Voilà (enfin) le troisième chapitre de Logique psychologique. Il en reste encore un dernier, donc mais qui tient plus du chapitre bonus...
Donc, un Zack un peu OOC à la fin (viens-je d'entente "et si t'arrêtais de nous projeter tes fantasmes pour une fois"?) et puis, ben, c'est tout...
Enjoy!
Chapitre 3 : Immoral
Je devais n'avoir pas plus de 12 ans quand Tom et Gordon se sont installés à coté de la maison familiale. Ils avaient tous les deux la trentaine et ils étaient vraiment gentils. Avec mes frères et sœur, on allait souvent goûter chez eux quand nos parents étaient absent. Ils étaient ravis de nous voir tous les huit chez eux. Gordon était petit et avait une touffe de cheveux impressionnante. A bien y réfléchir, il ressemblait a Hodgins sans sa barbe. Tom, lui, était plus grand et vraiment efféminé mais très amical. Il s'entendait très bien avec ma plus grande sœur qui avait 17 ans à l'époque. Je les voyaient se prendre la main quand ils sortaient dans la rue et je ne comprenais pas . Je pensai qu'il étaient frères. Et puis, est venu le moment où nos parents nous ont interdits de retourner chez eux. Je leur avaient demandées pourquoi mais je n'ai pas retenu grand chose. Tout ce dont je me souviens c'est qu'ils m'avaient que deux hommes ne pouvait pas s'aimer et mon père m'avait fait promettre de ne jamais devenir comme Tom et Gordon. J'avais hoché la tête et n'avait pas revu mes deux voisins pendant trois ans. A mes quinze ans , je me souviens avoir regardé des garçons de ma classe avec plus d'insistance que je n'aurai du. Me rappelant de ce qu'avaient dit mes parents, je suis secrètement allé voir Tom et Gordon pour leur demander ce qu'ils en pensait. Ils m'ont juste dit
« Fais ce qui te rendra heureux... ». J'avais beaucoup réfléchit et au bout de quelques jours je m'était décidé: «Jamais, plus jamais ça... ».
Sa tête lui faisait mal comme si on lui donnait des coups de marteau sur le crâne. Il avait les yeux fermés mais, paradoxalement, la lumière vive l'aveuglait. Il fronça les sourcils, entrouvrit légèrement les yeux et tourna la tête. Sweets était assis à côté de lui, le contemplant avec un mélange d'inquiètude et de soulagement. Quand il sentit le regard de Zack se poser sur lui, il sourit doucement :
-Vous allez bien?
Zack soupira et articula difficilement :
-Mal à la tête... Ca fait longtemps que vous êtes ici?
-J'imagine qu'on peut se tutoyer maintenant qu'on a le même sang dans les veines...
Il jeta un regard à la poche de sang raccordée au bras de Zack et dont le contenu se vidait lentement.
-Très bien... Alors, tu es là depuis longtemps?
-Depuis 8h ce matin.
-Et moi, ça fait combien de temps que je suis là?
Sweets sembla compter mentalement :
-Voyons voir... On est le 23, donc ça fait cinq jours.
-Et qu'est-ce qu'il m'est arrivé au juste?
-Je n'en sais rien, on ne m' a rien dit...
Puis il ajouta :
-Pas d'autres questions?
Zack réfléchit un instant. Il saisit la main de Sweets, la serra entre ses doigts et demanda, la voix tremblante :
-Si, une. Pourquoi... pourquoi tu es tombé amoureux de moi? Pourquoi de moi et pas d'un autre?
-C'était il y a quelques mois. Tu travaillais à reconstruire le crâne d'un enfant. Tu avais un regard si triste que je n'ai pas pu décoller mes yeux de ton visage. Et puis, tu as levé la tête et tu m'as regardé en me souriant. Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé à ce moment-là mais... voilà, c'était « trop tard ».
