Il clique sur l'onglet "envoyer" en ayant tout de même de l'appréhension. Il regarde alors Fin qui se demande s'il va bien et lui sourit. Depuis le départ d'Olivia, ils se sont quelque peu rapprochés. Pas non plus au point d'être les meilleurs amis du monde mais ils ont appris à travailler ensemble, en laissant de côté ce qui pouvait les énerver chez l'autre. Pour la seconde fois, Elliot ouvre le premier tiroir de son bureau et sort le cadre contenant la photo d'Olivia et de lui. Il fait un petit peu de place pour le mettre parmi les photos de ses enfants.
-C'est Andy qui va être contente.
Elliot regarde Fin en ne comprenant pas vraiment ce qu'il cherche à lui dire. Il ne pouvait pas lire en lui comme dans un livre ouvert ; Fin n'était pas Olivia.
-Non mais tu vois pas? Y a aucune photos d'elle sur ton bureau! Vous allez vous marier Elliot et toi, tu mets une photo de Liv sur ton bureau, parmi les divers cadres qui contiennent des photos de tes enfants uniquement. Dans le genre aveugle, tu fais fort Stabler!
Alors qu'il allait répondre quelque chose, le petit bruit annonçant un nouveau message retentit. Elliot regarde alors son écran et voit l'adresse d'Olivia. Il sent son coeur se serrer. L'inquiétude, la peur s'emparent de lui mais il y a également de la joie et de l'amour. De l'amour? Oui, c'est bien ce qu'il ressent à ce moment donné. Il se demande comment cela peut être possible. Il n'a pas vu Olivia depuis quatre ans et à l'instant où il reçoit un email d'elle, son coeur semble danser une sorte de danse de la joie ; pathétique pense-t-il.
De: Olivia Benson
A: Elliot Stabler
Objet: Après quatre ans.
Elliot, j'arrive pas à croire que tu penses que j'ai pu t'oublier. Ça fait quatre ans et pourtant, tu es toujours présent dans mon esprit et mon coeur. Nos coups de gueules me manquent, nos dîners aux bureaux ou à la maison me rendent nostalgiques, nos photos lors des divers événements auquel on a participé me mettent du baume au coeur quand je suis triste. Non je n'ai rien oublié et je ne pourrais pas oublier! Comment tu peux penser ça? Nos douze années de partenariat n'ont-elles pas compté pour toi? Je sais que je suis la mal-placée pour dire ça mais tout de même... Je sais pas si tu as conscience que vous étiez ma famille toi et les autres mais je savais qu'en restant à l'usv je m'enfermait un peu plus dans une solitude. Il y aura toujours un petit bout de moi qui vous aimera et qui t'aimera mais je peux plus ne pas penser à moi. Si tu veux qu'on en parle plus calmement et face à face, je serais à New-York dans deux heures ; on pourrait se retrouver dans un café. A toi de voir. Olivia.
Elliot n'en revenait pas: Olivia serait à New-York dans deux heures. Il se demande s'il souhaite vraiment la revoir. La revoir implique qu'il va mentir à Andy (bien que c'est fait depuis longtemps), qu'il va repenser à Olivia constamment après cette rencontre. Malgré ses appréhensions, il envoie un message à Olivia disant qu'il accepte ce rendez-vous mais plus dans un lieu qu'ils connaissent: le premier café où ils sont allés en tant que partenaires. C'était une manière de la tester, de voir si elle ne l'avait vraiment pas oublié. Elle allait sans aucun doute en prendre conscience et lui en vouloir de remettre sa parole en doute mais cela aller le réconforter dans leur amitié, ou bien de voir si cette amitié était toujours présente. Il tourne la tête vers la vitre qui s'ouvre sur la ville. Il se lève, prend un café et revient à son bureau. Il reçoit alors un message d'Olivia qui accepte le rendez-vous au lieu demandé. Il éteint alors son ordinateur, replace le cadre avec la photo d'Olivia dans le tiroir de son bureau sous le regard satisfait de Finn et se replonge dans la paperasse qu'il a à effectuer pour aujourd'hui. Une heure et demie plus tard, il va dans le bureau de Cragen pour lui dire qu'il a une course urgente à faire mais qu'il revient rapidement dans la journée. Ce dernier accepte et lui précise qu'il doit être là pour au moins quatorze heures car des agents du FBI viennent pour donner un coup de main sur l'affaire de Munch et Andy ; tout le monde est désormais réquisitionné.
