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Titre : Chess
Épisode I : L'héritier de Serpentard
Chapitre 2 : Arrivées, nouveau départ ?
C'est par le hublot du jet privé de la famille Kinaka que Reira vit Londres pour la première fois. L'avion passa au dessus de la Tamise avant de se diriger vers l'aéroport d'Heathrow et elle put voir le parlement avec Big Ben et, de l'autre coté du fleuve, la grande roue. Elle était à la fois excitée, un peu triste, et inquiète. Excitée, ça se comprenait. Pour la première fois, elle avait quitté le japon pour presque cinq ans laissant derrière elle sa famille. C'est surtout cela qui lui causait la plus grande tristesse. Elle avait laissé à l'aéroport de Tokyo son père, son frère, le petit ami de son frère, son grand-père et sa meilleure amie et cousine. Nodoka avait beaucoup pleuré mais avait gardé le sourire, comme à son habitude. Lorsqu'elle l'avait prévenue qu'elle partait en Angleterre pour devenir sorcière, Nodoka avait été à la fois folle de joie et désappointée. Elle aurait aimé garder auprès d'elle cette amie si chère à son cœur dont elle était amoureuse en secret depuis des années. Mais, comme à son habitude, elle avait fait front et, plutôt que de se laisser abattre, elle avait fait se pourquoi elle était le plus douée. Styliste en herbe, elle avait donc fournie à la jeune fille une nouvelle garde robe spécialement conçu pour son voyage en Angleterre. A l'aéroport, la jeune fille était arrivé dans une camionnette jaune qui contenait, à elle seul, une trentaine de tenue avec chapeau et chaussures.
Comme à son habitude, Reira était gêné par ce que lui offrait son amie. Leur relation était très curieuse. Nodoka aimait son amie en secret mais faisait tout pour rester dans l'ombre et, plus que le sien, protéger le bonheur de Reira. Elle l'avait aidé lorsque, quelque mois plus tôt, son amie s'était rendu compte des sentiments qu'elle éprouvait pour Ryuuji et encore maintenant, elle l'encourageait de toutes ses forces à trouver le bonheur. Personne n'était dupe, tout le monde avait remarqué les sentiments qui liaient Nodoka à son amie, à l'exception faite de l'amie en question.
Oo0oO
Reira serra de toutes ses forces son amie dans ses bras.
- Tu vas me manquer Nodoka.
- Toi aussi Reira, mais ne t'inquiète pas, je viendrais en Angleterre pour les vacances d'été et peut-être même de Noël.
- J'ai hâte.
- Au revoir à toi aussi Dai, dit Nodoka en caressant le petit animal perchée sur l'épaule de la jeune fille. Le Yokai ronronna mais ne répondit pas.
Reira se tourna alors vers son père. Le professeur d'histoire sourit à sa fille et la prit dans ses bras.
- Tu vas me manquer papa.
- Toi aussi ma chérie. Mais pour que tu ne nous oublie pas, j'ai quelque chose pour toi.
Il fouilla dans sa poche et en sortit quelque chose qu'il mit entre les mains de sa fille. Celle-ci regarda émerveillé le médaillon qui se trouvait dans sa main. Tout en cuivre, il était joliment décoré et gravé d'initiales entrelacées. Reira réussit à reconnaitre un H, un C et un P.
- C'était à ta mère. Elle le tenait de sa mère qui la tenait de sa mère et ainsi de suite. C'est une sorte de très vieil héritage de famille.
Kimihiro Dokiiro pressa le coté du médaillon qui s'ouvrit. A l'intérieur, il y avait des photos. Sur la partie droite, elle pouvait voire une photo de groupe avec son père, son grand-père Toono, son grand frère Shizuka, Haruka et Nodoka. Sur l'autre, il y avait un portrait de sa mère. Elle avait l'habitude de voire des photos d'elle. Elle était mannequin et son père avait quantité de photo d'elle qu'il conservait pour les mettre dans un cadre perpétuellement posé sur la table de la salle à manger. Mais ce cadeau émus la jeune fille. Pour la première fois, elle pourrait l'avoir constamment avec elle.