Zack sentit le rouge lui monter aux joues. C'était tellement normal, tellement à l'opposé de l'immoralité dont lui parlaient ses parents qu'il se sentait coupable.
-Est-ce que tu es heureux?
Sweets le dévisagea, interloqué :
-Bien sûr. Tu me tiens la main et tu as arrêté de me fuir. Comment je pourrais ne pas être heureux?
-On m'a toujours répété que les gens « comme ça » ne devrait jamais être heureux et qu'ils sont mieux en vivant comme les gens normaux. Mais c'est faux, hein?
Zack serra un peu plus la main de Sweets. Il ne voulait pas se l'avouer mais ça le rassurait.
-Désolé mais je crois que j'ai besoin de réfléchir...
Il ne savait plus quoi penser, il ne pouvait plus réfléchir, voilà la vérité. C'était comme si tout ce qu'il avait connu jusqu'alors venait d'être remis en cause. Ca faisait des années qu'il s'était interdit de regarder les hommes et pourtant il ne pouvait plus se mentir. Il aimait Sweets, du moins suffisement pour que toutes les belles promesses qu'il s'était fait volent en éclat d'un seul coup. Sweets lui lâcha la main, prétexta qu'il devait retourner travailler et se leva. Avant de partir, il attrappa doucement le menton de Zack entre ses doigts et lui embrassa doucement le front.
-Ne fuis pas ce que tu es, Zack...
Puis il sortit. Une fois seul, Zack se redressa dans son lit, considérant un moment la poche écarlate suspendue au dessus de lui. Il se mordit légerement la lèvre infèrieure et poussa un cri de douleur. Il se souvint de l'éclat de verre qui l'avait blessé juste à cet endroit là. Il n'eut pas le temps de souffrir plus longtemps : on frappa à la porte de sa chambre, Hodgins entra, Angela sur ses talons. Voyant que Zack était réveillé, Hodgins lui lança amicalement :
-Hé ben, c'est pas trop tôt, vieux! On avait peur que tu ne te réveilles plus jamais!
Angela, de son côté, se contenta d'un plus sobre :
-Contente que tu ailles mieux.
Elle s'assit sur le bord du lit et Hodgins prit place sur la chaise où se trouvait Sweets quelques instants auparavent :
-On a croisé Sweets en arrivant. Tout va bien?
Zack hocha la tête en guise d'affirmation.
-Il a du mérite quand même, ce type, fit Hodgins. S'il n'avait pas réagi aussi vite, on ne pourrait probablement plus te parler à l'heure qu'il est...
-Mais que c'est-il passé?
-Les morceaux de verre que tu as reçu de le visage contenaient de petites capsules remplies de poison très violent dans le genre. On a demandé une analyse. N'empêche, on doit le respect à ce satané psy.
Zack sourit et Angela lui dit, un petit sourire aux lèvres :
-Les ambulanciers m'ont dit qu'ils t'avait tenu la main pendant tout le trajet. Il pensais que vous étiez frères. Tu aurait du voir leur tête quand je les ai détrompés...
Zack, devenu rouge pivoine, eut un petit rire bête. Hodgins, lui, souleva un sourcil interrogateur :
-Comment ça? Tu... tu sors avec ce type?
-C'est compliqué.
Hogins fronça les sourcils :
-Zack, tu es gay?
-Oui, fit-il en hochant la tête, je crois bien...
Une longue minute de mutisme suivit, chacun ne sachant plus que dire. Ce fut finalement Angela qui brisa le silence.
-Finalement, tu as pris une décision concernant « tu-vois-quoi »?
Zack prit une profonde inspiration :
-Je n'en sais rien, Angela. Tout ça, c'est tellement bizarre...
Angela posa sa main sur l'épaule de Zack :
-Ne fuis pas ce que tu est ,Zack...
A ces mots, Zack baissa la tête. Tout commençait à devenir plus clair pour lui et il se sentait prêt à prendre une décision.
