Et voilà le chapitre trois. Peu passionnant également mais l'on y rencontre les ennemis de nos héros. Une bande de quatre garçons dont l'un semble avoir de gros problème d'organisation. Dans le prochain chapitre : Rencontre et problèmes.
Kai Hiwatari venait de fêter ses dix-huit ans. Enfin, fêter était un bien grand mot. Disons qu'une part de gâteau l'avait accueillie lors de son retour à l'hôtel, posée sur le rebord de sa table de nuit. Il était resté interdit un moment. Jusqu'à ce qu'il voit le message inscrit sur un bout de papier posé à côté.
L'avion décolle à midi. Ne sois pas en retard.
Ps : Joyeux anniversaire.
T. R. M
T.R.M. Ses trois compères favoris avaient visiblement réussi à retenir quelque chose. Un beau miracle. Celui qui était mi-Japonais, mi-Russe, jeta un coup d'œil à son portable. Il était dix heures trente. Soit juste le temps de se rendre à l'aéroport. Cependant, avant de quitter les lieux, il alla s'asseoir sur son lit pour déguster son présent. Après tout, ce n'était pas tous les jours que l'on avait dix-huit ans, même si, à ses yeux, cela n'avait pas la moindre importance. Après tout, qui se souciait encore de vieillir et de dépérir? Vous l'aurez remarqué, Kai n'était pas spécialement un optimiste. Ce ne fut qu'après avoir reposé l'assiette que le regard bleu sombre du jeune homme capta quelque chose sur la table de nuit voisine. En voyant ce que c'était, il soupira, tout en retenant le fin sourire qui menaçait de se dessiner sur ses traits. Takao n'apprendrait jamais.
Plus ou moins au même moment, à l'aéroport, un adolescent d'environ seize ans essayait d'expliquer à une réceptionniste peu réceptive que son billet était là cinq minutes plus tôt et qu'il n'était sans doute pas loin mais qu'il devait monter dans cet avion absolument. Un peu plus loin, assis sur le sol, un Américain, plus ou moins du même âge, lisait un comic tout en mangeant un sandwich débordant de mayonnaise.
-Maaax ! C'est mort, ils vont pas me laisser passer !
Relevant le nez de sa lecture, le blondinet vit la mine dépitée de son camarade et lui adressa un sourire compatissant, même si il devait bien avouer que ce n'était pas la première fois que cela arrivait et que Takao devait vraiment faire des efforts avec ses affaires.
-Tu es sûr que tu n'as pas laissé ton billet à l'hôtel, Ta' ?
-A cent pourcents ! D'toute façon, c'est trop tard pour y retourner. Rah, je vais faire quoi !
Celui qui portait une casquette se laissa tomber aux côtés de son ami, avant de lui piquer son casse-croûte. Mais, étant un adolescent en pleine croissance, le pauvre Japonais avait faim en permanence, ce qui n'était pas de sa faute, n'est-ce pas ? Surtout que cette mission en France l'avait épuisé. Ce pays n'avait pas un fort taux de natalité avant les mutations et il y avait encore moins de gosses ici qu'ailleurs. Ce qui rendait n'importe quelle infiltration terriblement difficile.
-Takao, attrape !
Le goinfre eut tout juste le temps de redonner son sandwich à Max avant d'attraper celui que venait de lui lancer un jeune garçon. Ce dernier possédait une apparence un bien singulière qui attirait les regards sur sa personnes. Entre ses yeux d'une étrange couleur dorée et sa longue chevelure noire qui devait lui arriver aux genoux… D'ailleurs, pour éviter que sa masse capillaire ne le gène trop, l'adolescent y avait noué un ruban rouge au niveau de son cou, histoire de faire une sorte de queue de cheval basse. Mais cela ne résolvait pas spécialement le problème. Qu'importe. Le Chinois, d'une nature calme et douce, vient s'asseoir entre ses deux camarades, réajustant la casquette de Takao avant de tendre un mouchoir à Max pour qu'il puisse essuyer la mayonnaise qui avait coulé sur son pantalon.
