Note de la traductrice: Alors, pour celles qui sont encore avec moi, un gros merci de me lire et de m'encourager avec vos commentaires. Ce chapitre n'est pas très long, et peut-être que j'aurai le temps de traduire le prochain d'ici moins d'une semaine, mais ce n'est pas sûr. Je m'en excuse. Je voudrais également vous laisser savoir que j'ai moi-même visité la ville de Forks et la Péninsule Olympique dans ma quête de m'imprégner de tout ce qui est en rapport avec la saga Twilight, saga dont je ne suis pas l'auteure, s'il faut le préciser…

Avertissement: cette histoire est cotée M pour des lemons à venir, mais les premiers chapitres pourraient tout aussi bien être cotés T.

Bonne lecture.

Chapitre 3: tension

7 ans plus tard.

EPOV

C'était le chaos à O'Hare*, comme d'habitude, alors que je me dépêchais pour attraper mon vol afin d'aller passer une entrevue à New York.

Ma fiancée avait tout fait pour me mettre en retard aujourd'hui, que ce soit en me demandant d'aller promener son Chihuahua juste avant mon départ – pourquoi diable ne pas se contenter de le faire trotter un petit moment dans le grand terrain derrière la maison? – ou en ruinant ma seule paire de pantalons décents qui n'était pas dans mes valises en essayant de les défroisser avec le fer à repasser. Tanya n'était pas très douée pour les tâches ménagères, mais pour une raison qui m'échappait elle s'entêtait à vouloir s'en acquitter malgré tout.

Je m'apprêtais à me placer en ligne à ma porte d'embarquement lorsque quelque chose dans ma vision périphérique attira mon attention, me forçant à faire halte et à revenir sur mes pas. Il était en train d'embrasser goulûment une petite brunette, mais j'étais persuadé que son profil m'était familier. Il me devançait de quelques années à la faculté de médecine et avait été un assistant du professeur dans certains de mes cours.

« Peter? »

Le couple brisa son étreinte et ce faisant, je réalisai que je les connaissais tous les deux. Bella Swan. Je l'avais vue une ou deux fois à Northwestern, mais je n'avais jamais passé de temps en sa compagnie après notre voyage de trois jours pimenté de surréalisme pour se rendre dans l'Illinois. Cependant, elle n'était jamais sortie de ma mémoire.

« Edward Cullen! » s'exclama Peter. « Ça fait tellement longtemps, mec. As-tu déjà entamé ta résidence? »

« Pas encore, non. Je m'en vais justement à New York pour une entrevue. Et toi, tu as fini? »

Il émit un rire sombre. « Hélas, pas encore. J'ai été retardé pour des raisons financières. Mais ça devrait être ma dernière année. »

« Eh bien, félicitation pour avoir passé au travers, » dis-je pour l'encourager.

« Merci. Et bonne chance pour ton entrevue, » répliqua-t-il pour rendre la politesse.

« Merci. »

Je jetai un coup d'œil à Bella. Elle fixait le plancher et je sentis mon estomac piquer vers le sol en constatant qu'elle ne m'avait pas reconnu alors qu'elle hantait mes pensées depuis sept ans à présent.

« Au plaisir de se revoir, » conclus-je finalement en me retournant pour aller me mettre en rang à la porte d'embarquement.

ooo

BPOV

« Dieu merci il ne m'a pas reconnue, » soupirai-je en relaxant contre Peter.

« Tu connais ce type? » interrogea-t-il.

Il y avait un relent de suspicion dans sa voix.

« Oui je connais ce type, » confirmai-je. « On vient de la même région de l'état de Washington. On a fait le voyage de la Péninsule Olympique jusqu'à Northwestern ensemble après que j'aie reçu mon diplôme il y a sept ans. Il fréquentait… bordel, c'était quoi son nom? Elle était ma meilleure amie à l'époque, et je n'arrive plus à me rappeler son nom maintenant. C'est trop bête… »

Peter fronça les sourcils. « Tu as conduit avec Edward Cullen de l'état de Washington jusqu'à l'Illinois? Toute seule? »

« Oui, et ça a été les trois plus longs jours de ma vie, » soupirai-je encore en me remémorant cet épisode. « Il était carrément insupportable! Nous avons même eu à partager une chambre de motel la première nuit; quelle horrible expérience! »

Les yeux bleus de Peter me firent l'effet d'être sur le point de sortir de leur orbite. Je réalisai que j'aurais probablement dû élaborer davantage… ou ne rien dire du tout.