Il sortit de l'hôpital le lendemin soir et se fit reconduire chez lui en taxi. Arrivé dans son petit appartement, il vérifia machinalement ses messages. Il n'en avait que trois : un du docteur Brennan, un de Sweets et un de sa mère. Il écouta d'abord celui de Brennan. Elle s'excusait de ne pas avoir pu lui rendre visite et lui souhaitait un prompt rétablissement ainsi que de revenir bientôt au labo. Il sourit bêtement et enclencha le message de Sweets. Il ferma les yeux et écouta :
-Salut, c'est Lance... enfin, Sweets... enfin, peu importe. On m'a appris que tu sortait aujourd'hui mais j'imagine que tu m'appellera pas. Non, oublie, c'est pas grave. Et puis, tu sais, je t'aime. Non, ça aussi, oublie. Reviens vite.
Le message prit fin et Zack s'adossa contre le mur. Il se laissa glisser sur le sol et écouta son dernier message : celui de sa mère. Elle avait appris son hospitalisation et lui demandait de la rappeler dès qu'il le pourrait. Il composa donc son numéro. Ce fut sa petite soeur qui lui répondit. Il lui demanda de lui passer sa mère et eut un petit rire amusé quand il l'entendit crier :
-Mamaaaaaan, c'est Zaack au télephone!
-Zack? J'ai appris que tu avais été hospitalisé...
-Salut, Maman. Je vais mieux maintenant, ne t'en fais pas.
Sa mère sembla s'exaspèrer à l'autre bout du fil.
-Mais si, je m'en fais. On était vraiment inquiets à la maison quand ce docteur... Smith, je crois, a appelé.
-Sweets vous a téléphoné? fit-il réelement surpris
-Oui, voilà, Sweets! Un homme bien aimable, ma foi... C'est ton médecin traitant?
-Non, il est psy et il travaille avec nous à l'Institut.
-Je vois... Alors, tu es complètement guéri, maintenant?
-J'ai encore un traitement à prendre pendant une semaine et je dois éviter d'en faire trop. Mais tu me connais...
-Allez, je suis sûre que tu as des tas de jolies filles à tes pieds qui se damneraient pour t'aider, non?
Au moins une, j'imagine...
Zack éclata de rire mentalement :
-Pas vraiment, maman... Tu sais, euuh...
-C'est pas sérieux, ça. Tu ferais bien de moins penser à ton travail.
-Euh, maman, tenta Zack
-Je pourrais te présenter Bridget, la prochaine fois que tu nous rendra visite. Tu vois qui c'est Bridget : la fille de Lisbeth. Elle est vraiment devenue superbe depuis que...
-Maman, je suis gay; et amoureux d'un mec absolument génial.
Il n'entendit plus rien de l'autre côté. Puis le bruit sec du combiné qui tombe contre un meuble. Quelqu'un rattrappa le téléphone : c'était son grand frère.
-Qu'est-ce que tu as bien pu lui dire pour qu'elle parte s'enfermer dans la salle de bains en pleurant et en disant à qui veut l'entendre que son génie de fils est un dévergondé de la pire espèce?
-La vérité et rien d'autre...
-Et j'imagine que tu as été très délicat comme d'habitude. Bon, je vais te laisser et j'espère pour tes fesses qu'on va réussir à la calmer, sinon... Allez, salut, vieux...
-Salut...
Il raccrocha dans un « clac » sonore et éclata de rire. Il avait mis sa mère en colère pour un temps mais elle lui pardonnerait comme elle lui avait pardonné quand elle avait appris qu'il travaillais avec les morts. C'est avec ces pensées qu'il se traîna jusqu'à son lit et qu'il s'endormit, le sourire aux lèvres.