-Merci maman !
En les entendant répondre en cœur comme ça, Rei soupira. Ce n'était pas de sa faute s'il se sentait obligé de veiller un peu sur ces deux là. Le programme Imperio les avait fait se rencontrer il y avait de cela des années, alors qu'ils n'étaient que des enfants dotés de dons un brin bizarres. Monsieur Dickenson avait été un mentor respectable qui leur avait donné une éducation et une formation en échange de leur coopération pour des missions à travers le monde. Aider la planète, l'Univers. Voilà quel était, de façon officielle, le but de ce qu'ils réalisaient. Récupérer des œuvres d'arts volées avait été leur dernière mission et, comme souvent, ils avaient fait ce qui leur était demandé.
Proches comme des frères, ils en savaient pas mal les uns sur les autres. Takao, par exemple, avait une sœur de quatorze ans, Hitomi, qui était encore dans le programme d'entraînement de leur directeur et qui deviendrait sans doute un agent l'année suivante. Il tardait à l'adolescent de retrouver sa frangine, même si les deux semblaient exprimer leur affection l'un pour l'autre en se tapant dessus et en s'envoyant des piques. Avoir des frères et sœurs était extrêmement rare, à cause du faible pourcentage de chance de survie des fœtus. C'est pour cela que, réalisant sa chance, le garçon prenait grand soin de sa cadette.
Tandis que l'adolescent dévorait son déjeuner, il se demandait comment il allait s'en sortir par rapport à son billet manquant. D'ailleurs, ce n'était pas la seule chose qui manquait. Le quatrième membre de l'équipe était, comme d'habitude, absent. Cela ne comptait plus tellement, à force. En général, Kai apparaissait de façon miraculeuse juste avant le décollage et on le laissait monter de justesse. Alors que l'esprit du garçon à la chevelure sombre divaguait au sujet de leur chef d'équipe, quelque chose apparu dans son champ de vision. Un morceau de papier blanc avec des écritures. On était revenu au papier après avoir réalisé le danger de l'informatique et de la surchauffe que cela provoquait pour la planète. Au final, le monde avait fait un formidable bond en arrière durant les cinquante dernières années et ressemblait à présent plus aux années 2020. Mais là n'était pas la question. Ce qui l'était, c'est comment le billet d'avion de Takao avait réussi à voyager tout seul jusqu'ici.
-Tu n'es vraiment pas doué. Et je te signale que la prochaine fois, tu iras le chercher toi-même, abruti.
-Kai !
L'intéressé se contenta d'émettre un grognement agacé tout en laissant Takao courir vers la porte d'embarquement, son billet à la main. Il était temps. Le plus vieux de l'équipe prit quelques instants pour faire le point avec Rei tandis que le blondinet rejoignait son meilleur ami.
-Le gâteau était bon ?
-Comestible. Tu as fait des progrès.
Un doux sourire se dessina sur les traits du Chinois qui attrapa son sac de voyage. Au début, lui et le Russe s'étaient détestés, sans raison par ailleurs. Mais, petit à petit, ils avaient réussi à mettre de côté leurs différences pour forger une amitié qui se faisait un peu plus solide chaque jour. Tout en marchant, les deux jeunes gens continuèrent à bavarder, simplement. Ils se trouvèrent assis juste derrière les deux piles électriques dans l'appareil, ce qui arrangeait tout le monde. Surtout Kai, qui se plaignait à chaque fois de ne pas pouvoir dormir parce que Takao remuait trop sur son siège. Le Japon les attendait. Et avec lui, une nouvelle mission. Celle d'arrêter un groupe de dangereux terroristes qui, d'après leurs sources, comptait s'y rendre pour voler des documents sur un nouveau type d'arme. L'on en savait peu sur ces individus, si ce n'était qu'il fallait se méfier des apparences en ce qui les concernait.
