tous les deux.
-Qu'est-ce qu'il y a?
-Venez sous-lieutenant, nous allons avoir besoin de tous les hommes que nous pourrons emmener. Nous allons tenter d'aider le nabot à arrêter ce Stein, fit le colonel comme si c'était la chose la plus simple du monde.
-Vous voulez dire Bernard Stein?
-Exactement, répliqua Hawkeye en sortant un de ses fusils de sa gaine pour vérifier le chargeur.
-Je vais aller chercher Falman! cria-t-il en partant à la course à travers les bureaux. Il n'avait aucune envie de rester longtemps à côté d'un Riza en colère. Cette dernière, de toute évidence, était en colère parce que Roy avait dit quelque chose de faux et qui aurait dû être vrai. C'était réellement choquant. Surtout quand on rêvait d'entendre de telle chose. Des fois, les hommes étaient vraiment trop bêtes!
-Espérons seulement que nous les retrouverons avant qu'ils ne se soient entretuer. Ces derniers temps, l'aîné des Elrick était d'une humeur de chacal, soupira Roy en regardant son lieutenant du coin de l'œil.
Edward sauta de côté, mais il sentit que quelque chose n'allait pas. Alphonse s'avança pour intervenir. Mais il n'arriva pas à temps. Bernard anticipa son geste et son poing droit suivit le mouvement. Partant du coup porté dans le vide, un trait d'air fonça sur l'armure pour la percuter violemment en plein ventre, Al retomba assis sur l'asphalte. Le choc avait été trop puissant pour qu'il ne bronche pas.
Edward comprit que Stein ne jouait plus et devina qu'il devrait se battre pour de vrai. Tant pis s'il blessait leur adversaire, s'était trop dangereux de ne pas donner son maximum dans la bataille à présent.
-Al, est-ce que ça va? Tu n'as rien?
-Tu devrais plutôt t'inquiéter pour tes fesses petit!
Ed pressentit le coup qui viendrait, il pirouetta sur la droite pour en réchapper, mais quelque chose le frappa en plein vol. Dans l'épaule droite. En plein dans l'articulation de son bras. La douleur l'électrifia et il retomba de tout son long au sol, au lieu de se réceptionner en douceur. Il se redressa en prenant appui sur son avant-bras gauche.
-Argh! Qu'est-ce que…?
Du sang coulait de la main droite de Bernard. Edward réalisa toute l'horreur du geste que son ennemi venait de faire. Il lui manquait un ongle. Stein en avait arraché un pour le lancer sur Ed comme une balle. L'ongle s'était enfoncé dans le métal et avait atteint la chair. Pourtant, le projectile dépassait de son épaule. L'alchimiste d'état se mit à genoux et arracha l'ongle de son bras en poussant un cri de douleur. Alphonse se relevait déjà, cette fois, très en colère. On avait osé faire du mal à son frère. Quelqu'un allait payer pour ça
Ce truc que Bernard lui avait lancé, c'était bel et bien un ongle, mais il mesurait au moins 20 centimètres. Et il semblait d'une solidité à toute épreuve. Ce qui voulait dire que ce ne serait pas aussi simple qu'Ed avait voulu le croire. Du sang coulait sur le métal de son bras. La douleur était presque insupportable. Mais, comme il avait connu pire, l'adolescent se releva et chercha à briser l'ongle entre ses doigts. Il y réussit, mais avec tant de difficulté que Bernard éclata de rire. Il était sûr de sa victoire. Alphonse chercha une solution, jaugeant leur cible. Ce serait très dur. Peut-être trop…
-Vous voyez les jeunes, je crois que vous êtes venu trop tôt. Vous devriez retourner vous entraînez, j'ai déjà vu mieux comme combattant.
-Attends un peu, tu vas voir! s'écria Ed.
-Non, petit, nous allons tous voir. Et ce ne sera pas beau à la fin. Je te le promets, sourit Stein entre ses dents. Son poignet droit le démangeait furieusement, il aurait eu besoin de se gratter. Il prit position, ses pantalons noirs crissant dans le vent. Ils étaient en cuir, moulant ses jambes. Ed remarqua une ligne blanche qui courrait le long de ses muscles, sur le noir du cuir. Il y avait un cercle troué de noir au niveau des genoux. Un cercle noir. Comme les signes qu'il avait vu sur le linge de ce garçon aux cheveux verts. Alors c'était…?
Tutituti… suspense… j'adore faire ça. Hahaha, oh fait, je me posais une grande question existentielle. Spoilers, ça veut dire quoi? (ça ressemble à sponsor, mais ce serait pas logique que ça veuille dire la même chose) C'est vrai que c'est un mot plus utilisé dans la section video games de fanfiction, mais je me demandais si quelqu'un pouvait pas me le dire. Sinon, je connais tout le langage sur le site, ou presque… lol, bon peu importe :) on review si on veut la suite et comme on veut forcément la suite, avec cette fin là… Reviews! (je suis une dingue de reviews, mais je peux aussi comprendre que les gens se retrouve face à des situations d'urgence extrême, alors si votre ordi prend en feu et menace de faire sauter la maison, fuyer et ne postez pas de review! Mais prévenez moi après, quand même! Mon ordi pourrait me faire le coup à moi aussi!) ¬¬ j'ai des doutes sur votre santé mentale si vous ça vous arrive! Ou bien, je vous plain!