« Que s'est-il passé au juste? »

« Hein? Mais rien du tout, » répondis-je. « Il a seulement dit que – Angela Weber, c'était son nom. Oh, quel soulagement que ça me revienne enfin! »

« Attends, qu'est-ce qu'il a dit? » insista Peter.

« Il a dit que l'amitié entre un homme et une femme est impossible. Est-ce que tu crois ça? »

« Non, » répondit Peter.

Mais il avait parlé lentement, et après avoir hésité un moment.

« Et toi, est-ce que tu comptes des femmes parmi tes amis? » demandai-je, désespérée, même après sept ans, pour une réponse allant dans le sens de mes convictions.

« À vrai dire non, mais je pourrais en trouver si tu y tiens, » finit-il par répondre, impuissant.

Ma parole, on aurait dit qu'il cherchait uniquement à éviter de me contrarier…

« Pas la peine, » gloussai-je. « Je ferais mieux d'y aller. On se voit à mon retour. » Je m'avançai vers lui pour une dernière étreinte.

Finalement je me dirigeai à mon tour vers la file de gens qui attendaient pour passer la porte d'embarquement. Elle avait beaucoup raccourci depuis tout à l'heure.

« Tu vas me manquer, » me lança Peter. Je tournai la tête et lui souris avant de reporter mon attention sur l'employée qui vérifiait les cartes pour monter à bord.

ooo

EPOV

Bella Swan était assise dans la rangée juste devant la mienne à bord de l'avion. Apparemment elle ne m'avait pas remarqué. J'étais en train de réfléchir à un bon moyen d'attirer son attention lorsque l'agente de bord arriva à ma hauteur avec son chariot métallique.

« Prendriez-vous quelque chose à boire? » demanda-t-elle en me tendant un paquet de grignotines que je n'allais probablement pas toucher.

« Juste un verre d'eau, s'il vous plaît – mais attendez, » dis-je comme elle se retournait trop vite afin de satisfaire ma demande, « ne remplissez pas plus que la moitié du verre avec des glaçons, et j'aimerais une tranche de citron avec ça si vous en avez à votre disposition, mais uniquement si le citron est frais. »

L'agente de bord s'éloigna sans un mot, mais j'étais habitué à ce genre de réaction.

« Toujours aussi difficile à contenter, à ce que je vois, » entendis-je une voix féminine commenter. Je relevai la tête et j'aperçus Bella Swan qui m'observait à travers l'espace entre les deux sièges devant moi.

« Content de te revoir aussi, Bella, » souris-je. Je savourai encore une fois de la voir rougir et plisser les yeux sous le coup de l'irritation.

L'agente de bord me tendit mon eau que je saisis distraitement.

« Alors tu m'as reconnue, » souffla Bella.

« Après cette mémorable nuit dans le motel, comment pourrais-je jamais t'oublier? » répliquai-je en souriant de plus bel.

L'homme assis à côté de Bella tourna la tête brusquement, ayant tout entendu de notre échange, et elle crut bon d'expliquer, « Ce n'est pas ce que vous croyez. Nous avons fait le trajet jusqu'à l'université ensemble… nous avons dû partager une chambre de motel pour une nuit. »

De mon siège c'était difficile à dire avec certitude, mais le voisin de Bella avait l'air sceptique. « Aimeriez-vous pouvoir vous asseoir ensemble tous les deux? » demanda-t-il.

« Non c'est – » commença Bella.

« Quelle bonne idée! » l'interrompis-je.

Je changeai de place avec l'homme en quelques secondes et me tournai vers Bella qui me regarda avec dédain. Je pouvais sentir qu'elle était toute tendue à mes côtés. Je ne l'étais pas moins, toutefois. Je me sentais comme un fil trop serré autour de son doigt, une source d'inconfort pour elle alors que j'étais moi-même tendu à l'extrême.

« Et persistant comme jamais, en plus, » se plaignit-elle, m'ignorant et choisissant plutôt de boire son soda.

« Alors, ça fait combien de temps que tu es avec Peter? » interrogeai-je, curieux de savoir comment elle l'avait connu étant donné qu'ils avaient une différence d'âge considérable.