Reira referma le médaillon et le serra contre son cœur. Puis elle serra son père dans ses bras de toutes ses forces. Kimihiro referma ses bras sur elle et des larmes perlèrent aux coins de ses yeux.
- Je savais qu'elle était une sorcière, et je savais que tu le serais aussi. Elle m'a fait jurer de te donner ce médaillon lorsque tu recevrais ta lettre. C'est chose fait. Je suis sur qu'elle est contente.
Il essuya ses larmes rapidement et se remit à sourire. Il voulait toujours montrer un visage souriant à sa fille et ce quoi qu'il arrive.
Reira se détacha de lui pour dire au revoir à son grand père. Celui-ci avait fait sensation à l'aéroport. Il était toujours vêtu de sa robe violette aux longues manches et son chapeau haut comme le portait les Onmyouji plus de mille ans auparavant. A son tour il serra la jeune fille dans ses bras.
- Et j'espère que tu feras honneur à notre nom et que tu écouteras plus tes professeur que tu ne le fais avec moi.
- Grand-père !
- Quand tu étais petite tu m'écoutais au moins, repris le vieil homme sans se préoccuper de la colère de sa petite fille.
Il avait prit le ton affecté qu'il utilisait habituellement pour le faire culpabiliser ou l'énerver. L'un et l'autre marchaient particulièrement bien. Reira délaissa son grand père perdu dans son délire pour sauter dans les bras de son frère.
Très grand pour un japonais, il tenait de son père ses cheveux et ses yeux noirs et de sa mère, son visage particulier. Bien qu'il aime particulièrement énerver sa petite sœur, il l'aimait plus que tout. Son pouvoir de perception lui soufflait que le danger attendait Reira en Angleterre et il était désespéré de ne pas pouvoir rester avec elle. Son petit-ami Haruka, sentit son désarroi et posa une main sur son épaule pour la serrer discrètement. La source de chaleur rassura suffisamment Shizuka pour qu'il lance une pique à sa sœur qui lui donna un coup de pied. Le Tengu sourit et prit à son tour la jeune fille dans ses bras.
- Au revoir Reira, prends bien soin de toi.
- Merci, et toi Haruka, prend bien soin de mon frère.
Le Yokai sourit. Il admirait cet amour fort qui liait le frère à la sœur. Mais il savait aussi qu'il n'avait pas à être jaloux de ce lien car leur amour était bien différent de celui qu'il éprouvait pour Shizuka et que celui-ci éprouvait pour lui.
- Tu peux me faire confiance, lui assura-t-il en l'embrassant sur le front.
Après de derniers adieux, Reira avait ramassé sa valise, remis son chapeau et étais monté dans l'avion.
Oo0oO
- Londres est une très belle ville, n'est-ce pas Dai ? Demanda la jeune fille en grattant la gorge du petit Yoko qui se tenait sur son épaule.
Dai détendit son corps blanc en remuant la seule de ses neuf queues que l'on voyait lorsqu'il était sous cette forme. Ses deux yeux dorées, en croissants de lune, se plissèrent jusqu'à disparaitre complètement.
- Moui, répondit-il en ronronnant. Je n'en ai jamais vue de semblable.
- Ça vient peut-être du fait que tu n'es jamais sorti du japon.
- Occupe-toi d'apprendre l'anglais au lieu de faire des remarques sur ce que j'ai ou n'ai pas fait, grogna le Yokai en sautant de l'épaule de Reira pour se coucher en boule sur le siège à coté.