Le lendemin il arriva en compagnie d'Hodgins qui avait insisté ppur l'accompagner de peur qu'il ne fasse un malaise dans le bus. Il n'en fit pas trop dans la matinée, Angela ayant les yeux rivés sur lui, restant comme un chat à l'affut et s'apprêtant à l'arrêter dès qu'il faisait le moindre effort, à grands coups de : « Attends Zack, Jack va t'aider... » ou de « On t'a dit de ne pas en faire des tonnes... Jack, viens l'aider! ». Vers onze heures et demi, Brennan l'invita à prendre sa pause plus tôt sans quoi Hodgins allait devenir dingue sous peu. Il sortit alors du labo et se dirigea vers la droite. Hogins se tourna vers Angela :
-Il est au courant que la cafètaria est de l'autre côté?
-Je crois que ce n'est pas là qu'il va aller déjeuner ce midi, fit-elle en riant
-Hein? Qu'est-ce que tu veux dire?
-Rien, rien...
Zack frappa à la porte du bureau de Sweets. Quand celui-ci ouvrit, il du se retenir pour ne pas le serrer dans ses bras. A la place, il lui fit un vague geste de la main pour l'inviter à entrer. Ils restèrent silencieux quelques instants avant que Zack ne déclare, serrant entre ses doigts le T-shirt que lui avait prêté Sweets quelques jours auparavent :
-Je suis venu te rendre ça... Et aussi te dire merci pour m'avoir sauvé la vie.
Il tendit le T-shirt à Sweets, qui s'en saisit et le posa sur son bureau. Zack continua :
-Et puis j'ai bien réfléchi à tout ce qui s'est passé ces derniers jours. Tu sais, je suis désolé mais...
Sweets, s'appretant à entendre une mauvaise nouvelle baissa la tête, tant et si bien qu'il ne vit pas Zack s'approcher. Il n'en prit conscience que l'autre lui redressa le visage et déposa un délicat baiser sur ses lèvres. Sweets recula sous l'effet de la surprise. Il dévisagea Zack, hébété. Zack se rapprocha de lui et reprit :
-Désolé mais... tu vas devoir me supporter encore quelques temps...
Sweets sourit et embrassa Zack à son tour. Celui-ci répondit au baiser instantanément, passa ses bras autour du cou de Sweets et lui lécha doucement la lèvre infèrieure. Sweets poussa un petit geignement de contentement, hésita un instant et posa délicatement ses mains sur les hanches de Zack. Devant l'entousiasme de celui-ci, les caresses devinrent plus insistantes. Leurs langues se rencontrèrent et Zack ne put réprimer un gémissement de plaisir. Sweets le poussa, plus violemment qu'il ne l'aurait voulu, et le plaqua contre le mur, les mains courrant partout sur le corps de son amant. Zack, comme électrisé à ce contact, se rapprocha encore un peu, désireux d'aller plus loin. Leur lèvres se séparerent et Sweets lui sussura :
-Je te trouve bien entreprenant pour quelqu'un qui refusait de m'approcher il y a quelques jours...
-Et tu trouves ça désagréable?fit Zack sur un ton on-ne-pouvait-plus suggestif
-Pas du tout, non...
Zack le regarda un instant, haussa les sourcils et se mordit la lèvre supérieure :
-Alors, tais-toi et fais-moi gémir...
A ces mots, Sweets sentit son coeur cogner dans sa poitrine. Zack plaqua de nouveau sa bouche contre celle de Sweets qui décida de profiter de tout ça, de peur que ça ne soit qu'un rêve. Ses mains glissérent jusqu'aux fesse de Zack qui le gratifia d'un petit sourire extraordinairement lubrique et dont les mains parcouraient le torse de Sweets. Ils étaient tellement proches qu'il n'y avait plus que quelques centimétres pour les séparer. Au bout de quelques instants, Sweets sentit une bosse se former au niveau de son entre-jambe. Quand Zack le remarqua à son tour, il murmura :
-Tu sais, Brennan m'a dit de ne pas revenir avant trois bons quarts d'heure...
Le sous-entendu évident fit rougir Sweets un peu plus encore. Il sourit et verrouilla la porte.