Elliot attend maintenant depuis cinq minutes dans le café: il est exactement comme dans son souvenir. Le patron est toujours l'homme de ses souvenirs: un type plutôt costaud mais qui est très sympathique. En attendant Olivia, il a commandé un café et discute football avec le gérant et quelques uns des clients. La porte s'ouvre et c'est Olivia qui entre. Elle est habillée d'une robe verte avec une veste noire et des tropéziennes de la même couleur. Il se dit qu'elle a dû quitter la police pour avoir la possibilité de s'habiller comme ceci ; en effet, les robes n'étaient pas vraiment conseillées lorsqu'on poursuivait un témoin. Outre la tenue, Elliot est frappé par la coupe de cheveux d'Olivia: elle est un peu plus courte que la dernière fois qu'il l'a vue ; il la trouve radieuse.
Elliot a dû mal à réaliser qu'Olivia se soit souvenue de ce café... Il va s'assoir à une table et Olivia vient à sa rencontre.
-Salut.
-Salut.
Olivia semble prendre des distances avec Elliot. Son "salut" n'est ni chaleureux ni empli d'une certaine émotion face à leurs retrouvailles. Ceci déstabilise un peu Elliot mais il tente de ne rien laisser paraître ; peine perdue!
-Comment tu vas?
-Et si on allait droit au but? Questionne Olivia.
-C'est à dire?
-Tu semblais énervé dans ton mail, hors de toi. Mais là, tu es tout gentil, à me demander comment je vais depuis tout ce temps. Normalement tu devrais avoir une once d'énervement, de colère dans ta voix et me demander directement ce qui m'est passé par la tête. Alors, on va droit au but?
Elliot ne reconnaît pas Olivia: elle semble complètement différente, plus froide.
-Très bien. Pourquoi tu es partie?
-Besoin de changement.
-Et c'est tout?
-Quoi d'autre?
-Non mais... Tu rigoles là! On ne quitte pas son travail, son appartement, ses amis juste parce qu'on a besoin de changement. En général, les gens qui ont besoin de changement prennent des vacances pendant quelques semaines mais personne ne quitte tout sans rien dire à personne! Tu crois vraiment que je vais gober le coup du "besoin de changement"? Surtout que la dernière fois que tu avais besoin de changement, tu as juste demandé ton transfert.
Un sourire s'affiche sur le visage d'Olivia et Elliot ne comprend désormais plus rien. Olivia n'est plus la même personne que dans son souvenir. Elle lui est totalement étrangère.
-Je te retrouve enfin: l'illustre Elliot Stabler qui, au lieu de communiquer, s'énerve.
-Tu peux me dire à quoi tu joues là!
-Pourquoi veux-tu que ce soit un jeu?
C'en est trop pour Elliot. Il se lève, adresse un "au revoir" à peine audible à Olivia et quitte le café. Il se dirige assez vite vers sa voiture et rejoint le poste. En passant, il s'arrête chez l'italien du coin pour prendre un repas pour l'équipe.
Vers quatorze heures, trois agents du FBI entrent dans le bureau du capitaine Cragen. Ils en ressortent quinze minutes plus tard et se présentent aux agents Munch, Tutuola et Ampton.
-Bonjour. Nous sommes les agents Morgan, Rossi et Benson, dit un grand homme musclé répondant au nom de Derek Morgan.
-C'est Elliot qui va sauter au plafond, chuchote Fin à Munch.
A l'entente du nom "Benson", Elliot rentre dans la pièce ; il se servait justement un café et n'avait pas réellement fait attention à ces personnes. Il voit donc Olivia et la fixe. Il se demande ce qu'elle fait là. Du côté d'Olivia, c'est la même chose. Elle le fixe et est heureuse de l'effet de surprise. Andy, à côté de Munch, assiste à la scène. Au regard qu'échange Elliot avec cette personne, elle comprend rapidement que c'est la Olivia Benson dont elle voulait connaître la signification pour son futur époux.
-Nous venons à la suite de la découverte du corps d'une adolescente ce matin. Votre supérieur nous a donc fait appel puisque plusieurs meurtres du même style ont été opérés à Manhattan, indique l'agent Rossi.
-Vous pensez à un tueur en série?
-C'en est un! Affirme Olivia à Munch.
Ils expliquent les faits qui remontent à sept mois maintenant. Les recoupements n'avaient pas été faits puisqu'au début, les victimes n'étaient pas violées. Mais le tueur avait dû prendre en force.
-Mais en quoi le FBI nous aide? On sait se débrouiller tout seul! S'exclame Elliot qui n'est pas très heureux de revoir Olivia après leur discussion au café.