La jeune onmyouji rit du caractère susceptible de son compagnon et retourna à sa lecture. Grâce à un sortilège de la mère de Ryuuji, elle avait déjà retenu les bases de la grammaire et de la conjugaison et s'était attaqué à apprendre le vocabulaire. Les deux langues étaient très différentes l'une de l'autre ce qui causait certains problème à la jeune fille. Elle avait dut tout d'abord apprendre l'alphabet latin, chose qu'elle avait déjà commencé à faire lorsqu'elle était à l'école puisque cela relevait de la culture générale bien qu'il lui était difficile d'imaginer que l'on puisse former autant de mots avec si peu de symboles. Ensuite, la grammaire lui avait posé des problèmes puisque les phrases de bases n'avaient pas le même ordre de composition que dans sa langue natale et qu'il existait dans les langues occidentales des distinctions de genre et de nombre qui étaient inconnus de la langue japonaise. Bref, apprendre l'anglais en si peu de temps relevait du défi et elle enviait ses deux amis d'avoir put apprendre cette langue plus jeune, le premier parce qu'il habitait l'Angleterre et l'autre parce que le fait de faire partie d'une grande dynastie l'avait obligé à avoir une culture générale étendue. Dai, quant à lui, s'était servi de ses propres pouvoirs pour l'apprendre et n'avait donc plus besoin de faire le moindre effort, ce qui lui convenait très bien.
- J'ai hâte de revoir Tomasu, dit Reira d'un air rêveur en détachant une nouvelle fois son regard de son livre et en regardant par le hublot.
Ryuuji se sentit frémir à ce nom.
- Même si cela fait à peine quatre mois, cela semble une éternité.
Une éternité…pensa Ryuuji dans le secret de son esprit.
Dans la confusion de ses sentiments, il sentait lui aussi une excitation trouble à l'idée de revoir Tomasu. Il faisait un étrange japonais avec sa taille hors norme, presque 1m70, ses traits anguleux aux yeux en amande et à la peau d'or blanc des asiatique rehaussé par l'or plus soutenu de ses cheveux raides agrémenté de mèches plus foncés. Il avait toujours un air innocent avec ses lunettes rondes qui dissimilaient trop souvent ses yeux. Il avait put les voire une fois, sans leurs protection. Pendant la bataille finale qui les opposaient au démon invoqué par l'Ancienne Tribu, à peine quatre mois auparavant. L'un de ses tentacules l'avait frôlé de trop près, mais il n'avait pas bronché, regardant avec un mépris doublé de suffisance la chose qui se promettait de détruire ce monde corrompu. Il se fichait que ses lunettes se soient brisées et qu'une entaille sur sa tempe inonde sa joue de sang. Il avait un regard fier et ses yeux verts étincelaient. Ses iris avaient une teinte particulière, du vert brillant de l'herbe après la pluie et baignée par le soleil, scintillants de reflets d'argents. Il les avait trouvés beaux ses yeux. Il les revoyait maintenant précisément quand il fermait les yeux, ainsi que chaque trait de son visage.
Il avait quelques temps crut qu'il était amoureux de Reira. Mais qui ne serait pas tombé amoureux de la jeune fille. Reira était belle, intelligente, énergique et attachante. On ne pouvait nier qu'elle ressemblait à sa mère et que peut-être même, elle la dépasserait en beauté. Il était aussi indéniable qu'elle était un génie car il fallait une intelligence hors du commun pour comprendre les arcanes secrets de l'Onmyou en seulement quelques mois et devenir aussi puissante. Mais ce n'était ni l'une ni l'autre de ces qualités qui la rendait attachante, c'était sa façon de comprendre le cœur des gens et de toujours savoir ce qui fallait leur dire. Elle savait percer les carapaces les plus dures et même la sienne n'avait pas résisté.
Cependant, s'il l'aimait, il n'en était pas amoureux. L'amour qu'il ressentait pour la jeune fille était certes plus fort que celui qu'il ressentait pour sa mère et ses sœur, mais il était si différend de celui qu'il éprouvait pour Tomasu, qu'il était sur de ne pas faire d'erreur. Plus qu'une sœur, Reira était comme une sorte de jumelle qu'il aimait de tout son cœur mais dont il n'était pas amoureux. Il se rendait compte alors que celui qu'il ressentait pour son ancien ennemi, Tomasu, était très fort, trop fort. Mais il n'était pas sur. Il n'était jamais sur…
- Nous arrivons Ryuuji.