« À peu près un mois, » dit-elle du bout des lèvres, visiblement peu encline à me faire des confidences. « Je l'ai rencontré quand j'ai dû me rendre à l'hôpital pour des points de suture il y a un petit moment de ça. »

« Hum. Tu n'es pas son genre habituel, » commentai-je en songeant à la parade de blondes dont il aimait faire les éloges des années auparavant.

Bella me lança un regard furieux. « Qu'est-ce que ça veut dire, ça? Comment peux-tu savoir? »

Je haussai les épaules. « Nous sommes allés à la fac de médecine ensemble. Je ne disais pas ça pour t'insulter, tu sais. C'est une simple observation que je faisais. »

« Pff! » laissa-t-elle échapper.

Je gloussai, reconnaissant dans sa réaction un signe de frustration.

« Peu importe… Et que s'est-il passé entre Angela et toi finalement? »

« Pourquoi le demandes-tu? Tu ne lui parles plus? » questionnai-je, attristé à cette pensée.

« Non, pas vraiment, » avoua Bella, un peu embarrassée.

« Et bien, elle m'a laissé tomber pour Ben Cheney quelques mois après que nous ayons quitté Washington. »

Elle me jeta un regard perplexe. « Ben Cheney, ce garçon haut comme trois pommes qui dirigeait le journal de l'école? »

« Nul autre que lui, » répondis-je en essayant de ne pas rire à l'écoute de sa description imagée.

« Je suis désolée, Edward, » dit-elle.

Elle avait l'air vraiment sincère.

« Pas besoin de l'être, » répliquai-je en haussant les épaules. « C'était il y a très longtemps. En plus, je suis engagé maintenant. »

« Wow! Toutes mes félicitations alors! Qui est l'heureuse élue? »

Elle avait prononcé cette phrase sur un ton légèrement moqueur et insultant, comme si elle voulait insinuer qu'il fallait être un peu cinglé pour vouloir m'épouser.

« Elle s'appelle Tanya Jacobs. Elle est infirmière. »

« Ah! Ça sera un mariage très médical, et aussi pas mal cliché… »

« Je suppose, en effet, » conclus-je.

Ce n'était pourtant pas l'envie qui me manquait de balancer une réponse plus cinglante pour contrer le cynisme de Bella.

Le vol de Chicago à New York fut bref. Bella semblait heureuse de pouvoir m'échapper à la sortie de l'avion, mais nous devions néanmoins emprunter le même chemin pour aller récupérer nos bagages.

« Est-ce que tu vas passer la nuit à New York? Est-ce que ça te plairait de dîner avec moi ce soir? » m'enquis-je en la rattrapant sur le trottoir roulant.

Je pouvais l'admettre à moi-même: je trouvais Bella très chouette et je voulais passer plus de temps avec elle avant qu'elle ne sorte à nouveau de ma vie. Il ne pouvait rien se passer entre nous, bien entendu. J'avais une fiancée et Bella sortait avec ce Peter qui avait toujours eu un faible pour les blondes, mais sûrement qu'un simple dîner n'allait faire de mal à personne.

« Je croyais que les hommes et les femmes ne pouvaient pas être amis? » répondit-elle, me renvoyant à la figure les paroles que j'avais prononcées sept ans auparavant comme si je les avais dites la veille.

« À moins que les deux partis ne soient impliqués avec quelqu'un d'autre. Cela constitue une exception à la règle, » répliquai-je avec confidence.

« Jusqu'à ce que la suspicion entre en ligne de compte, et ensuite la jalousie. Et alors avant même que tu ne le réalises, voilà que ta douce moitié s'imagine que tu as une liaison avec cette "amie" qu'elle-même ne connaît pas, » rétorqua Bella.

« C'est vraiment comme ça que tu vois ça? » demandai-je, affligé.

Bella soupira et ses lèvres formèrent un sourire pas tout à fait franc.

« Je pense qu'il s'agit d'un autre au revoir, Edward. »

« Au revoir alors, Bella. »

Cette fois c'est moi qui la regardai s'éloigner avec le cœur gros.

Allez, ne soyez pas trop tristes, amies lectrices, les choses vont s'améliorer entre ces deux-là, je vous le promets.

*O'Hare est l'aéroport international de Chicago.

Un gros merci à Fleur pour sa relecture de mes écrits.

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