La voix douce mais ferme de sa mère le fit redescendre sur terre.
- Je sais mère…
- Allons, ne t'en fais pas, lui dit-elle d'une voix qu'elle voulait rassurante. C'est une école de renommé mondiale, et qui plus est, notre dynastie a toujours sut tirer partie de la manipulation de baguette.
- Parce qu'en plus, nous allons devoir nous amuser à agiter des…de vulgaires morceaux de bois.
Il avait déjà vu de pseudos magiciens, s'amuser à agiter des bâtons de bois en espérant que la magie éblouisse les foule, mais ce n'était toujours que de vulgaires tours de passe-passe. Il trouvait cette attitude ridicule et dénuée d'intérêt.
- Tu verras qu' « agiter de vulgaires morceaux de bois » peut se révéler utile et donne un certain style à son utilisateur. Je ne me suis jamais séparé de ma baguette depuis mes études et je dois admettre que je ne l'ai jamais regretté.
Elle agita son éventail uchiwa d'où s'échappèrent des étincelles. Ryuuji n'ajouta rien. Il devait reconnaitre qu'il n'avait jamais trouvé sa mère ridicule lorsqu'elle utilisait la fière baguette dissimulé dans le chanvre de l'éventail. Elle était la grâce incarnée dans le moindre de ses gestes. Mais en serait-il de même pour lui ?
Alors qu'il était encore dans ses pensés, sa mère lui demanda de remettre sa ceinture. Ils arrivaient en vue d'Heathrow, le grand aéroport de Londres, où une piste avait été dégagée pour leur jet. Il sentit la pression s'exercer sur ses oreilles alors qu'ils descendaient vers le sol. Un gémissement, lui fit tourner la tête. Reira grimaçait et Dai se tenaient les oreilles. Ryuuji avait prévu le coup. Il sortit de sa poche un paquet de chewing-gum qu'il avait acheté à Tokyo et le tendit à son amie.
- Tient, lui dit-il, si tu le mâche assez fort, la douleur devrait s'estomper.
- Merci.
Elle prit le paquet déjà ouvert, prit un chewing-gum et le donna à Dai. Ryuuji eut un sourire tendre. Elle ne le faisait pas exprès, mais Reira pensait toujours aux autres avant elle. Elle commença à mâcher la pate et voulut rendre le paquet à Ryuuji qui refusa.
- Mais…tu n'as pas mal ?
- Non, je suis habitué.
En fait, il souffrait lui aussi de la pression atmosphérique. Mais étant un Kinaka, il ne pouvait se permettre de mâcher comme un ruminent. Reira n'était pas de sa famille, elle n'avait pas à subir les désagréments que lui imposait son rang.
Ils ressentirent la secousse de l'avion qui se posait sur le sol. Dai serait tombé si Reira ne l'avait pas tenu dans ses bras. Ce n'est qu'une fois complètement arrêté qu'elle le lâcha et qu'il sauta au sol. La jeune fille défit sa ceinture et tenta de se relever. Mais après être passé des heures assises, elle fut déséquilibré et tomba à la renverse. Deux bras la retinrent avant qu'elle ne chute et elle rougit. Ryuuji l'avait rattrapé de justesse et le serrait maintenant contre son torse musclé, trop pour un garçon d'à peine treize ans.
Elle ne savait pas exactement ce qu'elle ressentait. Elle avait toujours confondu les amours et avait du mal à trier ses sentiments. Elle savait qu'elle aimait Ryuuji, mais elle ne savait pas de quelle façon. D'une certaine façon, ça ressemblait à l'amour qu'elle portait à son frère Shizuka, mais en même temps, ce n'était pas ça, peut-être plus fort, plus faible, différent, elle ne savait pas.
Elle remercia le jeune garçon qui rougissait un peu lui aussi et se remit sur ses pieds. Elle réussit en se tenant aux parois à marcher jusqu'à la porte après avoir récupérer son sac à dos, ses autres bagages étant dans la soute.
Une fois au grand air, elle reconnut aussitôt le sourire qui l'accueillit au pied de l'avion. Tomasu était bien évidemment accompagné de ses deux protecteurs, le Kyubi noir Yoko, qui était une version noire de Dai et le Tengu blanc Ako, une pétillante jeune fille androgyne quasi constamment surexcité. Derrière eux, légèrement en retrait, se tenait la tutrice légale, confidente et amie de Tomasu, Catherine McAlister. Elle s'était comme qui dirait infiltré dans la vie de Reira pour préparer la venue de Tomasu au japon. Reira et Ryuuji l'avait d'abord connu comme professeur. Elle était en fait une magicienne puissante versée dans la magie occidentale, mais une magie différente que celle pratiqué dans la grande école de Poudlard. Bien que d'excellente renommée, elle ne se spécialisait que sur une seule forme de magie, négligeant d'autres formes qui auraient put êtres bénéfiques. Catherine était une magicienne des Joyaux. Elle stockait son pouvoir dans des joyaux où des métaux qui selon leur sorte avait des effets différents. Ce jour là, elle portait une bague de magnétite qui protégeait son corps des désagréments physiques, rhumatismes, lumbagos, maladie des articulations, etc. Malgré son apparente jeunesse elle avait plus de cinquante ans et ressentait dans son corps les premières contraintes de l'âge. Cependant, elle ne pouvait se permettre de vieillir. Elle savait que quelque chose se préparait et elle voulait être prête. D'autres pierres étaient disposées sur son corps. Collier avec améthyste, un bracelet avec deux onyx noirs et des boucles d'oreilles en labradorite contre la fatigue physique.
- Je vous souhaite la bienvenue en Angleterre, dit Tomasu en souriant. J'espère que vous avez fait bon voyage.
- C'était super.
Ryuuji ne répondit pas. Mais il faillit rougir lorsque le regard du jeune métis se posa sur lui et qu'il lui accorda un sourire franc et doux. Il remarqua qu'il avait remplacés ses lunettes rondes par des plus petites et ovales qui le rendaient plus adulte. Pourtant il ne remarqua pas la lueur de désir qui scintillait dans ses yeux, ayant détourné le regard.
Bientôt, il serait de nouveau à lui, ce n'était qu'une question de temps. Il se retourna alors vers son amie avec un petit sourire moqueur.
- Au fait, Reira, Pas plus tard que ce matin, j'ai reçu un énorme colis express qui t'était adressé, tu ne saurais pas d'où il vient ?
La jeune fille rougie puis fit la moue. Les entreprises Tsurukeba, la compagnie de la mère de Nodoka était propriétaire d'une compagnie de charter considérée comme l'une des plus rapide du monde. Il n'avait donc pas été difficile à la jeune fille d'envoyer la nouvelle garde robe de son amie en Angleterre de façon à ce qu'elle arrive avant elle.
Une limousine attendait plus loin. Ils arrivèrent à rentrer tous leurs bagages dans le coffre qui semblait bien plus grand qu'il ne devrait et partirent en direction du grand manoir qui, aux dires de Tomasu, appartenait à la famille Ginaoi depuis des générations.
O0o0O
Il était un peu plus de 22h30 à l'horloge de la famille Weasley. La demi-heure avait sonné depuis déjà quelque temps dans le salon du Terrier. Mrs Weasley était assise dans l'un des confortables fauteuils qui le garnissait, occupée à l'ouvrage qui lui prenait la première partie de l'année : la confection des pulls en laine qu'elle offrait chaque année à la noël à ses enfants. Elle chantonnait tout en comptant les mailles et en pensant à ses enfants qui allaient bientôt rentrer de leur partie de Quidditch nocturne. Elle avait enfin réussit à les faire sortir après qu'ils aient passé la majeur partie du mois à s'ennuyer de leur ami et prostrés par la perte de Sirius. Malgré les lettres qu'ils avaient envoyées à Harry et ses réponses enjouées, ils savaient qu'il ne se remettrait pas facilement de la perte de la seule famille qui lui restait.
La femme soupira et renifla. Elle posa son ouvrage et essuya une larme au coin de l'un de ses yeux. Perdre Sirius Black avait été un choc pour tout le monde. Elle s'en voulait encore d'avoir put douter de sa culpabilité pendant plus de douze ans.
Perdu dans se souvenirs, elle fixait l'âtre froid de sa cheminée. En cette saison, il était superflu d'allumer un feu, même dans la froide Angleterre. Pourtant une flamme s'alluma soudain. Ces flammes étaient vertes et quelque chose en sortit, un jeune garçon. Malgré la pénombre, elle reconnut parfaitement Harry Potter. Elle baissa sa baguette qu'elle avait sortit lorsque les flammes étaient apparut et se précipita pour l'aider à se relever.
Elle le détailla des pieds à la tête. La suie qui le recouvrait accentuait la pâleur de son visage et ses yeux hagard. Il avait le souffle court et irrégulier et tremblait sur ses jambes.
- Harry, mon chéri, que se passe-t-il, tout vas bien ?
- Voldemort…Dursley…mort…
Sa voix tremblait et il bégayait. Molly Weasley voyant bien qu'il était traumatisé, l'amena et l'assit à son fauteuil.
- Reste là mon chéri, je vais à la cuisine, préparer du thé.
Et elle disparut dans son antre pour préparer la boisson chaude et réconfortante.
O0o0O
Pour une fois que même Hermione avait accepté de participer à un match, l'humeur n'y était pas. Aucun d'eux ne pouvait se sortir de la tête que leur ami était absent, déprimé et enfermé chez ses horribles moldus. Chaque jour, ils avaient envoyés des lettres à Dumbledor pour lui demander à ce qu'Harry passe ses vacances au Terrier. Le vieil homme avait répondu aux premières lettres, puis avait cessé même de les lire puisqu'elles leur revenaient sans avoir été décacheté.
Devant l'insistance de Mrs Weasley, ils étaient sortit après le diner pour faire une partie. La nuit était chaude et la pleine lune éclairait suffisamment le terrain pour qu'ils y voient. Mais pour aucun d'eux le cœur n'y était. Essayant de faire de l'humour, les jumeaux avaient dit que c'était dommage qu'Harry ne soit pas là, parce que sinon, ils auraient été un nombre paire. Mais leur blague tomba à plat et ils n'en avaient plus parlé.
Après près d'une heure de ce qui ressemblait à tout sauf à un moment d'amusement, ils décidèrent de rentrer. Ils n'avaient rien d'autre à faire de toute façon.
Ron avait laissé les jumeaux et Ginny passer devant pour discuter avec Hermione.
- Tu as pensé à une nouvelle lettre pour Dumbledore ?
- A quoi bon ? répondit Hermione. Il ne nous répondra pas.
- Mais 'Mione ! On ne peut pas laisser tomber.
- Peut-être, mais on n'y arrivera pas de cette façon. Il faut qu'on trouve autre chose.
- Mais quoi alors !
- Je ne sais pas
Il la vit se ronger les ongles, chose que Ron n'avait vu que peu de fois. Elle ne le faisait que lorsqu'elle était totalement désemparée et qu'elle ne savait pas du tout quoi faire. La voyant dans cet état, il passa un bras autour de ses épaules pour la réconforter.
- Ne t'inquiète pas 'Mione, on trouvera. On ramènera Harry ici et on finira les vacances ensembles.
- J'espère…
Elle décida de changer de sujet.
- Au fait, ton rendez-vous de la semaine dernière, comment s'est-il passé ?
Hermione savait parfaitement que la question gênait Ron. Il s'était inscrit à une sorte de club de rencontre et, la semaine passée, il s'était rendu à un rendez-vous avec une personne qu'il avait rencontré mais qu'il n'avait encore jamais vu. Il en était rentré extatique et ravi mais n'avait rien voulut dire à personne.
Comme elle l'avait prévu, son ami se raidie.
- C'était…très bien.
- Mais encore ?
- quoi d'autre ?
- Eh bien par exemple, tu pourrais me dire son nom.
- En fait…oh, il faut que je demande quelque chose à Ginny !
- Tu ne t'en tireras pas comme ça !
Elle le poursuivi sur le chemin. Ron dépassa ses frères et sœurs et se précipita dans la maison. Il arriva directement au salon et se figea sur le seuil.
- Harry, murmura-t-il.
Il voulu se jeter sur son ami sur son ami, mais sa mère, qui était revenu avec un plateau, le retint.
- Ne le brusque pas, il a été choqué.
Hermione était arrivé à son tour. En le voyant elle s'était sentie soulagé. Mais aussi, étant plus vive que Ron, elle savait qu'il s'était passé quelque chose de grave. Harry ne serait jamais allé contre la volonté de Dumbledore et surtout ne serait jamais venu ici tout en sachant que cela représenterait un danger pour les Weasley, si ce n'était pas un cas d'urgence.
Pendant que Harry buvait son thé, les autres s'étaient regroupés autour de lui. Une fois qu'il eut finit, Mrs Weasley reprit la tasse.
- Ça va mieux mon chérie ?
- Oui, beaucoup mieux Mrs Weasley. Merci.
- Tu te sens de nous dire ce qui s'est passé ?
Harry acquiesça et relata au Weasley et à Hermione subjugués et effrayés, les événements de la soirée. Sa voix était un peu plus assurée. Soudain, il releva le tête et regarda autour de lui, de nouveau fébrile.
- Où…Où est Hedwige ?
Comme pour répondre à sa question, la chouette blanche rentra par la fenêtre et se posa sur le bras du fauteuil où se trouvait Harry. Celui-ci la caressa, soulagée de voire qu'elle allait bien.
- Mon pauvre Harry, dit Mrs Weasley. Tu dois te sentir tellement triste.
- Soulagé plutôt, grommela Ron.
- Ron ! des gens sont morts, et qui plus est la famille d'Harry ! Tu devrais avoir honte !
- Non ! dit Harry. C'est vrai que des gens sont morts. Mais les Dursley et moi on ne s'est jamais aimé et même si je n'irais pas jusqu'à dire que c'est bien fait pour eux, mais je ne les pleurerais pas.
Mrs Weasley pinça les lèvres mais n'insista pas. Elle préféra envoyer tout le monde se coucher. Elle alla chercher des draps et les donna à Ron pour qu'il installe le lit d'Harry dans sa chambre. Une fois installé, Harry commençait à partir dans le monde des songes mais Ron lui posa encore quelques questions.
- Tu es sure de ne pas connaitre celui qui t'à sauvé ?
- Je ne l'avait jamais vu. Mais j'avoue qu'il était pas mal.
- Pff, mais tu peux pas penser à autre chose ?
Harry eut un petit rire avant de répondre.
- C'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.
- Mouais. C'est pas faux.
Harry remarqua furtivement une rougeur sur le visage de son ami, mais celui-ci éteignit la lumière avant qu'il ne puisse vérifier s'il avait rêvé. Il se cala dans ses draps et ferma les yeux.
- Harry ?
- Mm ?
- Tu es sur que tu va bien ? Hermione et moi on était inquiet.
- Mais oui, je vais bien, tu vois je suis vivant et en bonne santé.
Il savait parfaitement que ce n'était pas du tout ce qu'il voulait dire, mais il ne voulait pas répondre.
- Harry ?
- Mm ?
- On est content que tu sois là.
Harry ne répondit pas tout de suite. Il sourit dans la pénombre, puis ferma les yeux avant de chuchoter un « merci » que Ron n'entendit pas puisqu'il était déjà plongé dans le sommeil.
